Archive for the ‘Réflexions économiques’ category

Retraites ambivalentes…

octobre 20, 2010

Ce mouvement nous raconte beaucoup de choses, sur le pays, sa jeunesse, la vision du travail, sa qualité…

Je suis partagé, perplexe.

En quelques mots :

1/ Sur le fond :

– bien sûr une meilleure réforme est possible. Il aurait fallu que l’allongement soit plus progressif, et prévoir des mesures importantes pour mieux organiser sa sortie du travail, avec des mesures de travail anticipé choisi, avec des aides à l’aménagement des postes de travail, à la reconversion en fin de carrière (un prof fatigué passe aux archives à l’éducation nationale, par exemple). Sur ceux qui ont commencé à travailler tôt, il aurait fallu aller plus loin.D’autres ajustements sur les modes de financement étaient possibles.

Il faudrait même une réforme qui aille plus loin, vers un raprochement des régimes publics et privés par exemple (je suis notamment favorable à l’harmonisation des taux de cotisation prévue par ce projet).

– par contre sur les financements alternatifs, je suis septique : pour moi si 40 M d’euros peuvent être levés par de l’imposition (le principe ne me gène pas), nous en aurons besoin ailleurs, pour des politiques de gauche sur la recherche, l’éducation, la justice ou la sécurité. Sans parler de la dépendance par exemple.

Et il y a un contexte international, en dehors de la crise actuelle qui ne fait qu’accélérer les enjeux, que sont les rééquilibrages planétaires en cours, avec quelques décennies tendues je pense, qui nous contraint sur les marges de manœuvre financières. C’est un point « capital »…

Car par ailleurs il n’est pas tout à fait exact de dire que mécaniquement une hausse de la durée d’activité entraîne une augmentation du chômage des jeunes ou des vieux, tant le choc démographique jouera tout de même, et que ce n’est pas ce qui a été constaté dans les autres pays : plus les gens peuvent partir tard, plus ils sont employables longtemps au yeux des entreprises.

– par ailleurs cela fait des décennies que l’on avance péniblement sur ce dossier. Mettre un coup d’arrêt à la réforme (plutôt que de l’amender) est un mauvais signal sur la capacité à réformer le pays, or c’est ce que l’on entend de plus en plus dans certains mots d’ordres actuels, qui ne sont pas forcément ceux de la cfdt ou du PS officiellement.

2/ Sur la forme :

– nous sommes à 18 mois d’une échéance présidentielle, et pour les axes politiques je crois en la mobilisation électorale, représentative ou directe, plutôt qu’au comptage par les sondages et la rue, cela me parait plus sain.

– Les manifestations sont importantes à un moment pour mobiliser l’opinion, politiser le débat, faire naître une conscience collective. Ainsi la mobilisation a permis quelques améliorations du texte, c’est important, et à mettre la question à l’ordre du jour des prochaines élections, mais pour moi il n’y a aucune légitimité à demander le retrait du projet.

– que les jeunes s’impliquent est une bonne chose. Ils peuvent manifester, réfléchir, discuter, et plus tard voter. Par contre je ne trouve pas pertinent le concept de grève au lycée ou à la fac.  J’ai eu cette expérience, c’est un moment exaltant, et parfois de manipulation de la part de syndicats étudiants très « professionnels ». Ah, les blocages votés en AG, de grands moments…

– Donc je ne souhaite pas entrer dans un rapport de force physique, ni dans le blocage du pays, qui est pour moi un abus de pouvoir de ceux qui le pratiquent, que je ne comprend pas et ne soutiens pas.

– Par ailleurs politiquement cela peut bénéficier au gouvernement, j’en suis persuadé au bout d’un moment, en raffermissant sa base électorale notamment centriste, ou sensible à l’ordre. Même si une majorité de l’opinion soutient le mouvement, cela ne fait pas une majorité des électeurs potentiels, car malheureusement certaines catégories de la population votent moins que d’autres.

Donc voila, continuons à réfléchir.

🙂


Notre place dans le nouvel ordre mondial : quelle politique industrielle ?

septembre 12, 2010

Après la très intéressante conférence à laquelle j’ai assisté aujourd’hui, beaucoup de réflexions se sont emboîtées pour en venir sur cette question de fond.

Stéphane Israel, membre de la fondation Terra-Nova, qui a produit récemment une note sur la politique industrielle, est venu exposer. Joël Carreiras était également à la tribune, ainsi qu’un chef local d’une PME internationale dont je n’ai pas noté le nom.
Cette conférence était organisée par Socialisme et Démocratie 31.

