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Sur un banc politique, prendre le temps…

juillet 26, 2011

Tout va si vite.

Depuis un moment, j’ai l’impression d’être au volant, départs de vacances, je double, je freine, le paysage change sans cesse, mais je suis  coupé de tout ceci. Dans mon habitacle climatisé, je ne vois que trop tard que tout à changé, l’orage s’est abattu, je ne peux éviter le carambolage.

La route était toute tracée, tout se mettait en place. DSK allait être candidat, sur la base d’un projet de gauche plutôt intéressant, et je pensais m’investir pour le soutenir ; le reste n’était que péripéties.

Il y a eu une première bourasque, avec Fukushima. Moment important, avec des incidences politiques.

Puis la brutale averse, l’ouragan. Toutes les voitures sont retournées : à quelques jours d’être officiellement candidat, DSK se fait piéger, ou se saborde. Tel Zidane en Finale, le coup de boule malheureux répond à l’incitation maligne, et fait perdre son camp. C’est ce que l’on pense tout d’abord.

Le soleil réapparait, la brume s’échappe de l’asphalte. Je m’écarte de cet ensemble figé de métal et de scènes dépassées, le scénario a changé, changeons de DVD. Ou plutôt non, sortons de la route, participons à quelque chose de nouveau. La garrigue humide happe déjà les premiers rayons de soleil, les odeurs sont multiples et apaisantes. Le calme, et le dialogue avec la nature me font du bien.

Un moment de retrait, de respiration politique. Malgré le retrait de DSK, la victoire reste possible, probable, même si ce sera difficile. Que faire ? Au PS, la primaire est lancée. Faut-il choisir, déjà ?

Les deux candidats ont la carrure, l’intelligence, une assise politique. Les deux me satisfont.

Martine Aubry aurait plutôt ma préférence face à François Hollande. J’ai un souvenir mitigé de sa direction du PS durant plusieurs années, même si le referendum européen n’a pas rendu sa tâche facile. Mais rien n’a alors été tranché, le parti s’est plutôt recroquevillé, n’a pas rebondit après le 21 avril 2002. De son côté, Martine Aubry a été choisie sur un projet de rassemblement, et  a réussi à le faire vivre, à remettre le parti au travail, en ordre de marche. Bien sûr l’impérieuse nécessité s’est imposée, tout le monde voulait enfin aller dans la même sens, mais elle était sans doute la bonne personne.

Pour autant je me laisse encore le temps de confirmer mon choix. En effet François Hollande me paraît mieux préparé, ce qui compense son manque d’expérience ministérielle, plus motivé, et il a mieux mis en scène ses soutiens. Le soutien de personnes comme Pierre Moscovici, Didier Migaud, André Vallini ou Aurélie Philippetti me paraît intéressant.

Je m’en remettrai donc à des sujets comme le nucléaire, la lutte contre la délinquance (sur laquelle Manuel Valls dit depuis longtemps des choses intéressantes et structurées), la protection de l’environnement, là où le projet socialiste laisse des marges de manoeuvre, pour trancher.

Il y a donc ce premier vote de la primaire socialiste.

Puis il y a ensuite la campagne elle-même.

Et là encore, mon choix n’est pas fait. J’ajoute en effet à la palette des possibles un vote pour Eva Joly. C’est actuellement la candidate qui m ‘enthousiasme le plus : sa rigueur, son sens de l’éthique, bien sûr sa conscience de la nouvelle société écologique, son parcours.

Pour autant le vote est une alchimie complexe : voter avec son coeur au premier tour n’est possible que si cela ne met pas en péril la présence de la gauche au second tour.

Dans tous les cas il reste de long mois pour analyser et confronter ces candidats, ces programmes… Regardons calmement ce qui peut être fait.

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Une élection européenne enfin ?

juin 5, 2009

Le grand jour arrive.

Campagne étrange, éteinte, feutrée, couverte par des bruits de crises…

Pourtant je me suis dit en regardant certains débats qu’ils étaient très intéressants, que, débarassés du substrat national et populiste (les chiens écrasés…), on atteignait le fond des choses, les questions essentielles de société, macroéconomiques et géopolitiques.

