Archive for the ‘Election présidentielle 2012’ category

Après la victoire de François Hollande : l’heure de vérité, c’est maintenant.

mai 7, 2012

En tous cas, cela commence maintenant.

Par un grand soulagement, de la joie, de l’espoir, de la fraternité
Ici à Toulouse, nous avons le sourire aux lèvres, et ce sourire se reconnait dans la rue, les regards complices s’échangent.
Cet étudiant radieux en lisant le journal, ce couple dans le métro qui évoque en riant les discours de Jean-François Copé, cette jeune femme qui réponds à mon sourire un peu niai… Ca y’est la campagne est terminée, la pression retombe, on prend conscience.

Tout le monde n’a pas voté comme nous, même ici. On se dit que ces deux personnes bougonnes au fond du bus ne goutent pas cette victoire, et puis certains « s’en foutent »…

Moment de joie, mais pour autant les défis sont maintenant devant nous. Sans naïveté, on peut penser que des améliorations sont possibles, sur la traduction de nos valeurs en actes, sur les symboles, comme sur les mesures concrètes du programme.
Mais la situation est difficile, complexe. Il n’y aura pas de bouleversement dans la joie pour tous, de changement magique. Il y a une alternance démocratique, la chance de prendre les manettes, la difficulté de répondre aux défis, le risque de décevoir les uns ou les autres, voire nous même (mince, le principe de réalité s’applique aussi au vainqueur de l’élection présidentielle ?), même si cette fois on n’a pas trop promis.

Les crises sont là, et certaines sont structurelles.

J’ai envie de brosser le tableau des nombreuses mesures qui suscitent de l’espoir pour moi, mais aussi d’insérer ceci dans un cadre plus global pour voir ce qui va être possible : une crise durable est installée, économique, financière (dettes publiques notamment), morale parfois. Plus largement c’est un contexte international de rééquilibrage entre grandes zones économiques qui pèse sur l’économie européenne. L’Union Européenne n’a pas encore vraiment choisi, entre de grands principes et une realpolitic où il faut se défendre et se protéger plus, et avec les mêmes armes.
La rigueur de l’ajustement en dépendra.

Il y a également de gros enjeux écologiques, de vieillissement… Bref, de grosses dépenses à engager avec moins de ressources.

Et comme je crois en François Hollande, et à sa promesse de tenir la rigueur budgétaire, et que les augmentations d’impots seront forcément limitées par la capacité d’absorbtion de l’économie, il ne faut pas se mentir : il y aura une politique d’austérité, certes de gauche, mais qui ne sera pas facile d’autant qu’elle est induite plus que dite…

J’espère que au dela de la nécessité il y aura aussi le courage d’assumer cette politique et des réformes courageuses (notamment concernant l’organisation territoriale).

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Hollande maîtrise le débat d’entre deux tours

mai 3, 2012

Débat plutôt intéressant, parfois un peu trop de chiffres, mais beaucoup de sujets balayés, parfois en profondeur. Il manquait quelques perspectives de moyen ou long terme parfois. Plusieurs débats auraient pu ête intéressants, mais auraient enlevé l’aspect symbolique et dramaturgique du grand débat, et se seraient donc dilués.
Mais il est vrai que l’on n’a pas eu le temps de parler d’écologie, de sécurité, de santé… Donc pourquoi pas 2 débats à l’avenir, mais fixés longtemps à l’avance, et pas systématiquement demandés par le challenger.

Qui a gagné le débat ?

Globalement bon débat de François Hollande, qui a dominé 70% des échanges. Il a fait quelques raccourcis, quelques bafouillements, parfois un peu trop confiant, ses répliques ironiques pouvant paraître pour de l’arrogance. Mais sur le reste, très bonne maîtrise, de l’élan, du sérieux, réponse à tout, reprenant le Président à chacune de ses erreurs.

Nicolas Sarkozy a eu ses bons passages, mais à force de se faire contrer, il s’est peu à peu éteint, à laché quelques basses attaques sur la fin. Nombreux mensonges ou approximations.
Sur le fond, victoire plutôt de Hollande, également sur la forme : Sarkozy paraissait plus fatigué, plus agressif, avec quelques tics parfois. Après il faut voir en fonction des électorats visés : la prestation plus classique de Hollande a pu être moins percutantes auprès de certaines personnes éloignées de la politique… (par exemple sa tirade « moi Président », intéressante sur le fond mais un peu longue, a pu agacer certains)

Voici mes notes prises pendant le débat : ce que j’ai entendu, quelques commentaires en italique.

FH : Changement – Rassemblement

François Hollande parait un peu fébrile la première minute, cherchant la caméra du regard.

 NS : Rassemblement Authenticité Esquive

 FH : Rassemblement, division,

 NS : manifestations, retraites, réformes, fierté,

 FH : corps intermédiaires, partenaires sociaux,

Attaque sur le « vrai travail » bien construite

 21h10 : premier tic de Sarko

 NS : drapeau rouge, esprit de rassemblement, leçons de légitimité, insultes par socialistes, Madoff,

 FH : bestiaire, transgression,

bonne réplique sur les insultes de François Hollande

NS : dans un débat de cette nature, pas besoin d’ajouter l’outrance et le mensonge

 Economie, croissance, chômage

 FH : chômage, croissance, production : « relancer la production »

  • banque publique
  • epargne des ménages pour PME
  • fiscalité des entreprises : moins pour ce qui est réinvesti
  • contrat de génération : réconcilie les âges, transmission de l’expérience, solidarité et clarté

