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Régionales : des surprises sont-elles encore possible ?

mars 11, 2010

Aaah, les sondages.

Petit à petit, ils construisent leur nid, et parfois on peut avoir l’impression que tout est dit, que tout est fait.

Ils ont également un rôle dans la mobilisation des électeurs, dans les dynamiques de campagne. Sans les sondages les campagnes électorales seraient différentes, mais peut être aussi les résultats.

Enfin, ils ont un rôle important dans l’interprétation des résultats. Si dimanche soir l’UMP fait 35%, ce sera objectivement pas très bon (même niveau qu’aux dernières régionales, avec moins de réserves), mais plus que les estimations, donc vu comme un succès.


Bref, malgré ces sondages, des surprises sont-elles encore possibles ? Quels paramètres jouent dans la cristallisation des choix dans les derniers jours, que peut-il se passer dans l’entre deux tours ?

D’abord, pour le premier tour :

Les sondages se suivent chaque jour, ils dessinent des tendances. Ainsi les 4 derniers parus montrent plutôt une progression d’Europe Ecologie, du Front de gauche dans une moindre mesure, et une stabilisation du PS et de l’UMP.

La surprise par rapport aux sondages peut venir de plusieurs facteurs :

la photo instantanée prise par les sondages souffre de quelques défauts : c’est possible. Il n’est en effet pas évident d’avoir un panel représentatif, alors que de nombreuses personnes refusent de répondre (et notamment les moins intéressées). Par ailleurs les instituts corrigent les résultats bruts pour tenir compte de la participation des uns et des autres… Globalement la tendance est sans doute bonne, mais une erreur d’analyse de 2 ou 3 points peut dans certaines régions tout changer, faire passer Europe Ecologie devant le PS par exemple, ou qualifier le FN pour le second tour.
Pour l’instant, par exemple, le score national d’Europe Ecologie semble minoré par rapport à la somme des sondages régionaux. Il y a sans doute une explication, mais cela peut venir d’une correction différente des résultats.

la photo est exacte, et les tendances vont se poursuivre : dans ce cas, la surprise n’est qu’à moitié. Ainsi la remontée actuelle des écologistes peut les faire passer devant le PS en Alsace. Mais l’interprétation peut aussi être faussée. Par exemple ces derniers sondages qui montrent une forte progression en Rhone-Alpe et en Ile de France, et une légère progression en PACA, portent sur des régions urbaines, et parfois il peut y avoir des tendances divergentes entre grands centres urbains et régions plus rurales.

la photo est exacte, mais des évolutions vont avoir lieu, car les mobilisations des  électeurs de chaque parti, ainsi que le choix final des incertains peuvent tout changer. Les sondages montrent que l’électorat EE est moins certains de son vote, alors qu’il est plus participationniste. Si la tendance se maintien, elle ferra le plein. Mais il y a tout de même une fragilité de son électorat, plus volatile, pas encore installé dans un automatisme.

d’ici le vote, la campagne, des évènements, influencent les électeurs qui changent d’avis ou de comportement.
Le seul fait évoqué pour l’instant est un peu ridicule : certains dirigeants du PS se sont plaint de la diffusion d’Ushuaïa, sur l’slande, la veille du vote. Pour moi l’impact d’un documentaire comme celui-ci est très faible. Le PS devrait plutôt faire de la politique plutôt que de la polémique contre ses alliés verts (et néamoins concurrents). D’autant que l’on constate que l’augmentation d’Europe Ecologie au premier tour bénéficie à la gauche au second.

Donc d’ici au vote, il peut se passer des choses, des tendances en cours, des regains de mobilisation à droite après un mouvement d’humeur dans les sondages, ou au contraire une démobilisation face à une situation vue comme jouée d’avance…

Cela ne devrait pas changer profondément le résultat global, mais peut avoir un impact local important ici ou là.

Entre les deux tours :

Au soir du premier tour, on pourra penser que beaucoup sera fait, notamment si la différence est grande.
Pourtant rien n’est fait jusqu’au jour du vote. Souvenons nous des dernières législatives : une UMP ultra-dominante à l’issue du premier tour. Le résultat annoncé, ainsi que la polémique sur la TVA sociale, ont démobilisé à droite pour le second, qui s’est presque transformée en victoire de la gauche.