Parfois les petits enjeux locaux reviennent à l’assaut, et les listes farfelues, superficielles ou ridiculement radicales cotoient les listes sérieuses qui usent de bas artifices…

Bref, les enjeux sont plutôt pour moi les équilibres de demain au Parlement européen.
Même si je conçois qu’il soit encore difficile de comprendre l’utilité réelle du Parlement européen, voire de le déterminer.
Mais c’est ce que nous avons pour nous emparer de l’Europe, c’est un potentiel.

Mais ce ne sont pas les sondages que l’on nous donne et qui sont débattus.

Sur la campagne française, puisque c’est le cadre qui nous est largement imposé (déjà un vote le mêm jour partout serait bienvenu..), j’ai quelques commentaires. Quelques espoirs sur le résultat aussi, ou quelques pronostics même si ces enjeux sont pour moi secondaires par rapport à l’équilibre européen…

Il n’est pas étonnant que la liste Europe Ecologie soit celle qui bénéficie de la meilleure dynamique. Le thême de l’environnement est réellement crédible au niveau des politiques européennes. Ils ont en outre mis l’accent sur l’éthique, et une réelle connaissance de l’Europe, du Parlement, notamment grâce à Daniel Cohn-Bendit.
Ils ont réussi par leur liste la mutation que l’Union doit réussir : dépasser le oui et le non, le débat institutionnel et périphérique, par l’objectif commun de porter une voie écologique européenne forte.

Le modem bénéficie d’un acquis de tradition européiste, mais qui ne suffit pas. Ils ont brouillé leur message avec de la politique nationale, avec une absence de réponses face à la crise, une absence de thèmes forts. L’affirmation de l’Europe ne suffit pas à la faire vivre. La fin de campagne subit également la conséquence d’un Bayrou fatigué, et qui a du mal à trouver un positionnement politique cohérent.

Le PS a été assez peu audible. Sa structure est atteinte, ses militants fatigués, son énergie dilapidée. Pourtant le manifesto et la démarche de rassemblement avec les autres partis européens était importante, nécessaire, intéressante. Mais en présentant des candidats assez peu connus parfois issus de tambouilles internes, sans tête de liste nationale, ou – cela aurait été une incarnation intéressante – sans candidat commun contre Barroso, la dynamique a été difficile à lancer. Martine Aubry a tenu son rôle, ainsi que les candidats qui ont sillonné les campagnes, mais les suites du referendum, du congrès, et la perception dégradée du parti dans l’opinion l’ont étouffé.  Une communication trop centrée sur Sarkozy au départ, une communication nationale peu identifiée (Peillon aurait été un bon porte-parole national) ont également pesé.

A la gauche de la gauche , je pense que Front de gauche a émergé, fait une bonne campagne. Mélanchon se positionne pour plus tard, en recyclant les forces militantes du PC. Il empêche assez largement l’envol du NPA. Celui-ci, après une dynamique forte en début d’année, a finallement été banalisé par la crise, et est pénalisé par une campagne peu mobilisatrice et les concurrences rouges.
Lutte ouvrière est toujours là…

La majorité présidentielle a réussi à faire le clip de la campagne officielle le plus nul. A l’image de sa campagne, qui s’appuie sur le soutien à Sarkozy de son électorat, d’une rente de majorité, et de l’épouvantail malhonnête de la Turquie.. Peu de concurrence à droite, peu d’enjeux pour eux.

La droite dure a du mal à se démarquer, sinon par un antieuropéisme plus virulent…

Ce que j’espère en France (outre des équilibres européens moins favorables aux conservateurs, et une commission plus progressiste) :

-Europe Ecologie devant le Modem
– Le Front de gauche devant le NPA
-un PS au dessus de 20%
-une UMP à moins de 30%

Pronostic national :

– Majorité présidentielle : 27 %
– PS : 19%
– Europe Ecologie : 15%
– Modem : 11%
– Front de gauche : 6%
– NPA : 6%
-FN : 6%

Brèves

février 9, 2009

Supression de la taxe locale ?

« C’est du brutal », comme dirait l’autre.
Je pense que la taxe professionnelle mérite d’être revue assez largement.

Plus largement la fiscalité locale doit être remaniée. Sarkozy avait promis un « grenelle de la fiscalité locale » pour 2009.

Si c’est un premier pas vers une large réforme intelligente, cela peut être une bonne chose.

Reste une question de fond : qui va payer ? Transfert de prélèvement vers les ménages, ou mise en place d’un impôt différent :  taxe carbonne, ou assis sur la consommation ou les revenus…

Enfin, on peut penser que derrière il y a l’idée que la réforme de l’organisation territoriale génèrera des économies.