NS : chiffres chomage BIT dans les autres pays supérieurs à France

« schroeder a soutenu ma candidature » , 35h

« banque publique existee déjà »

« contrat de génération : mobiliser fonds publics pour emplois qui existent, alors que moi je veux mobiliser pour créer des emplois , effet d’aubaine »

Problème du coût du travail, déficit balance commerciale avec Chine et Allemagne

Cancer des délocalisations

  • exo ttes les entr de part de charge sociales
  • crédit innovation
  • formation des chomeurs

FH : TVA sociale : vous inventez une taxe nouvelle sur les Français qui aura un effet de faible ampleur sur les entr industrielles

Formation : seulement 10% des chomeurs reçoivent formation, il est temps ! « Vous êtes au pouvoir depuis 10 ans »

 NS : crise,
maintenant vous comparez avec l’Allemagne alors que politique contraire de ce que vous proposez.

Exemple à suivre plutôt Allemagne que Grèce ou Espagne (socialistes)

 Joute sur les chiffres du commerce extérieur :

FH : vous n’êtes pas celui qui allez dire ce que je sais ou pas, et donner les notes dans ce débat

 NS : déficit énergétique, intérêt du nucléaire;
zipad offerts aux jeunes en Corrèze fabriqués en Chine
Formation : insuffisant car aussi collectivités locales

 FH : « jamais de votre faute »

TVA sociale : prélèvement sur le pouvoir d’achat
vous avez voulu faire des chiffres du commerce extérieur un élément de polémique, mais vous vous trompez.

Compétitivité : innovation, investissement, pas seulement coût du travail

NS : « on peut me reprocher bien des choses mais pas de ne pas assumer mes responsabilités »

Manuel Valls TVA

  • accord dans entreprise prime sur la loi
  • décidément vous êtes fachés avec les chiffres , vous êtes pourtant de la cour des comptes

 FH : c’est faux, je suis en effet de la cour des comptes, et mes chiffres sont exacts

 NS :  voté contre grand emprunt ? Pas un pays du monde comme projet PS

 FH : quoi qu’il arrive, vous êtes content

NS : c’est un mensonge, que je sois toujours content

«  Ce n’est pas concours de petite blague »

Attention Hollande, pas trop blagueur, cela peut être perçu comme de l’arrogance
Sarko s’agace, cela se voit

 FH : Si vous permettez qu’on ait cet échange

 Hollande a plutôt le dessus depuis un moment, après bon passage de NS

 FH : « vous avez été en retard » (chomage partiel). TVA : 300 € sur un couple de smicards, c’est inacceptable

  • coups de pouce sur le smic sera fonction de la croissance
  • forfait de base pour eau et électricité
  • blocage 3 mois coût essence puis TIPP flottante pour que Etat ne touche pas 1 € de plus sur le prix de l’essence

 NS : en Allemagne, jamais syndicat choisirai un candidat, pas de politique

FH : pas vrai en Allemagne, synd très liés au parti social-démocrate, vous devriez le savoir

Bim

NS : mais ils sont pour règle d’or
coup de pouce au smic 15% population, alors que heures supplémentaires pour tous les salariés

Prix de l’eau réponse bafouillante de NS

NS : Sur essence : c’est contribuable qui va payer, sur essence
comment allez vous faire pour augmenter toutes les prestations, etc et réduire déficit ?

FH : je n’ai pas parlé de « toutes les prestations », encore votre méthode.
Blocage de 3 mois : pas solution durable, mais il faut y voir clair sur mécanismes de distribution. Le distributeur paiera.

 NS : la meilleure économie d’énergie, monsieur Hollande, c’est l’économie d’énergie. (ais-je bien entendu ?)
Moment de démanteler l’industrie nucléaire ?

Dette publique :

FH : Augmentation, considérable, il faut arrêter le processus
Vous avez dès le départ, négocié avec Europe pour financer largesses fiscales pour les plus favorisés, pas que la crise

Equilibre 2017 : 40M prélèvements supl, 50M économies

  • prélèvement : sur plus hauts revenus, et capital, et entreprises,
  • niches fiscales plafonnées à 10 000 €, rétablissement ISF, …

NS : j’ai nommé soc à CdComptes : augm 500 M pas 600M, erreur de 100 M (contesté par FH)

Budget déficit depuis 38 ans
200 M sont le produit de la crise, …
« Savez vous M H, vous qui êtes depuis si longtemps éloignés des dossiers »
Postes de fonctionnaires, 61 000 de plus, alors que moitié budget.

Sécu : vous n’avez pas voté plan d’économie, retraites : vous proposez augmentation cotisation, vous mentez en disant que j’ai supprimé impot sur la fortune. Seul pays d’Europe où conservé, alors que les socialistes esp et allemands l’ont supprimé.

Dire que nous avons fait des cadeaux aux riches, c’est de la calomnie.
93% fiscalité bénéficie aux classes moyennes et populaires

FH : vous avez toujours un socialiste de référence.
Après mensonge, calomnie, décidément, vous croyez pouvoir tout me dire ?

NS : ne fuyez pas, monsieur.
Pas une économie vous proposez

 FH : vous avez distribué des chèques du trésor public aux plus grandes fortunes, moi je propose l’inverse cela s’appelle la justice sociale. Etat de école publique, année de formation des enseignants
J’assume mon choix, 12 000 créations postes par an pour l’éducation, priorité, car éducation au centre de tout.

