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Toulouse : premiers retours sur une défaite…

avril 16, 2014

Dépité, on a le sentiment que ce n’est pas seulement le bilan de l’équipe Cohen, et les propositions des candidats, qui ont été jugés.
Nous avons subi une vague bleue, agrégation de nombreux mécontentements. On entend, notamment dans les catégories populaires, des mots violents contre le gouvernement, les impôts, le chômage, l’affaire Léonarda… Parfois le mariage homo et différentes rumeurs sont évoquées à demi-mot.

Souvent c’est un manque de sens plus général, une désespérance profonde en l’avenir, plus forte en France qu’ailleurs.
C’est une incompréhension, parfois un dégoût, de la politique. Une abstention qui croit, – inexorablement ?
Il y a une profonde crise économique, politique, culturelle et morale dans le pays.
Manuel Valls l’a bien présenté en introduction de son discours de politique générale.

Et dans ce contexte la gauche a déçue, ceux qui avaient mis trop d’espoir en elle, ceux qui n’avaient pas bien écouté, ceux qui payent plus qu’avant, ceux qui n’aiment pas certains changements, et ceux qui trouvent que sur la forme tout cela était mal gouverné.

C’est un élément majeur de la défaite.

MAIS… on a le sentiment que cette bataille était gagnable. Dans des terres moins favorables, à Strasbourg, à Metz, ou ailleurs, la gauche a redressé la barre entre les deux tours. Ici le bilan était correct, l’image du maire n’était pas mauvaise, le candidat de l’UMP n’était pas particulièrement flamboyant.

Que s’est-il passé ici ?

Pendant le mandat : 

Malgré beaucoup d’avancées, des réalisation, une bonne gestion, des propositions réalistes dans la continuité, cela n’a pas pris.

Quelques éléments qui ont pu jouer :

– un projet de transports mal compris : à court terme, beaucoup se plaignent des désagréments : pour certains qui n’ont pas le choix, beaucoup de feux, beaucoup de bouchons… Derrière quelques associations militantes, de vrais questions autour du BHNS Plaisance-Saint-Cyprien, et une communication maladroite. Pour certains les rues toulousaines sont trop étroites, peu adaptées au tramway. Pour d’autre l’extension du tram vers Palais de justice parait moins pertinente qu’un passage devant le stadium. Pour beaucoup enfin, le tram est trop lent…

Face à tout ça, j’ai l’impression que la municipalité, trop sure de sa vision à moyen terme, qui était cohérente, n’a pas su entendre. En tout cas n’a pas su communiquer.

– une vision trop idéologique de la sécurité, alors que c’est une vrai préoccupation populaire, qui monte, et qui a sans doute fait basculer l’élection. C’est une des rares villes où cela a fait l’objet d’un débat droite/gauche. Ce qui a été fait a été utile (office de la tranquilité notamment) mais n’est pas allé assez loin, et le message a été ambigüe. Cela a compté le jour du vote. J’ai pour ma part toujours eu une vision proche de celle de Manuel Valls sur le sujet. C’est une priorité.

– une communication trop éparpillée : beaucoup de réflexions et de projets ont été lancés, mais peu incarnés. On voit bien que beaucoup de choses ont bougées, il y a quelques résultats, mais je n’ai pas trouvé le rendu du bilan très performant, très percutant, marquant les différences avec la mandature différente.  On a surtout retenu les résultats les plus polémiques, imposés à l’agenda par Moudenc. On aurait même pu avoir pendant le mandat des tractages, des explications militantes sur certains projets.

– un maire éloigné : c’est un bosseur, un homme de projets et de cabinets, mais il me semble qu’on ne l’a pas vu assez là où les toulousains vivent vraiment, sur les marchés, dans les logements sociaux, aux AG des associations. En tout cas cela n’a pas été assez mis en valeur. Moudenc, lui, certes moins pris par les affaires courantes, a fait ce travail. Quelques élus de quartier ont fait du bon boulot, ont été présents, mais sans doute pas assez non plus.
Au delà de la proximité des politique, il y a aussi la démocratie de proximité : peut-être un référendum local sur les transports, entre deux projets, aurait pu désamorcer le dossier…

– Sur le fond durant le mandat, beaucoup de projets ont été lancés, ainsi que des chantiers de fond, important mais peu visibles : création de la communauté urbaine, des pôles de proximité, fusion des 3 sem d’aménagement du territoire, création d’un établissement public foncier local… Ces outils, et les nombreuses études menées, serviront pour le mandat suivant.