Par ailleurs il y a eu plus d’une heure d’échanges avec la salle, très riche.

Voici une forme de compte-rendu, augmenté de mes réflexions personnelles.

I Le diagnostic :

L’industrie est un pillier de l’économie:

L’idée d’économie « post-industrielle », sans usines, ne tient pas sauf dans certains cas de spécialisation particulières. Pour l’intervenant, au contraire il n’y a pas de croissance sans usines. Les services sont souvent des services à l’industrie, et c’est dans ce secteur que se trouvent les qualifications et les rémunérations les plus élevés.

– L’idée d’une politique industrielle serait dépassée, inefficace. Or dans les faits le soutien public à l’industrie paraît toujours essentiel. De manière indirecte (systèmes de formation, réglementations économiques et sociales) ou plus directes : avances ou garanties d’emprunts, grands projets, commandes militaires…

Constat :

Une phase de rééquilibrage mondial, de désoccidentalisation de l’économie est en cours.

Ces dernières décennies, des destructions importantes d »emplois ont eu lieu dans certains secteurs dans tous les pays occidentaux. Plus généralement on assiste à un basculement vers les pays émergents : ce ne sont plus seulement les ateliers du monde, ils passent progressivement à une maîtrise plus complète de la chaîne, de la faible qualification à la haute technologie.

En Europe, la comparaison Allemagne-France est instructive et montre que des améliorations importantes sont possibles lorsqu’une stratégie assumée est mise en oeuvre.

L’Allemagne a conservé une part de l’emploi dans l’industrie bien plus importante que la France. Elle est un champion européen de l’exportation, et bien qu’ayant perdu le titre de 1er exportateur mondial, elle n’a pas perdu d’emplois.

Pour l’instant l’Allemagne profite plutôt du nouvel ordre mondial, en étant un fournisseur important des pays émergents, notamment en machines-outils. Cela soumet la France à une double contrainte : celle des pays émergents sur la compétitivité coût, et celle de l’Allemagne sur les produits plus complexes et qualitatifs.

Par ailleurs là où la France n’a pas vraiment dessiné une politique industrielle cohérente depuis 20 ans, l’Allemagne a pris des décisions fortes pour renforcer sa compétitivité :

soutien d’un tissu local de grosses PME dynamiques à l’exportation, ces entreprises intermédiaires qui manquent à la France qui a souvent privilégié un soutien aux grands groupes. (soutien assuré par les Länder et les banques régionnales) Existence d’un capitalisme patrimonial fort, moins sensible à la financiarisation.

spécialisation de long terme dans le haut de gamme, dans les machines-outils et les services à l’industrie, qui a par ailleurs permis de construire une image de marque du « made in Germany »

Ceci est passé par la mise en place de filières techniques fortes, des filières d’aprentissage d’excellence, technologiques et industrielles. Il y a une valorisation de l’industrie, du travail, de l’usine, voire de l’esprit d’entreprendre, plus forte qu’en France.
Cette importance du technique se retrouve dans les postes de direction, où la progression interne des carrières, y compris vers les postes de direction, est fréquente, là où en France existe un « marché » des cadres supérieurs issus des grandes écoles, voire de cabinets ministériels ou d’entreprises publiques.

– un pacte social renouvelé qui permet d’appliquer des décisions fortes dans une forme de consensus. Le système syndical Allemand, que j’ai déjà eu l’occasion d’étudier, plus massif, plus unis, est dans une relation plus mature avec le patronat. Ainsi les grands objectifs réformistes ont été acceptés, malgré les contraintes fortes que les salariés ont dû accepter. Il y a notamment eu de nombreuses délocalisations « par segments » des approvisionnements, en Europe de l’Est proche, alors que l’assemblage est conservé en Allemagne.

Par ailleurs les Allemands ont accepté un gel des salaires pendant la décennies 2000, qui a relativement diminué le coût du travail.

– Enfin, des décisions politiques fortes ont été prises, depuis le gouvernement Schröder, notamment l’instauration de ce qui est maladroitement appelé  » TVA sociale », qui permet aux importations de participer à la solidarité nationale tout en diminuant le coût du travail pour les exportations, mais également des diminutions de prestations sociales pour diminuer les charges patronales.

Enfin, l’Allemagne a mise en oeuvre, mieux que ses partenaires européens, l’agenda de Lisbonne, en augmentant fortement ses investissements en Recherche et Développement notamment.