Donc finalement, la supression de la taxe professionnelle ne signifie pas fin des intercommunalités – il y aura compensation – mais du département. (fusion avec les régions).

Donc derrière une méthode brutale (beaucoup de dirigeants de collectivités locales doivent se faire des cheveux blancs… et cette instabilité juridique permanente génère elle-même des coûts) et peu lisible (on remplace par quoi,qui paye ?..) il y a peut être deux décisions intéressantes et importantes.

J’en viens à un deuxième point :

Sarkozy et le retour de la puissance en politique :

C’est intéressant. Il montre qu’il pense que l’on peut être maître de notre destin. Un retour du pouvoir politique, mais moins idéologique que pragmatique.

Il affirme, sûr de lui, et « l’intendance suivra ». Ainsi, la supression de la publicité à la télévision, la supression du département, la réforme de la fiscalité locale ou l’achèvement de la carte intercommunale sont de vraies décisions politiques. Il ne s’embarasse pas de l’analyse technocratique (qui reste bien sûr fondamentale pour l’accompagnement des décisions). Bien sûr il en est de même sur d’autres sujets ou je ne suis plus du tout d’accord, bouclier fiscal, ou en matière de recherche et d’éducation, etc. Ses choix peuvent être caprices, et derrière (ou plutôt autour) les grandes décisions pragmatiques se nichent souvent des arrières pensées tacticiennes ou des mesures plus, voire très contestables (nomination du directeur de france tv, redécoupage électoral calculé, maîtrise des collectivités locales…)

Bien sûr, penser que l’on peut tout est dangereux. Parfois c’est illusoire, et sur le principe inquiétant. D’autre fois cela génère une différence sensible entre la communication/gesticulation et l’application concrète. Mais à d’autres moments c’est efficace.

Concernant l’opposition, les partis et les manifs :

Beaucoup de choses se passent. Pourquoi j’ai fait grève l’autre jour ? D’une certaine manière il s’agissait pour moi d’un message fort, adressé à nos dirigeants certes, mais aussi à toute la population. Tous nous sommes confrontés à la crise, et par cela doit revenir un sentiment collectif, de conscience commune de ce qui fait société.

Une forme de rite, un mouvement fort, qui en apparence ne change pas grand chose et n’aura pas de réels débouchés car il n’avait pas de mots d’ordres précis, mais qui grave quelque chose dans les esprits qui me paraît important.

Effervescence dans les oppositions : Europe écologie, le NPA… Je trouve ces éclosions intéressantes. Y compris le projet de Mélanchon dans une moindre mesure. Il faut du remouvement…

Au PS, il ya du changement, je le souligne. Bien sûr des prises de positions plus claires, mieux organisées, une parole mieux répartie. Mais aussi je pense un travail qui se met en marche. Sans doute au niveau fédéral comme au niveau national. Tout est loin d’être parfait, mais c’est déjà pas mal. A côté de cela, le coeur profond du parti est toujours malade je pense, asséché;  le renouveau viendra d’ en haut et de par les côtés.

Je pense donc que Martine Aubry s’en sort pas mal. Le rôle de Ségolène, différent, peut également être utile. Les deux me semblent s’améliorer.

Peillon, si sa prise de distance émancipatrice d’avec Ségolène n’est pas que feinte, et DSK représentent mes espoirs cachés pour mon parti… Mais ils ne sont pas les seuls.

Malgré le vent, les nuages surplombent la ville.

PS : logique implacable dans la zone trouble, comment en sortir ?

novembre 24, 2008

Malchance, crise croissante et petites turpitudes…

L’élection au suffrage universel dans un scrutin majoritaire comporte une part de risque et de hasard. Qu’est-ce qui est plus brutal que cette logique implacable, où quelques voix, une seule voix, emportent la décision ?

Qu’est-ce qui est plus incertain que la zone trouble autour de ce seuil ? Des erreurs de bulletins, de comptage, de manipulation, de saisie, des triches isolées, des oublis, des sections en retard et donc invalidées, des blancs litigieux (bulletin froissés, croix raturées, inscriptions de bonne foie sur l’enveloppe pour distinguer le bulletin national du local…), des gens qui n’ont pas pu voter à temps car le bureau de vote était mal indiqué, vote de militants non présentés en section, même s’ils sont à jour de cotisation… ? Tout ça en l’occurence sur 3200 sections !