 

Pendant la campagne : 

– Les militants, les élus, les responsables de la campagne, … moi-même, ont longtemps claironné, en privé, que cela allait le faire. Il y avait une douce certitude de la victoire, jusqu’à très tard, ou quelques soubresauts ont gagné les rangs socialistes, deux semaines avant le premier tour.  Mais jusqu’au résultat final, peu ont osé imaginer une défaite.

Et cela s’est traduit négativement : implication tardive du candidat et des colistiers,  mobilisation minimale des militants et sympatisants PS dans une première phase…

– et cela s’est aussi traduit par un manque d’ambition et de professionnalisme dans la campagne : en face la campagne a été organisé autour de quelques axes forts, propositions d’une part, même irréalistes, et quelques points critiques sur le bilan en face. Des tracts bien faits, par quartier, ciblés, ont été proposés, des colistiers choisis de manière équilibrée, parfois clientéliste, une campagne massive dans les quartiers populaires, bien organisés.

Au PS il y a plutôt eu :

– des grands tractages un peu erratiques au centre ville (auprès des touristes et des étudiants qui votent ailleurs).  Trop de tracts thématiques. Grandes opérations massives ponctuelles plutôt qu’une présence plus constante par quartier, tracts pas assez percutants, trop dilués… Je suis de plus en plus sceptique sur l’utilité des tractages, arrosages massifs de millions de pages que les gens ont déjà eu 5 fois, et qu’ils vont recevoir chez eux avant le vote. Cela montre une mobilisation des militants, mais n’a un impact que s’ils sont personnalisés je pense, où lorsqu’ils sont support à un échange. Il faut alors des militants qui connaissent bien le programme et qui vont chercher la discussion.

– campagne peu percutante : sécurité pas assez prise en compte, absente des tracts , timidité idéologique sur la videosurveillance alors qu’un peu d’habileté tactique était possible;  l’emblématique et ridicule projet de 3eme rocade a été très peu attaqué, alors que cela aurait dû faire partie des 3 arguments systématiques (facile de montrer qu’elle était coûteuse, inefficace et anti-écologique)

 

Enfin, un des éléments marquants a été une dilution du vote des banlieues, et notamment magrébin. Tout d’abord une grande abstention.

J’ai pu voir dans mon bureau de vote, dans un quartier très majoritairement magrébin, que 60% des votants étaient d’origine européenne. Par ailleurs, ceux qui ont voté n’ont pas tous voté à gauche. C’est pour moi une normalisation, il n’y a pas de raison que cet électorat soit particulier, et il se distribue donc entre des conservateurs et des progressistes. Le temps où par nature il votait à gauche face à une droite clivante et suspectée de racisme, est assez largement révolu…

 

Bien sur, facile de dire tout ça après la bataille, mais c’est quand même un ressenti qui est monté au fur et à mesure, et qui revient souvent dans les discussions autour de moi. Plus largement la droite a su coaguler certains mécontentements, là où la gauche tentait de proposer une vision de moyen-terme, mais n’a pas su mettre ça en image. Dommage.

 

 

Elections municipales 2014 Toulouse : quels résultats attendre ?

mars 11, 2014

Plus que quelques jours avant le vote. Moment important.

Voici une analyse de ce qui pourrait arriver.

Quelques rappels :

– en 2007 plus de 57% des toulousains votaient Ségolène Royal
– Le 16 mars 2008, le candidat socialiste Pierre Cohen l’emporte finalement d’une courte avance avec 50,42 % des voix et 1209 voix d’avance sur son rival Jean-Luc Moudenc

– en 2012, 62.5% des toulousains ont voté pour François Hollande
– Cote de popularité de l’exécutif (Hollande/Ayrault) aujourd’hui au plan national entre 20 et 25%

Différences par rapport aux dernières municipales :

1/ la gauche bénéficiait d’un mouvement national favorable, mais d’une situation locale inédite : passer après des dizaines d’années d’une gestion installée de centre droit, avec des équipes et une tête de liste peu connues

2/ aujourd’hui la crédibilité locale de la gestion a été démontrée, et les peurs d’inflation fiscale démontées. Mais contexte national difficile.

3/ le FN n’était pas présent en 2008

4/ liste de gauche plurielle plus large en 2008, ce qui évitait les négociations avec les verts entre les 2 tours.

5/ globalement le bilan me semble correct, et plutôt bien perçu : il n’y a pas eu de révolution, mais une bonne gestion, des projets menés à bien, pas de fautes majeures, quelques choix forts et ambitieux. Beaucoup de projets lancés en cours, ce qui plaide pour un deuxième mandat pour les électeurs. Les derniers sondages montrent plutôt une avance de Cohen, malgré le contexte national.

Question importante : impact du FN, et de sa présence au second tour ou pas ?

