Dialogue entre un macroniste et un mélanchonien (1)

Publié avril 14, 2017 par chouka
Catégories : Présidentielles 2017

Voici une discussion que j’ai capté entre deux voisins (j’étais l’un d’entre eux 😉 )

  • Bon alors, tu t’intéresse aux élections ? Moi je vais voter Mélenchon. Il fera bouger les choses. Les gens en ont marre, c’est toujours les mêmes qui s’enrichissent et pour les autres il faut bosser plus pour gagner moins.
  • Moi je n’y crois pas.. C’est un peu le père Noël, Mélenchon il  a de beaux objectifs, et beaucoup de talent pour les exposer, mais cela ne fait pas un programme réalisable. Il a cette pensée magique comme quoi avec de la volonté on peut arriver à tout. Le père Noël peut même se transformer en père fouettard pour les entreprises, et donc faire rapidement exploser le chômage et le budget. Hamon est un peu sur la même position, et le PS ne représente plus rien je pense, donc je préfère Macron.
  • Macron, c’est un ancien banquier, ce n’est pas lui qui va changer le système. Personne ne le connaissait il y a 4 ans, c’est Jouyet et Attali qui sont derrière.
  • Au moins il est dans la réalité, je trouve plutôt positif qu’il ait bossé dans le privé, et qu’il connaisse la finance, il sera moins naïf. Je trouve assez inquiétant, et ça se retrouve dans leur programme, qu’il y ait très peu d’expérience du privé dans le parcours de Mélenchon, élu depuis 33 ans,  et Hamon, et aussi de leurs proches. Ils ont une vision anti-entreprise, les voient souvent comme un problème, que l’on peut taxer, contraindre, sans effet secondaires…
  • Macron il propose quoi contre le chômage ? Il veut ubériser la société, avec toujours plus de précarité. Ce n’est pas les start-up qui vont régler le problème du chômage. Baisser la fiscalité cela augmente les dividendes, on l’a vu avec le CICE. Mélenchon il veut relancer l’activité, et les entreprises ont besoin de ça pour embaucher.
  • Augmenter massivement la demande par la dépense publique, ne peut pas marcher, on est dans un monde ouvert. On risque d’augmenter les importations, de diminuer la compétitivité des entreprises à l’export, mais aussi d’ empêcher les PME d’embaucher à force de les taxer plus. Avec ce programme de Mélenchon, on peut craindre en quelques mois la faillite du système économique, déjà fragile.
    Macron veut une politique plus favorable à l’économie, dans le fonctionnement des entreprises, en diminuant leur fiscalité.
    Macron pense qu’on est allé un peu loin, et que dans le contexte actuel il faut retrouver de la souplesse et de la compétitivité pour faire diminuer le chômage. Pour cela il réduit certaines dépenses de l’Etat, mais ce n’est pas un ennemi de l’etat et de l’impôt par principe. C’est une politique plus libérale, mais il ne remet pas en cause le système social, au contraire il veut se donner les moyens de le sauver.
    D’ailleurs il propose aussi 50Miliards d’investissement.
  • Ce n’est pas assez, il faut remettre en cause les inégalités. Macron ne ferra pas bouger les lignes, il faut investir massivement pour la transformation écologique, au lieu de précariser encore les travailleurs et les chômeurs.
  • Le problème c’est que Mélenchon c’est une tromperie. Les alchimistes ont longtemps cru qu’on pouvait transformer le plomb en or… Là c’est pareil, il ne suffit pas de proclamer de beaux objectifs, sans se baser sur le fonctionnement réel du pays.
    Il promet 256 Milliards d’euro de dépenses supplémentaires !!! Financé par des hausses d’impôts massives sur les entreprises, et par la relance de l’inflation, ce qui me parait dangereux, ainsi que sur les particuliers (les classes moyennes et aisées)… Son programme n’est pas financé sérieusement : il accroit l’endettement, et compte sur la lutte contre la fraude fiscale (déjà fait) et la croissance espérée (peu prudent) pour boucler son budget. Il est optimiste sur le retour sur investissement de sa politique keynésienne, oubliant que nous sommes dans un monde ouvert, qu’il va financer les importations et la fuite des capitaux. Il compte s’endetter auprès de la BCE, ce qui n’est ni permis ni souhaitable, car cela revient à faire tourner la planche à billet. Les taux vont exploser. Et l’impact de sa politique de retraite, de réduction du temps de travail, de hausse du smic, couteront très cher à l’Etat gestionnaire de la fonction publique…
    Les grandes fortunes, les grandes entreprises, le capital, tout cela est le plus mobile. Ils ne seront que peu touchés par les mesures radicales. Par contre la hausse du chômage, des taux d’intérêts, l’instabilité politique, la sortie de l’euro, cela va toucher tout le monde.
  • Il faut bien commencer quelque part… Le libéralisme ne marche pas, il faut essayer autre chose, et sauver les services publics. Bon, on en reparlera, il faut que j’y aille.

Suite de la discussion : Dialogue entre un macroniste et un mélenchonien (2)

Mélenchon va t-il tout emporter ?

