Pour la politique de civilisation que Toulouse attend.

On parle aujourd’hui de politique de civilisation. Je trouve bien que notre président ait relancé ce débat. Cela change de l’urgence et du bon sens. Ce fut une comète politique, qui n’a durée que le temps d’un discours, à nous de la prolonger.

Cela illustre ironiquement qu’il est loin de la conception d’ Edgard Morin, auquel il a pu se référer. Mais au moins cela a le mérite de replacer la politique dans le long terme, dans le sens, et de sortir un peu du seul pouvoir d’achat, qui ne suffit pas à émanciper. Et nous devons nous en emparer, montrer que les candidats du PS incarnent mieux ceci au niveau local que ceux de l’UMP.

Edgar Morin est passionnant, et peut participer à notre réflexion de socialistes. Retrouvons des échanges, des liens, des débats avec des penseurs et des chercheurs de toutes les disciplines, suscitons l’interdisciplinarité, cherchons l’innovation et l’originalité. Ils sont là pour nous aider à scruter la réalité cachée derrière le bruit de l’information, le brouhaha des sondages, la complexité des hyper-spécialisations, l’autoaveuglement ou les mauvaises fois partisanes qui accompagnent certaines stratégies de pouvoir. Cela est complémentaire avec d’autres processus comme les rapports de spécialistes, les formes de démocratie participative.

Donc retrouvons par exemple, outre Edgard Morin, et beaucoup d’autres, pour écouter et critiquer : Marcel Gauchet, Louis Chauvel, Pierre Rosanvallon, Michel Wieviorka, Michel Aglietta sur le capitalisme financier, Guillaume Duval, Daniel Cohen, Gabriel Colletis ici à Toulouse, et bien d’autres moins connus, ou y compris certains penseurs plus polémiques comme Finkielkraut sur certains points.

Il y a bien longtemps que nous ne suscitons pas vraiment de ces débats. Edgar Morin lui-même s’est plaint de n’être depuis longtemps plus écouté par les partis, critiquant ces dirigeants et ces militants aux rythmes de vie effrénés, qui n’ont plus le temps de lire et de réfléchir.
Les partis doivent retrouver me semble-t-il ce rôle d’incubateur, de pédagogie, rendre compréhensible et modulable la complexité du monde : faire les liens entre les disciplines, favoriser une lecture globale et avec les bons outils de ce monde pour ses militants, puis s’en servir pour propager ses valeurs, et ses solutions.

Je pense que ce processus est à l’oeuvre, Laurent Baumel ou Pierre Larrouturou ont pu notamment le demander fortement, les forums de la rénovation ont permis à la marge des rencontres intéressantes, les élections municipales sont l’occasion de ces bouillonnements à l’échelle locale. L’enchaînement des défaites, une période charnière pour les grands enjeux européens, mondiaux et de société poussent au rebond de la pensée du PS.

Aujourd’hui, au niveau local, nous pouvons tenter d’incarner un peu de cette politique de civilisation, pour la reprendre à notre compte, et ne pas laisser Sarkozy la galvauder, la détourner, la diluer. (surtout si pour lui cela passe par un retour de la religion, ou par une mission donnée à la France par son passé, quelle honte que le Sarkozy Bigot-Bigard lors de sa visite au Vatican).

Ainsi, selon Morin, et c’est aussi ce que porte Pierre Cohen, la vision à long terme, la maîtrise de la civilisation et des risques que notre société engendre, c’est réaménager la ville, c’est retrouver l’humain et la solidarité (maison des solidarités, enseignement, culture, retrouver une vie de quartier et un échange entre les quartiers), c’est une vision durable et dans l’écologie, c’est le bien être dans la ville (contre le bruit agressif, les insécurités…), c’est donner du sens à la politique, et à l’individu.
Reconstruire l’individu incertain (Alain Ehrenberg), c’est permettre que la société se fasse (voir aussi Norbert Elias), c’est une condition du politique et des avancées communes.

Bien sûr nous ne sommes pas que des rêveurs, et ancrés dans la réalité économique, qu’il ne suffit pas de critiquer pour s’en extraire, et les réalités politiques, nous devons afficher une ambition solide, sérieuse, parfois pragmatique là où trop d’idéologie empêche de voir les effets pervers de chaque tentative. Mais qui garde le changement et le rêve à portée de main.

Surtout dans une ville au potentiel de Toulouse, après des décennies apaisée, endormies,… dépassées ?

J’ai donc l’espoir d’un début de politique de civilisation à Toulouse, comme déjà dans d’autres villes socialistes, avec demain la victoire de Pierre Cohen.

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