– Je vois un FN entre 7 et 10 %. Pour moi faible chance qu’il soit présent au second tour.
– Quel impact du FN au second tour : surmobilisation de la gauche ?
– Et si au contraire le FN est absent au second tour, ce que la gauche va mettre en scène comme sa fusion implicite avec Moudenc, est-ce que ça ne va pas démobiliser certains centristes de voter Moudenc ?

Impact de l’abstention différencielle, comme on dit dans les milieux autorisés :

Qui va s’abstenir plus qu’aux dernières municipales, et quel sera le résultat de ceci ?

–          les déçus de gauche la politique locale : certains qui avaient mis trop d’espoirs dans un changement de majorité peuvent se sentir déçus, et n’iront pas voter. On entend ça dans certains milieux associatifs, proches de la gauche radicale ou seulement en constatant que la cause qu’ils défendent n’a pas été révolutionné, qu’il y a toujours des quartiers plus pauvres que d’autres etc. Une politique de la nuit un peu répressive a déçu certains adeptes des lieux festifs alternatifs, ou les squats autonomes n’acceptent pas d’avoir été évacués… Bref pour moi ceci est assez marginal, et est lié au pouvoir : on fait des choix, donc forcément on tranche et on déçoit une partie de l’électorat qui nous a soutenu, qui n’est pas homogène. Pour moi ce mouvement d’humeur est assez marginal

–          Les déçus de la politique en général : cette fois-ci, avec les affaires à droite comme à gauche, avec le chômage qui continue à monter, avec la NSA et tout le reste, ils n’iront pas voter de toute façon cela ne sert à rien le pouvoir n’est pas là, ou alors tous pourris, ou tous les mêmes etc… Cela pénalisera Moudenc comme Cohen.

–          les déçus de la gauche au plan national : il y a, soit dans des franges moins politisées soit à l’extrême gauche, des gens qui refuseront de voter PS pour des raisons nationales. Peu importe alors Moudenc ou Cohen : contre le pacte de responsabilité pour les uns, contre le mariage homo ou les impots pour les autres, contre les attaques anti-dieudonné… Cela ne sera pas neutre.

–          La moindre dramatisation du scrutin : c’est à mon sens le plus gros danger pour la gauche.

  • Moins de mobilisation à gauche car moins de dramatisation nationale : la dernière fois, le vote sanction de Sarkozy avait bien fonctionné. Je m’attends à perdre là au moins 10 points de participation dans les quartiers populaires, entre résignation (tout ne s’est pas amélioré autant qu’on l’aurait voulu) et absence d’adversaire mobilisateur.
  • Moins de mobilisation à gauche car moindre dramatisation locale : les trop bons sondages ont pu laisser penser que tout était joué. Le dernier, plus resserré, est donc plutôt bienvenu.
  • Moins de mobilisation à droite car moins de dramatisation locale : en contrepartie la droite avait beaucoup joué sur la continuité, et les risques de mettre les rouges au pouvoir la dernière fois. Cette fois pour beaucoup la continuité a changé de camp, donc il y aura là aussi moins de mobilisation. Cela sera compensé en partie par la volonté de sanctionner le pouvoir national.
  • A contrario la présence éventuelle du FN au deuxième tour peut contribuer à mobiliser à la marge.

Pour ces raisons, malgré le risque et les incertitudes liées à l’abstention, mais vu qu’il n’ y a pas de situation confortable pour Moudenc vis à vis du FN, selon mes  projections Cohen est bien parti.

Même s’il risque d’y avoir une forte abstention dans les milieux plus éloignés de la politique mais votants traditionnellement à gauche, la prime au sortant et à la bonne gestion, dans un contexte local favorable (Hollande avait obtenu 62% !!) devrait permettre la rélection de Pierre Cohen.

Restera la négociation d’entre-deux tours. Cohen est installé comme le sortant, il imposera sa vision plus naturellement.
Certes EELV fera probablement un score correct entre 5 et 10%, il faudra gérer cette discussion, mais je pense que ce sont des partenaires constructifs, et que cela ne pénalisera pas trop la fin de campagne, chacun saura faire un pas.

