Archive for the ‘Loisirs’ category

Rêve de gloire – Roland C.Wagner

mars 11, 2014

Un livre formidable.
J’adore les séries, certaines m’ont marqué, m’ont appris des choses, mais jamais je n’atteins cette résonnance, cette impression d’avoir grandi, changé, comme cela peut m’arriver avec une lecture.

Cela ne s’explique pas toujours. Qu’est-ce qui me parle tant dans Rêves de Gloire de Roland C. Wagner ? C’est une Uchronie. Une histoire un peu différente, dans ce monde là De Gaule a été assassiné, Kennedy a survécu, l’URSS a balancé une bombe nucléaire sur Budepest… mais elle n’a pas explosé…
Mais tout ça n’est que le contexte. Le livre se concentre sur Alger, l’Algérie, la France. Sans tout dévoiler, il y a une partition, un Président Dictateur Général, des réfugiés, des réconciliations, une Commune, des indépendantistes, des islamistes, les communistes au pouvoir, un poutch militaire… Tout ça dans le désordre.

Mais là encore ce n’est pas l’essentiel de ce livre, qui tourne autour de nombreux personnages, à des époques différentes, des collectionneurs de vynile notamment. C’est une ode à la musique, à ceux qui la font et qui l’aiment, qui la produisent, l’écoutent, la vendent, la piratent. C’est aussi un laboratoire d’idées politiques. On est immergé dans le mouvement non violent des vautriens, né après la diffusion d’une drogue particulière, dans sa complexité entre idéalisme, jouissance, contruction, radicalisme, nihilisme vain, prise de concience matérialiste ou mystique…

Et derrière ça quelques affaires à résoudre, chacun les siennes, qui se recoupent de plus en plus.

Bref, il me reste encore un petit tiers du livre, merci au magazine Bifrost, dont les critiques m’orientent toujours aussi surement.

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La Bataille du second Tour

mai 1, 2012

La première bataille est passée, étrange, longue, lourde. Durant de longs mois, après l »attentisme, il y a eu des escarmouches, des attaques incessantes, un harcellement, qui ont permis la lente avancée de la gauche. Les obus du bilan, arme ancienne, étaient néamoins toujours efficaces, et la cavalerie du changement a plusieurs fois permis d’enfoncer les lignes. Après la prise de plusieurs villes importantes, acculée, la droite est passée à la contre offensive, fulgurante, massive, reprenant une partie du terrain perdu. Puis tout s’est un peu figé, les réseaux de tranchées se sont ornés de barbelés et d’abris blindés.

Au soir du premier tour, on a pu voir les forces en présence. Le conflit s’est alors élargi, les alliés ont été appelé en renfort de part et d’autre. A gauche, les légions nombreuses rouges et vertes sont venues renforcer les positions, et la progression a repris. Certains territoire encore neutres ont été courtisés, sans se prononcer encore malgré les propositions, les pressions, les risques de démembrement.

La droite a alors utilisé de nouvelles armes, le gaz moutarde, les inondations de tranchées, le mensonge de masse. La puissante et redoutée force bleu marine a été courtisée, sollicitée. Elle ne cèdera pas, son indifférence à la chute de son voisin ne masquant pas sa volonté de recomposition régionale. Tout juste accepte t’elle quelques livraisons d’armes, terribles : des lance-missiles démagogiques, quelques bombardiers xénophobes, homophobes, nationalistes. Celles-ci, payées au prix fort du reniement, permettent à la droite de reprendre quelques régions industrielles, ainsi que les grandes régions des marais, de stopper l’avancée, de refaire naître un faible espoir de ce coté. Mais cela mobilise en face. Des appelés volontaires viennent renforcer les compagnons du rassemblement.

Les oranges, pris entre deux feux, ne peuvent rien faire que sauver ce qui peut l’être. Sonné par le premier round, l’armée dévastée est en déroute. Une partie a désertée. De nombreux mercenaires sont déjà partis, allant aider un camp ou l’autre. Ceux qui restent se tournent de plus en plus vers la gauche, craignant l’alliance de la droite avec les bleus marines. Leur Chef Eternel, scrute l’avenir, ne voyant rien de bon, envisage de se replier quelques années dans les montagnes avant une prochaine bataille. Si la droite est défaite, peut-être pourra t-il voir quelques principautés le rejoindre.