D’autant que cette fois-ci, la droite a choisi une stratégie risquée d’union au premier tour. Elle espère en bénéficier au second.

– Donc soit la dynamique de premier tour, avec une gauche largement en tête, emporte tout, les tractations se passent plutôt bien et cela participe à la victoire, les pertes sont minimes.

soit l’UMP fait une bonne campagne d’entre deux tour, montrant son unité, attisant les rivalités de personne et de fond à gauche. A gauche, objectivement il y aura sans doute des difficultés : le PS, qui ambitionne un Grand Chelem, qui a de nombreux élus et apparatchifs, ou collaborateurs d’élus à placer, ainsi que des personnes de chaque courants, acceptera t-il de fusionner au pourcentage de premier tour avec Europe Ecologie et le Front de gauche ? Acceptera t-il de se retirer au profit d’EE en Alsace  ? Par ailleurs il n’y a pas que les places, il y a aussi les programmes, où objectivement un accord sera souvent possible, mais parfois au niveau local il peut y avoir des difficultés, notamment lorsque les listes ont artificiellement cherché à se distinguer. (alors qu’il y a assez peu d’enjeux réels…)

Les stratégies seront-elles nationales ? Martin Malvy sera t-il obligé de fusionner, malgré sa volonté un peu arrogante de ne pas céder ? Europe Ecologie doit-il envisager de se maintenir au second tour dans quelques régions, y compris au risque de faire passer l’UMP ? Quels programmes sortiront des négociations ? Le risque de voir toutes les régions à gauche risque t-il de remobiliser à droite ? Voici quelques enjeux de l’entre deux tours.

L’occasion d’un message politique plus que de réels enjeux locaux ?

mars 7, 2010

La campagne se passe mollement.

Souvent les débats ne portent que marginallement sur les compétences régionales.
On évoque des sujets annexes, on greffe la sécurité ou le logement sur les compétences régionales.

Mais faut-il critiquer les partis et les médias pour ceci ?

Y a t-il réellement des enjeux régionaux à ces élections ?

Actuellement les régions ont des compétences importantes mais consensuelles : gestion patrimoniale des lycées, des transports régionaux, de la formation, en partie du développement économique et de l’aménagement du territoire, environnement.
Ensuite il y a une clause générale de compétence, qui permet à la région d’intervenir dans tous les domaines sur des projets d’intérêt

Déjà aujourd’hui sur ces compétences les pratiques comme les propositions des différents partis sont similaires.
La principale compétence « clivante » est celle autour de la compétence développement durable
– protection de l’environnement, notamment lorsqu’elle comprend les transports (particulièrement en Ile de France, où cette compétence est renforcée).

La réforme territoriale en cours diminue encore la marge de manoeuvre des prochains conseils de région, et ceci par deux mécanismes :

– la réforme fiscale en cours hôte à la Région un de ses principaux outils : elle n’aura plus de taux à voter à partir de 2012. Son autonomie financière sera sans doute assurée, mais elle n’aura plus d’autonomie fiscale. C’était pourtant un des choix principaux : augmenter la fiscalité pour proposer plus de services publics, ou pas.

– la clause générale de compétence des régions et départements, qu’il est envisagé de supprimer.

Conséquences politiques :

– Il y a, de manière annexe mais non négligeable, un impact sur les sénatoriales.
– Mais sinon pour ces régionales, l’impact est donc principalement un message politique. Rejet de la politique nationale d’une part, mais aussi recomposition de la gauche par exemple. C’est sans doute le moment de marquer l’exaspération de certains électeurs de gauche fasse à un PS amorphe, ballotté favorablement par les flots de l’anti-sarkozysme, souvent conservateur, étouffé par sa structuration interne, le poid des élus… Et donc de favoriser l’émergence à gauche d’une vrai force écologique et progressiste responsable. (A terme, une formation commune sera sans doute nécessaire)

– si finalement seul le message compte, il ne serait pas inenvisageable que Europe Ecologie refuse de soutenir le PS dans certaines région, lorsqu’il n’y a pas de proposition respectueuse, en nombre de place comme sur le programme, même si cela risque de faire gagner la droite (vu que concrètement cela ne change pas grand chose)

Bien sûr l’idéal serait que la règle de fusion au deuxième tour entre les listes PS et Europe Ecologie s’applique, en prenant les pourcentages du premier tour comme base de répartition, et qu’un partenariat efficace et respectueux se développe pour la mandature.

