Présentation de la démarche et parcours politique

Revenu, comme dans un songe

En voie d\'identification.

Ca y’est j’ai lancé mon blog. J’aime bien l’écriture et ses vertues, poser et structurer des idées, laisser une trace, réutiliser et lier les textes plus tard.

Beaucoup de choses m’intéressent, mais mon blog n’a pas vocation à parler de tout. On verra comment il évoluera. Je choisirai de parler du PS, bien sûr, vu de l’intérieur, de politique, politicienne ou pas, et de quelques autres sujets.

J’ai mis dans cet espace fabuleux, accessible de partout, lieu de liberté, toute une partie de ma vie politique. Bien sûr je l’ai enjolivée, pas la peine de montrer tout de suite mes pires défauts.

Je me méfie aussi de ce concept de blogs. C’est une démarche qui peut être addictive, narcissique, qui peut aboutir à un projet dénaturé. On passe de l’écriture apaisée et maîtrisée à la soumission à l’audience, au temps (écrire chaque jour…). La palette d’intervention s’élargit, se banalise, on parle de tout et de rien, on se force etc.. (cela peut être un projet en soi, mais c’est gênant quand cela le devient malgré soi) On n’écrit plus pour dire quelque chose mais pour répondre à une demande fantasmée, pour exister virtuellement. Ainsi extrait d’un reportage de rue 89 :

Laurent Gloaguen, d’Embruns, me dit croire que le blogage était la raison principale de sa dépression nerveuse il y a deux ans. Il évoque les « causes exogènes », telles que les commentaires, les menaces de mort, les recommandés d’avocats:

« Il y a aussi les causes endogènes, où l’on se met la pression tout seul -ciel, quelqu’un dit une connerie sur Internet, il faut que je réagisse tout de suite!- ou encore, quand on ne veut pas rater l’actualité, être le premier à sortir un truc, etc. Sans oublier l’angoisse quand on a rien trouvé à bloguer, que l’on n’est pas inspiré. Et je ne parle pas de l’agrégateur, tonneau des Danaïdes qui ne se vide jamais, qu’il faut toujours écoper si l’on ne veut pas être noyé, l’infobésité galopante… Et les courriels, et les ‘twitts’, tout votre environnement technologique incite à la suractivité et la dispersion. Le blogage intensif encourage les comportements compulsifs, la procrastination à outrance et entretient un état de stress permanent.  »

D’autres partent dans des délires égocentriques, prennent la grosse tête, deviennent des managers professionnels de blogs… C’est un autre projet.

Pour autant, notamment au niveau politique, cela peut être un instrument important et intéressant. C’est un moyen de s’imposer par l’écrit pour ceux qui n’ont pas la même aisance orale, ou ne sont pas en mesure d’être écoutés. Cela peut transformer une page web en lieu de débat, construire une commuauté de lecteurs, impulser des projets. 

Pour des politiques plus classiques, récemment, je pense que pour Mélanchon ou Pierre Moscovici, le blog a représenté un élément central de leur stratégie (en 2008-2011). Les dizaines voire centaines de commentaires réguliers, souvent constructifs, pris en compte par l’auteur dans l’article suivant, font vivre quelque chose. De très nombreux blogs mettent des liens vers ceux-ci. L’information passe beaucoup mieux qu’un site statique qui compile des communiqués de presse, se transmet de manière virale, parfois commentée et enrichie, parfois caricaturée ou critiquée.

Par ailleurs le nombre de blogueurs politiques augmentants, c’est autant de personnes qui passent plus de temps à réfléchir et écrire la politique, les idées construites peuvent passer sur d’autres supports, à l’oral, se reconfigurer. C’est intéressant. Cela a une traduction concrète, ces personnes peuvent se rencontrer, s’organiser.

Cela peut aussi servir de réel lieu d’expression, de revendication, de critique au niveau local, et certains blogs ont eu une réelle influence. Dans les pires des cas, lorsqu’ils gènent, l’indifférence laisse la place à la moquerie et au mépris, puis à la menace, notamment judiciaire… Parfois ils deviennent des acteurs plus ou moins reconnus, on a pu le voir lors des campagnes municipales.