Publié avril 10, 2017 par chouka
Catégories : Présidentielles 2017

Jean-Luc Mélenchon est sur une très forte dynamique.

Comme j’ai jusqu’à maintenant plutôt bien senti la campagne en cours, que ce soit la chute de Hamon, annoncée dès le 13 mars sur mon blog, avant que la dynamique insoumise ne commence, ou encore le résultat des débats télévisés, je continue. Peut-être que cela me permettra de décrocher un poste de conseiller politique à l’avenir si je veux changer de carrière ;-).

1/ Une dynamique impressionnante : Du jamais vu pour une présidentielle, comparable à Fillon ou Hamon à la fin des primaires. Il faut la nuancer en partie : Mélenchon a dans un premier temps retrouvé son niveau d’avant primaire de la « belle alliance populaire », en reprenant des voix à Hamon. Mais là il va maintenant au-delà, il attire du monde, de l’audience, et ses sondages augmentent.

2/ Cette dynamique est-elle rationnelle ? Est-ce que les électeurs connaissent les orientations, le programme ? La même question se posait pour Juppé, ou Macron. La différence est que Mélenchon porte un projet radical, avec de nombreux changements et beaucoup d’inconnues : il propose un niveau de dépenses publiques jamais atteint, la sortie des traités européens, c’est à dire de l’euro également, sans que tout cela ne soit très clair, un programme assez anti-entreprises (beaucoup de règles nouvelles, forte hausse de fiscalités), une nouvelle constitution sans que l’on ne sache non plus vers quoi cela peut aboutir, des positions sur la sécurité et l’immigration (qu’il a cependant amendées) et sur l’international assez iréniques, dans la tradition classique de l’extrême gauche.

Ces dynamiques qui s’autoentretiennent finissent par s’essouffler, mais elles-ont permis de faire passer Hamon et Fillon, avec un retour de baton ensuite lorsque les programmes ont été relus…

La dynamique est en cours depuis 3 semaines, et une part de rationalité (critiques des autres candidats qui ne l’ont quasiment pas attaqué lors des débats, diffusion du programme et pas seulement du mot d’ordre dégagiste) a encore le temps de se diffuser mieux chez certains qui adhèrent sur la forme mais pas forcément sur le fond.

3/ Cela amplifie t-il le risque pour le PS de passer sous les 5% ? Une concurrence pour le deuxième tour entre 4 candidats risque d’assécher les candidats moyens et petits. Il y a en effet une multiplication des votes utiles, dont le PS est exclu.
Pour les sympathisants socialistes, il y a maintenant un vrai choix, une concurrence de « votes utiles » d’une part pour que la gauche soit au deuxième tour, et de l’autre pour porter la gauche radicale de Mélenchon, ou le centre-gauche coalisé de Macron.
Voire pour contrer la possibilité d’un Mélenchon/LePen au second tour !

Par ailleurs pour les électeurs peu politisés, Hamon risque de sortir des radars en tombant sous les 10%. Il reste le « label » PS, et des militants et élus connus, mais plus il va baisser plus il va être fragile, et pourrait en cas de duel très serré dans les sondages, tomber plus proche des 5%, voire en dessous. Les petits candidats s’en capitalisent sur leurs spécificités, leurs originalités, mais que reste t-il à un grand candidat de gouvernement déchu ? Le vote par habitude, ou ceux qui ne peuvent se résoudre à choisir entre les deux autres..

4/ Jusqu’où peut-il aller ?

  • Des éléments favorables :
    • La dynamique puissante est en cours, il peut continuer à attirer quelques pourcentages de Hamon, mobiliser des abstentionnistes ou des apolitiques
    • peut-il aller au delà, et prendre notamment des voix à Lepen ? Ce n’est pas exclu, une part de vote de colère, de changement, de protestation, contre l’Europe et les marchés, peut s’incarner dans les deux. Pas le coeur de cible du FN, sur l’immigration et la sécurité les positions sont très différentes. La bourde/dérapage/tactique de Marine LePen concernant la responsabilité de la France sur la rafle du Vel d’Hiv, peut aider en ce sens.
    • Apparaissant maintenant comme candidat potentiel au second tour, il va être testé dans des hypothèses de second tour, et cela montre qu’il peut battre Marine Le Pen. Que vont faire Robert Hue et Braouzec qui ont rejoint Macron principalement sur cet argument ? (et derrière eux cela peut déplacer une part de ce « vote utile »)
  • Des limites à l’accession au second tour ?
    • outre la stabilisation possible de la dynamique, après 3 semaines de hausse lorsque les électeurs potentiels ont déjà été captés (pour perdurer il faudrait qu’elle se transforme avec de nouveaux types d’électeurs),
    • La hausse de Mélenchon peut renforcer Macron (mais peut être pas suffisamment pour compenser sa baisse au profit de Mélenchon dû à cette même dynamique). En effet cela peut transférer des électeurs potentiels de Hamon qui ne veulent pas d’un duel Mélenchon-LePen au second tour.
      Cela pourrait même, si Mélenchon devance nettement Fillon dans les sondages, entrainer un transfert de vote modérés de Fillon vers Macron, qui deviendrait désormais un vote utile y compris à droite, pour tous les modérés.
    • L’électorat mélenchoniste est plus composé de jeunes notamment, c’est à dire de votants moins assidus, cela pourrait lui porter préjudice au dernier moment. Mais Macron a également une partie de son électorat qui vote par défaut, donc peut être moins motivés à transformer dans les urnes (en fonction des fins de campagne, des discussions avec les proches…)

Bref tout est ouvert.