Conclusion :

Des compétences faibles, plutôt consensuelles, et plus de possibilités de voter les taux : contrairement aux municipales ou aux européennes, l’impact réel de ces élections régionales est quasi-nul.

Les conséquences sont donc d’ordre politicienne, de l’ordre du symbole et du message. C’est dans ce cadre que se joue la recomposition ou au moins les changements à gauche.

D’une certaine manière, les élections cantonales seront confrontées à la même perte de sens. Cela rendra d’autant plus pressante la réunion des régions et des départements, par la mise en place de conseillers territoriaux. Les conseils territoriaux retrouveront une marge de manoeuvre, la possibilité de choix, qu’ils n’ont plus aujourd’hui. La logique politique et institutionnelle sera alors à aller plus loin, vers une fusion de ces deux types de collectivités.

Analyse politique des élections régionales apparemment lancées…

février 13, 2010

Les élections régionales s’approchent vraiment.

J’ai envie de me prêter au jeu des pronostics tout en présentant quelques analyses rapides.

Quel est l’état des lieux ?

– un rejet important du gouvernement

– une indifférence positive sur les bilans des sortants

– une élection peu mobilisatrice

Pour faire une analyse politique après l’élection, chacun prendra ses critères, pour montrer que l’autre a subi un échec. Donc il faudra dissocier la réussite médiatique au soir de l’élection de la réussite électorale.

Martine Aubry a ainsi pris un risque en envisageant un Grand Chelem illusoire.

Il faudra regarder les niveau de chaque formation par rapport aux dernières élections régionales, par rapport aux autres élections, les variations en nombre de conseillers, et les présidents de région. Une ou deux régions gagnées par l’UMP ne signifieraient pas grand chose, sinon mettre en lumière le faux-pas un peu arrogant de Martine.

J’aurai au moins préféré qu’elle parle d’un Grand Chelem de la gauche, laissant ainsi ouverte des possibilités de négociations pour le second tour, et ne laissant pas cette légère amertume de volonté hégémonique d’un parti pourtant bien malade.

Les dynamiques en cours :

Le PS a plutôt rebondi, après avoir effleuré le fond. Face aux déçus du gouvernement, une plus grande discipline de ses dirigeants l’ont rendu plus audible, et Martine Aubry a pris un peu de carrure. Il redevient une alternative possible, notamment par Dominique Strauss-Kahn.

Il bénéficie enfin de son ancrage local, et d’avoir des sortants dans cette élection de mi-mandat difficile pour la droite. Souvent les bilans sont bons et biens perçus.
Cependant sa bonne forme sondagière actuelle ne va pas mécaniquement se refléter dans les urnes. Il n’y a pas de dynamique, ni de grosses mobilisation, l’abstention de son électorat lassé par le PS sera élevée. Malgré un bon bilan, une appréciation mitigée sur le parti lui-même alliée à une victoire prévue d’avance peuvent aussi inciter les électeurs à se dispercer, comme lors de la présidentielle en 2002.

Les écologistes restent à des niveaux élevés, et historiques. Ils ne seront sans doute pas au niveau des européennes, mais peuvent faire de très beaux scores dans quelques régions, s’implanter, peser dans les négociations d’entre deux tours, et donc ensuite dans la gestion des mandats. Ils peuvent éventuellement représenter la gauche au second tour dans quelques régions où le PS est en difficulté (Alsace, Languedoc-Roussillon…)

Ils ont su faire des listes à la fois diversifiée, représentant les divers courants écologistes, citoyens, sociaux, tout en faisant apparaître quelques figures de proue plus médiatiques, plus généralistes. Il n’est pas interdit d’avoir du sens politique pour défendre ses valeurs, ce qui a pu manquer souvent aux verts.