Cependant, les compressions salariales en Allemagne ne dureront pas, les salariés veulent légitimement recevoir les fruits de leurs efforts. Par ailleurs ils ont payé la faible consommation intérieure par une croissance molle.

La France a avancé sur certains sujets, sur les pôles de compétitivité, même si trop dispersés par exemple, mais est assez loin de l’Allemagne.

Le passage aux 35 heures est revenus plusieurs fois dans le débat. Cela a pu apparaître comme une solution de court terme contre le chômage. Cela a été financé par des allègements de cotisations sociales (et donc du déficit public) et a permis des gains de productivité importants en refondant les organisations du travail.

Mais une fois ces deux supports progressivement retirés, il reste que les 35h pèsent sur le coût du travail, et sur la philosophie du travail en France, qui est vu plus négativement que dans les autres pays (ceci est d’ailleurs illustré par le débat actuel sur les retraites). En tant que réforme de société cette réforme a permis de dégager du temps libre, mais a également pesé sur la compétitivité des entreprises à moyen terme.
Aujourd’hui la défiscalisation des heures supplémentaires a atténué ce coût, tout en introduisant de nouveaux effets indésirables.

Sur la décennie 2000, le coût du travail en Allemagne a progressé de moins de 3%, contre 17% en France, pour arriver à une situation similaire. Déjà que l’Allemagne est moins exposée à la compétitivité prix, elle renforce sa position, principalement face aux autres pays européens.


En France, la situation particulière de Midi-Pyrénées
:

Notre région a un taux d’industrialisation, et un investissement dans la recherche plus élevé que la moyenne nationale.

L’organisation en clusters, les pôles de compétitivités, les rapprochements entre formation et entrerises, entre recherches publiques et privées, le soutien des collectivités locales, sont plus efficaces qu’ailleurs dans le pays.
La plus grande part de la valeur ajoutée créée à l’exportation en France est issue des industries de Midi-Pyrénées.

Cependant même ici, la situation n’est pas sereine. Même dans les secteurs de pointe, les grands groupes exercent une pression considérable sur leurs co-traitants, qui conduit à des relocalisations en Inde ou au Magreb. Tant que cela est maîtrisé, fait partie d’une stratégie, cela n’est pas dangereux.

Mais l’amélioration de nombreux éléments doit être impulsée.


II/ Quelques solutions à mettre en oeuvre pour une politique industrielle :

Les exemple allemands et de Midi-Pyrénées dessinent quelques solutions à mettre en oeuvre :

– Développer l’enseignement technologique et industriel, favoriser la recherche et développement. Rapprocher le public et le privé, et les enseignements de leurs applications concrètes productives

– Développer la compétitivité « par le haut », politiques territoriales de compétitivité (renforcer les pôles de compétitivité, les clusters, ..)

– Mise en place d’une TVA sociale dans le cadre d’une réforme sociale d’ensemble juste, faire participer tous les revenus.

– Etre attentif à maîtriser le coût du travail,

– Réorganiser un consensus social, pour mettre en oeuvre des politiques de flex-sécurité,

– Rééquilibrer les aspirations, réintroduire , réenseigner le goût d’entreprendre, la prise de risque, la valeur travail

Au-delà, d’autres modifications plus structurelles doivent être impulsées, qui ne dépendent pas que du niveau national :

– Réguler le capitalisme financier : déliquéfier l’économie financière (lier droit de vote des actions et durée de portage, taxer fortement les stocks options qui rendent le manager actionnaire), favoriser les investissements productifs par rapport aux dividendes, voire faire évoluer les règles des SA, créer un type de sociétés plus adaptée, moins sensible à une pression d’un actionnariat instable.

Bien sûr la solution passera par une encore balbutiante régulation régionale et internationale ( reprise en main des normes de comptabilité aujourd’hui largement fixées par des régulateurs privés, pression internationale sur les paradis fiscaux, règlementation de certaines pratiques autour des produits financiers dérivés), le FMI y aura son rôle, comme l’expose DSK, sa tâche est ardue mais importante.

Au niveau Européen, mise en oeuvre de grands projets, nouvelles politiques de la politique de concurrence (qui empêche la construction de champions europés ou limite les aides d’état parfois excessivement)

Une réflexion plus large sur le libre-échange actuel doit cependant être menée, notamment car les règles environnementales et sociales ne sont pas les mêmes dans d’autres régions du monde. (vers un « juste-échange »)Une politique de change plus active pourrait également être envisagée. (question complexe en pratique, évidemment…)

III L’ Analyse du point de vue international suscite cependant des inquiétudes : un déclassement de nos industries, et au delà de nos économies occidentales, est-il inévitable ?