Si Mélenchon prend un peu sur LePen, qui par ailleurs fait une fin de campagne hésitante (débat mal négocié, déclaration sur le Vel d’Hiv), et que une partie de l’électorat Fillon repasse chez Macron, on pourrait assister à un second tour inattendu Mélenchon/Macron !

Mon analyse est plutot que Macron va remonter légèrement, Le Pen va diminuer légèrement, Mélenchon va grimper encore un peu avant de plafonner, et Fillon n’arrivera pas à décoller. Hamon va se stabiliser en diminuant encore un peu.

Faire des choix politiques : le réel pour demain avec l’idéal en tête…

Publié avril 8, 2017 par chouka
Catégories : Présidentielles 2017, Réflexions politique nationale

Une élection présidentielle, c’est l’occasion de confronter des projets, des programmes, des hommes.

Mais c’est aussi l’occasion de se reposer les questions plus profondes, de quel avenir on souhaite, et quels moyens pour avancer dans la bonne direction. Je ne me sens pas déterminé par une tradition familiale, par un vote évident de classe ou par mon intérêt propre puisque je compte bien voter pour l’intérêt général, pour des valeurs, pour chercher des améliorations.

Quel idéal ?

Si je devais choisir seul l’avenir proche, si j’avais tous les pouvoirs, j’ai bien en tête les éléments d’une société idéale.

Une société beaucoup plus fortement engagée dans une transition et une sobriété énergétique, dans un respect de la nature et de la biodiversité.

Une société de la connaissance partagée, de l’éducation, des savoirs, mais également de la recherche de pointe et des technologies comme moyen d’explorer et de forger le futur. Une société non seulement où les religions ne sont plus des facteurs de conflits ou de dérives, mais au fond si je pouvais vraiment décider de tout, une société sans religions, ni sectes, ni complotistes, ni bêtise crasse.

Une société du loisir, la lecture, la découverte de la nature, le partage et l’échange, le jeu de société, redeviennent les chemins du développement personnel, et cohabitent avec le travail digne et décent.

Une France qui se reconnait dans un espace européen plus large, qui accepterait d’aller vers des compétences et une démocratie partagée. Une France qui prend ses responsabilité à l’international lorsqu’il faut défendre des causes, et notamment sa sécurité, mais en privilégiant un cadre plus large.

Un pays de solidarité, avec moins d’inégalités, sans pauvreté ni salaires ou fortunes exorbitantes, qui accueille et intègre ceux qui ont moins de chance dans d’autres pays, qui retisse des liens intergénérationnels.

Une société de libertés de choix de vie, de possibilité d’entreprendre, d’innover, de se former, changer de vies; avec des entreprises innovantes, citoyennes, rentables, qui se basent sur des agents plus autonomes, mieux formés, qui font vivre une démocratie sociale forte. Une cogestion à l’Allemande, où des syndicats plus forts, moins éclatés, plus responsables, partagent les intérêts globaux de l’entreprise et peuvent influencer sa stratégie.

Une société avec des citoyens forts, une administration efficace, moins d’échelons locaux, une démocratie vivante, avec de la proportionnelle, des élus exemplaires, des associations dynamiques.

Une société sure, qui investit fermement dans la lutte contre l’insécurité, contre les fraudeurs fiscaux, le travail au noir, et se donne les moyens de sa puissance, avec une armée en adéquation avec ses ambitions de protection.

Une gestion saine, une dette maîtrisée qui ne finance pas le fonctionnement, une administration globalement efficace, qui permet une fiscalité raisonnable, ou des services publics de haut niveau reconnus qui justifient le niveau de fiscalité…

 

Mais l’idéal ne fait pas un programme politique

  • Tout d’abord lorsqu’on trace un idéal sans cohérence, plusieurs objectifs sont contradictoires.
    D’ailleurs cela commence à l’intérieur de chacun : les exemples sont infinis. On peut être écologiste pour les enjeux globaux, mais vouloir deux ou trois enfants. De même la plupart des individus souhaitent acquérir un habitat individuel, y compris ceux qui prônent une densification des habitats ou un arrêt de l’étalement urbain. Certains font du sport ou mangent bio pour améliorer leur santé mais fument. Ou prônent une diminution du temps de travail par un partage des richesses et du travail, mais ne demandent pas un temps partiel auquel ils auraient droit…
    C’est pareil pour les idées générales : on peut difficilement proposer des objectifs contradictoires, dans une réalité complexe. Il faut donc faire des choix, des arbitrages, des nuances.

