Amertume de la défaite (7)

Très déçu. Campagne longue, difficile, changeante.

Le soir des résultats Ségolène, Dray et Bianco pensaient semble t-il que nous avions gagné… Je trouve cette attitude étrange. Ce n’est pas la mienne…

Amertime. Mon deuxième combat perdu après le referendum.

Va t-on sortir nos armes maintenant contre Ségolène ? Certains le ferront. Cela sera facile, vain, insuffisant, je leur laisse. Cela dépend d’elle, aussi…

Pour l’instant sa déception et la mienne sont grandes, terribles, partagées.

Je ne crois pas venue le temps des milices. Je ne pense pas avoir à craindre de Nicolas Sarkozy une remise en cause des libertés fondamentales.

Pourtant je vois dans son projet une vraie vision cohérente, qui pourrait être une douche froide. Je vois en lui la tentation revencharde, une vision souvent simplistes, la récupération des phrases de l’extrême droite par populisme plus que par conviction (espèrons le), une ambition du pouvoir pour lui-même… Il y a toujours des fautifs, des méritants et des victimes contre les autres.

Je suis las… Evidemment il ne sera pas seul, et il se recentrera, mais bon…

Je regrette l’ambition écologiste, pour l’innovation et la recherche, pour une société métissée.

Ségolène Royal pouvait-elle gagner ?

Elle a portée une rénovation du parti. Nombreux sont ceux qui comme moi l’ont rejoint par elle. Une nouvelle manière de faire de la politique sans doute. Mais surtout de nouvelles idées, portant réellement la lutte pour la protection de l’environnement, une nouvelle décentralisation, une fermeté contre l’insécurité… Entre la social-démocratie assumée par DSK et autre chose.

Elle a du trainer aussi, comme un fardeau, le projet socialiste. J’avais voté contre, c’était le fruit d’une synthèse inadéquate entre la motion 1, déjà fourre-tout majoritaire, et les autres courants plus radicaux.

Constamment on a senti ce tiraillement entre le parti orthodoxe et son projet, et les volontés d’audaces, de rénovation et de crédibilité sociale-démocrate. Le tiraillement est devenu hésitation, ajournement, flou, sur les 35h, sur les retraites, sur la fiscalité. Plus largement, la relance de la croissance, souvent évoquée comme solution, n’a pas été mise en scène, expliquée.

Il ne faudra pas omettre la responsabilité structurelle et idéologique du parti et en faire la seule responsable. Il ne faudra pas non plus que certains imputent au seul parti la défaite. Il serait facile d’accuser DSK et ses partisans, boucs- émissaires. Pourtant celui-ci a fait plus de 30 meetings de soutien, et nous sommes nombreux à nous être impliqués. Cela a son doute compté pour passer le premier tour.

Ségolène a annoncé qu’elle assumerait sa responsabilité personnelle dans la victoire comme dans la défaite, voici donc venu le moment de la remercier, et de passer à la suite. Et Bianco, Savary ou Airault peuvent prétendre reprendre le flambeau ségoléno-réformiste.

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