Le congrès du PS se dessine tendrement…

En effet, déclarations et rencontres discrètes succèdent aux lettres enflammées, alors que les ébauches se teintent lentement de mélanges exquis de couleurs politiques (on reste bien sûr dans les tons roses…)

Ainsi, voici une lettre de Jean-Christophe Cambadelis (cf infra) que j’ai trouvée intéressante. Elle résume beaucoup de choses, présente les enjeux. On peut aussi renvoyer aux fréquents messages de Pierre Moscovici sur son blog.

Tout cela va dans le bon sens, d’une construction progressive d’une alliance cohérente et solide, fondée sur des accords de fond et de stratégie.

On peut sentir depuis le début quelques différences dans l’approche entre les deux personnages. Pourtant, j’ai toujours pensé que c’étaient deux facettes d’une même démarche, qu’il y avait débat voire entente, et non conflit. Cela nous permet de naviguer entre plusieurs stratégies, nous avons le choix, ce qui est un luxe appréciable.

Concrètement, Moscovici n’envisage pas vraiment que Fabius, même si on peut discuter, intègre cette majorité éventuelle. Cambadelis souhaite ne pas ostraciser Fabius, ce qui le pousserait à rejoindre et consolider l’aile gauche du PS. Je suis partagé, je pense qu’il faut savoir réduire les schismes du passé, discuter avec tous. Pour autant, la majorité doit être cohérente, et pour le moment je ne pense pas que les fabiusiens y aient leur place.

Je réïtère ma prudence vis à vis de Delanoë, même si j’apprécie plutôt le personnage, je pense qu’il peut être bon que des choix alternatifs s’affrontent : on n’est plus dans une configuration soupe réformiste contre marginalité gauchiste. Non, des alternatives réformistes doivent s’opposer et proposer dans le parti.

Or Delanoë c’est une conception du parti parfois un peu ancienne, des idées encore fluctuantes et mal définies, et, sous un verni artificiel, souvent assez classiques. Enfin c’est une stratégie personnelle, et des soutiens hétérogènes, parfois légitimistes et conservateurs, parfois plus intéressants.

Enfin il faut prolonger la démarche AU NIVEAU LOCAL : il y a des candidats à proposer pour les fédés, des programmes de rénovation de celles-ci, des alliances à définir, y compris ensuite pour les élections à venir (régionales notamment). Au boulot.

Cher(e) Ami(e), Cher(e) Camarade,Franchement je vous le dis, je suis très satisfait par la signature de la déclaration commune de Martine Aubry, Marilyse Lebranchu, Pierre Moscovici et Arnaud Montebourg. j’y ai beaucoup travaillé, cela a été plus facile que je ne le pensais.

Franchement, je suis satisfait par cette démarche partagée qui est une bonne nouvelle face à la fragmentation en cours au PS. Satisfait parce qu’elle se propose de changer le PS pour changer la France. Satisfait parce que le dessein d’un socialisme moderne, d’une Europe politique, du retour des valeurs est enfin au coeur d’une volonté de rassemblement. Je suis convaincu que ces idées sont majoritaires chez les militants du P.S.

Voilà ! Après que nous ayons initié le manifeste de Socialisme et Démocratie, conclu un contrat politique avec Arnaud Montebourg, adopté à l’unanimité le 18 mai notre démarche pour le congrès et porté nos principes lors de la réunion des Reconstructeurs du 1er juin, nous avons aujourd’hui un début de réalisation concrète et partagée

Notre démarche est ouverte; elle est pratiquée dans la clarté, la cohérence et le refus des anathèmes. Elle est un état d’esprit qui refuse la présidentialisation du Parti, qui veut rompre avec les synthèses informes et l’immobilisme; Mais surtout qui souhaite construire un nouveau Parti Socialiste; un PS au travail qui répond et redonne l’espoir. Un PS qui oeuvre à des primaires aussi ouvertes que le permettent les discussions avec nos partenaires.


Ni les amis de Bertrand Delanoë, ni ceux de «Ligne claire», ni même Laurent Fabius ne sont dans ce premier regroupement. Des convergences sont visibles avec certain, pour d’autres des discutions ont eu lieu ou doivent avoir lieu.

Nous devons travailler avec ceux qui partagent vraiment notre démarche à «un pacte de travail» basé sur la confiance, où chacun sera à égalité de droits et de devoirs.

Enfin, il faut débarrasser le PS des questions de personnes, des problèmes subalternes. La déclaration commune le dit avec force et c’est tant mieux. Pierre Moscovici, voire Martine Aubry peuvent être en situation pour animer une équipe renouvelée et rajeunie. Il ne faut accepter la-dessus, ni préalables ni n’importe quelles conditions. Nos amis partagent cette hauteur de vue et c’est déjà la marque du renouveau.

Je suis heureux d’avoir travaillé à ce texte avec Pierre, Arnaud et d’autres. Nous allons ensemble dans le bon sens pour les idées qui nous réunissent depuis des années.

Amicalement et bonnes vacances, En espérant te voir à La Rochelle,

Jean-Christophe Cambadélis

PS: Quelques uns de nos amis partis à l’étape des contributions avec Bertrand Delanoë utilisent le sigle Socialisme et Démocratie pour tenir des réunions à la Rochelle et en septembre dans toute la France. Le procédé est désagréable et inamical. Je ne le laisserai pas faire. Je tenais à t’en tenir informé.

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6 commentaires sur “Le congrès du PS se dessine tendrement…”

  1. Lady Ada Says:

    Le PS en est-il donc là que l’on doive se réjouir d’une répartition de fiefs entre grands suzerains?