On arrive donc au paradoxe explosif : Plus on s’approche d’un résultat équilibré, plus les voix litigieuses prennent une valeur considérable, absolue, déterminante. Il y a donc une zone d’ombre, par nature dangereuse, lorsque les électeurs n’arrivent pas à se départager.
Peut être faudrait-il prévoir que plutôt qu’un système binaire, lorsqu’on est dans la marge d’erreur, un candidat de consensus, ou une coalition, doit gouverner ? Cela poserait bien sûr d’autres problèmes dans le cadre de l’élection présidentielle, mais pourrait s’appliquer au PS.

Mais la réflexion peut s’appliquer plus largement : imaginons une élection présidentielle aussi serrée ?

Donc tout d’abord, le médiocre cataclysme actuel se joue sur une malchance incroyable.

Mais il est aggravé par une réelle difficulté, des styles antagonistes, une tensions croissante, une volonté de pouvoir et de domination, une confrontation paranoïaque, la mise en scène de tout ceci par la caricature, la victimisation, la haine parfois… La réaction de Ségolène m’a particulièrement déçue, attiser la paranoïa, la défiance, la haine…

Un drame surjoué qui s’est construit progressivement, implacablement, avec comme ferment les éléments classiques que sont des enjeux de pouvoir opposés, et une différence initiale de style, de vision, exploitée par la posture… Non pas qu’il n’y ait pas de différences, mais…

Où en est-on aujourd’hui ?

D’une part, c’était particulièrement vrai dans l’émission « C dans l’air » ce soir, on associe diagnostic sévère et lucide sur un PS déboussollé, fractionné, fatigué, et nombre de clichés. On entend des adjectifs sévères sur la situation, pas forcément inadéquats : pittoyable, affligeant, navrant, catastrophique, déplorable…

Mais également des analyses un peu faciles, de bon sens, une doxa qui reprend les accusations ségoléniennes : analyse incomplète et sans nuance sur les baronnies, ce que pensent les militants, les jeunes sont derrière Royal, les éléphants contre les militants, le parti contre Royal (alors que Rebsamen…)

Enfin bon, on risque un délitement, une explosion, une extinction du PS… (il ne s’agirait plus alors d’éléphants mais de dinosaures…) Les militants comme les électeurs vont fuir si l’on ne se reprend pas vigoureusement, c’est néfaste pour l’Europe, pour la société et les valeurs que nous devrions défendre.

Maintenant on fait quoi ?

Je ne crois pas en l’histoire que l’on s’est beaucoup racontée sur les deux partis, je ne pense pas que l’enjeux soit un changement fondamental du parti, c’est beaucoup plus complexe. Donc je ne pense pas que ce soit l’une ou l’autre.

Certains proposent que ce ne soit d’ailleurs ni l’une ni l’autre. Ou l’une et l’autre, il faut se retrousser les manches et bosser ensemble… Mais cela nécessite de casser le mythe de la diabolisation…

Donc, activement et rapidement, il faut réagir, si notre instinct de survie politique, si l’on estime que ça vaut la peine, le permet :

Autour d’un « appel à la raison » lancé par des membres de la jeune garde et des vieux sages de différents courants, il faudrait proposer 3 points :

– après examen de toutes les réclamations minutieusement, décider d’un vainqueur. (Revoter parait très dangereux, ubuesque, fatigant et pas très démocratique…)

– compte tenu de la division extrême du parti, appeler à une forme d’unité socialiste, c’est à dire associer le perdant (Aubry flanquée de Peillon, et Hamon porte-parole, un truc comme ça, comme le propose Abadinte), et lancer vigoureusement les conventions de travail associant tout le monde, préparer l’opposition à Sarkozy, mettre en oeuvre la rénovation.

-enfin, appeler à des sanctions sévères contre tout endroit de fraude avérée, il faut faire le ménage… Cela passe aussi par la publication de tous les résultats par section tel qu’ils ont été enregistrés dans les fédérations. Je mettrai en ligne le fichier pour la Haute-Garonne dans les prochains jours.

En conclusion, c’était loin pour moi, mais avec tout ça, on se prend à rêver du grand retour de DSK.