Voici donc mon pronostic de résultat au 1er tour :

Avec vous Toulouse avance Pierre Cohen (PS) 34 %
Un nouvel élan pour Toulouse Jean-Luc Moudenc (UMP) 35 %
Toulouse Bleu Marine Serge Laroze (FN) 9 %
Toulouse Vert Demain Antoine Maurice (EELV) 8 %
Toulouse place au peuple Jean-Christophe Sellin (PG) 6 %
Alternative responsable Christine de Veyrac (DVD) 3 %
Toulouse en marche Ahmed Chouki (NPA) 2 %
Aimer Toulouse Jean-Pierre Plancade (DVG) 1 %
Rassemblement Citoyen Elisabeth Belaubre (AUT) 1 %
Lutte ouvrière Sandra Torremocha (LO) 1 %

Pour le second tour, en cas de triangulaire, si le FN atteint les 10 % au 1er tour, je vois bien un score de ce type :

Pierre Cohen : 50

Jean-Luc Moudenc : 42

Serge Laroze : 8

En cas de duel, ce serait plutôt :
Pierre Cohen : 53

Jean-Luc Moudenc : 47

Bilan de Pierre Cohen à Toulouse

décembre 15, 2013

A moins de 100 jours des élections, chacun fait le bilan.

Pour ma part ce sera plutôt une esquisse, une impression qu’un bilan global. Je reviendrai sans doute plus tard sur quelques autres points de manière plus précise, mais là j’ai seulement envie de m’arrêter un instant, de regarder et de donner mon avis.

J’ai quand même besoin d’un peu plus de place que sur Tweeter.

Mon bilan porte sur le territoire, donc action de la commune et de la communauté urbaine.

Globalement je trouve que cela s’est bien passé pour le PS.

1/Une situation politique locale favorable : alliés faibles et constructifs et opposition divisée.

Peu de couacs internes au PS.
Ils ont certes eu à gérer quelques difficultés internes avec les verts, autour du SMTC notamment. Mais malgré cela la cohésion a tenue.  EELV a eu une opposition très timorée au Parc des expositions (si on compare à l’aéroport de Nantes de Notre Dame des Landes par exemple). Pareil sur le PC.

Quant à l’opposition de droite, elle a été timide, divisée, maladroite. Quelques oppositions ponctuelles menées non directement par l’UMP ont eu plus de retentissement.

2/De nombreux projets lancés avec les premiers résultats qui arrivent :

– les grands chantiers emblématiques du quinquennat sont livrés : Alsace-Lorraine, Tram, Médiathèque grand M, Salle musique à Borderouge…

– Il y a bien eu une renégociation du tarif de l’eau sur la concession toulousaine.

– Un investissement fort dans le grand projet de ville : on commence à voir de vrais évolutions dans les zones urbaines sensibles, tant dans la manière de voir la rénovation urbaine, que dans les réalisations concrètes.

– Investissement renforcé dans les transports (notamment au niveau de la communauté urbaine), et moindre place donné à la voiture

– Rénovation massive des écoles et augmentation des places de crèche

– nombreuses évolutions qualitatives ou symboliques sur les politiques culturelles, de discrimination,

De plus de grands projets ont été initiés pour le second mandat, Grand Projet Garonne (avec notamment la Place Saint-Pierre mais aussi la protection de zones naturelles), Parc des expositions (un peu cher à mon goût), projet Matabiau avec l’arrivée du TGV, Cartoucherie, Grands travaux sur la Reynerie, Aerospace Campus à Montaudran…

Il y a actuellement des dizaines de nouveaux quartiers qui sortent pour accueillir la progression démographique qui reste forte : il faut donc financer des réseaux de routes, d’eau, des pistes cyclables, des écoles, du logement social etc.

3/ Une gestion rigoureuse et une fiscalité maîtrisée : 

La gestion précédente avait laissé 130 M de réserves en stock. 5 ans après ce fonds « stérile » (les collectivités ne peuvent pas placer dans de bonnes conditions) a été utilisé.

Il y aura peut être même, en 2013 ou 2014, un premier emprunt à la ville (cependant tisseo et Toulouse Métropole l’étaient déjà).

Cela ne me choque pas :

– lorsque des gros projets sont lancés, l’emprunt est judicieux, sinon il faudrait faire varier fortement chaque année la fiscalité, ce qui n’est pas soutenable pour les contribuables.
– de plus les taux d’intérêt sont globalement faibles, et donc proches de l’inflation. Lorsque le taux d’intérêt est égal à l’inflation on peut considérer que le coût de l’emprunt est proche de 0, car les taux d’intérêts payés sont compensés par les dépenses évitées en faisant les travaux plus tot, par exemple si le cout de la construction augmente de 4% par an, et que l’emprunt est de 3.5%.
– enfin, une agglomération qui se développe fortement nécessite de construire en avance des équipements, et donc l’emprunt est vraiment adapté, pour ne pas faire payer aux habitants d’aujourd’hui la totalité des équipements de ceux de demain.