  • Il y a des moyens à mettre en cohérence avec des résultats. Des choix à faire. Imposition des ménage, des hauts revenus, des entreprises, dette… avec des conséquences futures sur la société (pénalisation de l’activité, augmentation des inégalités..) Ainsi, lorsque certains préconisent des dépenses nombreuses, une dette maîtrisée, et une fiscalité raisonnable, il y a un souci…
    Implicitement, cela oblige à sortir du cadre : la dette ne sera pas forcément remboursée. Du coup le cadre se dérobe : les marchés financiers ne prêtent plus. Alors il faut aller plus loin : on créera notre propre monnaie / Cela implique de sortir des traités européens. Une inflation massive est créée, qui plombe les entreprises exportatrices, et le pouvoir d’achat pour les produits importés..
    De même pour les entreprises : on peut les contraindre et les taxer plus, mais avec le risque, si nous dépassons certains points d’équilibre, de dégrader l’activité et l’emploi. Si on est dans une position absolue et volontariste, on pronera donc d’autres règles plus drastiques pour contrer ces effets secondaires (obliger des embauches, limiter les licenciements..) qui entraineront eux mêmes des effets néfastes à contrer…

  • Enfin, la société est complexe, ne réagit pas comme dans un jeu vidéo : les comportements, les anticipations, les structures administratives, les phénomènes de fuite, d’évitement, les impacts internationaux… Le risque à vouloir contraindre le réel est de décevoir, ou de devoir s’enfoncer dans une dérive autoritaire. On le voit avec Trump : au moment de traduire les effets d’estrade, les propositions insurrectionnelles et populistes, des contrepouvoirs, juridiques et politiques, des résistances partisanes ou administratives, des logiques économiques ou une realpolitique internationale se mettent en place et ralentissent ou résonnent les décisions effectives.
    J’aimerai interdire les religions et les cigarettes, mais cela ne se passe pas comme ça.
    J’aimerai créer un revenu universel, en reportant la fiscalité ménage sur les entreprises, j’aimerai décider des actions très volontaristes concernant l’environnement ou la société, mais cela ne se passera pas tel que je peux l’anticiper, et les effets secondaires risques d’être pires que le résultat obtenu…

Souvent, les idées trop brutales, simples, entières, ne marchent pas. Les extrêmes estiment souvent que leur idéologie vaut plus que les faits. La volonté politique, du peuple, du chef s’impose à tout. Finalement le programme politique de LePen ou Mélenchon importe peu, comptent plus leur personne, leur récit, leur incarnation de catégories unifiées mythifiées qu’ils font parler (le peuple, les français..)

Une fois au pouvoir la complexité du réel s’immisce. Et soit cela amène à de la désillusion, soit à des fuites en avant (cela ne fonctionne pas à cause de tel ou tel, cela n’a pas fonctionné car on n’y est pas allé assez fort, ou polarisation de la société sur d’autres sujets pour masquer ces échecs inévitables)

 

Entre cet idéal, proche d’un programme de Mélanchon, et le réel, il y a donc un chemin à tracer. Dans le choix qui nous est proposé à la présidentielle, la première marche qui semble la mieux adaptée est pour moi Macron.

Entre le rêve et le projet, il y a une voie à trouver. Produire avant de redistribuer. Contraindre ou réguler, mais pas seulement dans les textes, en prenant en compte les effets réels sur l’économie.
Ne pas dire comment on pourrait progresser vers ceci, oublier les complexités, les antagonismes internes à cette vision, où encore les éléments qui dans l’application seraient contraires, c’est se tromper et tromper les électeurs.

Entre l’idéal fantasmé et le réel, il faut donc choisir une feuille de route, sans oublier l’un mais en s’ancrant dans l’autre.

L’utopie concrète, la méthode du réformisme pas à pas, voici ma perspective. Promettre un cadre réaliste pour maintenir ou améliorer des droits sociaux, plutôt que promettre une radicale et joyeuse révolution sans bornes, qui peut potentiellement se transformer rapidement en chaos, puis en révolution conservatrice ou autoritaire (de gauche ou de droite) si cela échoue.

Le risque est cependant en étant trop dans le réel, de ne pas croire en ses rêves, d’oublier d’oser le rapport de force. L’ordre établi n’est pas pour autant immuable. Des inégalités sans précédents doivent pouvoir être contestées et questionnées. Mais sans raisonner dans une bulle, dans un texte théorique qui ne fera que chasser les fortunes et les investisseurs ailleurs (les capitaux et les fortunés sont les plus mobiles).

Il faut également penser l’urgence écologique, les bouleversements internationaux, les migrations, les développements en cours, les crise nationalistes ou la chape de plomb d’un retour du religieux qui s’étend, la concurrences dans le cadre d’un capitalisme financiarisé et mondialisé…

On peut penser que l’histoire va vers une diminution du temps de travail du fait du progrès technique. Cependant n’est-ce pas forcer le mouvement que penser que ces mouvements se voient du temps d’une génération ? Une forme d’hubris du pouvoir potentiel, de prétention à voir de son vivant des changements qui relèvent du temps long.

