Les militants socialistes suivent-ils les élus dans leur vote ?

Toujours cette idée, largement répétée… « Les élus font le congrès »

Un axe d’analyse majeur des analystes, des médias comme chez certains militants.

Déjà il y a quelques mois je m’irritais de cette vision simpliste, qu consistais à compter le soutien des fédés à travers leur premier secrétaire.

Ainsi on compte ici les secrétaires de section, les membres du conseil fédéral, les -attention- premiers fédéraux qui prennent la grande responsabilité de signer et ainsi faire basculer derrière eux des centaines de militants endormis… Ne poussons pas trop loin.

Bref, certains sont particulièrements atteints par ce travers, j’en reviens à la motion A. J’avais déjà ironisé sur leur propension locale à signer, très tôt, très haut…

Ainsi récemment, Harlem Désir, premier lieutenant de Bertrand Delanoë, a fait ses comptes. “Le plus grand nombre d’élus locaux, le plus grand nombre de territoires, c’est Bertrand Delanoë qui les réunit sur sa contribution”

Oui, et alors, je suis compté dans les soutiens parce que Pierre Izard ou Kader Arif? (Et d’ailleurs, est-ce un bon signe de rénovation que de compter le plus de sortants ?)

D’ailleurs la fédération 31 est souvent citée comme un des appuis importants de Delanoë, sur cette analyse éluesque… J’espère pour lui qu’il a des soutiens plus solides, sans quoi il risque d’être déçu.

Souvenons nous du référendum européen en interne, souvenons nous des primaires présidentielles, les élus n’ont pas eu cette influence hypnotique. C’est ce que relève Cambadelis, repris par libération :

«La grande question, c’est les militants, résume le député de Paris Jean-Christophe Cambadélis. Vont-ils s’intéresser aux débats ? Vont-ils voter comme les élus leur demandent de le faire ? Vont-ils se révolter contre le verrouillage ?» A en croire toutes les écuries, le vent de liberté qui soufflerait aujourd’hui sur le vote militant serait davantage qu’un cliché. «Le gros baron qui fait tomber les voix existe toujours, estime un cadre de Solférino. Mais c’est devenu plus compliqué depuis le référendum et la présidentielle, qui ont été des votes d’émancipation. Et ça va continuer.»

Ainsi dans les repas de section actuellement, malgré les enjeux, la bonne humeur et la conscience de valeurs communes règnent toujours généralement.
Contrairement à l’image que propagent ses marges, d’un PS froid, stérile, attaqué de l’intérieur par des métastases mortelles, le PS vit (attention, je ne dis pas que tout va bien politiquement en disant ça).

Ces soirées, comme d’autres plus directement consacrées au débat sur les motions, sont importantes. On y mange, on y discute politique, cinéma, on critique, on rit, on fait passer des idées. Les nouveaux militants cotoient les anciens, se font sonder, aborder, servir un verre amical.
Dehors, de petits groupes discutent avec fougue lorsqu’ils tentent de se convaincre, avec discrétion lorsqu’ils envisagent la stratégie à suivre. Quelques vieux militants doivent partir, il est tard, de toute façon il voteront comme l’élu qui vient de prononcer un beau discours d’unité et de convivialité.

Certains sont déjà en train de se compter, soit dans la section, soit en pratiquant une analyse éluesque, « à l’ancienne » :
« on a trois parlementaires et le premier secrétaire, c’est bon. »
« mince, trouffiac a basculé, leur secrétaire de section a signé motion T »,
 » Nouville les oeillets ? C’est chez nous. Ils ont largement voté Ségolène aux primaires, mais c’est bon, j’ai eu Michel, leur secrétaire, il va signer… »

😉

Bon, trève de plaisanterie.

Bien sûr, cette analyse n’est pas complètement fausse. C’est un indicateur, car les élus ont été désignés par les militants, donc ils représentent réellement des courants internes. Par ailleurs, il y a toujours toute une frange de militants légitimistes, parfois opportunistes, qui suivent.

Enfin, bien sûr, ces élus et responsables intermédiaires sont importants car s’ils sont arrivés là, ils ont des réseaux, sont bons orateurs, fins tacticiens, et peuvent organiser concrètement la campagne interne.

Donc ça compte.

Mais une simple comptabilisation paraît absurde et de plus en plus démentie par les faits. Il y a des enjeux qui n’atteignent que les zones de pouvoir, des réseaux qui ne prennent pas à la base, des calculs à 3 bandes, des choix individuels, des positionnements publics précoces difficiles à dédire etc.

Et puis un vote plus réfléchi, plus divers, plus politique finalement, c’est tout de même démocratiquement plus sain.

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3 commentaires sur “Les militants socialistes suivent-ils les élus dans leur vote ?”

  1. Mathieu Says:

    @ Chouka

    Alors Chouka, fais-nous un peu une cartographie militante de la fédé 31 telle que tu la réssens. La tendance, telle que tu la perçois chez les militants entre les différentes motion A, B, C, D, E, F.

    Donne les fourchettes.

  2. TD Says:

    Bonsoir

    Il faut pas s’attendre à une grande foule de votants

    A priori 20 % pour les grandes motions avec un éclatement des RM31


  3. […] national pèse sur le vote de manière très forte, ce qui n’est pas sain. Cela a cependant tendance à s’amoindrir semble t-il. Enfin, souvent, la discussion fait peur, et il n’y a pas de boucle mail (les […]


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