Si notre voisin est certes mieux armé pour la reprise, et pour les décennies à venir concernant son industrie, est-ce que cette résistance de l’industrie allemande n’est pas que temporaire, et destinée à plier face à la montée en régime de l’Inde et de la Chine notamment ?

Ainsi, lorsque la Chine fabriquera elle-même ses machines-outils, ses produits high-tech, la compétitivité prix retrouvera une place essentielle. De références, les industries allemandes deviendront des concurrents parmis d’autres, soumis à un taux de change et à des pratiques concurrentielles défavorables.

Plus largement, autant un marché intérieur, même industriel pourra toujours exister, autant l’exportation deviendra de plus en plus difficile. Notamment si les coûts de transports augmentent.

Sans changement des règles fondamentales du commerce mondial, que sont des taux de change déséquilibrés face aux pays émergents, et un libéralisme excessif que l’Union Européenne est la seule à s’imposer, ma crainte est qu’il y ait une fuite progressive de richesses (dans les créations de richesses et d’emploi, de moins en moins seraient générées par l’Europe) vers les pays émergents. Nos pays vivent sur un stock conséquent qui se réinvestit en permanence  dans l’économie de proximité, dans les services, dans la puissance publique. Il y a une forme d’inertie qui décale la perception du danger. C’est pourquoi il ne faut pas être naïf.

Bien sûr j’ai mis l’accent sur une inquiétude, qui est plus une question qu’une affirmation. Il y a aussi des atouts, des investissements étrangers, des secteurs de pointe et des réussites dans les nouvelles technologies, des services publics performants.

Cependant, si ces inquiétudes sont avérées, je vois 3 scénarios possibles :
si rien n’est fait, les tendances actuelles se prolongent, et il faut s’attendre à 50 ans difficile pour les pays occidentaux non préparés, jusqu’à ce que les pays émergents progressivement soient confrontés aux changements endogènes (généralisations de revendications sociales et sociétales, vieillissement de leurs populations, prises en compte contrainte ou choisie du développement durable)

Si les états occidentaux ne se résignent pas, à l’image de l’Allemagne, et se mobilisent, mais sans que les règles internationales névoluent, ils pourront retarder l’échéance. Au prix d’une  concurrence interne plus forte et de quelques sacrifices, les pays les mieux préparés  connaitront quelques décennies difficiles, mais moins longtemps et moins durement que dans le premier scénario

– Enfin, un scénario de réorganisation maîtrisée du monde passe par des efforts internes, mais aussi une forme de protection : pour contrer le dumping social, fiscal, pour assumer un choix de société éco-responsable, sans doute faut-il accepter de protéger son industrie, de rétablir des équilibres (taux de change, tva communautaire écologique et sociale, renforcement de ces règles au sein de l’OMC…)

De nombreuses solutions existent pour améliorer la politique industrielle, certaines inspirées de ce qui a pu se faire en Allemagne. Cependant, sans une réorientations des règles du jeu international, seront-elles suffisantes ?

Une crise financière de plus ?

octobre 1, 2008

L’affaire Dexia. Qui aurait pu croire. Derrière le discours rassurant du directeur démissionnaire, se cache une situation détonnante.

Les établissements financiers sont actuellement abassourdis, la détonation fait déjà mal, l’onde de choc commence à peine à se propager...

Lentement de l’immobilier à la finance, puis l’économie réelle.

Je ne suis pas un catastrophiste par nature, et me méfie des discours excessifs.
Pourtant là … Sans doute ne prend on pas conscience de ce qui se passe.

Les marchés de financements interbancaires sont au point mort, les banques ne savent même plus tarifer leurs prestation, tant les incertitudes et les doutes sont forts.

Cet été déjà, les signes avant-coureurs : stupeur, des collectivités ne trouvaient pas assez pour leurs emprunts… Imaginons ce que vaut alors un prêt ménage ou entreprise. La crise de liquidité, malgré les centaines de milliards libérés par les banques centrales, est presque absolue car la liquidité ne vaut plus rien sans confiance et activité de prêt derrière.

Les banques sont ainsi attaquées par plusieurs biais : dépréciations d’actifs à l’étranger, dépréciations de leurs actifs boursiers y compris en Europe, chute d’activité dans l’immobilier, affaissement de leurs activités très rentables dans l’innovation financière et les produits dérivés, couverture de prêts anciens sur lesquels ils perdent de l’argent…

Alors petit à petit on se rend compte. Imaginons que cela se transmette aux hedges funds, probable, mais aussi aux assurances et mutuelles… Aux Etats-Unis l’impact sur les retraites d’une partie de la population, sur leurs économies en bourse, est considérable.