De même concernant un revenu universel. Il y a déjà progressivement des formes de revenus de subsistance, avec les chomages puis RSA, avec des salaires minimum, avec des allocations spécifiques (personnes atteintes de handicap)… Enfin le revenu universel existe pour une part de sa vie, c’est à dire une fois retraités. Quand on voit la difficulté à équilibrer les systèmes de retraites, penser pouvoir l’étendre à l’ensemble de la population parait un projet pour la fin du siècle, lorsqu’il y aura une forme de convergence des économies mondiales, des droits sociaux… Il peut y avoir des dispositifs intermédiaires, avec des impacts massifs en terme de redistribution, et donc de prélèvements nouveaux sur des entreprises ou la TVA., et donc la formule initiale ne pouvait être qu’un produit d’appel.

Ce qui me parait important c’est la notion d’équilibre.
Je suis favorable à des services publics forts, je ne suis pas pour une diminution des impôts et des fonctionnaires par principe. Mais lorsqu’on analyse la situation en France, vu le contexte, les rapports de force, l’analyse concrète de l’économie, il me parait plutôt sain d’envisager un reflux maîtrisé et priorisé de l’intervention publique, du nombre de fonctionnaires, une politique plus favorable à l’activité, aux entreprises, donc plus libérale qui permettent de consolider les filets sociaux et de les adapter à une société plus mobile et lutter contre le chomage. Tout est question de points d’équilibres.
Il est assez inquiétant de voir que Mélenchon et Hamon, et les personnes qui les entourent, connaissent peu l’économie privée.
De même je ne suis pas contre les partis, mais vu l’état du PS, que j’ai connu de l’intérieur, je pense qu’à certains moments, des partis peuvent évoluer ou s’éteindre, se réinventer.

Macron est donc l’instrument, dans un contexte particulier, de la recomposition politique nécessaire. Il y aura ensuite probablement le dépassement de Macron lui-même pour aller vers un nouveau clivage. Je pense que après 5 ans, si ce qui est dit est fait, l’économie française se portera mieux, ce que je n’anticipe pas avec les autres candidats (Olivier Blanchard à cette même analyse pragmatique). Après cet atterissage plus libéral, qui est un rééquilibrage mais est bien loin d’être ultra libéral, je pronerai probablement ensuite, avec Macron ou avec d’autres, pour un renforcement, au niveau européen comme national, des droits sociaux, de la transition écologique, toujours plus d’éducation, de science, de recherche, une politique de santé à renforcer etc.

Le temps long, réaliste, qui ne donne pas toujours la foi du volontarisme, mais qui peut donner l’espoir d’un lendemain qui progresse malgré un contexte difficile.

 

Et ce soir ? Un débat utile ?

Publié avril 4, 2017 par chouka
Catégories : Uncategorized

La grande différence, c’est que ce soir ils seront 11.
Autre élément : il y a déjà eu un débat, et les attentes ne sont donc plus les mêmes.
Enfin, 17 minutes de temps de parole, c’est court, il faut faire des choix, notamment dans la confrontation : rester sur son projet, attaquer sur sa gauche ou sur sa droite (Fillon et Hamon notamment)…

Les petits candidats n’auront peut être pas les « pudeurs de gazelle » des autres prétendants. Ils attaqueront sur les affaires Fillon et Le Pen. Ils attaqueront également sur le train de vie, que ce soit Fillon, mais aussi Macron, ancien banquier d’affaire (mais qui répondra que justement, il a choisi de quitter ce monde, et de diviser son salaire). Ils attaqueront Macron et Fillon sur le libéralisme.

Dupont-Aignan peut notamment incarner une autre droite, qui va attaquer LePen et Fillon sur les affaires. C’est un vrai candidat, qui peut bénéficier de ce débat, et peut perturber Fillon.

Asselineau, Cheminade, et Dupont-Aignan, voire les trotskistes peuvent également grignoter sur Marine Le Pen, mais cela restera marginal…

Philippe Poutou peut poser clairement la question de la sauvegarde de son emploi, et finalement mettre dans l’embarras les candidats de gouvernement au profit de Lepen ou Mélanchon.

Les gros candidats n’auront que peu de temps de parole par rapport au dernier débat. Ils essaieront de peu « répondre » à des attaques de « petits » sauf s’ils estiment que cela les sert. Hamon sera plus offensif. Macron devra se montrer clair, présidentiel, et fixer un cap. Fillon essaiera de décrédibiliser Macron, et tentera de se justifier face aux attaques.

Finalement d’une certaine manière je dirai que la multiplication de petits candidats populistes ou extrémistes peut plutôt faire le jeu de LePen et Mélanchon, mais également les concurrencer marginalement. Cela se neutralisera donc. Avec peut être un risque pour Fillon, au profit de Dupont-Aignan, et avec un rappel des affaires (y compris de Marine LePen).

Macron sera attaqué, à nouveau il répondra sereinement, ayant tiré les enseignements du débat précédent. La encore cela ne bouleversera pas les lignes.

Les dynamiques de fonds sont déjà présentes, le temps de parole court, et cadrées, et l’audience moins importante sur les chaines d’info. On ne retiendra que quelques passages forts repris dans les medias.

