Pour sauver la France : le complot de l’ouverture… (2)

2 Ce jeune dirigeant prometteur eut alors l’audace d’élaborer un plan qui semblait fou.

Début février, ceux qu’il sentait prêt avaient été conviés. Il les avait testés sur leur perception de la situation, sur leur dévouement à la justice sociale. Dans la grande salle, plusieurs dizaines de personnes, qui allaient se lier par un pacte historique.

Ils étaient tous là. Autour de la table, des noms connus : Jacques Séguéla, Carla Bruni, Jacques Attali, Bernard Kouchner, Fadela Amara, Jean-Pierre Jouyet, Martin Hirsch. Quelques contacts avaient été pris avec des partisans de François Bayrou et de Dominique Strauss-Kahn ou de Laurent Fabius.

Eric avait parlé à Lionel au téléphone, qui l’avait encouragé. Ils avaient le même diagnostic.

Mais Besson avait en plus le sentiment impérieux de la nécessité d’agir. Pour cela il était prêt à faire don de sa personne à la France. Il ne serait pas seul. Son esprit machiavélique tendait sa toile, cent fois plus vite que ses adversaires, battu pour l’instant mais pas abattu.

-Première nécessité : le secret absolu. Terrible exigence, les familles, les amis, les journalistes ne sauraient être au courant. Une fuite signifierait la fin immédiate de l’opération.

-Deuxième chose : peser sur les conditions pour qu’elles deviennent favorables. Pour pouvoir infiltrer la machine Sarkozyste, il fallait que la muraille se fendille. Il faudrait agir sur le débat public, mais aussi au plus près, de l’intérieur.

-Troisièmement : Une vision de long terme, planifiée et maîtrisée était nécessaire, sans quoi le sacrifice demandé ne serait pas supportable.

-Enfin, quatrièmement, un peu de chance, avoir choisi les bonnes personnes, les bonnes informations sur l’adversaire

Ce jour, chacun avait travaillé. Ils prêtèrent serment. Ils formaient désormais une famille, qui allait devoir résister à leur environnement proche, à la tentation corruptrice aussi.

Ils avaient décidé d’agir vite. Chacun par son influence souterraine, pour approcher les réseaux du candidat, et pour imposer l’idée de l’ouverture. François Bayrou y étant naturellement enclins, il fallu instiller cela comme une évidence pour tous.

Eric Besson donna lui-même le coup d’envoi public de leur action en quittant le PS.

Le 14 février il quitta avec fracas son poste au PS. Il écrivit rapidement et publiquement une lettre à Nicolas Sarkozy. Bientôt, un livre acerbe et dur renforca la construction de son personnage : le traître, sans honneur mais imbu de sa personne. Bientôt Nicolas Sarkozy ne saura résister à faire appel à lui, pensant réussir là un bon coup, alors qu’il mordait vulgairement à l’hameçon.

D’autres membres du groupe se rapprochèrent discrètement de leur pire ennemi. Cela se passa mieux que prévu encore. Dès avril, Jacques Séguéla organisa un discret dîner, bien avant ceux qui furent révélés à l’automne. Carla et Nicolas sont présents. Son numéro de charme, et quelques artifices chimiques, entraînent l’inévitable : elle aura auprès de lui dès ce moment une place croissante, un rôle considérable. Elle appuie ceux de ses conseillers, infiltrés eux aussi, qui proposent, ou plutôt imposent par leur habileté, le concept de l’ouverture.

Nicolas est en fait assez perméable. Ses conseillers ont un grand pouvoir. C’est un homme d’action, manipulable, mais ensuite borné une fois qu’il a fait sienne une idée. Il faut être là au bon moment.

Son entourage est traversé de luttes violentes pour le contrôle de sa parole. Certains des partisans de Besson purent ainsi planifier l’ouverture politique.

Malheureusement, l’élection confirma les pires craintes de celui-ci : Sarkozy largement élu. Mais son plan était sur les rails, et il n’en sortit pas.

Il fallut oeuvrer finement pour placer le plus possible de ses partisans, et écarter les vrais opportunistes ou renégats. Mais il fut satisfait. En plus de lui même, Martin Hirsch, Fadela Amara, Bernard Kouchner et Jean-Pierre Jouyet étaient de la partie. Carla était en place elle aussi, sacrifice incommensurable, don de son corps et de sa dignité pour le bien commun.

Mais cela ne suffirait pas. Avec l’aide du président Luxembourgois Jean-Claude Junker, l’un de leurs proche, et l’accord de Dominique Strauss-Kahn, ils réussirent à imposer celui-ci à la tête du FMI. La droite n’ayant personne à proposer de ce niveau, cela fut chose relativement aisée.

Conformément à la promesse de campagne que le groupe avait inspiré, Didier Migaud fut désigné à la tête de la commission des finances.

Enfin, Hubert Védrine et Jacques Attali reçurent des missions pleines de potentiel.

(suite)

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