Le dénouement est proche. La gauche tient plusieurs places de ravitaillement, quelques grands axes, ses réseaux de ravitaillement sont en place.  Il faut tenir les places fortes, répondre aux boules puantes de l’adversaire. L’artillerie fume, chauffée à blanc par son intense utilisation.

Depuis le second tour, l’utilisation de l’aviation s’est renforcée, l’impact derrière les lignes est plus grand. Tout le monde est désormais concerné par l’effort de guerre, par les destructions, par les craintes et l’espoir.

Il reste une grande bataille. Si la gauche réussit à traverser le fleuve de manière significative, à en prendre le contrôle, elle l’emportera. Si au contraire elle n’y parvient pas, ses habitants se revolteront, le seuil d’acceptation des sacrifices sera atteint. A priori les régiments sont prêts, les stratégies mises au point, cela devrait passer…

Bientôt le dénouement.

Sur un banc politique, prendre le temps…

juillet 26, 2011

Tout va si vite.

Depuis un moment, j’ai l’impression d’être au volant, départs de vacances, je double, je freine, le paysage change sans cesse, mais je suis  coupé de tout ceci. Dans mon habitacle climatisé, je ne vois que trop tard que tout à changé, l’orage s’est abattu, je ne peux éviter le carambolage.

La route était toute tracée, tout se mettait en place. DSK allait être candidat, sur la base d’un projet de gauche plutôt intéressant, et je pensais m’investir pour le soutenir ; le reste n’était que péripéties.

Il y a eu une première bourasque, avec Fukushima. Moment important, avec des incidences politiques.

Puis la brutale averse, l’ouragan. Toutes les voitures sont retournées : à quelques jours d’être officiellement candidat, DSK se fait piéger, ou se saborde. Tel Zidane en Finale, le coup de boule malheureux répond à l’incitation maligne, et fait perdre son camp. C’est ce que l’on pense tout d’abord.

Le soleil réapparait, la brume s’échappe de l’asphalte. Je m’écarte de cet ensemble figé de métal et de scènes dépassées, le scénario a changé, changeons de DVD. Ou plutôt non, sortons de la route, participons à quelque chose de nouveau. La garrigue humide happe déjà les premiers rayons de soleil, les odeurs sont multiples et apaisantes. Le calme, et le dialogue avec la nature me font du bien.

Un moment de retrait, de respiration politique. Malgré le retrait de DSK, la victoire reste possible, probable, même si ce sera difficile. Que faire ? Au PS, la primaire est lancée. Faut-il choisir, déjà ?

Les deux candidats ont la carrure, l’intelligence, une assise politique. Les deux me satisfont.

Martine Aubry aurait plutôt ma préférence face à François Hollande. J’ai un souvenir mitigé de sa direction du PS durant plusieurs années, même si le referendum européen n’a pas rendu sa tâche facile. Mais rien n’a alors été tranché, le parti s’est plutôt recroquevillé, n’a pas rebondit après le 21 avril 2002. De son côté, Martine Aubry a été choisie sur un projet de rassemblement, et  a réussi à le faire vivre, à remettre le parti au travail, en ordre de marche. Bien sûr l’impérieuse nécessité s’est imposée, tout le monde voulait enfin aller dans la même sens, mais elle était sans doute la bonne personne.

Pour autant je me laisse encore le temps de confirmer mon choix. En effet François Hollande me paraît mieux préparé, ce qui compense son manque d’expérience ministérielle, plus motivé, et il a mieux mis en scène ses soutiens. Le soutien de personnes comme Pierre Moscovici, Didier Migaud, André Vallini ou Aurélie Philippetti me paraît intéressant.

Je m’en remettrai donc à des sujets comme le nucléaire, la lutte contre la délinquance (sur laquelle Manuel Valls dit depuis longtemps des choses intéressantes et structurées), la protection de l’environnement, là où le projet socialiste laisse des marges de manoeuvre, pour trancher.

Il y a donc ce premier vote de la primaire socialiste.

Puis il y a ensuite la campagne elle-même.