Finalement les grands équilibres ne devraient pas être bouleversés, si comme je le pense chacun a tiré les enseignements du premier débat et à préparer ses quelques interventions et répliques phares. J’attends tout de même la prestation de Macron. Hamon me semble dans une dynamique trop défavorable pour pouvoir renverser la tendance. Mélanchon pourrait se rapprocher de Fillon s’il fait une bonne prestation (mais il n’y aura plus l’effet de surprise du premier débat)…

A suivre.

Quel avenir pour le PS demain ?

Publié avril 1, 2017 par chouka
Catégories : Présidentielles 2017

Le parti socialiste ne remportera pas les élections présidentielles.
Sauf surprise immense, il ne sera pas au second tour, aucune hypothèse ou dynamique ne semble pouvoir l’anticiper. J’ai déjà expliqué pourquoi Benoit Hamon me semblait un mauvais choix et finirait derrière Mélanchon. Cela semble se confirmer.

Il y a plusieurs hypothèses.

1/ Si Hamon fait moins de 5%, mais cela parait quand même peu envisageable, c’est une catastrophe politique et financière pour le PS, qui disparaitra dans de grandes souffrances. En Marche et Les insoumis prendront sa place probablement.

2/ S’il fait un score moyen, derrière Mélanchon mais entre 10% et 15%, cela dépendra de qui gagne l’élection présidentielle.

  •  Si c’est Fillon, cela signifie que « En Marche » n’a pas réussi jusqu’au bout. Le paysage politique sera plus destructuré que recomposé, avec une fracturation de la gauche et du centre, et une longue période dans l’opposition, avec un Front national fort, une droite vainqueur mais affaiblie.
    Difficile de dire alors ce qu’il se passera lors des législatives, et dans les années à venir. Qui incarnera une opposition progressiste ou de gauche ? Chaque parti pourra de plus avoir son rôle à l’assemblée si la droite n’a pas de majorité absolue, avec un FN fort et un centre divisé.
    Un parti peut disparaitre mais il peut aussi longtemps agoniser, subsister, se transformer, fusionner, se relever… Les radicaux de gauche ou le PC existent toujours.
  • Si c’est Macron qui est Président, la dynamique forte, puissante, se prolongera jusqu’aux législatives. Il n’y aura pas forcément une majorité absolue pour EM (même si ce n’est pas exclu). Le PS sera forcément tiraillé, déchiré, … L’implosion du PS est certaine.
    Un fantasme à droite comme au PS est que Emmanuel Macron n’aurait pas de majorité et serait donc en cohabitation suite aux législatives. Cela me parait improbable. En effet, une part importante des personnes qui seront labellisés « En Marche » sont déjà connus, sortants (dans les limites du renouvellement imposées, c’est à dire pas plus de 3 mandats consécutifs). L’effet « ancrage local » ne joue pas totalement en sa défaveur.
    Le travail de la commission d’investiture est donc de bien regarder où les résultats risquent d’être serrés et où il faut assurer avec des personnes déjà implantées, et où En Marche sera plutôt bien implantée, et où un renouvellement est possible. Il y a eu de nombreuses candidatures. Des personnalités locales reconnues, de la personnalité civile, pourront donc être investies.
    Ajouté à l’appel à la cohérence, à la dynamique suite à l’élection, à la force du Front national qui va imposer des triangulaires, une majorité absolue, ou au moins relative, est donc bien la situation la plus probable pour Macron suite à l’élection. Ces élus, élus sur la base d’idées communes, et d’un contrat de gouvernement, permettront donc d’appliquer les grandes lignes du programme.

    Le PS, dont de nombreux élus seront amenés à soutenir Macron avant, et suite aux élections, sera démuni entre les dynamiques Mélanchon et Macron. De plus il y aura les batailles internes, pour confirmer les investitures, entre les anciens frondeurs, ceux qui n’ont pas fait campagne, ceux qui ont appelé à voter Macron mais n’ont pas été exclus… Même causes, mêmes effets…

    Il est possible que Manuel Valls par exemple (comment imaginer qu’il reste au PS en n’en ayant pas soutenu le candidat ?) n’aille pas jusqu’à adhérer à En Marche, mais crée un mouvement, qui essaiera d’avoir quelques députés pour peser à l’assemblée si En Marche n’a pas de majorité absolue sur la durée du mandat (quelques députés élus sous l’étiquette En Marche pourront à terme se rapprocher de lui).. Il créerait sa « Maison des progressistes », en coalition avec En marche et le modem, en étant cette fois son aile gauche…

    Le Parti socialiste serait alors contraint à la recomposition politique, intégrant Europe Ecologie pour la partie qui n’a pas rejoint Mélanchon. Peut être à terme, une fois Mélanchon à la retraite, tout ceci formant une nouvelle force écolo-socialiste altermondialiste.

C’est une hypothèse parmi d’autres… Mais je ne pense pas que cette fois (cela fait plusieurs fois qu’on le dit) le PS puisse rester le parti central de la gauche de gouvernement de demain, sans éclatements et recompositions.

Quels choix pouvaient faire Manuel Valls?

Publié mars 30, 2017 par chouka
Catégories : Présidentielles 2017, Uncategorized

Manuel Valls a annoncé qu’il voterait Macron dès le premier tour.

