Sainte nuit d’horreur (2000)

Dans cette maison d’une petite ville provinciale, aucune lumière… Plutôt normal, elle est sensée être déserte. Bien située, surplombant le vieux centre moyenâgeux du bourg, le confortable jardin qui l’entoure lui assure une tranquillité, qui n’a somme toute rien d’exceptionnel dans ce quartier. Ce qui se révèle bien pratique lorsque l’on pratique des trafics illicites… La Lune se lève, pleine. Cette faible clarté permet toutefois d’admirer le paysage tendre et accueillant : le vent qui joue avec les feuilles, menaçant ; les autres maisons, plus modernes, moins belles, entassées plus loin, autour de ce pieu îlot d’apaisement… Vers le nord, après une haie imposante, on peut arriver en quelques minutes de marche seulement, à une route. Cet ancien chemin n’est plus utilisé, en raison de la pente du champ communal qu’il traverse. L’herbe y est haute.
C’est pourtant là que marche un homme, qui a assez vécu pour se juger mur. Kévin X – il ne donne jamais son nom en mission – est anxieux mais ne le montre pas. Il suit un semblant de chemin tracé par de rares passages. Son plan indique que cela mène à une ouverture dans la haie… Effectivement. Il se faufile adroitement à l’ intérieur du parc de la propriété, sans même abîmer son habit – déguisement ? – noir, et fait une courte mais intense prière à son Dieu. Aucun aboiement des chiens, les collègues ont donc bien fait leur travail. Des picotements frais lui coulent le long de la colonne vertébrale, et il se pourrait que Kévin n’ait pas très envie d’entrer… Ce n’est sûrement pas la peur, les hommes de sa qualité sont fiers et repoussent ce sentiment futile, mais peut-être un instinct expérimenté qu’il ne peut pas suivre, car il respecte les ordres… Celui que certains surnomment « le Renard » s’avance vers une fenêtre munie de faux volets en bois, style vingtième siècle. Il sait comment faire pour débrancher la simple alarme thermique de cette maison, qui n’est certainement rien d’autre qu’un petit entrepôt, d’une organisation terroriste rurale. Mais sans le voir vraiment, Kévin entre dans un autre monde, source d’une révolution incroyable, où il mourra peut-être…

D’après ce qu’il sait, la première pièce derrière cette fenêtre est une chambre. Elle se révèle spacieuse et étrange. Il sort une lampe de poche, car la clarté lunaire est trop faible, et de surcroît effrayante. Un bruit, derrière lui ? … Il réussit enfin à allumer le faisceau lumineux, tout en fermant les volets. Quelle pièce étonnante… Kévin se demande un instant s’il ne s’est pas trompé de maison, avant de rejeter cette idée absurde. Cette chambre sensée cacher une cargaison d’armes est plutôt un débarras, un luxueux débarras… De la poussière, sur le sol, les meubles… Des antiquités qui valent leur poids de platine au marché noir : un lit à sommier, un immense miroir, une belle étagère en bois… Egalement un ancien récepteur radio, un lecteur C.D. qui date d’une cinquantaine d’années. Ce devait être une chambre agréable… L’agent secret avance et sursaute en sentant un vieux poster mal accroché au mur qui glisse derrière lui. Cette peur qui rode l’énerve. Il tousse. La saleté qu’il soulève en marchant alourdit l’air. Finalement, il ne s’en rend pas encore vraiment compte, mais tous ce qui l’entoure est anormal. Quelques habits entassés sur le sol, le lit défait… Avant de partir, les derniers habitants n’ont pas fait le ménage ! « Le Renard » sourit en pensant à la tête que fera Binot, son supérieur, lorsqu’il lui rendra son rapport… Mais il ne rendra jamais compte de cette mission à personne. Kévin essaie de rester calme, de ne plus voir ces hallucination de mouvements dans son dos, de se vider de la sensation d’être observé… Que lui arrive-t-il ? Il se sent malade et se persuade que c’est là la cause de son trouble. Plein d’une nouvelle détermination, il va à la porte, vérifie qu’il n’y a pas de système de sécurité, et baisse la poignée…