Et là encore, mon choix n’est pas fait. J’ajoute en effet à la palette des possibles un vote pour Eva Joly. C’est actuellement la candidate qui m ‘enthousiasme le plus : sa rigueur, son sens de l’éthique, bien sûr sa conscience de la nouvelle société écologique, son parcours.

Pour autant le vote est une alchimie complexe : voter avec son coeur au premier tour n’est possible que si cela ne met pas en péril la présence de la gauche au second tour.

Dans tous les cas il reste de long mois pour analyser et confronter ces candidats, ces programmes… Regardons calmement ce qui peut être fait.

La Route, de John Hillcoat

janvier 2, 2010

J’ai vu ce sombre et beau film.

Il parait que le livre est terrible aussi.

Je n’en suis pas sorti intact.

Cela faisait longtemps qu’un film mettant en scène une situation post-apocalyptique n’avait pas réussi à rendre une telle atmosphère. Les livres laissent le temps au contexte, aux situations, aux questions de s’installer, de se poser. Les films vont parfois trop vite.
Un des aspects intéressants est notamment le moment choisi. Une dizaine d’année après la catastrophe, la décomposition de la société est aboutie, le choc est passé, l’espoir s’éteint, Dieu est mort… Des recomposition surviennent, en bandes armées cannibales par exemple. Mais on peut imaginer que d’autres groupes différents existent, ailleurs.

Tout est tellement noir, opressant, mais plein d’émotions, de reliefs psychologiques d’une grande force.
Ce n’est pas un film lent et désespéré, on se bat avec les personnages, qui jouent le rôle à fond. On souffre avec eux, et plus largement avec l’humanité, tellement on sent que tout ceci serait possible, inévitable.

Tout n’est pas dit. Quelle catastrophe a pu infliger ceci ? Comment quelques hommes ont-ils pu survivre ? Où sont passées toutes les structures préexistantes ? Pourquoi rien ne pousse ?

Mais tout ceci n’a pas besoin d’être expliqué, on peut simplement imaginer, se perdre en conjonctures, en mise en doute… Le cadre figerait.

Après avoir stressé, pleuré, réfléchi, apprécié, je suis sorti du cinéma. Chaque son me renvoyait au film. On relativise beaucoup de choses…

Et j’ai écouté les réactions des gens, après, puis sur internet.
Des réactions très diverses. Pour beaucoup, c’était le meilleur ou un des meilleurs films de l’année.
Pour d’autres, ils n’avaient pas saisi le sens du film, trop sombre, trop lent, pas assez d’actions visibles pour leur cerveau endormi par le réveillon… Pareil pour la presse.

En tout cas moi je le recommande.


Volant d’or

mai 29, 2009

Nous avons la chance d’avoir avec ce tournoi international de badminton un grand évènement national.

Le badminton est un sport très complet, un des sports les plus intenses physiquement comme on l’apprend en STAPS.
La vitesse, l’explosivité, la technique s’allient, en simple, en double, ou en mixte.

Enfin c’est un sport qui peut se pratiquer en loisir, on peut s’y amuser assez rapidement, quand on débute ; il peut aussi se pratiquer en compétition, avec un système de tournois, de classements, de championnats, assez intéressant.

Enfin il y a l’élite, et là on dirait que leur terrains sont moins grands que les notres. Mais c’est impressionnant de maîtrise, d’intensité, de rebondissements.

Au niveau international, il y a une compétition permanente entre l’Europe (Danemark bien sûr, mais aussi Angleterre, Hollande) et l’Asie (Chine, Malaisie et Indonésie en tête). La France se situe un peu derrière, dans les 15 premières équipes mondiales. Nous avons surtout une championne de grande classe, Hongyan Pi, certes française seulement depuis ses 17 ans. Elle vient de passer N°3 mondiale.

Donc je vous conseille la visite de ce beau tournoi ce week-end.

Tous les résultats  se trouvent là.