Deuxième tour PS, tendances, résultats, analyses en Haute-Garonne

novembre 21, 2008

Ce soir, très rapidement sans doute, 15 minutes après le début du dépouillement, on en saura déjà beaucoup. En voyant le report qui se seront effectués dans la section, on pourra deviner une tendance nationale : forte dynamique vers Royal, et donc sa victoire; bons reports vers Aubry et donc la sienne. Ou alors, des résultats mitigés, et on peut s’attendre à une longue nuit et à des lendemains obscurs…

C’est bien ce qui c’est produit…

Je vais aller voter. Je ne suis réellement emballé par aucun des choix qui s’offrent à moi, au niveau local comme au niveau national. Pourtant, je ne goute pas spéciallement l’attitude Jospino-hollandiste de l’ambiguité permanente et de l’abstention stratégique.

Martine aura ma voix, malgré l’alliance de plus en plus hétérogène qui la soutien et l’étouffe parfois. Elle porte une vision intéressante, équilibrée et renouvelée, une démarche de dépassement et de travail que j’ai soutenue, malgré ces derniers temps des moments de « démagogie de gauche » comme dit Moscovici, et les soutiens de nombreux repoussoirs à votes… Donc sans illusions folles, mais avec un espoir raisonné, (oui ce sera mieux que Hollande). Et puis surtout il s’agit de choisir entre deux caps, deux personnes, et la comparaison personnelle est à son avantage.
En face il y a un risque, un pari du changement, du jeu de quille, de quelque chose d’autre. C’est tentant, mais cela reste malheureusement trop de l’ordre du fantasme, lorsqu’on entend les propositions ce n’est pas si différent, et le style est lui parfois indigeste, parfois génant (victimisation, mise en scène de clivages artificiels, fausse radicalité ingénue). Elle est déjà en campagne présidentielle.

Au niveau local, il y a Dénard (ACD) contre Ségura (E). Je suis tellement sceptique là aussi. L’opposition à Dénard (pas en tant que personne), à ses soutiens, à la continuité plombée qu’il représente, aux pratiques anciennes (négociations de postes, caricatures…) a construit la motion D. Si c’est la motion légitimiste pilotée par le conseil général et rejointe par les opportunistes et les frileux, je n’en veux pas.
Si c’est la motion renouvelée d’une continuité responsable, capable de changer et de rassembler, pourquoi pas.

Certains, alléchés, l’ont rejoint très vite, avant même hier… Plus la rénovation est pressente, moins elle s’applique à soi, finalement.

Donc même s’il est jeune, s’il a quelques propositions intéressantes, s’il a ouvert le conseil fédéral sur la proposition de Hugues (ce qui justifie son soutien), j’hésite à voter pour lui du bout des doigts, à voter blanc, ou à voter pour Ségura. Elle présente l’avantage du changement plus assumé, porte un projet de rénovation local plus ambitieux, et à l’avantage de ne pas incarner ce que j’estime être les défauts de Ségolène tout en incarnant certaines de ses qualités.
Mais elle aura un conseil fédéral plus hostile, et j’ai toujours peur d’être déçu quand je m’aventure dans la sphère Royal, ses excès, ses incertitudes surtout, y compris dans ce que représentent ses partisans locaux au delà de la « rénovation ». (mot aux mille facettes)

Allez, quelques pronostics, et dès que je rentre, je ne sais pas quand, je met à jour et on saura…

fédé 31 : en bleu le résultat d’hier, en vert les pronos, en rouge les résultats de ce soir et les commentaires.

section :

Hugues Bernard, signataire motion D :17%
Jean-George Lechner signataire motion D: 13%
Sébastien Dénard motions A et C : 44% 64% 62%
Babette Ségura : 26% 36% 38%

département :

Hugues Bernard, signataire de la motion D : 18,3%
Jean-George Lechner, signataire de la motion D : 9,9%
Sébastien Dénard, soutenu par motions A et C : 40,4 % 56% 59,1%
Babette Ségura, motion E : 31,6 % 44% 40,9%

Pronostic premier secrétaire national :

en bleu le résultat d’hier, en vert les pronos, en rouge les résultats de ce soir et les commentaires.

niveau national :

Aubry : 34% 51% 50,5%
Hamon : 23%
Royal : 43% 49% 49,5%

Je pense que le report de Hamon vers Aubry sera assez bon, mais quelques uns resteront chez eux, voire voteront Royal sur des arguments non idéologiques… Mais Aubry va perdre des voix réformistes qui s’étaient portées sur elle. La mobilisation des partisans de Royal encouragés par la médiatisation, la dramatisation, jouera en sa ferveur, je vois moins ça pour Aubry qui a perdu en « pour » et se retrouve « contre » Ségolène. Mais ça devrait passer cependant.