    Car, si j’ai bien compris l’esprit du texte que vous présentez, c’est bien à une alliance de personnalités parfatement dépourvue de la moindre once de raison idéologique qu’on assiste… j’aime d’ailleurs la manière dont le  » dessein d’un socialisme moderne, d’une Europe politique, du retour des valeurs » s’inscrit en décallage total avec l’esprit de ce texte.

    C’est une alliance entre grands suzerains dépourvu de tout autre but que celui de la victoire contre tel ou tel autre suzerain, AMHA. Comme toute alliance de ce genre, elle est condamnée à n’être que temporaire et d’une fragilité de cristal…

    Bien entendu, je ne vois pas en quoi cela peut constituer une source d’espoir à gauche, sinon à considérer qu’un parti féodalisé peut apporter un avenir à la France du XXIeme siècle.

    En espérant me tromper,
    Lady Ada (et son blog paneuropéen : http://www.europeana.over-blog.com)

  2. Louison Says:

    Lady Ada, pourquoi dénigrer ce qui est en réflexion et en discussion ?
    Sortir des réflexes du passé, c’est briser des citadelles.
    L’espoir n’étant pas l’immobilisme, certes rassurant, ce texte en est plein.

    L’idéologie est présente. D’ailleurs la phrase que vous pointez, sur la gauche l’europe et les valeurs, est la clefs de lecture de tout le reste.

    Au contraire cela me semble prometteur, en tout cas cela change.

  3. Lady Ada Says:

    « L’idéologie est présente. D’ailleurs la phrase que vous pointez, sur la gauche l’europe et les valeurs, est la clefs de lecture de tout le reste. »

    Oui, certainement.
    D’où mes questions :

    – qu’est-ce qu’un « socialisme moderne »?
    – une « Europe politique ». Chouette, c’est le but de mon blog. Comment?
    – un « retour des valeurs »? Fabuleux! attendez, cela me rapelle quelque chose… ah oui, j’y suis : la campagne de Nicolas Sarkozy. 😉

    Bon, je charrie, évidemment. Mais là est bien le problème que ce « programme » correspond dans l’absolu à tout un chacun. Encore une fois, le PS refuse le clivage (le vai clivage, celui qui transformerai le PS en champs de bataille créateur d’idée plutôt qu’en assemblée gérontocratique molle). Il me semble en fait que cette pseudo phrase programatique vide de réalité pointe les problèmes internes au PS plus qu’elle n’en révèle les possibles mutations (bénéfiques, j’entends).

    De là vient d’ailleurs à mon sens le féodalisme triomphant d’un parti coupé de ses objectifs, de ses électeurs et de la nation qu’il est censé incarner.

    cordialement,
    Lady Ada (je « dénigre » plus par consternation que par mépris, étant moi-même « sympathisant » -disons que je vote PS aux élections-)

  4. chouka Says:

    Je ne pense pas.
    Je partage assez le diagnostic initial sur le PS, entravé par des combats d’appareils, de personnes, entravé par des baronnies locales, assoupi par ses problèmes internes.

    Mais je pense que vous tappez sur les mauvaises personnes : il s’agit là d’une occasion de remettre du dynamisme, du travail, du sérieux, une envie d’en découdre, de porter le changement, de travailler dans le débat.

    Donc comme il faut de nouvelles solutions, on assiste à de nouvelles configurations, et c’est heureux. Lisez les textes, au delà de cette petite lettre, puis la motion quand elle viendra, ou encore le blog de moscovici, et sachez également voir ce qui n’est pas écrit, le contexte qui change, la dynamique qui s’installe .

    Après que tout le monde ne soit pas d’accord, bien sûr, mais je pense qu’il s’agit là plus d’une incompréhension.

  5. Lady Ada Says:

    « Après que tout le monde ne soit pas d’accord, bien sûr, mais je pense qu’il s’agit là plus d’une incompréhension. »

    ça, je n’en doute pas : j’écoutais encore il y’a quelques minutes Moscovici parler à la radio. Et en l’écoutant, comme en écoutant parler d’autres « leaders? » du PS, je ressens toujours la même impression : des magnétophones recrachant une loghorrée sortie de nulle-part pour s’adresser à personne.

    Il n’y a pas de réalité dans ces discours, pas de gens, pas de matière, pas d’estomac. Juste un vague dénigrement généralisé (de la mondialisation à Sarkozy en passant par la Russie), le tout passant derrière un vague appel à une hypothétique construction européenne. Une défense molle de la gauche qui cache mal l’évident déni de soi et du peuple en tant qu’identité (depuis combien de temps n’ai-je pas entendu un leader du PS pronocer des mots tels que « nation », « France », « ambition »?). En fait, c’est cela : un discours mou, dépourvu d’angles droits, de prises de position. Un discours qui a tout de celui de l’assistante sociale à ses vieux patients, et rien du politique.

    Peut-être n’est-ce qu’un ressenti sans fondement.
    Je l’espère…

    cordialement,
    Lady Ada

  6. chouka Says:

    Vraiment, les notions de nation, de peuple, ou encore les mots de France, sont foisonnants…
    D’autant plus que je ne vois pas en quoi ils représentent des marqueurs d' »un quelconque rapport au peuple…

    Sur la manière de discourrur, et sur l’adaptation des paroles aux préoccupations, sans doute y a t-il encore des progrès à faire. Mais bon c’est encore plus facile de parler à la populo, comme Sarko, il s’agit alors de démagogie pour faire peuple. Est-ce mieux ?
    Il y a sans doute des lacunes encore dans le phrasé de Moscovici. Mais son discours est souvent construit, puissant, profond, c’est déjà pas mal pour comprendre et changer l’avenir.


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