Qu’est-ce que la social-démocratie que nous voulons incarner ?

Texte écrit en juin 2007, dans des réflexions post-défaite, dans les réflexions sur le manifeste de Socialisme et démocratie, légèrement modifié.

Qu’incarne la social-démocratie, que voulons nous incarner ?

Partons de la social-démocratie au sens historique. (sur wikipedia) Ce terme a servi a désigné toutes sortes d’idéologies, marxistes au départ, puis positionnées contre le marxisme au sens moderne. Une des références est notamment le congrès de Bad-Godesberg ou le parti socialiste allemand abandonne toute référence au marxisme, et accepte l’économie de marché (« le marché autant que possible, l’intervention publique autant que nécessaire. ») [et, historiquement, la fin de la neutralité vis à vis des blocs est-ouest]
Si c’est ce sens que nous acceptons, le PS est socdem depuis un moment.

On a ensuite associé ceci à la pratique notamment du parti allemand, ou de certains partis d’Europe du Nord. Ainsi, aujourd’hui, on attribue d’autres caractéristiques au sens moderne : en rupture avec le communisme, la social-démocratie au sens moderne du terme s’est placée au cours du XXe siècle sous le signe de la doctrine keynésienne alliant initiative privée et impulsion de l’État, tout en restant dans le cadre économique du capitalisme . (souvent on simplifie la théorie keynésienne à une politique de la demande par la relance de la consommation, ce qu’elle n’est pas : il s’agit d’obtenir un partage optimal de la valeur ajoutée entre travail et capital, par des politiques de pilotage macroéconomiques dans un sens ou dans l’autre)

Mais la social-démocratie est aussi une culture politique qui part du pluralisme social et défend la « modération », le « compromis » politique et des structures d’organisation pour la négociation et la concertation.

Donc voila… Or une politique keynésienne ne suffit pas dans un cadre mondialisé, et le système syndical est à refonder totalement dans cette optique. De plus la pertinence du terme, connoté, parfois usé, se pose.

Pour autant il a déjà évolué par le passé, on peut le réadapter, je ne sais pas. Cela nous identifie, mais mieux vaut s’identifier par nos propositions que par un qualificatif unique.

A partir de cela, et de la ligne de DSK, de ce que nous voulons, quelques grands thèmes.
Je ne retiens pas ce que nous avons en commun avec les autres courants, comme la prise en compte nécessaire de la protection de l’environnement, la laïcité, la priorité à l’éducation, à la culture et la volonté d’élever l’individu pour améliorer la société… Thème majeur, retrouver un lien social, agir sur le patrimoine social, (langues, écrit, culture, relations sociales, psychologies etc.) en filigrane existe un autre modèle de société. ( = il n’y a pas que le pouvoir d’achat)

Nous devons nous distinguer par :

  • Un identifiant fort, c’est l’Europe, notamment depuis le referendum. Pour autant, la ligne de clivage entre oui et non peut évoluer et devra être dépassée, même si elle révèle des clivages plus profond qui peuvent rester pertinents. Il ne s’agit pas d’être des pro-européens béats, ni rester dans l’incantation, mais réalistes et avec cet idéal à approfondir. Le mini-traité intitutionnel de Sarkozy (traoté de Lisbonne) est surement une première étape nécessaire, que nous ne pouvions proposer empéchés par nos divisions, mais qui ne nous suffit pas. Nous avons concrètement l’ambition européenne.

  • Le rôle de l’Etat : on peut surement reprendre à notre compte le slogan de Bad Godesberg : « le marché autant que possible, l’intervention publique autant que nécessaire. » Tout en considérant le nécessaire de manière assez large, comme étant souvent une condition qui participe à l’intérêt général.
    Cela pose nécessairement la question d’un nouveau syndicalisme, de nouvelles relations sociales, dans la négociation et le partenariat. C’est donc sortir de la lutte des classes, et un rôle de l’Etat dans ces négociations bien plus en retrait.
    Cela peut intégrer une vision décentralisatrice, mais péréquatrice.

  • Economique et social : c’est concilier deux principes de base me semble-t’il. Il faut créer la richesse avant de la redistribuer. Mais la recherche de la croissance n’est pas le seul objectif, et ne justifie pas tout. Et il faut notamment,accompagner, protéger, ceux que le système écarte ou menace, pour une société plus apaisée, plus sure, plus juste. Faut-il reprendre la flexsécurité, et que mettons nous derrière ?
    C’est en tout cas une relation apaisée avec l’entreprise, notamment les PME, la promotion d’un nouveau capitalisme cognitif, des territoires, de l’innovation. Il faut retrouver la voie et la voix de la croissance (savoir l’illustrer), en pratiquant des politiques d’offre comme de demande
    Il faut se positionner sur la financiarisation du capitalisme, et de certains risques que cela porte.
    Il faut arriver à construire une vision de la mondialisation , opportunité mais également ouragan en gestation. Protection offensive ?
    Egalement sur les retraites (équité/effort/ répartition travail-loisir sur une vie/financement assuré, assumé et expliqué) ou la vigilance sur la dette

  • Enfin, on doit porter aussi un socialisme du réel, qui ne se noie pas dans des dogmes ou des habitudes mais qui doit avoir comme préoccupation des résultats concrets, à des problèmes quotidiens. (Sans tomber dans la démagogie et la réponse à tout) Ainsi sur le traitement de l’insécurité, les 35h, le pouvoir d’achat, le mérite, la réforme de l’Etat… C’est souvent aussi une question de méthode et de marketing politique.

Cependant, nous ne souhaitons pas résoudre les inégalités à la marge ou à postériori mais agir à la racine et donc reposer les rapports de force, les potentiels technologiques ou d’organisation de la société. Nous assumons les règles du marché sans être ni naîf ni dépourvu d’imagination pour définir de nouvelles régulations et garantir un service public qui soit en phase avec les nouvelles réalités du monde économique.

En terme de stratégie politique, je pense qu’on peut aussi incarner :

  • une volonté de rénovation de la vie du parti :
    -promouvoir le débat et la réflexion de fond, les travaux thématiques, à tous les niveaux; faire vivre des « think-tanks…
    -essayer d’en faire un parti plus large, plus ouvert, de masse… Moins de cumuls et de fiefs, plus d’écoute et de politique.

  • nouvelle manière de faire de la politique :
    -réintroduire la nuance et la raison dans le débat : opposition constructive à l’assemblée, moins frontale. Nous ne sommes pas le Bien, contre le Mal ou l’erreur par nature. Nous n’en serons que plus crédibles.
    -redéfinitions des alliances possibles. Modem, PC…

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One Comment sur “Qu’est-ce que la social-démocratie que nous voulons incarner ?”

  1. abomi thide Says:

    slt je voudrai comprendre pourquoi sur les 100% d’investissement mondial plus de80% se fait entre pays riche alors que les pays pauvre reçoivent moins d’investissement


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