Au niveau fédéral :

Aubry : 30,1% 58% 52,5%
Hamon : 32,7%
Royal : 37,1% 42% 47,5%

Je suis étonné de la différence entre Aubry et Dénard… Une partie significative de la A a donc voté Royal.

Dans ma section :

Aubry : 47, 2% 59% 57,5%
Hamon : 15,3%
Royal : 37,5% 41% 42,5%

Candidats PS : Un choix logique et cohérent est proposé, altéré par de mauvais arguments.

novembre 19, 2008

J’ai vu de nombreuses interventions du congrès de Reims, sur la chaine parlementaire. Au dela des caricatures les gens sont moins faciles à classer. De bons discours, Peillon bien sûr, mais aussi Fabius ou Valls. J’ai vu Martine plus à l’aise mais elle avait été secouée par la performance de Ségolène juste avant, discours parfois suréaliste, mais pas mauvais sur la fin.

Finalement, pas d’alliance, le choix proportionnel sera tranché par le suffrage universel, finalement le scrutin majoritaire que souhaitait Ségolène est là. Il faudra ensuite réussir à articuler la légitimité du vote avec une majorité forcément fragile dans les organes de délibération et d’exécution, quel que soit le vainqueur.

Aujourd’hui, 3 candidats : il me semble que c’est finalement un choix logique et cohérent qui nous est proposé. Chacun incarne une ligne propre dans le parti.

En mai 2008 j’avais analysé les forces en présence au PS. Je maintiens ce diagnostic, je ne m’étais pas trop trompé. Les rénovateurs pragmatiques se retrouvent autour de Ségolène Royal, les reconstructeurs réformistes (ou réformistes politiques) autour de Aubry, et enfin la « gauche du parti », les néo-guesdistes, les lafontainistes et autres radicaux autour de Hamon.

Il y a donc une vraie logique à ces candidatures. Cela aurait presque dû être le choix à faire lors des motions. Mais l’éléments perturbateurs est venu du parasitage par un quatrième groupe identifié alors : les légitimistes conservateurs. En semblant se porter sur Delanoë, ils l’ont, pour une fois, signe encourageant, affaiblis. (bien sûr il y en a dans toutes les motions)

Par contre le jeu de posture est porté par de mauvais arguments :

Je ne suis pas forcément d’accord avec les deux arguments principaux qui sépareraient Aubry de Ségolène : les alliances et un parti de supporteurs. Ce sont pour moi des simplifications qui portent sur des sujets secondaires, même si appuyées sur des visions divergentes. On aura besoin à un moment des voix du centre, n’en faisons pas un enjeux aujourd’hui de notre congrès, et tout le monde est à peu près d’accord sur les modalités.

Quant au parti de militant, il y a une différence entre la conception théorique et la réalité. Quand on voit ce qu’est devenu le PS, dans certains endroits, il est de plus en plus difficile de défendre cette conception du parti de militants, qui est devenu celui de la recherche des postes, de la tactique, d’un parti de militants repliés sur eux-mêmes qui ne parlent qu’aux socialistes et ne combattent que des socialistes… Et de nombreux Ségolénistes que je connais sont de vrais militants.

Donc ce mot d’ordre ne suffit pas si on ne présente pas un projet de rénovation avec.

Idem chez la motion E, tout autant énervant le faux clivage apolitique que tente d’installer Ségolène : les jeunes contre les vieux, le changement contre l’immobilisme. C’est caricatural et insultant… Il y a autour d’elle des pratiques d’un autre âge, et en face une promesse de changement également, le tout est mélé…

Pour autant je ne suis pas dans une logique de choix ultime…

Je ne suis pas dans un manichéisme ou un catastrophisme primaire. De toute façon le parti est dans un tel état qu’un électrochoc est nécessaire, donc même Royal ou Hamon ne serait pas une catastrophe. Rien ne serait pire que l’absence de décision, or les trois candidats incarnent un renouveau.
Certes, Aubry c’est la moindre prise de risque désormais, mais elle doit aussi incarner le changement, sinon cela risque malheureusement de la faire perdre, alors que les gens étouffent…

Maintenant on fait quoi ?

