Ecolo, la nuit, le jour, mais où ?

Bien sûr que je suis écolo.

Ni extrémiste, ni retiré de la société, ni barbu ni sale… On n’est plus dans les années 70. 🙂
Non, aujourd’hui on peut être écolo de mille manière différente, c’est plus large, plus souple, mieux partagé.

C’est un des principaux marqueurs de ma personnalité, pas le seul mais il compte. Et ceci politiquement comme dans la vie de tous les jours.

Tout acte est soupesé pour en évaluer l’impact sur l’environnement.

C’est faire naître un mode de vie nouveau pour une société nouvelle. Cela commence forcément par l’individu.

On peut penser que la recherche d’une attitude modèle, car c’est de cela qu’il s’agit, démontre une vision élitaire, la conscience d’avoir un temps d’avance. En tout cas agir sans attendre les autres, oui.
Je suis tout à fait persuadé que cela ne se fera pas tout seul non plus. Et que réellement au bout du compte les changements à opérer sont importants. Pour autant je ne suis ni radicalement anticapitaliste, ni antidémocratique, ni partisan forcené de la décroissance …

J’accepte de payer plus. Je ne me résigne pas à la facilité.
Notamment dans un environnement qui n’est pas encore adapté, cela contraint à un effort permanent, cela ne va pas de soi.

Mais en fait, il me parait inconcevable de faire autrement, la contrainte est devenue inversée.

Je suis parfois chiant, j’insulte les gens, je tente de les culpabiliser, d’expliquer.
Je suis en vigilance permanente. J’étains les lumières et les ordis, la clim, dans le dos des collègues… Bon j’exagère un peu peut-être.

Comme sur d’autres sujets, je suis souvent en colère, déçu, las. Mais aussi émerveillé par les adaptations, les avancées, confiant, attentif.

Tout cela ne relève pas seulement de la raison, il y a un coté sensible, qui me touche, la nature humaine comme la nature tout court sont capables de m’arracher des larmes heureuses comme tristes.

Au quotidien, les détails sont soumis à le même analyse, on regarde ce qu’on achète, moins d’emballages, moins de produits exotiques… Les sachets de thés doivent être emballés dans du papier et non du plastique, je débranche souvent les appareils électriques en veille, je trie scrupuleusement les déchets, allant jusqu’à laver ce qui est sale avant de le mettre au bac (en utillisant le moins d’eau possible bien sûr)

Ce que j’ai du mal à supporter, c’est la désinvolture sur le sujet. Les gens qui n’y pensent pas, qui ne font même pas les gestes immédiats et faciles. Ceux qui laissent la lumière allumée au boulot, qui gaspillent le papier. Encore des détails, mais qui révèlent des habitudes plus profondes.

Exemple  : ceux qui prennent un verre en plastique à chaque fois qu’ils vont boire à la bonbonne… Ca m’énerve. A raison de 4 verres par jour, 200 jours de boulot par an, c’est 800 gobelets gaspillés par personne de manière totalement inutile : ils ne peuvent pas réutiliser, amener un verre de chez eux, remplir une bouteille ? Alors que franchement il y a de l’eau potable dans les toilettes à 10 mètres… C’est une marque de retard de conscience, de paresse intellectuelle , de mépris face au comportement responsable des autres.

Les petits ruisseaux…

Pour autant parfois je me demande si mon excès d’attention n’est pas ridicule : utiliser les deux faces des post-il par exemple, ne jamais jeter au recyclage du papier dont il reste une face, nourrir avec amour les vers de mon composteur d’appartement, diminuer la clim ou le chauffage partout où je passe… 🙂

Mais cela n’est pas le seul élément qui entre en compte pour diriger mes actes, c’en est un, prépondérant, mais parfois je prends quand même ma voiture, je conssens à choisir une solution moins performante écologiquement, mais plus simple ou moins chère. Je ne suis pas un ermite radical, même si le sentiment est radical en moi.

Par ailleurs, j’ai ma propre réflexion sur les sujets. Je n’ai pas de position définitive sur les OGM ou sur le nucléaire. Je crois aux progrès technique, aux progrès de l’éducation, voire parfois à l’adaptation de la nature, à la prise de conscience… Mais je vois aussi que la paresse, le matérialisme, l’égoïsme, les inégalités sociales et géographiques,  sont des freins à une évolution positive. Rien n’est simple.


Et politiquement forcément on se pose des questions.

Le PS est-il à même de porter cet enjeu pour moi ?

Pourquoi pas. Mieux vaut peser dans l’élément majoritaire de la gauche, qui doit lui même devenir écologiste. C’est un corps mouvant en perpétuelle redéfinition.

Mais bon, ça c’est ce que je disais avant…

Aujourd’hui je suis souvent las du PS, et au contraire je vois dans la maturation des Verts des choses intéressantes. La sclérose et le conservatisme des élus d’un côté, le dynamisme et un renouveau en phase avec la société actuelle de l’autre. Les Verts, eux, ne refusent pas l’idée de la taxe carbone, en invoquant des arguments parfois compréhensibles mais contreproductifs ; ils soutiennent la réforme de l’organisation territoriale en cours, à laquelle j’adhère. (le redécoupage peut sans doute être critiqué à la marge, mais c’est un deuxième sujet)

Ce n’est pas toujours aussi caricatural. Je félicite par exemple les fédérations qui ont voté le principe du non cumul des mandats, et la reprise de cette idée par Martine Aubry. Un coup de semonce nécessaire.

De toute façon, la marge est serrée pour le PS, le risque de disparition existe, lente dislocation, perte de sens et d’intérêt, bataille d’élus, carriérisme. Il souffre des maux d’un vieux parti qui se rétracte, qui fait fuir les bonnes volontés, mais auquel s’accrochent ceux qui ont intérêt au maintien des situation en place, des baronnies locales… Sans réaction, le PS ne survivra pas à la montée de concurrence sérieuse sur son terrain électoral, que ce soit sur le plan écologique, que ce soit le front de gauche.

Mais je pense que rien n’est fait, et qu’une recomposition plus large aura lieu. Oui, le PS va changer de forme.

Paradoxalement, au niveau local, il y a parfois de belles choses. Je suis tout à fait satisfait du changement de majorité à la mairie de Toulouse.

Il y a de vrais évolutions, profondes, symboliques autant que concrètes, immédiates comme de plus long terme. On en découvrira progressivement les effets je pense.

Donc tout ceci aboutit à une question…

Dois-je rester au PS, agir pour le changer, pour le verdir, le moderniser, le démocratiser ? Ou penser que l’avenir est ailleurs ?

Je n’ai pas tranché.

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3 commentaires sur “Ecolo, la nuit, le jour, mais où ?”

  1. hugues Says:

    Dois-tu rester ? Oui.
    L’avenir est ailleurs ? Cela n’empêche rien.

  2. chouka Says:

    La question porte plus sur le présent, et ses suites…
    J’attends de voir ce que donneras les tentatives de non-cumilisation notamment.
    Le fait déjà de l’impulser après les régionales et les sénatoriales, qui se dessine, est presque paradoxalement une validation du cumul jusqu’à là.
    Une incitation, même.
    On risque de le constater au niveau régional.
    Bien sûr ce n’est pas le seul enjeu actuel, mais c’est un indicateur.

  3. hélène Says:

    bien sur qu’il faut rejoindre un parti qui propose une vrais politique écologiste et non pas un ersatz verdissant et démago.
    il faut favoriser le pluralisme à gauche pour permettre à ceux savent, qui ont l’expérience de mettre en place de réels politique écologistes globales et avec une vision à long terme.
    Enfin c’est ce que j’en dis


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