Quel avenir pour le PS demain ?

Le parti socialiste ne remportera pas les élections présidentielles.
Sauf surprise immense, il ne sera pas au second tour, aucune hypothèse ou dynamique ne semble pouvoir l’anticiper. J’ai déjà expliqué pourquoi Benoit Hamon me semblait un mauvais choix et finirait derrière Mélanchon. Cela semble se confirmer.

Il y a plusieurs hypothèses.

1/ Si Hamon fait moins de 5%, mais cela parait quand même peu envisageable, c’est une catastrophe politique et financière pour le PS, qui disparaitra dans de grandes souffrances. En Marche et Les insoumis prendront sa place probablement.

2/ S’il fait un score moyen, derrière Mélanchon mais entre 10% et 15%, cela dépendra de qui gagne l’élection présidentielle.

  •  Si c’est Fillon, cela signifie que « En Marche » n’a pas réussi jusqu’au bout. Le paysage politique sera plus destructuré que recomposé, avec une fracturation de la gauche et du centre, et une longue période dans l’opposition, avec un Front national fort, une droite vainqueur mais affaiblie.
    Difficile de dire alors ce qu’il se passera lors des législatives, et dans les années à venir. Qui incarnera une opposition progressiste ou de gauche ? Chaque parti pourra de plus avoir son rôle à l’assemblée si la droite n’a pas de majorité absolue, avec un FN fort et un centre divisé.
    Un parti peut disparaitre mais il peut aussi longtemps agoniser, subsister, se transformer, fusionner, se relever… Les radicaux de gauche ou le PC existent toujours.
  • Si c’est Macron qui est Président, la dynamique forte, puissante, se prolongera jusqu’aux législatives. Il n’y aura pas forcément une majorité absolue pour EM (même si ce n’est pas exclu). Le PS sera forcément tiraillé, déchiré, … L’implosion du PS est certaine.
    Un fantasme à droite comme au PS est que Emmanuel Macron n’aurait pas de majorité et serait donc en cohabitation suite aux législatives. Cela me parait improbable. En effet, une part importante des personnes qui seront labellisés « En Marche » sont déjà connus, sortants (dans les limites du renouvellement imposées, c’est à dire pas plus de 3 mandats consécutifs). L’effet « ancrage local » ne joue pas totalement en sa défaveur.
    Le travail de la commission d’investiture est donc de bien regarder où les résultats risquent d’être serrés et où il faut assurer avec des personnes déjà implantées, et où En Marche sera plutôt bien implantée, et où un renouvellement est possible. Il y a eu de nombreuses candidatures. Des personnalités locales reconnues, de la personnalité civile, pourront donc être investies.
    Ajouté à l’appel à la cohérence, à la dynamique suite à l’élection, à la force du Front national qui va imposer des triangulaires, une majorité absolue, ou au moins relative, est donc bien la situation la plus probable pour Macron suite à l’élection. Ces élus, élus sur la base d’idées communes, et d’un contrat de gouvernement, permettront donc d’appliquer les grandes lignes du programme.

    Le PS, dont de nombreux élus seront amenés à soutenir Macron avant, et suite aux élections, sera démuni entre les dynamiques Mélanchon et Macron. De plus il y aura les batailles internes, pour confirmer les investitures, entre les anciens frondeurs, ceux qui n’ont pas fait campagne, ceux qui ont appelé à voter Macron mais n’ont pas été exclus… Même causes, mêmes effets…

    Il est possible que Manuel Valls par exemple (comment imaginer qu’il reste au PS en n’en ayant pas soutenu le candidat ?) n’aille pas jusqu’à adhérer à En Marche, mais crée un mouvement, qui essaiera d’avoir quelques députés pour peser à l’assemblée si En Marche n’a pas de majorité absolue sur la durée du mandat (quelques députés élus sous l’étiquette En Marche pourront à terme se rapprocher de lui).. Il créerait sa « Maison des progressistes », en coalition avec En marche et le modem, en étant cette fois son aile gauche…

    Le Parti socialiste serait alors contraint à la recomposition politique, intégrant Europe Ecologie pour la partie qui n’a pas rejoint Mélanchon. Peut être à terme, une fois Mélanchon à la retraite, tout ceci formant une nouvelle force écolo-socialiste altermondialiste.

C’est une hypothèse parmi d’autres… Mais je ne pense pas que cette fois (cela fait plusieurs fois qu’on le dit) le PS puisse rester le parti central de la gauche de gouvernement de demain, sans éclatements et recompositions.

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