Economies de dépenses :

  • pas plus de 1% d’augmentation de dépenses publiques par an (alors que 2%)

NS : France est pays où impots les plus élevés d’Europe
Folie dépensière
Incapacité à dire non dès qu’un syndicat dit quelque chose

FH : « Ce n’est pas moi qui suis au pouvoir, c’est vous depuis 10 ans »
Dans vos perspectives, encore +2 de prélèvement obligatoire, plus élevé du monde.

 NS : Face à la crise, … Votre raisonnement est incohérent : si j’ai augmenté les impots je n’ai pas privilégié les plus riches.

Quelques grimaces de NS, sur la défensive

NS : problème de qualité pour les enseignants : moins d’enseignants, mieux payés, mieux formés. Vous proposez paupérisation..;

  • augmenter obligations d’heures de service, tt n’est pas une question de postes.
  • Où économies ? Vous serez incapables de trouver diminutions de postes.

 NS : retraites, « j’ai introduit pour la première fois pénibilité »

FH : non, « invalidité »

Taux encadrement primaire le plus bas de l’OCDE, perdu attractivité petite maternelle.
Je ne veux pas laisser penser que je veux augmenter la dépense publique
Comment accepter que dans la police et la gendarmerie, suppression de 12000 postes ces dernières années ?

NS : tx encadrement primaire, faux…
« vous apprendrez que »

Crise zone euro :

FH : aucune dimension croissance, austérité généralisée, et cela ne fait pas augmenter les déficits

  • eurobonds pour grands projets
  • fonds structurels
  • taxe européenne
  • BCE : « je refuse »

je sens les lignes bouger, même du coté allemand, un nouvel etatt d’esprit

  • porter un plan de renégociation au lendemain de mon élection

 NS : France jamais empruntée aussi peu cher

Sur son visage on dirait que Sarko est au bout du rouleau…

 Monsieur Hollande invente le fil à couper le beurre. Vous n’avez participé à aucun conseil européen.
Tout ce que vous proposez, déjà fait.

Eurobond ? Plus de dette encore ? Je n’en veux pas, car garantie de dette des autres. Nous avons évité la disparition de la Grèce (?), l’implosion de l’euro. Succession de crises d’une violence ïnouïe

 FH : non, Europe ne s’en est pas sortie, résurgence possible. Si notre élection est regardée par ensemble de l’Europe, c’est car enjeux, changement de position vis à vis de l’Allemagne.

NS : M Hollande ne connait pas l’Europe. L’austérité je ne l’ai pas voulue en France, contrairement à vos amis au pouvoir qui n’ont pas pris les décisions. Sur le volontarisme ne me donnez aucune leçon.

FH : vous avez toujours la volonté de nous ramener à l’Espagne et à la Grèce, mais aussi Italie, avec Berlusconi. Gestions mauvaises, mais aussi situations complexes ou anciennes

NS : M. Berlusconi n’est pas de mon parti, ni de prêt, ni de loin, il est berlusconiesque

NS bafouille, refuse de répondre sur la présence de Berlusconi dans le même parti au niveau européen que Sarkozy. Echange gagné par Hollande, Sarkozy défait.

Dire que France n’a rien obtenu de l’Allemagne, c’est une grande incompétence

Immigration

FH : NS en resp de l’immigration depuis 10 ans. 200 000 par an, contre 150 000 sous Jospin

Vous dites que vous voulez réduire de 200 000 à 100 000, pas possible.

  • limiter immigration économique car chômage, chaque année chiffre fixé par le parlement
  • étudiants étrangers, on en a besoin
  • demandeurs d’asile, réponse tarde trop : en 6 mois
  • immigration familiale : garder les règles actuelles
  • sur conjoints de Français : pas de diminution

NS : max dernière année de Jospin 215 000 après régul massive de 80 000 . Auj 180 000
Accueilli trop de monde car on arrive plus à les intégrer.
Prestations sociales parmi les plus généreuses.

  • diminution par 2
  • test français et valeurs
  • prestations qu’après 10 ans de présence

FH : sur immigration illégale, on garde les centres de rétention

Echange sur les centres de rétention, confus, NS de mauvaise foi et FH peu clair

NS : vous vous noyez, encore l’ambiguité, vous vous êtes contredit.

FH : droit de vote des étrangers aux élections municipales : vous y étiez favorable

  • si majorité au parlement, ok, sinon le peuple français tranchera

NS : irresponsable de proposer un vote communautariste et identitaire alors que tensions extraordinairement fortes. Réciprocité.

FH : attention, ne pourront pas voter pour les sénatoriales
Pourquoi dites vous qu’ils seront musulman ?

NS : car Afrique de Nord
Islam de France et pas en France.
Sauf si vous n’avez aucun lien avec la réalité.
C’est un problème pour nous.
La France traite mieux les musulmans en France que les chrétiens en orient.

FH : Maroc : réciprocité
Revendications communautaires : je conteste ce principe.
Il y a déjà des musulmans en France, citoyens en France, font-ils des pressions communautaires ?
Immigrés pas forcément musulmans ou pratiquants.
Sous ma présidence il n’y aura aucune dérogation à la laïcité (hallal, burka…)

NS : Nous n’acceptons pas que des étrangers votent en France, c’est une différence.

FH : nous maintiendrons la loi sur la burka. Vous n’étiez pas favorable à loi contre voile.
J’essaie d’avoir une cohérence dans mes convictions, je préfère tenir bon dans la constance.

