Ce soir… (2000)

Ce soir, je ne devais pas rentrer,

Mais je voulais lui faire une tendre surprise

Pour relancer notre union fatiguée,

Quand j’ai vu avec horreur qu’elle était prise.

Il y avait quelques arbres morts dans notre jardin

Mais je voulais croire en l’arrivée du printemps

En le retour de ses sourires coquins,

De ses mots doux, de temps en temps…

Profondément dans son mouvement violent et tendre

Elle n’avait pas pu m’entendre,

J’étais entré discrètement pour l’étonner.

Percevant ses cris, j’ai eu peur pour elle

Alors que c’est de plaisir qu’elle hurlait.

Chaque fois qu’elle soupirait, si loin, si belle,

C’était comme un coup de hache dans mon âme.

Elle était pour moi LA femme,

Somme et produit de tous mes désirs.

Le diable en moi a appuyé sur l’embrayage,

J’ai cherché la raison sans pouvoir la saisir,

J’ai monté l’escalier jusqu’à l’étage.

Passant les rapports, Satan s’est mis en première:

Ma main a plongée au fond d’un tiroir,

Je savais qu’il n’y aurait pas de marche arrière.

Des larmes creusaient sur mes joues de longs sillons

Reflets de la fonte violente de mes espoirs,

De la folie contaminant mes émotions.

Je me suis emparé du calibre froid et noir.

La haine en moi a remplacé la vie

Je n’étais plus un homme vraiment,

Tu, et tuer, étaient mes ultimes envies.

Devant la porte de la chambre, patient,

J’attendais son orgasme,

Pour avoir la vengeance de l’interrompre à jamais

Sans qu’elle puisse en goutter le dernier spasme…

Le battement du sang à mes tempes

Etait comme une sourde musique,

Les frissons de mort dans mon dos trempe

M’annonçaient l’arrivée du moment fatidique.

J’ai alors avancé sans parler,

J’ai tendu mon flingue sans attendre.

“Non” est le dernier mot qu’elle a hurlée

Brisé par un impact dans sa gorge tendre…

Mon arme a claquée cinq fois,

Deux balles pour lui, trois balles pour toi.

Arrivé dans le tunnel de la conscience,

On m’a passé la cinquième,

Je n’ai plus aucune adhérence

J’ai perdu celle que j’aime…

Le poids de la vie est lourd

Quand ce noir que je broie

Me rend totalement sourd

A toutes les choses que je voie.

Heureusement il reste une balle,

Elle est destinée à être mienne

Mon envie de vivre est en cavale

Evadée d’un corps en peine

Ouvrant ainsi la porte de la prison

Je vais laisser échapper mon âme et mon sang,

De par cette ultime détonation

Quitter malgré moi cette vie dans un instant…

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