Stupéfaction totale !!! Ce n’est pas le couloir qu’on lui avait montré sur son numérique ! Certes ce sont les mêmes murs, avec de nombreuses portes de chaques côtés. Mais sur l’image sensée être – et ne pouvant être que – très récente, il n’y avait pas ces milliers de toiles d’araignées, avec leurs répugnantes propriétaires… Kévin, plus qu’intrigué maintenant, réellement inquiet, appelle la station de rigueur qui l’a envoyé sur cette affaire, mais son émetteur ne marche pas… Affolé, cet agent secret sûr et imperturbable décide d’abandonner immédiatement. Il court vers le volet mais n’arrive pas à l’ouvrir… Il tape dedans, arme son « teuj », un propulseur d’énergie, mais n’ose pas tirer et repart dans le couloir. Quel dilemme… Il faudra bien qu’il use de son arme. A puissance modérée, il envoie une vague d’énergie sur les insectes, ce qui lui liberre le passage, mais au bout du troisième tir le teuj s’enraye… Est-ce toujours de la malchance ? Cela ne lui est jamais arrivé dans sa carrière, et ce jour là, dans cette atmosphère terrible pour ses nerfs… Pour la première fois, paniqué par ses sens affolés, il prie… Pourtant, sa devise était jusqu’alors de ne jamais mélanger religion et vie professionnelle. Apaisé un court instant, Kévin frissonne à nouveau… Il se lève en entendant un bruit de pas. Mais ce n’est que son cœur, qui heureusement bat encore. Soulagé, mais surtout énervé de s’être fait peur, il tape dans le mur… … C’est à ce moment qu’il comprend qu’il va vivre un atroce cauchemar… Toutes les parois alentour frémissent sous le coup, et l’agent secret, qui n’est plus ici qu’un homme, ressent dans tout les membres la douleur de la brique qu’il vient de frapper. Loin de la quiétude des lieux inviolés depuis des décennies, ici tout semble pousser à la peur. « Comme dans un film », se dit-il, pensif, désabusé… A nouveau, il entend des pas, où du moins un martèlement qu’il prend comme tel. Il pense devenir fou, ne sait s’il ne l’est pas déjà. Surnaturel, extraordinaire, horrible… Comment qualifier cela ? Kévin attend, n’ose ni ouvrir la porte qui a claquée derrière lui, ni avancer dans le couloir… Mais soudain il n’a plus le choix : cette porte, que justement il regardait vaguement, s’arrache avec une violence inouï de ses gonds, dans un grattement effroyable, dans un terrible grincement, et laisse s’échapper un flot inexplicable – qu’il ne cherche même pas à affronter – d’une peur, mortelle sans aucun doutes… Lui qui a pourtant vu beaucoup de choses difficiles à supporter est ici au bord de la crise de nerfs. Tremblant, « le Renard » rentre dans son terrier, se replie sur lui même. Il laisse passer la vague sordide, affolante… Une atmosphère de mort, des effluves qui le désorientent totalement, comme… … Comme un immense cri de douleur, comme le remords et la souffrance de milliards de personnes… Kévin prie encore, pour lui plus que pour son Dieu.
Soudain, un grognement lui fait lever les yeux. Les yeux révulsés par cette terreur folle, où la folie est un refuge, il craque nerveusement. Lançant un grand cri désespéré, qui l’affole encore lorsque l’écho lui revient, il se jette sur le mur opposé, pour ensuite courir vers un escalier qu’il vient d’apercevoir. Mais en prenant appui contre la paroi, celle-ci lui gobe la main. Il sent son âme qui s’échappe, une sensation glacée dans son avant bras mais surtout une extraordinaire succion. Avec toute l’énergie de la peur panique, il se débat et s’élance vers l’escalier, qui n’est qu’à cinq mètres de lui. Les araignées qui n’ont pas été balayées par les rayons de son teuj se jettent sur lui, et sur sa gauche, deux portes s’arrachent dans un grand flash de noirceur. « Le Renard », avec un remarquable instinct de survie, cour vite et échappe à la mort. Mais la lueur de sa lampe elle même est de plus en plus vacillante, l’énergie étant aspirée par les sombres reflets ambiants. Lorsqu’aux premières marches, la biopuce meurt, vaincue par une volonté plus forte, l’homme n’est plus… Seule la bête vit en lui et le sauve, lui rappellent des souvenirs du fond des temps qui le pressent de se jeter aveuglement dans ce passage possible vers la liberté. Il traverse, totalement fou de terreur, les premiers mètres en colimaçon de l’escalier, sentant sans les voir des dizaines d’insectes lui monter dessus. Une puissante force l’aspire, le déséquilibre, mais il continue, à quatre pattes. Se cognant sans cesse, un liquide qu’il imaginerait rouge s’il était en état de réfléchir lui coule bientôt sur le visage. En tâtonnant, en trébuchant, il arrive à une porte. Il se rue dessus et essaie de l’ouvrir, désespérément. Elle est bloquée ! Il sent sa dernière minute venue, mais alors que le galop lourd et grinçant l’atteint presque, une vapeur d’intelligence agit et il tire sur la poignée au lieu de forcer. Il la passe d’un bond et referme derrière lui…