Mon ambition n’est cependant pas forcément de « peser » avec mon petit espace. Car entretenir une audience prend du temps, pour produire des articles, en faire la publicité, créer des liens… Mais cela permet de poser des idées, une galerie personnelle d’expressions, sans contrainte, à  l’occasion, et parfois de les partager.

Que mettre sur ce support ?

Il s’agira bien d’un blog politique, ce qui n’empêche pas qu’il soit très personnel. Donc une petite présentation de cet être politique peut être utile.

Politiquement, qui suis-je ?

J’ai toujours été à gauche. Plus jeune j’ai même eu des axes de radicalités excessifs, intransigeants, certains un peu irrationels. Je honnissais et vomissais Macdo, l’Amérique… ahlala…

Je reconnais parfois ce type de positionnement, sur d’autres sujets, dans l’extrême gauche où la gauche mélanchonienne aujourd’hui. Et, parfois, je sens tout de suite chez eux cette tension que je connaissais en moi, cette intransigeance, cette intellectualisation de tout qui déconnecte de tout.

D’une certaine manière, mes propres errements passés me vaccinent contre le gauchisme compationnel, finalement assez peu politique, ou de l’invocation d’une pureté idéologique extrêmement dangereuse.

Parfois ces positionnements deviennent très moraux, basés sur des épisodes mhytifiés, sur un monde intéllectuel qui redéfinit et traduit tout pour le mettre en cohérence. Encore récemment dans une réunion de quartier à Bagatelle j’ai reconnu cette relecture idéologique d’éléments du quotidien, beaucoup de théorie les éloignant pas mal de la réalité, ça m’a paru à la fois navrant et presque drôle.

Si on voit les bons/les mauvais, d’abord posé en termes droite/gauche, il en sera de même à l’intérieur du parti, puis encore dans son courant. La tendance au fractionnement de l’extrême gauche vient de cette rigidité idéologique, cette pureté philosophique qui ignore la mise en pratique, politiquement cette tendance à l’exclusion de l’autre.

La construction intellectuelle, assise sur la raison où l’indignation compationnelle au quotidien, devient une dictature qui rejette la pensée, la politique. Les deux s’articulent. (ainsi, par exemple…)

A l’époque je jubilais en lisant le monde diplomatique de cette forme de rage extrême, échappant à la raison, (mais bien sûr justifiée par elle) qui me plaisait sans doute. J’évoluais vers le centre gauche mais concervais mes pôles de radicalité, déconnectés de mon analyse globale de la société.

Puis entre mon adolescence et la fin de mes études, j’ai lentement évolué idéologiquement.

Ainsi, je me suis progressivement centrisé. Pour de multiples raisons, sans doute car j’ai beaucoup appris, en quantité, j’ai été un bon élève, avec cette idée que l’on en sait plus que les autres en économie, sur la gestion de l’Etat, sur les politiques publiques…

Souvent en effet (pas toujours, j’ai eu d’excellents, d’autres mois bons, profs engagés) les enseignements sont techniques et dépolitisés. J’ai évolué dans un milieu scolaire soit politiquement consensuel, soit même désespérement peu politisé. J’en suis venu à penser que finalement l’économie n’était pas politique, que la plupart des politiques publiques pouvaient faire l’objet d’un consensus entre droite et gauche, car finalement il y avait un « bon sens » de centre gauche, un libéralisme teinté de social, qu’il fallait « raisonnablement accepter ». Que d’une certaine manière, on n’avait pas le choix… Je restais de gauche sur les valeurs, mais édulcoré.

Le referendum européen a sans doute été l’aboutissement , mais aussi le retournement de ce mouvement, comme la prise de conscience que j’étais allé trop loin… C’est une confrontation qui a déchiré le PS, et au dela la gauche, les amis, les familles. Au fil des mois il y a eu des cristallisations, des processus de polarisation excessive, affective même, et de construction politique orientée autour d’une distinction fictive (avec bien sûr des enjeux de fond). Après cette époque de tensions longues et intenses, j’étais convaincu que mieux valait dorénavant s’allier avec le modem que de fréquenter des communistes.