Il y avait au départ des projets un peu dans tous les sens, mais progressivement des choix ont été faits. Donc avec une fiscalité quasi-stable, en utilisant une réserve qui était faite pour cela, il y a eu de gros investissements et globalement une politique de centre gauche cohérente.

De plus il y a eu le choix fort et nécessaire de passer en communauté urbaine dès 2009, avant bientôt le statut de Métropole.

 

4/ Le choix des toulousains : 

Les points de débat seront donc peut être l’emprunt, à la marge, mais aussi la sécurité et la politique de transport (les embouteillages). 
Je pense que Pierre Cohen est un peu timide sur la video-protection, même si quelques caméras viennent d’être installées. Cela a des atouts dans certains cas dans le cadre d’une politique globale, et cela sera un des axes majeurs de Moudenc.  Moudenc évoquera cherchera aussi à surfer sur la politique nationale et laissera planer la crainte de l’augmentation de la fiscalité locale, tableaux fournis par M. Trautman à l’appui.

Pierre Cohen, qui n’est toujours pas devenu un orateur génial, répondra continuité, bonne gestion et modération fiscale, avec les graphiques de M.Carreiras en main, valeurs de gauche, projets et cela devrait passer, du moins j’espère, même sans la présence du FN au second tour.

Quelques réflexions sur le tri

août 10, 2012

Le recyclage est un outil d’une politique plus efficace, plus sobre, moins nuisible à l’environnement.

Cela permet de réutiliser des métaux ou matériaux plutôt que de les extraire à nouveau et de les importer (aluminium par exemple). Par ailleurs c’est une écologie du quotidien, pédagogique, qui montre que nos actes ont des impacts sur la planète, y compris nos actes d’achat, y compris notre manière de considérer nos déchets etc.

Il y a sans doute des débats à avoir sur l’organisation du tri, les méthodes de recyclage choisies etc.
Cependant globalement c’est une politique que je pense utile, avec d’autres visant à diminuer les déchets à la source lorsque c’est possible bien sur.
D’ailleurs certaines initiatives à Toulouse ont été bienvenues (récupération des cartons…).

Je pense cependant qu’il y a encore des mesures simples à mettre en œuvre. 
Je fais partie du bureau d’un club de badminton où nous faisons attention à diminuer et trier nos déchets lors de nos manifestations. Peu de clubs mettent ceci en pratique, alors que c’est souvent assez simple à mettre en place.

Cela me fait encore halluciner que ce ne soit pas un réflexe.

Or cela m’a permis de voir que dans tel gymnase la poubelle bleue était pleine depuis deux ans, mais pas ramassée/plus utilisée, et que dans la plupart des cas il n’y a pas de recyclage mis en place de manière efficace.
En s’y prenant à l’avance, on demande la mise à dispo de poubelles par le Grand Toulouse, etc, mais ce n’est pas simple.
Enfin cela me fait encore râler que de nombreux clubs organisent des tournois sans penser à ceci.

Or pédagogiquement c’est important que lorsqu’il y a des centaines de personnes, jeunes ou adultes, sur un évènement, de montrer que le tri ce n’est pas que à l’école. Sinon les gamins voient que en fait ce qu’on raconte n’est pas mis en pratique, et que cela ne choque personne d’allègrement tout jeter dans la même poubelle.

Quelques propositions suite à ceci :

–         un travail de sensibilisation est à mener sur des intermédiaires de proximité qui ont un rôle important : les gardiens d’équipements publics
–         plus largement, il serait bien d’offrir des formations courtes à tous les gardiens d’immeuble, pour leur montrer l’intérêt du tri, leur faire visiter un centre de tri etc.
–         renouveler des campagne d’information et d’éducation au tri (je n’en ai jamais eu chez moi..)
–         mettre en place des poubelles de tri dans les équipements sportifs et culturels de la ville, et le ramassage hebdomadaire
–         travailler avec les clubs sportifs : ils sont subventionnés par la collectivité, jouent dans des équipements publics, cela me semblerait un minimum qu’ils s’engagent à quelques règles simples de tri des déchets sur les évènements publics qu’ils organisent (charte à signer dans dossier de subvention, courrier de rappel, modif des règlements intérieur des gymnases…), lorsque le tri est mis en place dans le quartier.
–         A moyen terme continuer à travailler sur des poubelles doubles (tri/autre), car lorsqu’il n’y a qu’un des deux (exemple du métro) ce n’est pas efficace.

Voila quelques idées simples, même si certaines le sont moins à la mise en application.
En espérant que cela pourra servir.

 

Bon tri.

Quelle politique de sécurité et de tranquilité pour nos quartiers ?

mars 8, 2012

J’ai toujours pensé que les questions de sécurité et de tranquillité publique étaient très importants.