La gauche radicale se cherche, dans des niveaux plutôt bas, avec un front de gauche qui pourra faire des scores suffisants pour peser sans plus.

La droite est dans une situation difficile, avec de basses côtes de popularité. Elle ne peut pas espérer de vague bleue. Cependant elle peut espérer faire un peu moins pire que ne le laissent penser les sondages, en remobilisant grâce notamment au thème de la sécurité qui revient fort. Le silence actuel de Nicolas Sarkozy sur la mobilisation sécuritaire dans certains collèges me laisse penser qu’il laisse monter la pression pour réaffirmer bientôt sa préoccupation pour la sécurité par un geste fort. Par ailleurs la côte de popularité de Fillon remonte. L’abstention de son électorat est son souci.

Mais elle est dans une situation assez favorableme politiquement, avec moins de triangulaires avec l’extrême droite qu’il y a 6 ans, et pas grand chose à perdre.

Les pronostics :

Une fois tenu compte de tout ceci, on peut se risquer à quelques pronostics. Mais je respecte trop la démocratie pour en faire une vérité. Par leur libre arbitre, les électeurs peuvent tout chambouler. Il peut également se passer encore des choses.

Midi-Pyrénées :

Je mets une prévision, avec entre parenthèse le score il y a 6 ans.

FN : 7.8 (11.8)

Majorité  présidentielle : 26.8 (UMP était à 19)

Modem : 4.5 (UDF était à 10.15 mais ce n’est pas tout à fait pareil)

PS : 31.1 (41.1 avec le PC)

Europe Ecologie : 13.8 (8 pour les verts avec des alternatifs)

Front de gauche : 7.1 (le PC était avec le PS)

Extrême gauche : 5.2 (4.9)

National :

Sans doute que l’Alsace restera à droite, même si la bonne surprise serait, comme un sondage le laisse apparaître, qu’elle bascule à gauche vers Europe Ecologie. Je pense que 2 autres régions en métropole pourraient au contraire basculer à droite parmi les plusieurs où la gauche avait été élue de justesse grâce à une triangulaire. Quant à la Corse, c’est une énigme politique, avec un système proportionnel, et des rivalités complexes.

Quant au Languedoc Roussillon, il sera perdu pour le PS si George Frêche l’emporte, ce qui reste le plus probable. (je pense même que la liste PS ne sera pas au deuxième tour, au profit d’une liste Europe Ecologie et d’une liste de droite)

En terme de niveau de vote global, cela donnerait :

FN : 8

Majorité  présidentielle : 34

Modem : 5

PS : 25

Europe Ecologie : 12

Front de gauche : 7

Extrême gauche : 4

Mes préférences :

Je continue à penser que le renouvellement, l’alternance, une recomposition plus écologique et citoyenne de la gauche peuvent être incarnés par Europe Ecologie. Cette évolution apparaît dans l’analyse de Jean-Michel Ducompte, mais également de  Martin Malvy, qui serait d’accord avec moi selon cet article…

Ce premier tour est une occasion de pousser ce pion, pour qu’il pèse entre les deux tours, et irrigue la gauche ensuite.

Nationalement je souhaite donc qu’une ou deux régions soient dirigées par EE. Il serait pour le moins ambivalent qu’un PS en petite forme, qui n’a pas réglé ses problèmes internes, qui se réforme douloureusement soit crédité d’un Grand Chelem par la seule inertie de l’alternance.

J’aimerai donc un niveau d’EE au dessus de 12%, ce qui serait un très bon signe. Des extrêmes en dessous de 10% seraient de bonne augure, de même que la fin de l’illusion modemiste.

Les élections Régionales s’approchent de moi.

janvier 18, 2010

Bien sûr, elles approchent tout court.
Mais il y a là quelque chose de particulier, de plus intime.

Les dernières échéances électorales m’ouvraient l’appétit. L’occasion de soutenir mon parti, et mes convictions. Il fallait essayer de dévoiler les enjeux, inciter les gens à participer, et si possible à aller dans notre sens.

Cette fois-ci, c’est un peu différent. En effet, je vais devoir faire un choix particulier.

