Une déclaration de principe sans audace excessive, mais positive.

« Etre socialiste, c’est ne pas se satisfaire du monde tel qu’il est. L’idée socialiste relève, à la fois, d’une révolte contre les injustices et de l’espérance pour une vie meilleure. Le but de l’action socialiste est l’émancipation complète de la personne humaine et la sauvegarde de la planète. »

Les évolutions par rapport aux précédentes versions sont intéressantes, intègrent les évolutions, prennent en compte l’individu et son émancipation, et le développement durable. Le Parti socialiste n’abandonne pas son objectif de transformation sociale ni sa fonction de critique des mécanismes du capitalisme. Mais il est désormais un parti réformiste, qui veut s’inscrire dans la société et peser sur elle. Cela reste un compromis, mais celui-ci se déplace vers une social-démocratie assumée et ambitieuse, et le consensus devient plus facile entre les différents courants socialistes.

D’autres partagent et prolongent cette vision bienveillante :

Cambadelis :

On avait refusé à l’époque la domestication écologique et sociale de l’économie. Ici tant la question du modèle socialiste, écologique et social, que la société juste, l’égalité réelle, ou encore le réformisme radical voir le parti pris de rassembler toute la gauche dans une seule formation, ces questions et d’autres n’ont pas donné lieu à grande polémique.
(…)
Cela confirme une intuition, les divergences sont des divergences « d’accents ». Elles sont souvent le produit de postures. Elles sont souvent techniques dans le sens où elles procèdent du comment, pas du pourquoi. Et c’est ici que réside le paradoxe. Les divergences dans la gauche se sont contractées. Elles n’ont plus la force fondamentale des divergences que nous connaissions dans le passé, par exemple, sur la nature du socialisme. Tous les responsables socialistes dans leur collectivité ont une pratique disons «social-démocrate ».

C’est la raison pour laquelle les divergences s’étaient évaporées, les questions de personnes ont malheureusement tant d’importance.
Les vraies divergences se sont déplacées, de la nature du socialisme au moyen de le promouvoir : Le choix des priorités, la nature des alliances, la sélection des dirigeants, la fonction partisane. D’ailleurs c’est la raison pour laquelle l’autre commission, celle sur les statuts ne trouve pas de consensus. Ceci éclaire l’enjeu du congrès. Il ne portera pas vraiment sur la nature du socialisme. Il ne portera pas non plus sur sa modernisation ou pas. Il ne portera pas plus sur les solutions programmatiques ne serait-ce que parce que c’est trop tôt. Il portera sur la nature et la stratégie du PS. La déclaration de principe vient d’accoucher une façon différente d’être de gauche. Et tous les courants l’ont adoptée. C’est la deuxième bonne nouvelle après les municipales.


ou encore de
Pierre Moscovici


Avec cette déclaration de principe, le surmoi gauchiste se tait alors que le choix social-démocrate est enfin fait. Nous avons, autour de DSK prenant le relais de Michel Rocard auprès de Lionel Jospin, milité pour cela depuis des années, sans être toujours entendus et suivis. Le « réformisme de gauche » du Congrès de Dijon était resté sans contenu, la synthèse du Mans était légère, le projet présidentiel de Ségolène Royal, malgré certaines audaces, n’avait pas toute la cohérence requise. Cette cohérence, elle se trouve dans la déclaration de principes.

D’autres sont plus critiques, ainsi Telos publie une tribune de Laurent Bouvet, professeur de sciences politiques. On retrouve les mêmes critiques chez Yves Michaud dans l’esprit public sur France culture, ou encore chez Emmanuel Valls, chez Thomas Piketty ou chez Hugues Bernard.

Je ne partage pas ces analyses qui pointent un manque d’audace ou de réponses concrètes. Je suis d’accord avec certains des points soulevés, mais il faut nuancer ces commentaires :

-tout d’abord n’oublions pas que ce n’est qu’un projet. Elle peut encore être amendée, améliorée, voire, ce n’est pas exclu, s’affadir. On sait que déjà un article a été ajouté sur la défense des droits des femmes.Ainsi je soutiens l’initiative de Hugues d’apporter quelques amendements qu’il propose sur son site.

-compte tenu de ce qu’est une déclaration de principe, elle est plutôt bonne, et notamment sur la formulation, on a vu bien pire. Elle n’est pas là pour donner les réponses, ni pour décrire un PS fantasmé qui n’existe pas. Il s’agit donc bien de l’Etat actuel du PS, qui s’éveille, sans être encore en train de gravir les sommets. C’est une oeuvre de compromis.

-ce n’est pas censé donner toutes les réponses, c’est un cadre général qui laisse le congrès trancher librement, donc c’est au moment des motions que nous devrons être incisifs dans nos critiques de fond me semble t-il.

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