Quelques mots après un effrayant congrès fédéral 31…

J’ai assisté à mon premier congrès fédéral.

Franchement, pas brillant.
Je me demande même parfois quel sens peut avoir dans ces conditions mon engagement politique.

A l’intérieur de la motion D tout d’abord.

Il y a quelques semaines, dans un mail, j’imaginais un scénario noir, et j’alertais certains de mes camarades.
Malheureusement c’est précisément ce qu’il s’est passé. Aurions pu arriver à un autre résultat ?

Remontons le temps :

Une démarche, celle de la motion D. Autour de Martine Aubry, un rassemblement exigeant, porteur, intéressant lorsque l’on ne s’arrêtait pas aux caricatures ou aux préjugés. Une ambition de renouvellement local, des pratiques, des personnes, autour de Catherine Lemorton.

C’était un pari, celui d’une démarche nouvelle, pas toujours comprise, qui nécessitait un engagement mutuel pour que cela fonctionne et fonde quelque chose.

La venue de Martine Aubry fut un bon moment, elle rappelait tout le travail nécessaire, la joie retrouvée de travailler ensemble…

Pour porter ce discours, il faut une organisation. La motion D devait se construire, à partir des sensibilités existantes, et un peu plus : strauskahniens, RMiens, fabiusiens, et quelques indépendants structurés autour d’aubrystes historiques. On se réunit, on se fache un peu, on montre nos muscles pour établir une impression de rapport de force.

Finalement, il faut bien avancer, et on se prend au jeu, on veut que l’aventure et ce qu’elle porte marche. Donc on « oublie » pour ne pas se crisper de régler les questions sensibles, la répartition des forces dans la motion pour fixer les places et l’influence de chacun ensuite, ni même la question des alliances, ou du futur candidat que nous présenterions comme secrétaire fédéral.

On était rassemblé contre l’immobilisme, contre l’inaction de la direction fédérale sortante; on était rassemblé autour de quelque chose de plus grand, qui nous dépassait, autour du discours et de la démarche de Aubry. Mais entre les deux il manque quelque chose…

Mais tous ne sont pas aussi naïfs. Il y en a qui comptent. Depuis quelque semaine, je demande donc comment va se fixer l’équilibre ? Des répartitions sont proposées de part et d’autre, mais refusées. Je pense qu’on aurait pu et du s’entendre.

Trois logiques sont possibles :

-une logique arithmétique de comptable, à partir de données qui se veulent objectives (?), pour savoir qui pèse quoi. Cela perpétue les anciennes structures, comme si la motion Aubry n’était rien d’autre qu’un cartel électoral, si tous nos camarades se définissaient par rapport à une des sensibilités préexistantes lorsqu’ils ont voté.

-une logique politique de parité : chaque sensibilité doit peser autant pour qu’il n’y ait pas de domination interne de certains, pas de comptes d’apothicaires, une refondation vers une vraie nouvelle motion de dépassement. Tentant, mais je n’y ai jamais cru, jamais RM ne pouvait accepter.

-une logique de consensus : fixée au préalable, une liste, une répartition, un équilibre politique, qui respecte les grandes tendances, mais respecte chacun. C’eut été possible, avec une implication de Martine Aubry elle même lors de sa venue, ou par le choix résolu de Cathy le soir du congrès. Elle avait l’occasion là de prendre de l’ampleur, d’acquérir reconnaissance et respect politique, de sortir d’un rôle de chef de clan, de celle qui parle haut et fort, mais applique les stratégies d’un courant. Je pense que ça aurait marché.

Mais comme vous l’avez compris, RM a choisi, depuis longtemps, l’épreuve de force. Faire plier ses partenaires, le soir du congrès. On vote dans les sections, des délégués sont attribués à la section D. Comme rien n’a été fixé, il faut se battre en interne entre sensibilités pour avoir les délégués. Déplorable et fatigant.
Ils ont fait passer le message, nous n’avons pas vu ça venir. C’est la rénovation. Nous avons été naïf, nous n’avons pas écrit de message collectif incitant à prendre les délégués là où c’était possible, nous avons parfois donné des délégués pour respecter une parité politique que nous demandions. Lorsque j’avais évoqué le fait que RM puisse avoir la majorité absolue, on m’a répondu que ce ne serait pas le cas, et que donc s’ils étaient trop prétentieux et arrogants, on s’arrangerait avec les autres minorités pour imposer un équilibre plus raisonnable.

Donc le soir, dans la réunion de motion, avec nos petits tickets orange, on vote…
Ils ont la majorité absolue à une voix prêt. Ils imposent une logique arithmétique. Ils sont heureux, d’autres sont énervés, c’est la destruction de la motion D sous mes yeux…

Et nous n’avons pas eu le temps de discuter de la candidature au premier fédéral. Seul Roujas a profité de la fin de la bataille pour se faire adouber par quelques uns de ses partisans encore dans la salle…

Je rejoins, hagard, dégoutté, fatigué, l’amphithéâtre pour la réunion plénière.

Et c’est donc là que les motions A et C nous apprennent leur copinage… C’est assez navrant, un « accord technique », monté par le conseil général disent certains… Sans aucune cohérence idélogique, les sortants sont reconduits par les radicaux. Une majorité à 52%, autour d’une proposition de secrétaire fédéral qui ne fait rêver personne. Pour des postes, c’est dit sans embage par des représentants de la C…
Quelques uns de la A ou de la C autour de moi font la gueule, mais bon… Chez les militants ce sera sans doute moins moutonnier. Combien de bataillons vont encore déserter le parti ?