A la fin d’une analyse récente, j’exprimai mes préférences :

-un large regroupement des trois motions réformistes assumées E,D,A, autour d’une personnalité convaincante, comme aurait pu l’être Vincent Peillon

-une alliance AE ou AD, autour d’une personnalité combative, que ce soit Martine Aubry elle-même, Moscovici (s’il n’avait pas choisi si tard ça aurait été mieux) ou encore une autre

Je ne vois pas en effet d’alliance crédible ou cohérente de notre part avec la motion C, et surtout pas dans un front commun basé sur de mauvais arguments. De même je préfererais ne pas avoir à voter pour Ségolène Royal, car c’est aussi l’installer dans un schéma présidentiel…

Donc une candidature Aubry soutenu par Delanoë me va tout à fait.

Si je suis sensible à la volonté rénovatrice, portée plus fort sans doute, et souvent sincèrement, par la motion E, cela ne suffit pas. Il y a des nuances politiques importantes, une vision plus politique et plus économique qui me distinguent de celle-ci.

Par ailleurs un des problèmes qui empêche de toute façon de voter Ségolène est leur attitude passée, et ses déclarations récentes (notre motion est arrivée en tête, on cherche à m’empêcher…) : les Français ont voté pour la candidate PS, ce sont devenu les 17 millions de voix de Ségolène…
Là il en serait pareil : ceux qui pourraient se dire, dans un éventuel second tour, « je choisis Peillon et la rénovation contre un TSS artificiel et conservateur plus que porteur »;or leur choix serait immédiatement dévoyé et comptabilisé parmi les soutiens à la candidature de Ségolène en 2012…

Donc je ne me positionne pas contre un changement, mais pour une ligne assez logique Aubry-Delanoë. Cependant, je pense qu’elle sera encore trop timide sur la rénovation, et donc une alliance avec la E sur un programme de rénovation, de vision du parti, et un candidat de consensus ne m’aurait pas gêné.

Et bien sûr Hugues Bernard au niveau local, pour la motion D et bien au-dela.

L’heure de Reims, les choix difficiles…

novembre 15, 2008

Ségolène est donc candidate.

Je suis un peu déçu. J’espérais en effet la candidature de Vincent Peillon, plus rassembleuse sans être non plus mollement consensuelle comme celle de Dray ou Rebsamen. Je pensais d’ailleurs que après avoir joué à faire peur, au dernier moment il y aurait un accord sur son nom.

Ségolène Royal incarne un changement du parti socialiste. C’est un fait, en discutant un peu avec les gens, électeurs potentiels, l’on s’en rend compte empiriquement : certains disent qu’ils ne voteront pas pour un PS représenté par SR. D’autres au contraire affirment qu’ils revoteront pour le PS si c’est elle la candidate. Et il ne s’agit pas la d’une détermination fonction d’un positionnement gauche radicale-centre gauche… Donc elle est « clivante », elle incarne une part de risque, une part d’opportunité.

Ce changement est-il si profond, est-il absolument positif, absolument négatif, ou plus nuancé ?

J’ai pu faire un bilan de Ségolène Royal, il y a quelques mois, très critique, mais qui se terminait sur une interrogation. Je fais parti des gens qui ont envisagé soutenir Ségolène en 2006 avant de choisir DSK. J’ai été un déçu du ségolénisme, en lequel je sentais des pistes intéressantes.

Après une très grosse déception pendant et après la présidentielle, je constate qu’il y a du mieux ces derniers mois, même si de nombreux éléments génants de sa stratégie politique continuent de me gêner.

Il y a dans sa motion des mouvements propices à la rénovation des pratiques, à un positionnement de gauche mais social-démocrate. Le problème est que autour d’éléments stables et intéressants se greffent des propositions ou des postures changeantes ou contradictoires. C’est le cas de toutes les motions, mais là les polarités sont plus fortes.
Si seulement ils arrivaient à reconnaitre des erreurs, on pourrait discuter plus sereinement.

