Macdo ou ne pas vomir ?

Texte écrit en 2002 je pense. J’étais à l’époque violemment anti-macdo (et anti fast-food en général), et un gros poil anti-américain. Une forme de rage extrême, échappant à la raison, qui me plaisait sans doute. J’évoluais vers le centre gauche mais concervais mes pôles de radicalité.

Depuis j’ai évolué à nouveau, sortant du superficiel de la posture, pour une critique plus raisonnée. J’ai également retrouvé un regard plus politique sur la société, et ne me sens plus en porte à faux avec mon milieu culturalo-politique, qui me verrait inventer des cibles de crispation idéologiques artificielles…

Macdo, entreprise globale d’appauvrissement des papilles, impérialisme de la non-culture, qui s’impose au détriment de tous les autres styles de bouffe en utilisant les gens pour ce qu’ils sont, des moutons dans une servitudes consommatrice, des objets, voire plus, des débiles, dans ces endroits et ces publicité où tout va bien, où tout n’est que sourires et couleurs pour masquer la fadeur des lieux, partout les même contagion d’une culture décadente néo-invasive américaine, dans ces baraques peuplées de bofs et de racailles, où des employés sous-payés vous font face d’un sourire hypocrite, vous renvoyant votre vie fatiguée, facile, sans jugements ni choix, encaissant votre main tendue, complice malgré eux, vous vous enfoncez ensemble, depuis dix ans, et pour longtemps encore, dans la boue heureuse, réagissant aux impulsions mercantile, tout est étudié pour faire réagir l’instinct d’envie des consommateurs.

Souvent en sortant, il se dit que pour ce prix il aurait pu avoir autre chose, que ça l’a gavé mais que c’était pas si bon, mais son envie d’acheter est assouvie. Et la prochaine fois, il répondra à nouveau avec bonheur à ce piège qu’il adore, dont il veut des posters, qui fait maintenant partie de sa personnalité… Il a de l’argent, une femme peut-être, … mais il a perdu la tête, ses pensées et réflexions se font de moins en moins profondes. Non, moi je dis non, avant de manger dans ces monstrueuses baraques à bonheur, j’ai envie de vomir, et quand je passe devant le Capitole, que je vois toutes ces faces en appétit, presque abruties, comme les mouches obèses autour d’un attrape-insecte gluant, sans plus de convictions ni de personnalité souvent, sinon celles qu’on leur propose, j’ai la désagréable envie de vouloir leur vomir dessus… Mais je suis trop faible, pas assez sévère, pas assez bon avec eux, je passe, un regard méprisant et triste, dégoûté, et continue mon chemin, obscur, me demandant où je suis et où nous sommes, où j’en suis en somme de ma vision du monde…

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