J’ai adhéré au PS quelques mois plus tard. C’est la période où avait lieu l’émergence médiatique de Ségolène, et la vague des militants à 20 euros. J’appréciais ses prises de positions iconoclastes, courageuses, le renouvellement qu’elle incarnait avec un parti et des pratiques poussiéreuses.

J’avais lu les motions du congrès du Mans et celle de Bockel, « Pour un socialisme libéral », me paraissait la plus intéressante. La grande motion 1 de Hollande, DSK, Royal, Jospin, Delanoë… était un grand magma majoritaire peu attirant.

Je suis donc entré au PS par Royal et Bockel, je suis une forme d’ovni politique.

J’ai donc trouvé là un forum, avec des échanges intéressants. Cela m’a permis de participer à un réseau, des débats etc. Durant l’été, alors que le parti officiel, les sections, entrait en sommeil, nous avons produit des textes intéressants. J’ai rencontré plusieurs personnes intéressantes.

Lorsqu’est venu le temps des primaires, je commençais à me positionner à la gauche du groupe : je me suis positionné pour DSK, comme la moitié du groupe, l’autre choisissant Ségolène. Je trouvais que celle-ci n’avait pas confirmé les prémisces de rénovations apportés, et avait fait des propositions, des « bourdes » de plus en plus génantes. Au contraire DSK s’était montré plus lisible, plus percutant. Je persiste à penser que sa campagne n’a pas été excellente, en partie aussi du fait de facteurs extérieurs, la pesanteur d’un mauvais projet socialiste, …

Chacun a poursuivi dans ses nouveaux choix, SD ou DDA, en parallèle de ce groupe d’échange.

Le processus de ma maturation politique n’était pas terminé, elle s’est prolongée avec une réaffirmation de ma pensée de gauche. Une fois de plus, j’ai profondément et progressivement évolué, sensiblement dès l’été 2006. J’ai retrouvé l’indignation face à une réalité que je ne voyais plus. J’ai retrouvé une envie de politique, l’impasse du matérialisme, de la croissance comme seule ambition. J’ai retrouvé goût en la philosophie, en la sociologie, en l’histoire. J’ai rencontré des professeurs, des débatteurs, des amis politiques qui ont accompagné cette évolution. Je suis redevenu plus pessimiste, mais aussi plus volontaire. (Quelqu’un a dit : « J’ai le pessimisme de l’intelligence, mais l’optimisme de la volonté ») J’ai soldé la déviation « droitiere » due au douloureux débat sur le référendum. J’ai à nouveau senti la différence culturelle et de valeurs qui existait réellement entre gauche et droite, et l’élection présidentielle a accélérée ce mouvement.

Concrètement j’ai pris conscience de la complexité et des dangers de la financiarisation du capitalisme, de la situation d’une mondialisation mal maîtrisée, l’émergence de la Chine, les conséquences sur le travail chez nous, de la situation des banlieues… J’ai eu à nouveau envie de me battre non contre une classe, contre des personnes, mais pour un nouveau système plus juste, plus efficace.

Nouveau diagnostic sur le monde, sur les crises qui le frappent, sur notre société futile et superficielle, sur les atouts que nous possédons aussi… Echec d’une réponse seulement libérale telle que je la concevais… La raison, ce n’est pas être raisonnable..

Peut être le contact de libéraux, à la frange du PS, mais aussi de centriste du modem m’a t-il refroidi.

Progressivement, je me sentais plus souvent en porte à faux avec certaines personnes/idées, trop « libérales », trop « vérité qui découle de l’application de formules économiques… » souvent portées par des personnes en dehors du parti à R2. J’ai également évolué dans ma perception du monde et du PS. Je me suis rapproché et senti bien dans SD.
Les élections présidentielles ont été un moment important.

Lors des primaires, j’ai donc soutenu DSK, sans devenir un antiségoléniste virulent. Je pensais réellement que certaines de ses thématiques devaient être reprises, et l’objectif était que DSK soit devant Fabius.