La gauche a longtemps mal traité la question, notamment là où elle s’exprime de manière plus aigü, dans certaines zones plus sensibles affectées par les difficultés sociales et les problèmes de violences. Peut-être parce qu’elle y est mal implantée, la politisation y est faible et l’abstention forte.
Ce sont pourtant les catégories populaires, et les notions de vivre-ensemble, qui en sont les premières victimes.

Je ne pense pas pour autant qu’une solution trop exclusivement sécuritaire, comme le propose la droite traditionnellement, soit à la hauteur des enjeux, et ne pas les traiter c’est prendre un risque de dislocation sociale et sociétale à terme.

Habitant un quartier dit « sensible », et actif dans une association sportive sur plusieurs autres quartiers, je suis un observateur au quotidien de cette thématique.

Faire un diagnostic sur les quartiers ne peut pas porter seulement sur la question de sécurité, tant les difficultés y sont grandes, les complexités multiples, les opportunités importantes. A Toulouse notamment, la situation s’améliore lentement, il y a une prise de conscience et une volonté politique. Le métro a raccroché le Mirail à la ville, les grandes opérations de restructurations et de rénovations ont été massives et utiles (Bagatelle et La Faourette ont largement et favorablement évolué, et les projets sur Empalot ou Reynerie-Bellefontaine sont intéressants).

Ces interventions radicales ne doivent pas se faire au détriment d’un traitement social et humain. Changer les murs et la voirie ne suffit pas. Il faut, et c’est l’ambition de l’équipe municipale (faire de ces quartiers des quartiers comme les autres à moyen-terme) aussi intervenir sur l’économie, sur l’éducation, sur la culture, le réinvestissement citoyen.

Mais avant tout ceci, et en parallèle, la sécurité est une des conditions premières du déblocage progressif de la situation. Dès que la situation se dégrade, il y a des départs dans les quartiers qui rabotent la mixité sociale. Le commerce et l’activité économique sont sensibles au contexte, et rapidement les votes protestataires se nourissent de cette désespérance.
J’ai encore trop souvent le sentiment que ces lieux de vie ne sont pas de ce point de vue des quartiers comme les autres.
A Bellefontaine les rodéos permanents de quad et de scooter sans casques sont les symptômes d’un sentiment d’impunité.

Certains problèmes ont pu être occultés dans la vision des partis de gauche. Ce que je lis dans les évolutions des programmes des partis de gauche me parait aller dans le bon sens. Cependant certains phénomènes, y compris à Toulouse, me semblent parfois encore sous-estimés : notamment les phénomènes d’économie souterraine et d’emprise pré-mafieuse qui s’installent parfois, les phénomènes communautaristes, la petite délinquance facile et banale lorsque le sentiment d’impunité et la perte de repères se rencontrent…

Inquiétant également, la fascination de certains jeunes enfants pour les kaïds, pour la violence, pour l’argent facile, contre l’école. J’ai vu des jeunes filles de 10 ans organiser des vols dans un supermarché en utilisant leur petit frère de 6 ans…

Outre ces problèmes de criminalités, de traffics, qu’il faut traiter de manière sévère, permanente, afin de réinstaller l’ordre républicain et ne plus laisser des vitrines d’impunité et d’argent facile, il y a la petite délinquance.

Je pense qu’il faut installer des pôles de tranquilité dans les zones les plus difficiles, pour que la mixité puisse s’installer, des activités culturelles, des échanges, ainsi que les activités économiques. Dans la palette de mesure, je pense qu’il ne faut pas être hostile par principe à la videosurveillance : pour sécuriser des sorties de métro, des places commerçante, quelques grands ensembles culturels et sportif, voire des parkings par exemple.

Par ailleurs l’ouverture plus large des commissariats de quartier, éventuellement avec une permanence nocturne tournante, serait bénéfique, ainsi que réintroduire la police municipale dans ces quartiers (encore cette fameuse police de proximité).
Ne pourrait-on pas introduire à certains endroits emblématiques des gardiens de rue ou de place, comme il existe des gardiens de parcs publics ou d’immeubles ?

Une récente enquête de l’ONZUS relève que nombre d’habitants des ZUS insistent sur le non-respect des règles de civilité et de citoyenneté, en matière de circulation sur la voie publique. Cette nuisance sonore entraîne également des accidents matériels, et insécurise notamment les parents de jeunes enfants. Il faut de ce point de vue également retrouver un vivre ensemble, parfois contre certains habitants qui se construisent à un moment donné contre la communauté, dans le narcissisme et la recherche de plaisir personnels, souvent dans l’idolatrie des valeurs marchandes et de consommation.
Contre les rodéos et les petits traffics, on peut sans doute communiquer plus et renforcer l’observatoire de la tranquilité 3101. La sécurité collective passe par une réaction collective, une prise de conscience citoyenne de la majorité contre ces agissements, y compris par le signalement de ces agissements afin qu’une réponse graduée et immédiate puisse être apportée.