Je pensais qu’il ferait plutôt, « à la Juppé », une non-campagne, en indiquant qu’il voterait Hamon en vertu de son engagement, pariant plutôt sur la suite à l’intérieur du PS.

Mais que pouvait-il faire ? Finalement c’est un choix cohérent, plutôt courageux, qui ne le sert pas personnellement  mais en dit beaucoup sur la fin proche du PS tel qu’on le connait aujourd’hui.

1/ Il pouvait rester en retrait, prendre acte du vainqueur de la primaire et ne plus s’exprimer. Mais le risque est que de toute façon ses proches, et les électeurs proche de sa ligne, ne pouvaient pas se satisfaire de cet entre deux, et ne l’auraient pas suivi.
Il aurait assisté passif à la fuite des énergies réformistes du PS, voire éventuellement à une mauvaise surprise : la non qualification des progressistes au second tour si au dernier moment Fillon remonte, même si cela me parait peu probable (électeurs plus agés donc moins abstentionnistes, réflexe de dernier moment, sous-estimation dans les sondages car vote Fillon devenu honteux..)

2/ Il pouvait soutenir Hamon et participer à sa campagne, comme l’engage sa signature lors de la primaire.
Cela aurait été un reniement de ses idées, mal perçu par l’électorat (théatre politique), et probablement défavorable à Hamon, tant Mélanchon n’attendait que ça. Cela ne l’aurait pas non plus servi pour la suite, dans un PS affaibli et vidé de perspectives réformistes…

3/ Il a choisi de soutenir Macron : choix courageux, audacieux, ou opportuniste ?
Difficile à dire. Une majorité de ceux que je connais, qui sont sur cette ligne, se portent sur Macron… Il est logique sur le fond que Valls le soutienne. Il est cohérent sur ses idées, et rappelle l’enjeu du second tour : ne pas se voir contraint à un second tour Fillon/Le Pen qui risque en plus de permettre à celle-ci de gagner.
Le « vote utile » fait du mal à la démocratie lorsqu’on l’invoque à tort et à travers, mais on peut aussi considérer que c’est un vote tactique ou un vote intelligent tout simplement. Longtemps le PS en a bénéficié, cette fois il en est victime, mais sur le fond l’enjeu existe réellement.

Il renie donc sa parole, ce qui peut abîmer son image, voire celle « des politiques » (mais pas forcément plus qu’un soutien hypocrite) « au nom d’un intérêt supérieur »… Personnellement sa situation est compliquée, mais cela marque sa séparation, et donc la fracture avec le PS tel qu’il existe aujourd’hui. Comment imaginer le retour de tous ces élus, ces électeurs, vers un PS abimé, affaibli, sans boussole, aux législatives ?

C’est donc un acte fort que Valls a posé, en signant pour demain la fin du PS tel qu’on le connait (pas forcément sa mort, le PC existe toujours…). Ce n’est pas forcément un atout pour Macron à court terme pour les présidentielles, mais par contre je pense que pour les législatives c’est un évènement important qui peut aider En Marche à avoir sa majorité propre.

Implicitement Valls ne joue pas le coup d’après, la reconstruction du PS en utilisant les législatives.

Bilan du débat du 20 mars

Publié mars 21, 2017 par chouka
Catégories : Présidentielles 2017

Que s’est-il passé hier soir ?

Plusieurs lectures sont possibles : la mienne, essayer de voir l’impact sur les électeurs, et confronter ceci aux sondages suite à l’émission.

1/ Mon analyse :