Je n’imagine pas de voter pour la candidate UMP, ni même modem ou Front de gauche. Il ne s’agit pas de ça.

Mais vais-je voter PS ou Vert-Europe Ecologie ? Malvy ou Onesta ?
C’est bien sûr une petite question, mais sans doute pas si annodine.
Derrière ça, il y a la possibilité d’une vraie alternance à l’intérieur de la gauche, de changements plus importants.

Si moi, membre du PS en fin de droit, je me pose la question, des centaines de milliers de personne se la posent aussi. Il ne s’agit absolument pas pour moi d’un changement de camp ni d’une trahisons. Je vois le militantisme comme un engagement volontaire, non pas comme une contrainte externe qui deviendrait une prison. Mais d’un choix intéressant et réfléchi.

Trop souvent on voit des militants comme des dirigeants qui ne prennent plus que des positions tactiques, ou automatiques, voire pire, suivistes ou clientélistes. Ils deviennent fidèles, membre d’un clan, et non plus réunis par des idées, par le mouvement et l’envie de convaincre ou de faire changer les choses. Ils sont enfermés dans des barrières culturelles sclérosées.
Je ne parle pas là que du PS ou de l’UMP, même si on reconnait là certains défauts actuels.

Pourquoi est-ce différent cette fois ? Les partis ont évolué, les verts d’une part, le PS pas assez d’autre part. J’ai évolué, j’ai milité quelques années, j’ai eu des déceptions, je suis peut être moins naïf. J’ai également évolué vers une conscience écologiste plus forte. Il y a également des éléments de contexte qui tiennent notamment aux têtes de liste.

Quels sont les éléments qui me poussent au vote PS  ?

Il y a bien une forme d’inertie, d’habitude, de facilité. Prendre comme acquise une situation présente, c’est la formation politique d’opposition, que j’ai soutenue. Cela ne suffit pas.
Il y a également un autre argument que je dois écarter, celui de l’amitié que je peux avoir pour certains camarades, de la difficulté de dire à quelques vieux esprits ou à d’autres pour qui l’appartenance au parti est identitaire, que l’on n’est plus sur la même longueur d’onde…

Par contre de vrais éléments sont à apprécier. La tentative de rénovation du pS, avec Martine Aubry notamment, est positive, notamment les avancées sur le cumul des mandats. Le bilan et les projets pour la région vont dans le bon sens. Enfin, je connais quelques candidats de la liste PS, Brigitte par exemple, en qui j’ai confiance.

Par ailleurs la situation chez Europe Ecologie peut paraître plus floue, plus hétérogène, un mouvement jeune et qui cherche encore ses marques contre une vieille formation organisée et codifiée.

Quels sont les éléments qui me poussent à voter Europe Ecologie ?

Les éléments de bilan ne peuvent suffire. En effet, rien ne laisse penser qu’une majorité composée de plus d’européco aurait fait moins bien.

Ensuite, si l’on regarde le PS aujourd’hui, malgré les éléments de rénovation mentionnés ci-dessus, le tableau reste terne. Malgré quelques efforts et proclamations, j’ai l’impression que les changements sont lents. La parti, déprimé, s’est étriqué, replié sur une base militante moins portée au changement. Le PS reste le parti qui soutient Pierre Izard, ou George Fraiche…
Plus largement, malgré un bon boulot de Martine Aubry, j’ai l’impression que le jouet est cassé au niveau national. Les intellectuels, les militants qui veulent changer les choses, s’en vont.
L’inertie est terrible. L’action et l’énergie mise en oeuvre au niveau local ne profitent pas à une vision nationale, contrairement aux enjeux de personne qui se diffusent.