Kévin, allongé par terre, reprend conscience… Tout est très calme, plus aucun bruit n’est perceptible… Quelle douceur a cette paix subite pour son esprit traumatisé ! Il s’ouvre a nouveau aux sensations extérieures… Toutes les douleurs, les blessures, resurgissent alors violemment de là où la folie les avait casées. Encore a moitié anesthésié par le choc subit, l’homme parvient difficilement à se lever. Lentement, sa respiration se fait plus régulière… Il cherche un interrupteur au mur, et allume. Il a l’impression de sortir d’un horrible cauchemar ! Mais les plaintes de plus en plus vives de son corps lui rappellent la triste vérité… La douce lumière l’apaise un peu. Elle lui fait également voir ses mains rouges de sang. Il se dirige vers ce qu’il reconnaît être la salle de bain… Aucun cadavre dans la baignoire, pas de bruits bizarres… Un miroir l’attend. Il n’est pas beau à voir : taché de sang, la moitié du visage rougeâtre des flots coagulants déversés par de nombreuses plaies peu profondes..! Prenant alors vraiment conscience de son état, Kévin craque nerveusement. Pleurer lui fait mal à la tête, mais quel soulagement… Avec la douleur atroce qui s’amplifie encore, et surtout après les chocs émotionnels et physiques qu’il a subit, la reprise en main de son corps est difficile… Il vomit…
Après s’être nettoyé, ce qui l’a un peu calmé, il met à nouveau son cerveau en marche. Dans quelle abomination est-il tombé ? Nul humain ne peut se battre contre cela… Alors il prie. Mais pourquoi son Dieu ne le protège-t-il pas, lui grand fidèle ? Kévin ne croit pas en l’omniscience de l’être suprême, mais pense que ce dernier peut l’aider… Puis une certaine peur le reprend : est-il en sécurité ? Une seule porte le sépare de l’enfer, mais curieusement il ne songe pas à s’enfuir. Explorer d’abord, avant de s’en aller, mais sans précipitation… « Le Renard » se sent de mieux en mieux, et observe. Ici, à l’étage, qui est en fait le rez-de-chaussée de cette maison construite sur un terrain en pente, le sol est propre… D’ailleurs tout est propre, pas un seul grain de poussière ne gâche cette belle harmonie… Bizarrement, Kévin ne pense même plus aux événements qui viennent de le blesser. Réaction post-traumatique, ou est-ce autre chose ? Hagard, il ne sait pas vraiment quoi faire… La mission qu’il était venue accomplir n’a plus aucun sens, bien sûr. Suivant alors un autre des instincts vitaux du règne animal, il va à la cuisine. Evidemment, elle est prête à le nourrir, mais même ce paradoxe flagrant ne le gène pas le moins du monde… Il mange une part de tarte, et cherche en sifflotant un léger remontant, qu’il ne trouve pas. Se tournant vers un second réfrigérateur, l’ouvrant, il est quand même étonné par sa grande taille et son confort. Totalement heureux, influencé par différentes forces impalpables, il ne se doute pas, ne voit pas la présence pesante et maléfique qui emplit la pièce. Il remarque seulement qu’il a perdu sa montre et que nulle part il n’y en a. Kévin, mais est-ce vraiment toujours lui, veut ouvrir les volets « pour voir dehors ». Mais là… Il force, s’énerve, et lorsque cela cède enfin… C’est comme un réveil pour lui ! Il voit d’immensissimes masses blanches ou noires qui s’affrontent ! A l’infini, au delà de l’espace, du temps, tout n’est plus qu’un mélange de tourments, lancés dans leurs propre destruction. L’ultime paroxysme de la panique s’empare de l’homme, qui referme immédiatement cette fenêtre… L’atmosphère de la pièce a changé. Haletant, écroulé par terre, Kévin a beaucoup de mal à se remettre. Ce qu’il a aperçu travaille en lui, et menace de le faire définitivement sombrer dans une douce folie… Un stress puissant gagne en lui… Que se passe-t-il vraiment ? Il ne peut pas croire à ce qu’il a vu en bas, dehors ! Mais maintenant que « le Renard » est à nouveau aux aguets, il sait que quelque chose est menaçant dans cette cuisine, qui n’est plus tendre et accueillante… C’est là que le grattement de tout à l’heure réapparaît ! Puis, s’amplifiant, un déchirant concert de plaintes arrivant au galop. L’ horrible hurlement devient de plus en plus dangereux. Alors que la lumière vacille, Kévin, blême et jusqu’alors paralysé par la peur, ouvre un tiroir, s’empare d’un couteau de boucher, court vers le seul abri qu’il trouve : le second réfrigérateur, vide, dont il enlève les plaquettes qui l’empêchent d’entrer. La lumière