Ne gachons pas les prochaines élections européennes !

Plus qu’un an avant les élections européennes !

Est-ce que cela sera encore une petite diversion intermédiaire, qui n’intéressera pas, qui ferra de De Villier la première force politique de France ?

Est-ce que l’abstention sera massive, entre ceux qui s’en foutent, c’est loin tout ça, et ceux qui n’y croient plus, après avoir votés non au dernier réfrendum, et pensent le parlement européen impuissant… ?

Ou alors la tension va-t-elle monter petit à petit, les Français se sont passionnés pour le débat européen, ils savent que désormais se jouent là beaucoup de choses. Le cartel du non de gauche radicale va se reformer, ainsi que les souverainistes de droite, alors que les écolos, les centristes européistes et le front national tenteront de profiter du scrutin proportionnel ? L’UMP et le PS ne seront pas en situation facile… Ainsi, comme l’analyse Jean-Christophe Cambadelis, le scrutin proportionnel favorisera plus les partis “contestataires”, ou le Modem. Si le PS est parçu par les uns comme celui-qui rechigne à dire oui à l’Europe, et par les autres comme celui qui vote pour l’Europe de Sarko…

D’autant plus que pour nous, cela vient rapidement après le congrès de Reims. Cela neutralise sans doute largement, et malheureusement, cette question jusqu’en novembre. Pendant ce temps Besancenot pourra travailler ses thématiques, les instiller, démagogie compationnelle dont l’UE serait le bouc-émissaire, et dont il se voudrait bénéficiaire.

La prochaine direction du PS devra se saisir immédiatement de cette question, pour faire émerger un vrai débat européen, et présenter cela comme des élections primordiales, majeures ! L’enjeux devra bien être l’Europe, et pas Sarkozy…

Revenons un peu en arrière…

Le referendum en 2005 a été un moment intense, intéressant, passionné, terrible, parfois désespérant, parfois rafraichissant. Cela a été mon premier vrai combat politique, ou j’ai écris, tenté de convaincre autour de moi.

Cela a largement participé à la stagnation du PS, ( le referendum, pas le fait que je m’engage…) dans les idées, toutes les énergies ont été mobilisées à cette déchirure interne, sans que n’en sorte grand chose à court terme. Et les rancoeurs et incomréhensions ont laissé des traces;

Aujourd’hui la question intitutionnelle pourrait être dépassée. Des gens de différents courants dans le parti réfléchissent à nouveau en commun sur l’Europe. Les débats sur le fond, qui ne sont pas parasités par des enjeux de pouvoir, sont plus constructifs, et on réussira à s’entendre.

Quelques inconnues encore : l’attitude de l’Irlande, qui peut se prononcer pour le non au minitraité. (parfois pour de mauvaises raisons comme l’avortement ou la défense, chacun polarisant ses peurs sur le changement…) Que se passerait-il alors ? Il faudrait que les socialistes puissent proposer une réflexion commune, avec leurs partenaires du PSE.

Plus largement fallait-il faire passer ce mini-traité par voie parlementaire ? Dans le courant Socialisme et Démocratie, une majorité semblait le penser. Je suis plus sceptique. Sur le fond, oui le texte est légèrement différent, le contexte aussi, le non ayant été stérile. Oui, cela faisait partie des engagements de campagne de Sarkozy. Enfin, cela aurait été un nouveau déchirement au PS, renforçant Besancenot d’un côté et Bayrou de l’autre. Bref, il fallait avancer…

Mais sur la méthode, il est extrêmement génant de refaire voter un texte à 90% semblable par une autre voie, par peur du jugement populaire. Un mini-traité minimaliste pouvait être une idée intéressante, pour un premier pas, mais comment contenter ceux qui avaient voté non sur des fantasmes ou des peurs, ou ceux qui remettaient en cause à travers celui-ci le traité de Rome ou de Maastricht ?

En terme de symboles, c’est terrible, et je comprend que ceux qui ont voté non se sentent bafoués. C’est une revanche du “système”, comme si un bon sens de l’histoire s’imposait à nous. Le PS comme la construction européenne en sont les victimes collatérales… (et consentantes)

On n’a pas de réponses crédibles à opposer à ceux qui nous reprochent d’être passés par dessus le referendum. (sinon dire que Sarkozy a fait le choix de cette procédure, dont nous sommes co-responsables)

Et pourtant le jour du vote, j’étais soulagé que le congrès l’adopte… Tout ça n’est pas simple…

Plus largement, question complexe, la gauche a raison de se méfier de ces plébiscites, cela a été le combat républicain que de mettre en place une démocratie représentative, sortir de cette relation directe du chef à la foule pour un dialogue entre peuple et nation… Sur un texte aussi complexe, réceptacle de toutes les peurs en période difficile, et certaines sont légitimes sur la construction européennes, fallait-il un référendum ?