NS : ambiguité sur centres de rétention… Vous n’avez pas voté loi burka (absent)

Echange vif sur les changements de position

FH : personne ne peut le tolérer (burka) et la loi sera appliquée

Nucléaire :

NS : Il nous faut le nucléaire, pas d’accident, accord électoral mediocre…

FH : Objectif de long terme : garder nucléaire comme source principale d’électricité, mais réduire…
Energies renouvelables seront considérablement développées
Pourquoi Fessenheim ? Car la plus vieille, sur zone sismique. Tous les emplois seront préservés.
Développer industrie du démentellement. NKM y était d’ailleurs favorable.

NS : si nucléaire est dangereux, il faut tout fermer, pas logique.
Sûr, car dès qu’il y a un accident, renforcement partout dans le monde.
Faire plaisir à Mme Joly

FH : faisons nous travaux sur les vieilles centrales pour les prolonger ou investir dans les énergies renouvelables ?
L’accord signé avec EELV ne m’engage pas, seul le programme présenté aux Français vaut
Ne caricaturez pas.

NS : le nucléaire ne pose aucun problème de sécurité en France, le plus sûr du monde, quel message envoyé à l’industrie nucléaire dans le monde…

FH : je suis pour une position équilibrée. Mieux vaut une position intelligente qu’une position dogmatique

Vie politique et ses règles :

FH : Répète « Une fois élu Président de la République, je … »
Moment fort mais un peu long.

Instances indépendantes, comportement exemplaire (statut pénal du chef de l’état)
Gouvernement paritaire, code de déontologie pour les ministres, pas de cumul
Acte de décentralisation, considération des partenaires sociaux
Grands débats
Représentation proportionnelle aux élections législatives
Rien n’est normal quand on est Président, …, mais souci de la proximité, capable de comprendre le peuple.

Etrange, NS a disparu pendant quelques minutes…

NS : votre normalité n’est pas à la hauteur des enjeux
Indépendance de la justice, c’est une plaisanterie ? J’ai déjà avancé…

Attaque de Hollande sur nomination de chef de cabinet du garde des sceaux

Echange vif sur pratique du pouvoir

FH : votre présidence , comporté en chef de majorité, et collecte de fonds au Bristoll

NS : Faux. Nommé à tête de Cour des comptes etc personnalités de gauche…
Merci de votre arrogance

FH : Vous avez nommé tous vos proches

NS : Mensonge, calomnie…
Comment osez vous dire que j’ai une Pres partisane, alors que ouverture…

FH : je ne nommerai personne sans que 2/3 de majorité pour en commission
Réorganiser statut pénal chef etat
Sur justice, CSM nommera tout…
Sur audiovisuel public

NS : un parti qui a failli se mettre derrière DSK…

FH : c’est vous qui l’avez nommé au FMI, je ne connaissais pas sa vie privée, vous connaissez la vie privée de vos collabororateurs ?

Politique Etrangère :

FH (ton grave) : Décision Chirac/Jospin, retrait d’Afghanistan fin 2012

NS : Retrait en bon ordre, car parole de la France. Retrait fin 2012 est impossible, matériel et parole donnée, fin 2013

FH : même si les talibans continuent de frapper Kaboul, je considère mission achevée (contradiction ?)

NS : non, pas achevée, France tiendra sa parole.

Sahel :

Paroles présidentielles…

Conclusion

FH :

Différences de projet, bilan, mois je veux changer
redressement productif, industriel, moral,
Justice
Rassembler au delà des socialistes et de la gauche, je ne repousse personne, besoin de toutes les forces de la France.
Continuer avec vous, ou changer, pas de peur. Les lois de la république seront appliquées, la gestion sera saine.

NS :

Aux Françaisqui ont parlé à Marine Le Pen : pas de leçons de morale à des gens qui vivent dans des quartiers où je ne vis pas. Frontières…

Aux électeurs de François Bayrou : règle d’or par referendum

A tous ceux qui se sont abstrenus : quel avenir pour nos enfants, tenir un cap, assumer ses responsabilités. Passion de la France

La Bataille du second Tour

mai 1, 2012

La première bataille est passée, étrange, longue, lourde. Durant de longs mois, après l »attentisme, il y a eu des escarmouches, des attaques incessantes, un harcellement, qui ont permis la lente avancée de la gauche. Les obus du bilan, arme ancienne, étaient néamoins toujours efficaces, et la cavalerie du changement a plusieurs fois permis d’enfoncer les lignes. Après la prise de plusieurs villes importantes, acculée, la droite est passée à la contre offensive, fulgurante, massive, reprenant une partie du terrain perdu. Puis tout s’est un peu figé, les réseaux de tranchées se sont ornés de barbelés et d’abris blindés.

Au soir du premier tour, on a pu voir les forces en présence. Le conflit s’est alors élargi, les alliés ont été appelé en renfort de part et d’autre. A gauche, les légions nombreuses rouges et vertes sont venues renforcer les positions, et la progression a repris. Certains territoire encore neutres ont été courtisés, sans se prononcer encore malgré les propositions, les pressions, les risques de démembrement.

La droite a alors utilisé de nouvelles armes, le gaz moutarde, les inondations de tranchées, le mensonge de masse. La puissante et redoutée force bleu marine a été courtisée, sollicitée. Elle ne cèdera pas, son indifférence à la chute de son voisin ne masquant pas sa volonté de recomposition régionale. Tout juste accepte t’elle quelques livraisons d’armes, terribles : des lance-missiles démagogiques, quelques bombardiers xénophobes, homophobes, nationalistes. Celles-ci, payées au prix fort du reniement, permettent à la droite de reprendre quelques régions industrielles, ainsi que les grandes régions des marais, de stopper l’avancée, de refaire naître un faible espoir de ce coté. Mais cela mobilise en face. Des appelés volontaires viennent renforcer les compagnons du rassemblement.