Pendant la campagne, j’ai soutenu Ségolène Royal, proches de mes idées souvent : une politique sociale-démocrate, avec une bonne prise en compte de l’environnement, la décentralisation, l’insécurité. Ca n’a pas été toujours facile, les bourdes du début, les hésitations du milieu, quelques bonnes séquences et intuitions avant le premier tour, puis le mauvais débat d’entre deux tours. Malgré des doutes croissants refoulés, je me suis laissé prendre par le combat militant, que je ne regrette pas. Entre les trois candidats principaux, les trois projets, c’était le moins pire.
Une seule soirée en voyant Bayrou à la télévision, j’ai douté, je me suis dit que peut-être il vaudrait mieux voter pour lui, pour battre Sarkozy, pour un électrochoc au PS, pour éviter la médiocrité que nous incarnions collectivement et à travers notre candidate… Mais ça n’a pas duré, j’étais impliqué dans la campagne, et attaché à certains éléments du programme, aux valeurs que nous portions. Celui de Bayrou était insuffisant, et sa posture poujadiste et anti-politique ne me plaisait pas, ni son attitude narcissique et solitaire.

J’aurais pu voter Voynet sur le fond, mais je n’y ai jamais pensé sérieusement, il fallait d’abord être au second tour.

Depuis les présidentielles, Ségolène m’a beaucoup déçu et m’a fait basculer dans l’antiségolénisme… Peut-être faut-il en revenir, mais cela a été une expérience difficile.

J’ai tenté d’en faire le bilan. Etait-elle une candidate de transition ?

Ayant été confronté en mon sein aux errements de la gauche radicale comme du bon sens social-libéral, cela me sert aujourd’hui, je reconnais et comprends certains réflexes.

« Je viens de chez eux, je les connais bien », comme aurait dit Mitterand sur la droite.

J’avais adhéré par réaction à une voie sociale-démocrate qui ne s’assumait pas. Aujourd’hui, je me sens pleinement à l’aise dans socialisme et démocratie, même sans DSK, ce qui nous permet de réfléchir sainement et en profondeur.

La social-démocratie est en crise, cède face aux populisme, et peine à répondre aux soubressauts de la mondialisation. Pour autant le concept et l’application du libéralisme économique doivent être posé, loin des caricatures actuelles… Il ne s’agit pas d’une théorie tranchée, exclusive, absolue. Si le néolibéralisme est dangereux, il paraît absurde de distinguer libéralisme économique et économie de marché…

Bref, ce que cherche à proposer SD, c’est d’aller plus loin, ailleurs, en réinvestissant la gauche. Il s’agit de refonder le PS, pour répondre sur nos valeurs à la nouvelle modernité : mondialisation (nouvel ordre mondial, financiarisation et instantanéïsation de l’économie…), urbanité, environnement, individualisme, qui émancipe mais fragilise, place de l’Etat, de l’individu et du collectif, rapport au temps, nouvelles technologies. Cela pourra rassembler plus large que des courants, nous devons rattraper notre époque, et pas seulement en courant derrière la droite, même si sur certains points elle a pris un peu d’avance.

Par ailleurs j’ai toujours eu un positionnement fort sur la laïcité (et une critique forte de la notion même de religion) ou sur l’enjeux écologique, sur l’émancipation et le savoir. J’ai toujours voté vert ou PS. J’ai toujours été profondément européen. Sans doute le fait d’avoir quatre grand-parents venant de quatre pays européens différents y est il pour quelque chose. C’est una grande ambition, douloureusement entravée par les nationalismes et les populismes… Mais la question est complexe, et si c’est un objectif important, sans doute ne faut-il pas se satisfaire de n’importe quelle Europe, et avoir une exigence politique.

Voilà pour ce qu’il en est de mon parcours politique. J’y ai ajouté, sans trop savoir pourquoi, quelques poèmes et nouvelles écrits dans ma jeunesse. Cela permet de les rendre accéssibles, mais aussi de les sauvegarder, de les archiver.

Plus largement ce blog a, comme moi, une vague fonction politico-littéraire, j’aime bien parfois allier mes deux passions de l’imaginaire et de la politique.

Voila en quelques mots…

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