PS : logique implacable dans la zone trouble, comment en sortir ?

Malchance, crise croissante et petites turpitudes…

L’élection au suffrage universel dans un scrutin majoritaire comporte une part de risque et de hasard. Qu’est-ce qui est plus brutal que cette logique implacable, où quelques voix, une seule voix, emportent la décision ?

Qu’est-ce qui est plus incertain que la zone trouble autour de ce seuil ? Des erreurs de bulletins, de comptage, de manipulation, de saisie, des triches isolées, des oublis, des sections en retard et donc invalidées, des blancs litigieux (bulletin froissés, croix raturées, inscriptions de bonne foie sur l’enveloppe pour distinguer le bulletin national du local…), des gens qui n’ont pas pu voter à temps car le bureau de vote était mal indiqué, vote de militants non présentés en section, même s’ils sont à jour de cotisation… ? Tout ça en l’occurence sur 3200 sections !

On arrive donc au paradoxe explosif : Plus on s’approche d’un résultat équilibré, plus les voix litigieuses prennent une valeur considérable, absolue, déterminante. Il y a donc une zone d’ombre, par nature dangereuse, lorsque les électeurs n’arrivent pas à se départager.
Peut être faudrait-il prévoir que plutôt qu’un système binaire, lorsqu’on est dans la marge d’erreur, un candidat de consensus, ou une coalition, doit gouverner ? Cela poserait bien sûr d’autres problèmes dans le cadre de l’élection présidentielle, mais pourrait s’appliquer au PS.

Mais la réflexion peut s’appliquer plus largement : imaginons une élection présidentielle aussi serrée ?

Donc tout d’abord, le médiocre cataclysme actuel se joue sur une malchance incroyable.

Mais il est aggravé par une réelle difficulté, des styles antagonistes, une tensions croissante, une volonté de pouvoir et de domination, une confrontation paranoïaque, la mise en scène de tout ceci par la caricature, la victimisation, la haine parfois… La réaction de Ségolène m’a particulièrement déçue, attiser la paranoïa, la défiance, la haine…

Un drame surjoué qui s’est construit progressivement, implacablement, avec comme ferment les éléments classiques que sont des enjeux de pouvoir opposés, et une différence initiale de style, de vision, exploitée par la posture… Non pas qu’il n’y ait pas de différences, mais…

Où en est-on aujourd’hui ?

D’une part, c’était particulièrement vrai dans l’émission « C dans l’air » ce soir, on associe diagnostic sévère et lucide sur un PS déboussollé, fractionné, fatigué, et nombre de clichés. On entend des adjectifs sévères sur la situation, pas forcément inadéquats : pittoyable, affligeant, navrant, catastrophique, déplorable…

Mais également des analyses un peu faciles, de bon sens, une doxa qui reprend les accusations ségoléniennes : analyse incomplète et sans nuance sur les baronnies, ce que pensent les militants, les jeunes sont derrière Royal, les éléphants contre les militants, le parti contre Royal (alors que Rebsamen…)

Enfin bon, on risque un délitement, une explosion, une extinction du PS… (il ne s’agirait plus alors d’éléphants mais de dinosaures…) Les militants comme les électeurs vont fuir si l’on ne se reprend pas vigoureusement, c’est néfaste pour l’Europe, pour la société et les valeurs que nous devrions défendre.

Maintenant on fait quoi ?

Je ne crois pas en l’histoire que l’on s’est beaucoup racontée sur les deux partis, je ne pense pas que l’enjeux soit un changement fondamental du parti, c’est beaucoup plus complexe. Donc je ne pense pas que ce soit l’une ou l’autre.

Certains proposent que ce ne soit d’ailleurs ni l’une ni l’autre. Ou l’une et l’autre, il faut se retrousser les manches et bosser ensemble… Mais cela nécessite de casser le mythe de la diabolisation…

Donc, activement et rapidement, il faut réagir, si notre instinct de survie politique, si l’on estime que ça vaut la peine, le permet :

Autour d’un « appel à la raison » lancé par des membres de la jeune garde et des vieux sages de différents courants, il faudrait proposer 3 points :

– après examen de toutes les réclamations minutieusement, décider d’un vainqueur. (Revoter parait très dangereux, ubuesque, fatigant et pas très démocratique…)

– compte tenu de la division extrême du parti, appeler à une forme d’unité socialiste, c’est à dire associer le perdant (Aubry flanquée de Peillon, et Hamon porte-parole, un truc comme ça, comme le propose Abadinte), et lancer vigoureusement les conventions de travail associant tout le monde, préparer l’opposition à Sarkozy, mettre en oeuvre la rénovation.

-enfin, appeler à des sanctions sévères contre tout endroit de fraude avérée, il faut faire le ménage… Cela passe aussi par la publication de tous les résultats par section tel qu’ils ont été enregistrés dans les fédérations. Je mettrai en ligne le fichier pour la Haute-Garonne dans les prochains jours.