Les oranges, pris entre deux feux, ne peuvent rien faire que sauver ce qui peut l’être. Sonné par le premier round, l’armée dévastée est en déroute. Une partie a désertée. De nombreux mercenaires sont déjà partis, allant aider un camp ou l’autre. Ceux qui restent se tournent de plus en plus vers la gauche, craignant l’alliance de la droite avec les bleus marines. Leur Chef Eternel, scrute l’avenir, ne voyant rien de bon, envisage de se replier quelques années dans les montagnes avant une prochaine bataille. Si la droite est défaite, peut-être pourra t-il voir quelques principautés le rejoindre.

Le dénouement est proche. La gauche tient plusieurs places de ravitaillement, quelques grands axes, ses réseaux de ravitaillement sont en place.  Il faut tenir les places fortes, répondre aux boules puantes de l’adversaire. L’artillerie fume, chauffée à blanc par son intense utilisation.

Depuis le second tour, l’utilisation de l’aviation s’est renforcée, l’impact derrière les lignes est plus grand. Tout le monde est désormais concerné par l’effort de guerre, par les destructions, par les craintes et l’espoir.

Il reste une grande bataille. Si la gauche réussit à traverser le fleuve de manière significative, à en prendre le contrôle, elle l’emportera. Si au contraire elle n’y parvient pas, ses habitants se revolteront, le seuil d’acceptation des sacrifices sera atteint. A priori les régiments sont prêts, les stratégies mises au point, cela devrait passer…

Bientôt le dénouement.

Plus que quelques jours de tension

mai 1, 2012

La campagne s’est durcie.
Nicolas Sarkozy en est venue à accentuer encore démagogie et populisme.
Sous couvert de parler aux électeurs du FN, il leur parle comme Marine Le Pen, validant ainsi leur analyse de la situation.
Tentant le tout pour le tout, il va plus loin que les traditionnelles exagérations et omissions, et enchaîne les caricatures et les mensonges. Ses soutiens font de même, Copé, Morano, Bertrand… Certains, qui n’y croient plus trop, sont déjà plus prudents, comme Fillon.
Au milieu se trouve Nathalie Kosciusko-Morizet, qui défend l’inverse de ce qu’elle prônait il y a quelques temps. D’ailleurs cela se sent, elle est moins à l’aise, moins crédible, j’ai parfois un peu de peine pour elle tant le jeu semble forcé…

Pour piéger la gauche sur l’immigration, thème majeur pour cet électorat et sur lequel la gauche est divisée, deux questions reviennent sans cesse : pensez-vous qu’il y a trop d’immigrés en France ? Autoriserez vous le droit de vote des étrangers ? Plus l’accusation d’irresponsabilité budgétaire et fiscale pour retenir les centristes.

François  Hollande assure lui de sa cohérence, il ne change pas son projet, ses propositions sont connues depuis longtemps. Il évoque une stratégie européenne de relance de la croissance qui apparait de plus en plus manifestement nécessaire en tirant les conséquences des situations grecque et espagnole.  Outre le renvoi à son bilan, le piège tendu à la droite est celui de son rapport au Front National, notamment à l’occasion des législatives.

Que va t-il se passer d’ici au second tour ?

Les manifestations du premier mai : il y aura probablement une grosse mobilisation pour les 3 défilés. Marine Le Pen, qui n’est plus dans la compétition,réussira t-elle à confirmer dans la rue ? Il y aura probablement du monde autour de Nicolas Sarkozy, aidé en cela par des bus venus de toute la région en ce jour férié. Réussira t-il à faire déborder la place, à impressionner les observateurs au delà des chiffres gonflés fournis par l’UMP ? Pareil pour François Hollande, à Toulouse jeudi. Il ne pourra pas faire mieux que Jean-Luc Mélenchon pour des raisons de sécurité, il s’agit donc de faire aussi bien.

L’enjeu est de montrer une dynamique, pour pousser à la mobilisation chacun dans son camp.

Au delà des commentaires et de la couverture médiatique, il y aura la position de Marine Lepen. Cela peut avoir un impact ? Il me semble impossible qu’elle appelle à voter Hollande, cela serait purement tactique (profiter d’une UMP affaiblie aux législatives). Mais un vote Sarkozy, malgré sa drague lourde, parait peu envisageable après tout ce qui a été dit. Elle argumentera probablement notamment sur le fait que Nicolas Sarkozy n’a pas assuré qu’en cas de duel FN/PS, il voterait FN, pour appeler au vote blanc.

Le fameux débat d’entre-deux tours : Je fais confiance à François Hollande pour rester serein, tout en étant combatif. Il saura répondre aux questions, les pièges seront débusqués. Le public s’attend plutôt à ce que Sarkozy soit meilleur, il lui suffit donc d’être aussi bon. Il est même probable qu’il soit potentiellement meilleur. Chacun devra débusquer les contradictions de l’autre en fonction des électorats visés. Quelques nouveaux thèmes gardés au chaud pourront ressortir :  le mariage homosexuel par exemple,  les récentes nominations de proches du président sortant…

Cela peut amplifier des mouvements en marche. Cela peut peser sur la participation.
Une part importante des électeurs ont fait leur choix. Désormais ils lisent l’actualité et regarderont le débat avec cette grille de lecture, de manière sélective. Donc le débat n’est pas susceptible de permettre des basculements massifs.