Finalement le vote ne sert pas à grand chose. Les motions sont du vent. Je vois le PS en Haute-Garonne s’écrouler sous mes yeux. J’ai lachement envie de déchirer ma carte, vu que tout le temps passé ne sert pas à grand chose, malgré un bon score de la motion.

Finalement, si on additionne les errements de la motion D et les vils arrangements… il ne reste que la motion E. Je commence à comprendre pourquoi ils se sont maintenus. Ils portent un discours de changement radical, notamment face à ces pratiques. Et pour tous ceux qui ont été radicalement déçus, il peut sembler qu’il n’y a pas d’autres alternatives à l’intérieur du parti. Car finalement, toutes les critiques sont bien vaines lorsqu’elles s’appuient sur un existant déliquescent à maintenir.

Finalement la seule bonne chose sortie de ce congrès, c’est que le travail autour du manifeste socialiste a été validé et élargi. Il y aura donc bien la convention fédérale proposée par Hugues. Allez, parfois le travail paye…

Il reste une question à régler : qui sera candidat pour être secrétaire fédéral au titre de la motion ?
La majorité A-C est très juste en nombre de délégués. D’autant plus avec le départ de quelques mélanchoniens. Et il y en a chez les A qui rapidement auront marre de cette mascarade.

Chez les militants plus encore, il n’est pas dit que le candidat AC soit validé, cela ne serait pas un signe de grande vigueur du PS local.

Si on réussit à présenter un candidat contre Denard, sur un programme de travail, de sanction des arrangements, il peut l’emporter sur de bonnes bases. Soit on se retire au profit de la candidate de la motion E s’il y a convergences et projet commun , soit on se met d’accord avec eux sur un candidat commun, qui serait Hugues Bernard, qui a bien sûr ma préférence, voire Jean-George Lechner.

A voir…

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12 commentaires sur “Quelques mots après un effrayant congrès fédéral 31…”

  1. abadinte Says:

    Chez nous, ça s’est bien passé. Nous avons travaillé d’arrache pied et le candidat portée par la motion D est compétent et bien plus « politique » que celui de la A qui est en tête.
    Pour tout t’avouer, nous avons remplacé en cours de congrès le représentant de Montebourg chez nous qui foutait le bordel et remplacé par une personne plus à même de travailler en équipe.


  2. Vive La rénovation avec Gérard Roujas !

  3. Cedralire Says:

    « Soit on se retire au profit de la candidate de la motion E, soit on se met d’accord avec eux sur un candidat commun »
    C’est vrai que là, ça n’a rien à voir avec les manoeuvres et les manipulations des « méchants rétrogrades » de la motion A … Là on est sur une conception commune du parti, des lignes politiques claires, des équipes renouvellées (Bapt ? Iborra ?)
    Ou est le cynisme et le manichéisme Janshen ?

  4. chouka Says:

    La rénovation ne passera sans doute pas par Denard ou par Roujas.

    Soyons clair, ni par Iborra, ni par Bapt non plus, ni par Mattéos etc…

    Se mettre d’accord avec la E, c’est une réaction à ce qui nous a été imposé. La motion D était sans doute politiquement la seule à pouvoir s’entendre avec toutes les autres motions, elle était centrale. La motion E sort première au niveau national, il faut en tenir compte (sorte de prime majoritaire, rationnalisation de fait du parlementarisme au PS).

    Mais beaucoup de choses se sont déjà jouées dans la composition du conseil fédéral. Le reste c’est surtout de l’animation politique.

  5. M. Says:

    On s’est tous fait flouter, les militants ne sont rien dans ce débat anti démocratique, moi je vis le TSS, et crois c’est pas folichon, le PS vole en éclats, RDV le 28 novembre à la RdB pour en débattre ?

  6. chouka Says:

    Le TSS comme principe, je n’adhère pas.
    Mais par contre, ce n’est pas non plus inenvisageable, vu qu’elle n’a fait que 29%. Ce ne serait donc pas antidémocratique, et elle prend consciemment ce risque si elle présente sa candidature, c’est à dire qu’elle va plus dans l’affrontement que dans le rassemblement…

    Ce serait dommage, mal vu. Donc j’espère que la motion E va présenter Peillon par exemple, et il gagnera sans doute.

  7. Pinocchio Says:

    Je vous invite à signer la pétition « Pour une ville de Toulouse plus sûre »

    http://jesigne.fr/pourtoulouse

  8. chouka Says:

    Plus sûre ? Avec Royalmensonge comme signataire ?…
    Etrange pétition.


  9. […] retrait de Hugues Bernard pour la motion D, pour laisser la place à la motion A (qui s’est alliée à la motion C très rapidement, d’ailleurs c’était ficelé depuis un […]


  10. […] y a cependant un risque, que ce parti n’arrive pas à se renouveler, s’installe dans le confort de son hégémonie locale. Le système finit bien par craquer. On […]


  11. […] à répondre à une interview télévisée. Je lui signale l’empressement avec lequel mes camarades haut-garonnais ont scellé une alliance A+C sans attendre Reims. Il m’assure que cela s’est produit à l’insu de la direction de sa […]


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