En conclusion, c’était loin pour moi, mais avec tout ça, on se prend à rêver du grand retour de DSK.

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8 commentaires sur “PS : logique implacable dans la zone trouble, comment en sortir ?”

  1. Pinocchio Says:

    Le mieux c’est de changer de parti. Pour te faire pardonner, signe ma pétition et relaye là. C’est plus utile que de recompter les voix du PS!

  2. otium Says:

    Associer le perdant ? et faire comme si de rien n’était ? Je n’y crois pas trop.
    Nous resterions un parti sans ligne ; donc un édifice bâti sur un gloubiblouga de tendances et de personnes.
    Le PS ne pourrait s’exprimer qu’en prenant soin de ménager tous les courants. Nous serions empêtrés dans les précautions oratoires et bien vulnérables aux contre-pieds idéologiques de Sarkozy.
    Bref, à 50/50 impossible d’exister.
    J’ai beau reprendre le problème dans tous les sens, je ne vois pas d’autre solution que celle proposée par Marc Vasseur.
    Voila comment je vois sa soluce (j’en rajoute un peu pour faire ma sauce) :

    On monte une direction collégiale pour 6 mois/1 ans. Une direction bicéphale Aubry/Peillion, pourquoi pas … Mais avec une mission précise :
    1. Préparer les listes européennes et régionales dans la bonne humeur (bon courage !)
    2. Organiser démocratiquement un congrès fin 2009, ou bien 2010 après les régionales qui de toute façon semblent mal embouchées.

    Ca laisse le temps à chacun revoit ses arguments, ça laisse un peu de temps pour que les haines s’apaisent. Mais surtout ça nous permettra de designer un leader- incontesté je l’espère – assez à l’avance. Imagine que les présidentielles se déroulent demain, on serait incapables d’ici aller.

  3. lachlaik Says:

    Et si c’etait un mal necessaire ?

    Le parti socialiste est trop divisé… trop de divergeances entre la gauche et la droite du PS.
    La pire des situtations serait que la crise perdure jusqu’aux élections presidentielles et que deux candidats du PS s’y presentent.

    Il vaut mieux pour DSK que cette crise continue et laisse des traces ; il n’y participe pas activement et a le bon role.

  4. chouka Says:

    @ otium : finalement, ta proposition revient à associer le perdant. Je suis d’accord que c’est une solution moyenne, mais c’est une solution de crise, comme peut l’être l’union nationale dns un pays, ou une solution par défaut comme parfois peuvent l’être les grandes coalitions gauche-droite contre les extrêmes par exemple…

    @ otium et lachlaik : en l’occurence il ne s’agit pas vraiment d’un affrontement gauche-droite du parti. Chacun des camps est hétérogène, et au final ils sont idéologiquement proches. Il y a d’autres différentes, de style, de conceptions, de vision de la politique..

  5. Hyarion Says:

    Grand retour de DSK ? Il reviendra, c’est à peu près certain… Mais de là à voir en lui un sauveur… Dis-moi, Chouka, tu ne serais pas un petit peu cambadéliste ? 😉

    Pour le reste, comme je l’ai écrit sur mon blog, il fallait bien que la situation se stabilise… Maintenant, que chacun fasse donc son travail, avec pour objectif commun de rénover le PS et de le rendre à nouveau audible et crédible face à la droite sarkozyste : on verra bien à quoi on aboutira.

    Amicalement, 🙂

    Hyarion.

  6. otium Says:

    Pas d’accord,

    Il y avait un clivage entre la motion E et les partisans de l’ancrage à gauche. C’est Bertrand Delanoë qui a préféré rejoindre les partisans de l’ancrage à gauche plutôt que d’assumer son social libéralisme.

    La motion E et la contrib Royal était assez cohérentes idéologiquement. Sur une ligne disons :

    Social démocrate économiquement : pour moi c’est ça l’Etat prévoyant
    Un peu plan-plan sur les questions de société
    Assez (mais pas assez à mon gout) rénovatrice sur les questions de démocratie interne

    D’ailleurs, ils n’auraient pas été rejoint pas la ligne claire s’ils avaient proposé un autre positionnement. C’est pour cela que j’ai choisi Royal. Malgré son style.

    L’hétérogénéité était plutôt dans le camp Aubry : officiellement ils défendaient un positionnement très à gauche. A la fédé du nord, la victoire d’Aubry a été saluée avec l’Internationale, poings dressés ! C’était très beau, (et tout à fait de circonstance car la chanson a été composée à Lille) mais ça restera toujours moins joli que l’interprétation de Besancenot.

    J’arrête, je tombe dans la rancœur.


  7. […] à 50/50 nous laisse 2 chefs qui auront tôt fait de se mettre des bâtons dans les roues. Certains voient même le retour de Strauss-Kahn. Malgré de beaux scores sous son seul nom (plutôt qu’une possible victoire sous celui de […]


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