L’impunité n’est pas combattue par l’alourdissement des peines,  parfois inapplicables, ni par la seule prison, souvent contreproductive, mais par la certitude de la sanction, adaptée. Tolérance 0 et réponse graduée.

Autour du Grand Projet de Ville, qui transforme nos quartiers, la sécurité et la tranquillité publique sont bien une des préoccupations importantes de chacun, de même que la réappropriation des lieux publics face à des intérêts mafieux.

Je suis bien conscient que les solutions ne sont pas simples, et que beaucoup se joue sur des ambitions plus large. Par ailleurs il ne suffit pas simplement de déplacer les nuisances en s’occupant par segment de chaque lieu. Mais je pense qu’il est important que chaque nuisance soit combattue, il ne doit pas y avoir des lieux où la transgression soit facile, ni de répit laissés à ces enrichissement rapides et ostentatoires qui deviennent des modèles funestes.
Concrètement ce n’est pas simple, mais c’est un objectif de long terme, l’amélioration de ces quartiers qui est en cours doit s’accompagner de cette prise de conscience.

Affirmons lors des cantonales notre besoin de renouvellement du PS !

mars 7, 2011

Les cantonales approchent.

On n’en parle pas.

Je pourrai reprendre pour ces élections  l’article sur les régionales : alors que les collectivités locales ont de plus en plus de prérogatives, il y a de moins en moins d’enjeux locaux aux élections régionales et cantonales. Les différences entre courants politiques s’appliquent faiblement aux compétences du conseil général, dont les marges de manœuvre sont faibles (compétences obligatoires, marges de manoeuvres faibles sur les taux). Il reste l’impact sur les sénatoriales de manière indirecte, mais là également cela pèse peu face aux municipales.

Les élections majeures sont les présidentielles-législatives, et de plus en plus les européennes et les municipales.

Reste donc un sens politique que l’on peut donner, un message, … Un sondage géant grandeur nature…

Dans un contexte d’abstention massive, des électorats plus mobilisés (écolo ?), portés par une vague du moment (frontistes ?) peuvent en bénéficier. Le PS ne s’en sortira sans doute pas trop mal, avec tous ses sortants cumulards qui parcourent les marchés.

Il y a cependant un risque, que ce parti n’arrive pas à se renouveler, s’installe dans le confort de son hégémonie locale. Le système finit bien par craquer. On voit bien que commencent à être contestées les baronnies étouffantes qui tiennent d’une main de fer des départements entiers : le système Guerini, remis en cause notamment suite au rapport d’Arnaud Montebourg (et à l’emprisonnement de son frère Alexandre Guerini), ou encore ce qu’il s’est passé en Languedoc-Roussillon avec George Frêche, ou même en Ariège.
Même si on tient une fédération, on peut être contesté. (cela parait tellement évident, on a l’impression de parler de certains régimes arabes…)

La Haute-Garonne confirme cette difficulté à se renouveler.

A tel point que cela en devient incompréhensible. Très critiqué, Pierre Izard est à ce poste depuis quasiment aussi longtemps que l’était Ben Ali en Tunisie… Et malgré ses promesses d’arrêter en 2011, il repartirait pour un mandat de présidence supplémentaire…

Donc sauf si le parti vote pour un autre candidat (puisqu’il désigne en interne celui qui présidera le conseil général en cas de victoire), souvenons nous que nous avons des élections libres, servons nous-en lorsque le PS n’arrive pas à se renouveler.
Et car il ne faut pas rester que spectateur, je vais peut être même reprendre ma carte, si on peut pousser de l’intérieur cette carcasse… Il est temps qu’elle fasse sa mue, comme dans certaines fédérations plus avancées, notamment dans l’ouest de la France.

Deuxième tour PS, tendances, résultats, analyses en Haute-Garonne

novembre 21, 2008

Ce soir, très rapidement sans doute, 15 minutes après le début du dépouillement, on en saura déjà beaucoup. En voyant le report qui se seront effectués dans la section, on pourra deviner une tendance nationale : forte dynamique vers Royal, et donc sa victoire; bons reports vers Aubry et donc la sienne. Ou alors, des résultats mitigés, et on peut s’attendre à une longue nuit et à des lendemains obscurs…

C’est bien ce qui c’est produit…

Je vais aller voter. Je ne suis réellement emballé par aucun des choix qui s’offrent à moi, au niveau local comme au niveau national. Pourtant, je ne goute pas spéciallement l’attitude Jospino-hollandiste de l’ambiguité permanente et de l’abstention stratégique.

