Scénarios pour la prise du PS

Delanoë, Royal, Moscovici, Aubry, Montebourg, Hamon, Fabius, Dray… Les acteurs sont nombreux et les évènements encore multiples. Les textes seront déterminants si rien ne s’impose d’évidence.

Plusieurs scénarios sont envisageables au PS. Tout est possible aujourd’hui, tout grouille d’espoirs et d’inquiétudes mélées. Je tente d’imaginer les plus extrêmes, entre eux on peut imaginer mille nuances.

Bien sûr je n’exclue pas que même avec une victoire de Ségolène ou de Bertrand, tout puisse bien se passer. Mais voici les tendances que mon analyse perçoit comme probables.

I Une victoire de Royal ou de Delanoë :

Imaginons un duel qui gonfle, les reconstructeurs sont traversés de tensions, leur texte est plus une synthèse molle qu’un projet fort, Moscovici comme la gauche du parti ont un pied dedans un pied dehors, Aubry laisse planer le doute etc.

Delanoë et Royal réussissent à faire prendre la mayonnaise, imposer leur duel comme inévitable, les médias vont dans ce sens, les sondages…

Le duel se tend, confrontation dure mélée de zones d’ombres, de déclarations fluctuantes

1 Au soir du vote, Ségolène Royal, surprise, est devant, incontournable, majoritaire. Elle prend la tête du parti après une synthèse avec Valls et Dray.

Terrible désillusion dans le parti vaincu. De nombreux militants rendent leur carte, Mélanchon a enfin l’ouverture qu’il attendait et préparait, il quitte le PS avec Quilles et Lieneman, ils fondent un parti de la gauche avec une parti du PC et des alters.

Royal battit un mouvement qui la propulsera à la présidentielle, fortes tensions dans les sections, déclarations assassines dans la presse…

Delanoë contacte tout le monde pour préparer le match retour deux ans après, et commence à savonner la pente.

Le match n’est pas terminé, le parti va être bousculé et mis aux ordres, mais il ne va pas aimer.

2 Au soir du vote, surprise, Delanoë l’emporte. Majorité absolue de peu. Les ségolénistes jouent l’apaisement aigri, mais sont très virulents en privé, et dans les sections. Les incidents se multiplient.

Ségolène Royal fait une grande déclaration d’apâisement, tout le monde comprend qu’elle est déjà en campagne pour les présidentielles.

Bertrand tente d’assoir sa majorité sur le PS en faisant une synthèse large, sans les partisans de Ségolène. Il perd en audace ce qu’il gagne en stabilité, en intégrant une partie de la gauche du parti et des reconstructeurs à sa majorité.

Le match n’est pas terminé, le parti va être controlé, endormi, divisé, pour éviter qu’emerge une alternative contre Ségolène.

Mais un autre (100 autres en vérité, bien sûr) scénario est possible.

II Une victoire de reconstructeurs audacieux et conséquents :

Le conflit entre Ségolène et Bertrand perdure. Chacun sent qu’il est allé un peu loin, qu’il a été mal compris autour du libéralisme, et atténue ses propos. Leur image se brouille encore un peu plus, la lassitude monte chez les militants, le cynisme gagne les médias. Ils paraissent moins différents, se marquent de prêt.

La gauche du parti lance l’offensive, s’unit autour de Benoit Hamon, qui malgré ses sympathies pour Martine Aubry joue sa carte, et l’affrontement idéologique plus que de personnes.

Les reconstructeurs poursuivent leurs rencontres, dans toute la France, et suscitent espoirs et critiques.

Après l’indifférence, ils subissent l’ironie de la part des partisans des deux présidentiables proclamés. Enfin vient une critique sévère lorsqu’ils commencent à en avoir peur. Martine Aubry prend sa place dans les médias.


Il y aura plusieurs contributions, exigeantes et audacieuses. Cela débouche sur une motion commune, portée par la maire de Lille. Mais Pierre Moscovici sera le premier secrétaire de cette motion, pour respecter la volonté collective de cette démarche de ne pas présidentialiser.

Quelques Fabiusiens estiment cette entente trop réformiste et rejoignent Hamon ou Delanoë. Des partisans de socialisme et démocratie qui auraient voulus se compter enfin redoutent les rassemblement avec les amis de Montebourg ou les fabiusiens, et rejoignent Valls ou Royal. Mais il y a une belle dynamique militante et médiatique.


Au soir du vote, la motion Aubry-reconstructeurs est majoritaire, grande claque dans de nombreuses fédérations où tous les caciques s’étaient positionnés sur les deux primo-favoris.