Cependant ce n’est pas parceque dans le passé les variations ont été faibles qu’il en sera de même. A l’étranger il me semble qu’il y a déjà eu des débats décisifs. De plus en raison de la stratégie très offensive de Nicolas Sarkozy, son changement d’orientation, cela a pu faire bouger les lignes profondes plus que d’habitude, même si cela ne se traduit pas encore dans les sondages. Il souhaitait faire du second tour une nouvelle élection, cela implique modifier son discours, ses propositions, pour ébranler les certitudes et les choix.

Le choix de Bayrou :

Il a indiqué qu’il se prononcerait après le débat. On ne le voit pas appeler à voter Sarkozy, notamment après le durcissement de ses derniers jours. Comme il a laissé entendre qu’il dirait son  choix, ce serait donc un vote Holande ? Cela parait difficile également. Peut-être que la droitisation récente de l’UMP lui donne cette porte de sortie : « Je voterai Hollande par défaut, sans adhésion ni illusions, et je me positionne déjà pour la réunion des différentes forces du centre après la défaite de Sarkozy; je laisse mes électeurs à leur choix… »
Car de toute façon l’impact sera faible, là aussi les choix sont faits, et même parfois annoncés publiquement chez les cadres du modem. Cela peut permettre à certains de centre droit de légitimer un changement de leur vote.

Pronostic second tour :

Malgré l’avance dans les sondages, je pense donc réellement que ce n’est pas totalement joué, et qu’il faudra une mobilisation sans faille à gauche. Car je pense que François Hollande sera bon dans ce débat, sur le fond comme tactiquement, je pense toutefois qu’il va gagner nettement ce second tour, de l’ordre de 52,4 %.

 

Donc voila les éléments de ce second tour, j’ai hâte.

Pronostics des résultats premier tour élection présidentielle

avril 19, 2012

(pronostic second tour ici)

Je vais essayer de faire un pronostic. La présidentielle n’est pas un jeu, mais cela n’empêche pas de lancer les paris. J’ai souvent fait cet exercice lors des dernières élections, avec plutôt des bons résultats, comme ici ou .

Là c’est un peu tard, mais on peut faire un exercice d’analyse politique sur l’interprétation des sondages et les mouvements de dernier moment.

Les questions qui se posent :

– les sondages sont-ils fiables ?

La technique est rodée : il s’agit de sondages effectués sur une large base. Leur multiplication diminue encore la marge d’erreur (au sens du calcul de probabilité). Ils ont plutôt montré leur efficacité pour mesurer les tendances.

Cependant ils ne sont qu’une photo de l’opinion à un moment donné.

De plus de nombreux électeurs ne répondent pas aux sondages, et avec l’arrivée de nouveaux candidats le retraitement des réponses brutes est moins évident (y a t-il un vote caché Le Pen voire Sarkozy ? Le front de gauche est-il correctement évalué faute de références ?). Enfin il peut y avoir des réponses tactiques : faire monter Melenchon ou Le Pen dans les sondages pour faire passer un message, mais au final voter pour les favoris.

– les électeurs peuvent-ils encore changer d’avis ?

Bien sûr, tout est possible en théorie, avant le vote rien n’est fait. Un évènement peut bouleverser la donne.

L’exemple le plus frappant que j’ai en tête est les élections législatives en Espagne, frappés par les attentats islamistes quelques jours avant le scrutin : la tentative du gouvernement de faire porter le chapeau à l’ETA avait fait massivement basculer les votes contre eux.

Mais sinon chacun a fait son choix progressivement, et une fois fixé, parfois après des aller-retour, il est difficile de modifier celui-ci : chacun interprète les éléments avec une forme de mauvaise foi (réception sélective des informations : on donne plus ou moins d’importance à ce que l’on entend). C’est pourquoi notamment le débat de second tour n’a jamais bouleversé la donne, avec une modification de 1,5 point max dans le passé.

On voit que pas mal d’électeurs sont encore incertains, mais surtout pour le premier tour. Il peut y avoir des passerelles entre les candidats les plus proches. Généralement tous les hésitants ne font pas le même choix, donc les modifications de dernières minute sont diluées.
Y aura t-il plutôt un effet « vote utile » au dernier moment, face à l’enjeu de l’élection ? Ou alors le sentiment que l’on connait les deux finalistes va t-il inciter les électeurs à la dispersion ? Ou encore après 6 mois de sondage de second tour à sens unique, seuls les électeurs de Sarkozy iront à la pêche ? Quelles dynamiques en cours vont se prolonger ?

Bref, après tout ça, voici mon pronostic sur les résultats du premier tour de l’élection présidentielle 2012 :

Marine Le Pen : 17,6
Nicolas Dupont-Aignan : 1,1
Nicolas Sarkozy : 24,3
François Bayrou : 10,3
François Hollande : 27,1
Eva Joly : 3,9
Jean-Luc Melenchon : 13,2
Philippe Poutou : 1,9
Nathalie Artaud : 0,5
Jacques Cheminade : 0,1

Les raisons de mon vote

avril 19, 2012

J’ai mis un peu de temps  à faire cet article,  après avoir posé les questions qui me semblent importantes. Cela n’est pas si facile, car mon choix a eu du mal à se fixer.