Martine aura ma voix, malgré l’alliance de plus en plus hétérogène qui la soutien et l’étouffe parfois. Elle porte une vision intéressante, équilibrée et renouvelée, une démarche de dépassement et de travail que j’ai soutenue, malgré ces derniers temps des moments de « démagogie de gauche » comme dit Moscovici, et les soutiens de nombreux repoussoirs à votes… Donc sans illusions folles, mais avec un espoir raisonné, (oui ce sera mieux que Hollande). Et puis surtout il s’agit de choisir entre deux caps, deux personnes, et la comparaison personnelle est à son avantage.
En face il y a un risque, un pari du changement, du jeu de quille, de quelque chose d’autre. C’est tentant, mais cela reste malheureusement trop de l’ordre du fantasme, lorsqu’on entend les propositions ce n’est pas si différent, et le style est lui parfois indigeste, parfois génant (victimisation, mise en scène de clivages artificiels, fausse radicalité ingénue). Elle est déjà en campagne présidentielle.

Au niveau local, il y a Dénard (ACD) contre Ségura (E). Je suis tellement sceptique là aussi. L’opposition à Dénard (pas en tant que personne), à ses soutiens, à la continuité plombée qu’il représente, aux pratiques anciennes (négociations de postes, caricatures…) a construit la motion D. Si c’est la motion légitimiste pilotée par le conseil général et rejointe par les opportunistes et les frileux, je n’en veux pas.
Si c’est la motion renouvelée d’une continuité responsable, capable de changer et de rassembler, pourquoi pas.

Certains, alléchés, l’ont rejoint très vite, avant même hier… Plus la rénovation est pressente, moins elle s’applique à soi, finalement.

Donc même s’il est jeune, s’il a quelques propositions intéressantes, s’il a ouvert le conseil fédéral sur la proposition de Hugues (ce qui justifie son soutien), j’hésite à voter pour lui du bout des doigts, à voter blanc, ou à voter pour Ségura. Elle présente l’avantage du changement plus assumé, porte un projet de rénovation local plus ambitieux, et à l’avantage de ne pas incarner ce que j’estime être les défauts de Ségolène tout en incarnant certaines de ses qualités.
Mais elle aura un conseil fédéral plus hostile, et j’ai toujours peur d’être déçu quand je m’aventure dans la sphère Royal, ses excès, ses incertitudes surtout, y compris dans ce que représentent ses partisans locaux au delà de la « rénovation ». (mot aux mille facettes)

Allez, quelques pronostics, et dès que je rentre, je ne sais pas quand, je met à jour et on saura…

fédé 31 : en bleu le résultat d’hier, en vert les pronos, en rouge les résultats de ce soir et les commentaires.

section :

Hugues Bernard, signataire motion D :17%
Jean-George Lechner signataire motion D: 13%
Sébastien Dénard motions A et C : 44% 64% 62%
Babette Ségura : 26% 36% 38%

département :

Hugues Bernard, signataire de la motion D : 18,3%
Jean-George Lechner, signataire de la motion D : 9,9%
Sébastien Dénard, soutenu par motions A et C : 40,4 % 56% 59,1%
Babette Ségura, motion E : 31,6 % 44% 40,9%

Pronostic premier secrétaire national :

en bleu le résultat d’hier, en vert les pronos, en rouge les résultats de ce soir et les commentaires.

niveau national :

Aubry : 34% 51% 50,5%
Hamon : 23%
Royal : 43% 49% 49,5%

Je pense que le report de Hamon vers Aubry sera assez bon, mais quelques uns resteront chez eux, voire voteront Royal sur des arguments non idéologiques… Mais Aubry va perdre des voix réformistes qui s’étaient portées sur elle. La mobilisation des partisans de Royal encouragés par la médiatisation, la dramatisation, jouera en sa ferveur, je vois moins ça pour Aubry qui a perdu en « pour » et se retrouve « contre » Ségolène. Mais ça devrait passer cependant.

Au niveau fédéral :

Aubry : 30,1% 58% 52,5%
Hamon : 32,7%
Royal : 37,1% 42% 47,5%

Je suis étonné de la différence entre Aubry et Dénard… Une partie significative de la A a donc voté Royal.

Dans ma section :

Aubry : 47, 2% 59% 57,5%
Hamon : 15,3%
Royal : 37,5% 41% 42,5%