Même si certaines personnalités, courants, ou fédérations se prennent en mains,et n’ont pas perdu le sens des réalités et la volonté d’action, il y a une inertie forte, et je ne suis plus toujours en phase avec le fonctionnement, les mentalités, les idées.
Sans parler des bastions, là où l’alternance politique n’existe pas, où parfois des baronnies politiques se mettent en place. Alors la distribution du pouvoir interne devient la première préoccupation réelle, même si elle n’est ni permanente, ni exclusive. Les élus, les entourages d’élus, ceux qui ne veulent pas perdre le pouvoir, ceux qui veulent monter en grade dans le parti (même à de très petits niveaux), ceux qui souhaitent travailler pour le parti…

En face, un mouvement est né, porté par quelques idées fortes, autour de l’environnement, la lutte contre les inégalités, une nouvelle vision de la pratique politique, l’Europe. Parfois plus radicaux, parfois plus pragmatiques que le PS. J’étais plus en accord avec eux sur de nombreux sujets ces derniers temps, que ce soit le grenelle de l’environnement, la réforme institutionnelle, la taxe carbonne. Ils proposent une société alternative, aux contours encore en construction. Ils ont su se discipliner, incarner le mouvement à travers des têtes de listes, mais aussi se structurer en attirant des gestionnaires, des hauts fonctionnaires ou responsables d’associations, des intéllectuels dont ils auront besoin.

Enfin, un autre élément qui compte : les têtes de liste, qui coordonneront, impulseront, ferront le lien avec le mandat suivant, les autres partis. En Midi-Pyrénées elles représentent assez bien les alternatives proposées.
Martin Malvy, intelligent et expérimenté, élu depuis 40 ans, a de nombreuses qualités.  Fabiusien pragmatique, il connait bien les rouages du pouvoir à l’intérieur du PS, parfois trop bien. Il fait partie d’une génération qui a sa place dans la réflexion, la production intellectuelle, la médiation, mais qui porte des conceptions classiques et des habitudes à renouveler. Nous avons besoin de vieux sages plutôt que de parains. Sans doute le moment est-il venu de partager le pouvoir, au PS comme pour la région.

Gérard Onesta par contre n’est pas vraiment un apparatchik, même s’il a une expérience intéressante au niveau européen. Il a d’ailleurs été classé meilleur député français au parlement européen pour son activité et sa présence. Autre élément appréciable, il a laissé sa place après un troisième mandat. Sans doute pensait-il déjà à la belle région de Midi-Pyrénées. Il est dynamique, engagé, clairvoyant, et représente positivement la politique comme l’écologie.

Conclusion :

Oui, j’ai envie de voter europe écologie. L’envie, la dynamique, l’espoir, sont des moteurs importants de la politique.

Pour autant, ma décision n’est pas définitive, je me laisse le temps de regarder, d’observer, de confronter. Il n’est pas question pour moi de voter par caprice, par mode.

Mais actuellement, je suis plutôt favorable à une recomposition de la gauche. Les alternances sont généralement positives, voire nécessaires, sur la pratique du pouvoir. Pour autant je ne souhaite pas la victoire de la droite ou de l’extrême gauche.

D’autant qu’il ne s’agit pas là d’un choix exclusif, mais plutôt de définir les rapport de force pour gouverner la région à gauche. Il s’agit de pouvoir batir des alliances fortes au second et construire des majorités régionales selon l’arbitrage du vote.

Je suis assez d’accord avec ces deux formules de Daniel Cohn Bendit ce week end à Montreuil :

– au PS il dit :  « nous allons vous aider à être à la hauteur dans les régions » pour mettre en place la transformation écologique de la société.

– « Il ne s’agit « pas d’opposer un baron à une baronnesse, nous voulons développer une nouvelle culture de gouvernance, démontrer qu’on n’a pas besoin de gouverner une région comme (Nicolas) Sarkozy gouverne la France »

Enfin si je faisais ce choix, il ne s’agirait pas forcément d’une « rupture » avec le PS, je serai peut être amené à m’y impliquer à nouveau plus tard. Mais cela serait toutefois un constat d’échec : cela serait le constat de ma lassitude ou mon inefficacité à vouloir changer le PS de l’intérieur, et une voie nouvelle : le changer de l’extérieur.

Donc au nom de la rénovation, de l’alternance, de la diversification, j’ai bien envie de voter pour Europe Ecologie, notamment aux régionales où c’est particulièrement indiqué.

A plus long terme, il faudra une recomposition de la gauche, soit autour d’EE, soit dans une nouvelle fédération de partis, soit autour d’un PS recomposé.

Au boulot. 🙂