12ème OPEN INTERNATIONAL DE BADMINTON DE TOULOUSE

Date Du Jeudi 28 au Dimanche 31 Mai 2009

Lieu Petit Palais des Sports de Toulouse

Visiteurs Attendus 3000 visiteurs cumulés

Entrée visiteurs Gratuit -16 ans les 4 jours

Jeudi Gratuit

Vendredi 3€

Samedi 9€ (tarif réduit à 5€)*

Dimanche 9€ (tarif réduit à 5€)*

Offres Promotionnelles 1 place offerte pour 5 places payantes (uniquement en pré-vente)

* licenciés FFBA, scolaires, étudiants, chômeurs, bon de réduction…

DE RETOUR A TOULOUSE Le 12ème Open International de Badminton, le «Volant d’Or » aura lieu du 28 au 31 Mai au Petit Palais des Sports de Toulouse. Cette grande fête du Badminton, sera aussi l’occasion de fêter le 30 ème anniversaire du Tournoi de la Ville de Toulouse. L’Open de Toulouse c’est : Un palmarès cosmopolite Un tournoi révélateur de talents (Tine Rasmussen, Boe/Mogensen,..) Mais aussi : 200 joueurs 30 nations 230 matchs 100 bénévoles

Deux très bons films en ce début d’année.

janvier 4, 2009

J’ai vu deux films qui m’ont beaucoup plus.

Séraphine, où l’expérience mystique d’une peintre fabuleuse du début du siècle, jouée d’une manière admirable par Yollande Moreau.

L’art de la pensée négative, un très bon film cynique et noir, drôle et émouvant, je n’en dit pas plus…

Le tout vu à Utopia, deux très bons cinés, (Toulouse et Tournefeuille) mêmes s’ils s’éparpillent parfois dans des engagements politiques divers et radicaux que je ne partage pas toujours. Cela change néamoins de l’apolitisme triste ou du militantisme carriériste, et revigore. Et puis il y a pleins de très bons films, du dépaysement, du questionnement…

Lorsque l’argent ouvre les possibilités.

novembre 18, 2008

Douce et caline, elle frotte sa tête contre ma main, pour se rassurer dans cet environnement hostile.

A notre inquiétude légère on oppose une urgence peu rassurante.
Mince. Je n’étais pas préparé à ça.

Tout s’accélère, mon attente placide est submergée par la prise de conscience. Mise en marche du mode semi-automatique, une concentration maximum cotoie un flottement de mes pensées, comme si elles voulaient revenir à leur badin ennui.
Une décision à prendre, rapide, décisive. Mettre l’argent ou pas.

Je respire, je saisis le goulot d’étranglement qui s’offre à moi. Pouvoir absolu, de vie ou de mort. Et responsabilité accablante qui va avec.
Nous avions anticipé, avec raison, fixé une limite. Mais cette raison calculatrice vacille face à la réalité crue; face au regard implorant de la condamnée, les larmes sont mon seul jugement.
Ce n’est qu’un chat… On s’était pourtant dit qu’il n’était pas raisonnable de…

Bon.

Finalement, après quelques heures de réflexion, de décision, on décide de le faire. On nous demande, avec bonne volonté, une semaine de salaire. C’est beaucoup, certes, mais c’est aussi peu… Tout dépend de l’échelle. Efficience, efficacité…
En tout cas la conséquence de cet acte peut être décisive, immédiate. Pas de tourments, pas de regrets. C’est ce que nous voulons, tous les éléments pris en compte.

Opération compliquée, diagnostic réservé… On ne sait pas encore, nous avons chacun une intuition inverse. Est-ce que l’échec médical invaliderait la décision prise ?
Ou alors faut-il considérer qu’on a saisi une opportunité, qu’on a ouvert les possibilités, en connaissant le risque ?

Derrière cet exemple se posent de vraies questions : même s’il ne s’agit que d’animaux, le coût de la santé est une torture. Plus largement, certains de nos compatriotes, et plus encore dans d’autres pays, ont à choisir entre la santé et d’autres bien primaires. On ne peut y échapper…

Faut-il s’interroger de manière éthique sur ce cas ? Mettre une telle somme alors qu’on ne les donne pas à des humains en difficulté ? Quelles sont les logiques derrière tout cela ? D’un coté une logique politique et sociale, où on se défausse (et donc en contrepartie on s’engage) sur la société ? De l’autre les choix libres de chacun pour construire sa vie, voire la notion de « famille », vue de manière élargie ?
Quelle est la place des animaux de compagnie dans la société, sans doute plus importante qu’on ne croie… Interrogations bourgeoises de ceux qui n’ont plus faim ?

Il peut bien y avoir, de toute façon, un débat philosophique et politique dans chaque élément de la vie…