Aujourd’hui elle présente sa candidature. Elle assume donc le bras de fer, l’affrontement plutôt qu’un rassemblement factice avec Dray ou un candidat de consensus (mais dangereux ensuite pour elle ?) qu’aurait été Peillon. C’est plutôt courageux. En effet le risque est de créer une réponse, de perdre face aux militants…

Mais c’est sans doute finement joué : si elle ne prend pas le parti aujourd’hui, même avec un proche à la tête du PS, sans majorité absolue au conseil fédéral, elle n’aura pas gagné grand chose. Or elle doit convaincre par l’action les sceptiques qu’elle a changé, qu’elle est opérationnelle.

Et sans doute se dit-elle qu’elle peut l’emporter : on voit déjà un front anti-Royal assez décrédibilisé chez les sympatisants… Et assez largement chez les militants aussi qui n’accepteront sans doute pas ce contournement assez artificiel du nouveau courant majoritaire.

Car en effet l’accord anti-Royal serait assez factice. Les deux arguments présentés m’incitent plutôt à la soutenir tant ils me paraissent ridicules.

pas d’alliance avec le modem par principe ? Dans toutes les motions, y compris la pure C, des gens ont conclu ce type d’arrangements. Et finalement toutes les motions, sauf la C plus radicale, partagent une même position, emballée différemment, qui est celle que j’avais exposée dans ma réflexion sur les relations modem-PS. Une position critique et prudente, mais ouverte si le modem décide de choisir entre la gauche et la droite.

-un parti de militants plutôt qu’un parti de supporteurs ? C’est insultant pour les partisans de la motion E, j’en connais quelques-uns, ils ne sont ni moins intéressants, ni moins politiques, ni moins attaché à faire entendre leur voix. (il y a aussi, plus nombreux peut-être, des affectifs, des survoltés, attachés à une personne ou à un charisme, d’où l’accusation) De même dans toutes les motions il y a des habitués, les affectifs, les légitimistes suiveurs d’élus… C’est ça un militant plutôt qu’un supporteur ? Ou plutôt ça un parti de militants qu’il faut préserver, vu lors du dernier congrès fédéral ?

Plus largement, ce qui est critiqué, c’est la volonté de renoncer à la proportionnelle, qui devrait pourtant être rationnalisée je pense, ou de présidentialiser le PS.

Mais bon concrètement, au dela des slogans, est-ce qu’il n’y a pas d’autres lignes de clivages plus pertinentes au PS ? Entre les réformistes et Hamon ? Entre le vieux parti conservateur et une volonté de rénovation des pratiques et des idées ? (ce clivage ne reflète pas exactement les motions) Entre les rénovateurs pragmatiques incarnés par Ségolène, et les réformistes politiques incarnés par Aubry et Delanoë ?

Bref, elle se dit donc qu’elle peut l’emporter.

Tout dépend du choix qui est proposé. Elle gagnera probablement sur des bases politiques contre Hamon. Cela sera plus difficile contre Martine Aubry, mais Hamon persiste dans sa candidature. Delanoë lui, se tait.Après s’il y a un deuxième tour…
Tout ceci est encore brouillé au niveau local par les configurations : en Haute-Garonne la motion D s’est construite plutôt en opposition à la motion A, et ceci a été confirmé par l’accord fédéral CA.

Bref, insoluble à partir du moment ou Ségolène pose sa candidature ?

Le problème reste la blessure de la présidentielle, avec Ségolène, je ne sais pas s’il faut la dépasser aujourd’hui… En même temps nous ne choisissons pas là un candidat à l’élection présidentielle, donc le problème de personne est moins pregnant.

Pour résumer, quelle configuration pourrait me convenir actuellement ?

Je lie, par cohérence, le contrat d’alliance au conseil national et la candidature au premier secrétariat national.

Deux propositions m’auraient agréées : (au moment grave et solennel, retrouvons des mots choisis)

-un large regroupement des trois motions réformistes assumées E,D,A, autour d’une personnalité convaincante, comme aurait pu l’être Vincent Peillon

-une alliance AE ou AD, autour d’une personnalité combative, que ce soit Martine Aubry elle-même, Moscovici (s’il n’avait pas choisi si tard ça aurait été mieux) ou encore une autre

Je ne vois pas en effet d’alliance crédible ou cohérente de notre part avec la motion C, et surtout pas dans un front commun basé sur de mauvais arguments. De même je préfererais ne pas avoir à voter pour Ségolène Royal, car c’est aussi l’installer dans un schéma présidentiel…

Maintenant s’il faut choisir entre les deux configurations que je souhaite éviter, je ne sais pas encore.