s’est éteinte, et l’immense cri de souffrance qui emplit le crâne de l’homme en déroute frôle l’intolérable. Il se jette dans cette cachette inespérée. Alors qu’il n’est pas encore entièrement dedans, son mollet gauche sent un souffle étrange, chaud, visqueux… Une fois à l’intérieur, dans une sécurité relative, il a froid… Pourtant l’appareil est déconnecté… Non, cela vient du contact qu’a eu sa jambe avec cette chose… Une douleur fugace le paralyse un instant. Et si ces murs devenaient vivants ? Il essaye de contrôler sa peur. Plus aucun bruit n’est perceptible, et Kévin respire à peine… Des pieds crissent sur le parquet… Des pas lents, menaçants, s’approchent, s’approchent… Dans son vieux réfrigérateur, « Le Renard » est pâle, mais étant seul dans le noir, personne ne le sait. Il serre fortement son couteau, replié dans son trou, et attend. Quand la porte commence à trembler violemment, il se tient prêt à tuer une quelconque chose, ou à se tuer si cette chose n’est pas assez matérielle… Mais tout cesse. Ou peut-être que cela n’a jamais eu lieu ? Peut-être cela continue-t-il sans que Kévin ne puisse l’entendre ? Il ne sait pas, ne sais plus… Pendant plusieurs heures, il végète dans une léthargie trouble, se rappelant à peine la situation, il dort ou somnole, parfois, sans pour autant se sentir mieux. Il a de plus en plus de mal à respirer, l’oxygène se faisant rare. Il est terrassé par une terrible nostalgie fataliste, il veut se battre ou mourir, mais ne peux plus rester ici. Il sait en lui qu’il ne sortira pas… Une certitude pesante qui l’abat encore. Est-il fou ? Mais qui resterait sain dans ces conditions ? Ce paisible « frigo » est un caveau acceptable, et s’il meurt ici son âme a quelques chances de s’en sortir. Puis l’homme se rendort, d’un sommeil agité et fou. Sa raison vacille encore sous les coups infligés par des rêves saignants… En s’éveillant, une pensée lui vient à l’esprit : « Les cauchemars attendent ceux qui dorment là où cela ne leur est pas permis. » Qui a dit ça ? … Ah oui, c’est Dracula, soi-disant dans un roman… « La folie aussi, puis la mort… » pense Kévin, dans une période de lucidité.
Soudain, il n’est pas sûr mais semble entendre des voix… humaines ! Alors, en écoutant mieux, il perçoit des bruits oubliés dans la souffrance : des rires, le bruissement des feuilles, le piaillement des oiseaux… Il sent également l’atmosphère plus douce, plus légère, presque… normale !!! Voulant sortir, il pousse, mais la porte ne s’ouvre pas. Il hurle mais ne reçoit aucune réponse. Poussé par l’espoir, mais aussi par la peur de rester coincer là dedans alors qu’il a survécu, il prend son couteau et s’acharne sur la porte, autour de la serrure. Pendant des dizaines de longues minutes, il creuse sans se décourager, avec toujours ces voix comme but. Alors qu’enfin il sent qu’elle va céder, il a peur, peur d’être déçu et de se jeter dans l’horreur. Son cœur bat très fort… et s’arrête presque quand il sort de son abri ! Aucune vie ici… Il voit devant lui, dans la même lumière bleutée qui l’a accueillit dans la chambre, le spectacle du temps figé, comme s’il avait passé vingt ans dans son trou sans que rien ne s’abîme. Une certaine ruine désolante, certes, mais aucun esprit maléfique. Tout resplendit, et le premier soucis du « Renard » est d’ouvrir la fenêtre, les volets… Ce qu’il voit est si beau, si inespéré, si terrible aussi, que Kévin pleure…
Sous un ciel magnifique, dont les nombreux nuages rivalisent d’esthétisme, il voit la petite ville chaleureuse avec pour seul bruit celui des animaux qui la peuplent. Tout est colonisé avec beaucoup de grâce par la verdoyante nature, c’est tellement… tellement splendide, si fort, si intense… Assurément le Paradis sur Terre, mais seul ? Non, de l’imposant et superbe château, souvenir d’un lointain moyen-âge, qui a perdu toute agressivité, s’élèvent quelques légères volutes de fumée… Kévin, qui fut un agent secret européen de ce début de XXI e siècle, venant effectuer une banale mission, a survécu au jugement suprême… Par sa foi, mais surtout par ce qu’il est vraiment, par la victoire en lui de la vie… Il n’est pas seul, des sociétés nouvelles se reconstituent, purgées de toutes entraves, de tout le mal des hommes. L’épreuve fut pour tous terrible, mais il n’y aura d’autre séquelles que l’infini récompense du bonheur.

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