 Pour le second tour, si l’on retrouve les deux favoris actuels dans les sondages, bien sûr mon choix est fait, je n’envisage pas de voter pour Nicolas Sarkozy pour de multiples raisons, ses valeurs, son comportement, son bilan, ses propositions, ses mensonges de campagne… Et je me réjouis déjà de sa défaite, et de la fin de l’omniprésence arrogante des Morano, Bertrand, Guéant, Copé et autres Douillet à la télévision.

Plus particulièrement dans cette élection, je pense qu’il se trompe de diagnostic global.  Ce qu’il propose sur le plan économique a échoué dans les autres pays européens : s’alignant sur ce qu’il pense être la position des marchés, il propose un solide plan d’austérité. Or la seule rigueur est un tourbillon sans fonds qui ne s’arrêtera que lorsque le nivellement par le bas aura déclassé le pays permettra de redevenir compétitif face aux pays en développement. La Grèce est dans ce schéma là (diminution brutale des revenus, des services publics, des droits sociaux…)
D’ailleurs de plus en plus de voix s’élèvent, y compris d’économistes libéraux ou sur les marchés, pour dire que la seule rigueur n’est pas une solution, en plus d’être d’une grande brutalité pour les populations.

C’est la position de ces économistes, dont beaucoup sont parmi ceux que j’apprécie :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/04/17/nous-economistes-soutenons-hollande_1686249_3232.html

En face, on peut penser que ce sera François Hollande. Quand je repense à la campagne de 2007, je trouve que le PS a là un candidat bien plus solide. J’ai eu l’occasion de le voir en meeting par le passé, de le rencontrer en conférence, et il m’a fait bonne impression. Il a montré constance et cohérence. Je ne l’appréciais pas trop lorsqu’il était à la tête du PS, mais je le trouve aujourd’hui plus clair, préparé, combatif.
Par ailleurs ce que je lui reprochais hier, d’être l’homme de la synthèse par exemple, devient aujourd’hui un atout : il souhaite incarner le changement dans le rassemblement.
Après, ce n’est pas forcément mon candidat idéal en tous points :  il est dommage qu’il ait affaibli certaines de ses propositions fiscales, je trouve qu’il faudrait aller plus loin sur l’écologie également etc.

Enfin il manque encore une articulation plus complète, plus solide, entre situation internationale, enjeux européens, déficit de compétitivité à court terme et désindustrialisation à moyen terme.

Mais globalement il propose un programme d’alternance, qui sera différent sur la plupart des sujets de ce que ferait l’équipe Sarkozy.  Ses armes sont la priorité à l’éducation, la jeunesse, la recherche, un contrôle des déficit du pays mais une relance européenne (les socio-démocrates allemands viennent de plaider dans ce sens également), la promotion d’une économie plus verte. Je suis également favorable aux propositions sur le mariage homosexuel, sur l’encadrement des dépassements d’honoraire pour les médecins, sur les réformes de la justice, sur la politique de sécurité etc.

Mais ne soyons pas naïfs : il n’y aura pas de solutions miracles, surtout avec une politique sérieuse et économe, qui est selon moi néanmoins nécessaire.
Par ailleurs ses propositions sont suffisamment prudentes pour faire gagner la gauche, sans faire trop peur aux électeurs, et être applicables ensuite pour éviter la désillusion des promesses non tenues.

Peut être que plus d’audace dans la transformation sociale et écologique seront l’objet d’un second mandat.

 

Mais si j’estime que c’est le bon candidat pour le second tour, faut-il pour autant voter pour lui au premier ?

Y’a-t-il d’autres candidats qui sur le fond me conviendraient mieux ? Faut-il voter tactique, ou « utile » ?

François Bayrou, comme Sarkozy, propose un positionnement libéral classique sur la dette. Comme lui il se retrouve confronté à l’échec d’une trop forte politique d’austérité, surtout en même temps dans tous les pays européen. Défenseur historique de la construction européenne, il en est aujourd’hui prisonnier, n’ayant pas le regard critique ou audacieux que nécessite la situation.

Il promet les plus forte augmentations d’impôts, et si l’on suit ses principes les plus fortes économies de dépense publique. Or cela manque de consistance : lorsque l’on lit ses propositions, elles sont ridicules par rapport aux enjeux qu’il énonce. Il s’agit de mesurettes de ministres, destinées à ne pas déplaire. Il veut maintenir les dépenses en valeur : or il indique que les retraites et les salaires des fonctionnaires continueront d’augmenter au moins de l’inflation, de même que les dépenses de redistribution sociale, et les charges d’intérêt varient en fonction des taux. Donc il y aura bien des coupes drastiques à faire, mais jamais il ne dit où : ce n’est pas la numérisation de l’administration (déjà largement en marche, on ne l’a pas attendu) qui suffira. Tous les candidats évoquent des économies sans être assez précis, de même que la suppression de niches fiscales sans détailler. Le problème avec Bayrou c’est que c’est l’axe majeur de son programme.

Son deuxième axe est le produire français : et là c’est pareil, c’est désespérément vide, c’est le village gaulois qui ne prend pas vraiment en compte la mondialisation. Ilen appelle à la bonne volonté des consommateurs et des industriels, quelques propositions techniques telle que création d’un label (pourquoi pas), et une meilleure organisation de chaque filières (les pôles de compétitivité montrent leur intérêt, on peut aller un peu plus loin mais bon…). J’ai écris sur le sujet de la politique industrielle.

Pour le reste, il a un catalogue de mesures, certaines assez intéressantes, qui pourront être reprises par le vainqueur quel qu’il soit.