Je persiste à penser que c’était nécessaire, et que nier le fossé qui se creusait, les difficultés, était illusoire et dangereux. Donc il fallait prendre le risque d’un référendum, et tirer les conséquences du non maintenant. (réinterroger le sens et les moyens de la construction européenne, partir sur des bases concrètes et politiques, sans renier notre engagement ou les traités antérieurs…)

L’Europe est toujours un grand rêve, une perspective d’avenir politique, mais dont la voie ne semble plus si facile, si évidente. Quelles sont les valeurs européennes, le peuple européen se forme t-il progressivement ? Ou la fin de la confrontation avec l’Union soviétique a t-il rompu ce lien qui nous unissait ? Si on arrête de progresser, face aux populismes et aux nationalismes, l’Union Européenne peut se déconstruire. Quelle déception pour moi, dont les 4 grands-parents viennent de quatre pays différents…

Mais cela n’est pas dit. Au contraire, nous devons avoir concrètement l’ambition européenne, une vision à long terme qui progresse pas à pas, une démarche politique et non seulement technocratique. Bien sûr, le fait d’être pour un rassemblement et un approfondissement européen, ne doit pas nous faire tout avaler. J’ai moi aussi des critiques, souvent on ne va pas assez loin dans l’intégration, on n’a pas assez de projets ambitieux communs, on ne réussit pas à se mettre d’accord sur des objectifs sociaux, la politique de libre-concurrence est trop pointilleuse et ne s’articule pas bien avec une reconnaissance encore timide (même si elle progresse) des services publics et de l’intervention publique. Mais c’est le sens du rapport politique.

Il y a une vraie crainte, largement répandue, du supranational, du transnational, du fédéralisme, non sur les principes mais dans la réalisation. Plus cette dimension transnationale émerge, plus la politique doit se renforcer. Avec les dernières évolutions institutionnelles notamment, le Parlement européen sera doté de pouvoirs importants. Il devra notamment élire le Président de la Commission européenne.

PSE

Donc je le répète encore une fois, l’an prochain, les ELECTIONS EUROPEENNES seront très importantes : toutes ces questions sont politiques, elles ne sont pas par nature liées à l’Union Européenne. Tant que les droites populistes sont majoritaires, nous ne seront pas satisfaits des politiques proposées. (même s’il y a de bonnes choses en matière d’environnement, de libre-circulation, de projets technologiques, d’harmonisation de certaines règles…).

Je pense donc qu’il faut vraiment renforcer notre inscription dans le PSE, (si on devait changer de nom, on pourrait aller vers celui-ci, Parti Socialiste Européen – France) avec une double appartenance automatique des militants notamment. Il faut que le PSE ouvre plus encore des discussions entre les partis européens, de fond, stratégiques… Bien entendu, pour les élections européennes, cela doit être renforcé : faire connaître déjà le programme commun (qui a déjà connu une construction plus européenne et ouverte que les fois précédentes), le candidat que nous porterons pour la présidence de la commission… Eventuellement avec des candidats transnationaux (je rêve un peu là, à part Cohn Bendit…) et déjà une coalition avec certains partis comme les verts. Même si ce n’est qu’un début, les propositions de la délégation socialiste européenne sont intéressantes.

Il faudra réellement proposer une feuille de route lisible, ambitieuse, volontaire pour l’Europe. Au boulot !

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5 commentaires sur “Ne gachons pas les prochaines élections européennes !”

  1. Timothée Says:

    Salut l’ami,

    t’as raison de t’investir sur les européennes, il faut y penser!
    On a un an pour trouver et concevoir un plan B pour l’UE. On a une occasion géniale, celle des prochaines européennes, pour le proposer.
    Ce sera une élection importante pour les socialistes, tant nous avons besoin de prendre position de manière unitaire sur ce sujet.
    à bientôt!

  2. Baillergeau Says:

    Avons-nous une chance de trouver avant juin 2009 une ligne de conduite commune au sein du PSE sur l’énergie ou la défense ?
    Je ne le crois pas , car seul le PS français pourrait être la locomative, mais nous n’avons plus de grands européens prêts à s’investir sur de tels sujets – Jacques Delors a 83 ans !

  3. chouka Says:

    Je ne pense pas que seul le PS Français puisse être une locomotive.
    Il y a des individus dans chaque partis qui peuvent collectivement faire bouger les choses. A Rasmussen notamment, président du PSE, de les coordonner et les soutenir.

    Je pense que le PSE gagne en homogénéïté : le PS Français fait sa mue post-marxiste, alors que certains autres partis reviennent de leurs tentations libérales.

    Après il faut faire des choix…

  4. arno Says:

    Slt, merci pour ton com et merci pour être venu sur mon blog, même si ont fait pas tjrs les mêmes choix, sa te dit qu’ont mettent 1 lien entre nos 2 blog, j’attends ta réponse, bien à toi, Arnaud du blog http://segoleneroyal2012.over-blog.fr/

  5. lex Says:

    Je peux faire long mais tu me bats à plate couture. Le projet européen a besoin d’un socle idéologique consistant mais ce qu’il lui faut urgemment c’est de la clarté. L’urgence économique et sociale guette et l’Europe à des armes pour maitriser l’inflation des prix. Il faut le faire comprendre aux français et obliger le gouvernement à prendre ses responsabilités.

    Les français et des européens n’attendent rien des errements de la démocratie européenne. Ils veulent du concret, l’Europe peut agir ! Remplissons les assiettes…


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