  • Commentaire général : Débat d’une bonne tenue, souvent intéressant mais aussi frustrant : je trouve que beaucoup de sujets ont été balayés, mais les grands enjeux économiques (comment articuler compétitivité, dette, fiscalité, mesures nouvelles, dans contexte européen) ont été peu évoqués dans leur cohérence globale. Faute au format et aux candidats qui ont eu du mal à reprendre de la hauteur dans des temps donnés (intro, conclu…)
    De même les enjeux environnementaux ont été rapidement expédiés, et souvent à travers quelques mesures sectorielles.
    L’Europe également, quelques généralités alors qu’on aimerait savoir ce que chacun va porter comme attitude dans les négociations avec la Grande Bretagne, ou comment ceux qui ont des projets nouveaux comptent faire s’ils n’arrivent pas à les négocier (Hamon et Mélanchon notamment).
  • Comment j’ai trouvé les candidats ?
    • Personne ne s’est effondré hier soir, pas de grosse bourde ou d’absence totale. Donc d’une certaine manière Macron et Le Pen en sortent renforcés il me semble. Personne n’a imposé un thème dans le débat non plus et les affaires ont été peu évoquées.
    • J’ai trouvé Le Pen la meilleure sur la forme : dynamique, pointant de nombreux sujets critiques, déroulant ses propositions concrètes ou sa vision… Elle a été peu contestée sur la sortie de l’euro, sur les affaires, sur sa majorité parlementaire future, sur la préférence nationale, sur son absence de cadrage économique… Pour autant, je ne pense pas que cela fasse bouger les lignes de second tour, elle reste clivante et démagogique.
    • Macron a fait selon moi une bonne prestation sur les deux premiers tiers, j’ai apprécié ses développements sur l’économie, la sécurité, l’éducation. Sur les retraites, il n’a pas eu le temps de développer. (Cela peut être un débat montant dans les semaines à venir, il y a plusieurs projets assez différents.)
      Il a plutôt bien répondu aux attaques. Un peu léger sur l’environnement. Par contre il a été moins bons en fin de débat, moins en proposition, trop dans la distribution des bons points ici ou là. Et trop flou et vague sur l’international, comme l’a pointé durement et justement Marine Le Pen (sauf qu’elle a généralisé à son discours, alors qu’il a été clair et précis sur la plupart des points).
    • Fillon a eu un départ difficile. Étonnant qu’il n’y ait pas eu une question des journalistes sur les affaires mais bon.. Il a le mérite de poser quelques vérités sur la situation financière et le sérieux nécessaire dans le cadrage budgétaire (promesses iréalistes de Hamon, Mélanchon, et passage sur la sortie de l’euro à destination de LePen), et sur une analyse construite et cohérente sur l’islamisme. Il s’embourbe dans une surenchère face à Le Pen sur la sécurité ou l’identité. Finalement il a fit une bonne deuxième moitié de débat, il a fait sérieux mais on ne retient pas grand chose de lui lors de ce débat. Il a souvent titillé Macron mais je ne pense pas qu’il l’ait destabilisé.
    • Hamon a semblé fatigué, professoral, administratif… Je n’ai pas aimé ses insinuations sur le financement de Macron. C’est absurde de penser que Macron serait tenu par quelques versements de personnes privées limités à 7500 €. Ou alors c’est laisser planer l’idée qu’il y a derrière des financements non déclarés, le fameux candidat de l’argent. Je trouve ça dangereux, non argumenté et lâche, donc indigne. Je ne suis pas favorable au 49-3 citoyen, porté également par LePen et Mélanchon. Globalement son programme repose sur une augmentation de fiscalité sur les entreprises, et manque d’un cadrage budgétaire sérieux. C’est donc un projet dangereux économiquement, et porteur de désillusions. Il y a des choses intéressantes sur l’écologie.
    • Mélanchon a été bon, sauf au début. Beaucoup de phrases que l’on retient sur de nombreux sujets. Il n’a pas développé son projet sur l’Europe, ce qui est dommage, et s’est peu distingué de Hamon. Mais sur la forme, et en renvoyant implicitement Hamon au PS, je pense qu’il a pris le dessus sur lui lors de ce débat. Intéressant à écouter comme un polémiste et un intellectuel, par contre on est vraiment dans la croyance, le fantasme, lorsqu’il s’agit de passer aux propositions, augmentations, multiplications, le cadrage budgétaire a été fait mais il repose sur un keynesianisme daté (le monde est ouvert, il y a des keynésiens qui ont actualisé la doctrine, sinon le multiplicateur n’est pas crédible …). Comme avec Hamon, l’entreprise est plus l’ennemi que la solution..

 

Concrètement, Macron m’a rassuré sans me convaincre totalement, je l’ai déjà vu meilleur (mais personne n’a survolé cet exercice difficile). Mais cela a confirmé la distance des autres candidats avec mes idées, ou en terme de crédibilité et de posture, donc cela confirme mon choix.

 

2/ Impact sur les électeurs :

J’aurai d’abord pensé que pour ceux qui ont regardé le débat, Le Pen, Mélanchon et Fillon seraient confortés. Macron consolide, mais est pénalisé par une fin de débat plus trouble, et l’attaque mordante de Le Pen. Hamon perdant.

Cependant, il faut bien comprendre que les indécis ont leur grille de lecture propre, avec des préjugés ou des présupposés, comme je l’indiquais hier.
De plus tout le monde ne regarde pas le débat jusqu’au bout.

Enfin pour ceux qui n’ont pas regardé, c’est finalement surtout les morceaux choisis retenus par les télévisions, et les commentaires des analystes, voire l’exploitation politique des jours qui suivent, qui vont impacter les choix.

Plusieurs sondages post-débat ont été effectués. Les réponses à ces sondages ne sont pas toujours très honnêtes puisque tous ceux qui ont déjà choisi ont tendance à indiquer avec mauvaise foi ou autopersuasion que son candidat a été le meilleur (car on sait que ces sondages deviennent un fait politique qui impacte l’avis de ceux qui n’ont pas assisté aux débats).

Il faut donc regarder ceux qui font mieux que les sondages d’intention de vote ou moins bien. Et il s’avère donc que selon plusieurs sondages, à chaud, Macron a été bien perçu dans ce débat, et Fillon et Le Pen finalement pas tant que ça. Hamon apparait bien comme un perdant, et Mélanchon comme un gagnant.

Dernier point, tout le monde ne s’adresse pas aux mêmes électeurs, et quelques sujets précis peuvent déclancher des votes même si une prestation générale parait meilleure. Donc la traduction en intention de vote n’est pas encore certaine, et peut se jouer sur plusieurs jours. Mais cela peut renforcer ce que je pressentais ces dernier jours : peu d’impact global, et la poursuite du dégonflement de la bulle Hamon.