  • Pour moi ce n’est pas à la hauteur des enjeux multiples auxquels nous sommes confrontés. Il présente un catalogue de quelques bonnes idées, mais sur les points importants grands principes sans mesures concrètes, sauf l’austérité.

 

J’écarte aussi finalement Jean-Luc Mélenchon : pourtant quel plaisir de l’entendre, il fait appel à l’intelligence collective, à la repolitisation, au débat citoyen, à la force collective. J’aime son radicalisme laïcard (comme lui je pense qu’il faut appliquer la loi 1905 à l’Alsace-Moselle), son républicanisme (un peut trop jacobin parfois), son diagnostic sévère du fonctionnement de l’Europe et de la BCE… Il propose beaucoup de choses alléchantes.

Mais concrètement c’est vraiment trop irréaliste pour moi : être ambitieux, rêver, sortir du cadre, est utile et rafraîchissant. Mais il est dangereux de s’emballer dans l’opposition, dans de grands discours et de belles promesses, lèver des espoirs immenses qui ensuite deviennent frustrations, déceptions, voire aggravation dela situation. Ilpropose des dépenses considérables, avec des recettes plus incertaines. Il redistribue la richesse, mais omet de prendre en compte les conditions de sa création.

Il en dit parfois trop ou pas assez. Je pense qu’il ne se donne pas les moyens sur certains aspects du programme de transformation sociale. Comme Bayrou, il manque une étape entre l’objectif (SMIC à 1700€ brut) et la possibilité concrète de réalisation. Son explication est souvent le volontarisme poussé à l’extrême, mais cela ne suffit pas à gommer la complexité de la société, les imbrications économiques et sociales, les inerties sociétales etc.   Un tel programme de transformation sociale passe en fait par la refonte des outils, y compris la sortie de l’euro, y compris la spoliation des entreprises et des possédants… Et donc finalement des moyens révolutionnaires qu’il ne propose pas.

Par ailleurs je ne suis pas d’accord avec ses discours généreux mais naïfs sur l’insécurité, sur l’immigration. Il est dans la vertu rousseauiste, ou dans l’aveuglement marxiste : comme on peut le lire dans l’archipel du goulag de Soljenitsine, les voleurs et criminels étaient les rois des camps de travail, car considérés comme « socialement proches » du prolétariat par rapport aux prisonniers politiques de classe. Il n’y a pas de problèmes de ce coté là.

C’est sans doute ce qui fait que son électorat est composé de bobos, de classes moyennes et supérieures, et qu’il a des difficultés à attirer les classes populaires.

Enfin je pense que le personnage est ambigu, notamment lorsqu’il s’aventure sur la politique étrangère, il a toujours un vieux fonds anti-américain, des soutiens à Chavez, Castro ou à la Chine contre le Tibet qui passent mal, malgré des argumentations complexes qui le trompent lui-même…

  • Donc cela pourrait être un vote d’influence, d’adhésion aux lignes générales pour donner un message fort, soutenir une politique plus à gauche, sans aller regarder dans le détail.  Mais trop d’éléments me dérangent pour cela.

 

Restent donc un vote d’influence avec Eva Joly, ou aller directement sur mon choix de second tour.

Eva Joly a fait un bon début de campagne, en mettant en avant l’écologie, la lutte contre la corruption et les paradis fiscaux, la nécessité d’une réponse européenne. C’est un personnage original qui portait un vrai programme de changement par rapport à nos références consuméristes et productivistes.  Il y a là un programme d’ensemble, avec ses incohérences et ses exagérations aussi, mais qui peut accueillir un vote destiné à passer le message.

Eva Joly s’est ensuite fatiguée, elle a fait quelques erreurs, a eu du mal à s’adapter à ce monde de la communication et du temps réel. La signature de l’accord avec le PS n’est pas une mauvaise chose pour son parti et ses idées, mais il a handicapé sa campagne. Une dynamique forte s’est portée sur Mélenchon, qui a également un discours écolo fort. Or s’agissant de ces candidats d’influence, la dynamique est très importante car elle porte le message, et les électeurs sont volatiles.

  • Tout comme avec Mélenchon, il y a des mesures un peu folles, des thèmes mal traités (régularisation de tous les sans-papiers ne me parait pas très sérieux), mais c’est sur un projet assumé de changement de société sur le fond, et moins extravagant sur les moyens. Je ne la vois pas en tant que Présidente, mais c’est un vote d’influence qui me convient.

 

Il n’y a pas de risque que la gauche soit absente du second tour, et que Hollande soit en tête ou pas au premier importe peu si le total de la gauche est élevé. Donc j’aimerai bien que Eva Joly dépasse les 5% au premier tour, certes pour qu’ils se fassent rembourser, mais plus largement pour le message à faire passer.

Chroniques de l’élection présidentielle 2007

avril 16, 2012

Il est assez intéressant de relire ces quelques textes écris en 2007.

Je les ai publiés sur ce blog après les élections.

Les primaires socialistes accouchent d’une belle victoire (0)

Défense laborieuse de Ségolène (1)

Espoirs illusoires (2)

Défense vigoureuse contre les critiques lucides (3)

Enthousiasme de février : tout semble encore possible (4)

La tentation Bayrou m’a à peine effleurée (5)

Entre deux tours, de l’espoir aux abysses… (6)

Amertume de la défaite (7)

Après ce retour sur le passé récent, je vais essayer d’argumenter mon choix à la présidentielle demain soir.