Et cela s’ajoute à la crise pétrolière, fluctuante mais sans doute durable.

De nombreux discours et analyses sont invalidés brusquement, ne valent plus, ça en est presque drôle : on critiquait la caisse des dépôts, l’activité de banque familiale, le livret A. Certains allaient même plus loin, s’interrogeant sur la règlementation excessive du secteur, ou voulant inciter les Français à emprunter plus (Nicolas Sarkozy a ainsi facilité les prêts à la consommation, et son programme présidentiel prévoyait d’autoriser des types de prêts hypothécaires)

Un mail circule qui reprend des déclarations récentes de la dépassée Christine Lagarde. Même si c’est un peu facile, c’est savoureux :

> 5 novembre 2007 sur «Europe 1»
> «La crise de l’immobilier et la crise financière ne semblent pas avoir
> d’effet sur l’économie réelle américaine
. Il n’y a pas de raisons de
> penser qu’on aura un effet sur l’économie réelle française»
>
> 18 décembre 2007, sur «France-Inter»
> «Nous aurons certainement des effets collatéraux, à mon sens mesurés.
> [Il est] largement excessif de conclure que nous sommes à la veille
> d’une grande crise économique»
>
> 16 septembre 2008, conférence de presse «[La crise aura] des effets
> sur l’emploi et sur le chômage [pour l> ‘> heure] ni avérés ni
> chiffrables
»
>
> 20 septembre 2008, conférence de presse «Le gros risque systémique qui
> était craint par les places financières et qui les a amenées à
> beaucoup baisser au cours des derniers jours est derrière nous»

On dirait du Mac Cain : « Les fondamentaux de notre économie sont solides ! »

Politiquement cela a des conséquences.

Il ne s’agit pas de dire que ceux qui passent leur temps à crier au loup ont eu raison. Certains ont fait une bonne anticipation sur une mauvaise analyse. Mais pour reprendre le philosophe libéral de gauche Yves Michaud, dans l’émission l’esprit public, « alors que quand il s’agit de gérer, dans un système de plus en plus libéral, la droite apparait actuellement plus capable pour les électeurs, en période de crise radicale du système, c’est vers la gauche que l’on se tourne… »

Plus intimement, au PS, cela explique des regroupements récents. Sans doute nos idées socdem étaient celles qui hier auraient permise d’éviter ce genre de déséquibres, en tout cas nous les comprenons et les pensons comme cela. Un réformisme constant et exigeant, dans une société multiple et mise à contribution, avec un état partenaire et régulateur mais présent.

Aujourd’hui que nous sommes allés trop loin, il faut donc une analyse socdem plus radicale. Je crois en notre cohérence, globale, qui nous porte, sur une lecture politique et assise sur l’importance des questions économiques, aujourd’hui au centre du parti. Autour de Martine Aubry, nous devons proposer une alternative interne.

Je trouve assez bien le titre de la motion : « Changer à gauche pour changer la France. »

Le changement est d’abord un travail sur nous même, de reconstruction, mais qui ne se limite pas à un droit d’inventaire ou à une dérive pragmato-centriste. Mais c’est bien par la politique que cela se ferra, que la France évoluera vers notre idéal.

Les solutions à la crise ne peuvent qu’être ébauchées.

A court terme… L’urgence commande, sans pour autant faire n’importe quoi.

Ensuite, sans doute faudra t-il tenter de déliquéfier l’économie financière (lier droit de vote des actions et durée de portage, taxer fortement les stocks options qui rendent le manager actionnaire)

Bien sûr la solution passera par une encore balbutiante régulation régionale et internationale ( reprise en main des normes de comptabilité aujourd’hui largement fixées par des régulateurs privés, pression internationale sur les paradis fiscaux, règlementation de certaines pratiques autour des produits financiers dérivés), le FMI y aura son rôle, comme l’expose DSK, sa tâche est ardue mais importante.

A plus long terme il faudra réfléchir à une politique d’investissement, d’innovation, de création notamment par une fiscalité et une politique qui privilégient l’investissement productif… On peut même envisager de faire évoluer les règles des SA, créer un type de sociétés plus adaptées, moins sensible à une pression d’un actionnariat instable.

Au boulot, quoi…