Pierre Moscovici prend la tête du PS, sur une ligne qui réaffirme les valeurs de gauche, mais clairement réformiste. Les partisans des battus ne désarment pas mais sont rassurés en paroles et en actes, le parti ne sera pas mis au service d’un présidentiable, mais de tous, même s’ils tenteront parfois de tirer la couverture à eux, cela sera mal vu par les militants. Des conventions de travail nombreuses sont lancées, et tous les courants sont associés.

Il y a bien quelques couacs et des tiraillements, mais le travail avance, les règles de fonctionnement communes sont réaffirmés, des portes paroles thématiques portent la voix du parti, après larges délibérations collectives. Le choix du présidentiable sera choisi plus sereinement, même s’il y aura une bataille, et celui-ci bénéficiera d’un parti plus fort, plus soudé, qui aura travaillé.

Où en sommes nous 3 mois plus tard en septembre ?

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9 commentaires sur “Scénarios pour la prise du PS”

  1. Hugues Says:

    Un peu optimiste, non ? J’espère que cela se passera comme cela car je suis par contre assez d’accord sur le fait que l’on risque fort de passer notre temps à refaire le match si Royal ou Delanoë l’emporte… c’est notre sport favori !


  2. En clair d’abord le débat d’idées et ensuite on choisit le ou la meilleur(e) pour les porter. Ca me parait plutôt sain comme concept !
    Evidemment, le réel est souvent imprévisible…
    🙂

  3. christophe Says:

    premier commentaire, j’ai du mal à suivre la cadence de ton blog…

    La politique fiction est intéressante le troisième scénario me va bien.

    Ce congrès dans la cité des sacres me semble toutefois mal parti. Néanmoins je reste confiant dans la capacité de Mosco de faire la différence, aux baricades!


  4. Au 5 juin -tout peut évoluer- Moscovici a les soutiens officiels de Montebourg et Valls

  5. M. Says:

    Tu n’as pas mal au crâne avec ce genre d’étude ?
    Perso je voudrais ni Royalni Montebourg, Delanoë, je le verrai très bien c’est un bon patriarche 😉

  6. Simon Says:

    Le 3ème scénario (le plus souhaitable selon moi) reste un peu trop optimiste malheureusement… Mais en tous cas, félicitation, notamment pour les scénari des victoires de Royal ou Delanoë, ils me semblent très justes et votre article fait apparaitre la triste prévisibilité des dirigeants de notre parti, car je serais peu étonné que vous ayez habillement mis dans le mille…

  7. lex Says:

    J’adore la politique fiction, surtout dans un plan en deux parties deux sous parties.

    La vie interne des partis est d’un ésotérisme à toute épreuve ! On s’étonne que les français n’adhèrent pas dans les partis politiques… Je commence à comprendre !

  8. selene Says:

    Quelle est la tendance qui va arriver à gérer le PS pendant 3 ans?

    Est ce celle de la raison ou celle de la passion?

    Sommes nous un parti raisonnable?
    Sommes nous un parti passionné?

    En tous les cas, nous saurons si nous sommes un parti souhaitant gagner pour apporter quelque chose aux Français, à l’ Europe, au Monde, ou si nous sommes un parti incapable de travailler pour le bien de tous, refermé sur des écuries et des pseudo « présidentiables » qui nous amèneront tout droit à une autre défaite …

    Seul le 3ème scénario nous permettra d’échapper à cette malédiction.

    Sommes nous capables de le faire aboutir?

  9. Geoffroy Firmin Says:

    Il y a ceux qui ont compris avant ou après 2007, et qui n’accepteront aucune alliance au premier ou au second degré
    Il y a ceux qui ont compris mais qui pensent que l’on peut manger avec le diable à condition d’avoir une cuillère avec un long manche aurait dit Raymond la Science
    Il y a ceux qui n’ont pas compris et qui pensent que tout va bien ou qui font semblant

    Des choix décisifs approchent, il est temps que ceux qui considèrent que Ségolène Royal a mis en évidence de tels défauts que le parti risque de se doter d’un pilotage qui peut le conduire hors du champ de son idéologie.
    Avez-vous croisez une candidate ou un candidat qui prévoit dans sa contribution la méthode pour traiter ses opposants internes – Les purges se préparent !
    Connaissez-vous un leader socialiste qui a développé une officine parallèle, dédiée à l’adoration de la cheftaine
    Connaissez-vous à gauche un leader qui se sent propriétaire des voix qui se sont portées sur lui à un moment donné et qui croit en avoir reçu un mandat permanent
    Peu de temps avant qu’Hollande vienne jeter un trouble immense parmi les militants, refuser toute alliance directe ou indirecte avec Royal peut sauver le PS d’une aventure populiste
    Autant il est nécessaire d’affronter Sarko, l’homme de droite sans état d’âme, autant il faut agir tout de suite et non en 2011 contre la montée en puissance de la candidate populiste Ségolène Royal


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