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L’heure de Reims, les choix difficiles…

novembre 15, 2008

Ségolène est donc candidate.

Je suis un peu déçu. J’espérais en effet la candidature de Vincent Peillon, plus rassembleuse sans être non plus mollement consensuelle comme celle de Dray ou Rebsamen. Je pensais d’ailleurs que après avoir joué à faire peur, au dernier moment il y aurait un accord sur son nom.

Ségolène Royal incarne un changement du parti socialiste. C’est un fait, en discutant un peu avec les gens, électeurs potentiels, l’on s’en rend compte empiriquement : certains disent qu’ils ne voteront pas pour un PS représenté par SR. D’autres au contraire affirment qu’ils revoteront pour le PS si c’est elle la candidate. Et il ne s’agit pas la d’une détermination fonction d’un positionnement gauche radicale-centre gauche… Donc elle est « clivante », elle incarne une part de risque, une part d’opportunité.

Ce changement est-il si profond, est-il absolument positif, absolument négatif, ou plus nuancé ?

J’ai pu faire un bilan de Ségolène Royal, il y a quelques mois, très critique, mais qui se terminait sur une interrogation. Je fais parti des gens qui ont envisagé soutenir Ségolène en 2006 avant de choisir DSK. J’ai été un déçu du ségolénisme, en lequel je sentais des pistes intéressantes.

Après une très grosse déception pendant et après la présidentielle, je constate qu’il y a du mieux ces derniers mois, même si de nombreux éléments génants de sa stratégie politique continuent de me gêner.

Il y a dans sa motion des mouvements propices à la rénovation des pratiques, à un positionnement de gauche mais social-démocrate. Le problème est que autour d’éléments stables et intéressants se greffent des propositions ou des postures changeantes ou contradictoires. C’est le cas de toutes les motions, mais là les polarités sont plus fortes.
Si seulement ils arrivaient à reconnaitre des erreurs, on pourrait discuter plus sereinement.

Aujourd’hui elle présente sa candidature. Elle assume donc le bras de fer, l’affrontement plutôt qu’un rassemblement factice avec Dray ou un candidat de consensus (mais dangereux ensuite pour elle ?) qu’aurait été Peillon. C’est plutôt courageux. En effet le risque est de créer une réponse, de perdre face aux militants…

Mais c’est sans doute finement joué : si elle ne prend pas le parti aujourd’hui, même avec un proche à la tête du PS, sans majorité absolue au conseil fédéral, elle n’aura pas gagné grand chose. Or elle doit convaincre par l’action les sceptiques qu’elle a changé, qu’elle est opérationnelle.

Et sans doute se dit-elle qu’elle peut l’emporter : on voit déjà un front anti-Royal assez décrédibilisé chez les sympatisants… Et assez largement chez les militants aussi qui n’accepteront sans doute pas ce contournement assez artificiel du nouveau courant majoritaire.

Car en effet l’accord anti-Royal serait assez factice. Les deux arguments présentés m’incitent plutôt à la soutenir tant ils me paraissent ridicules.

pas d’alliance avec le modem par principe ? Dans toutes les motions, y compris la pure C, des gens ont conclu ce type d’arrangements. Et finalement toutes les motions, sauf la C plus radicale, partagent une même position, emballée différemment, qui est celle que j’avais exposée dans ma réflexion sur les relations modem-PS. Une position critique et prudente, mais ouverte si le modem décide de choisir entre la gauche et la droite.

-un parti de militants plutôt qu’un parti de supporteurs ? C’est insultant pour les partisans de la motion E, j’en connais quelques-uns, ils ne sont ni moins intéressants, ni moins politiques, ni moins attaché à faire entendre leur voix. (il y a aussi, plus nombreux peut-être, des affectifs, des survoltés, attachés à une personne ou à un charisme, d’où l’accusation) De même dans toutes les motions il y a des habitués, les affectifs, les légitimistes suiveurs d’élus… C’est ça un militant plutôt qu’un supporteur ? Ou plutôt ça un parti de militants qu’il faut préserver, vu lors du dernier congrès fédéral ?

Plus largement, ce qui est critiqué, c’est la volonté de renoncer à la proportionnelle, qui devrait pourtant être rationnalisée je pense, ou de présidentialiser le PS.

Mais bon concrètement, au dela des slogans, est-ce qu’il n’y a pas d’autres lignes de clivages plus pertinentes au PS ? Entre les réformistes et Hamon ? Entre le vieux parti conservateur et une volonté de rénovation des pratiques et des idées ? (ce clivage ne reflète pas exactement les motions) Entre les rénovateurs pragmatiques incarnés par Ségolène, et les réformistes politiques incarnés par Aubry et Delanoë ?

Bref, elle se dit donc qu’elle peut l’emporter.

Tout dépend du choix qui est proposé. Elle gagnera probablement sur des bases politiques contre Hamon. Cela sera plus difficile contre Martine Aubry, mais Hamon persiste dans sa candidature. Delanoë lui, se tait.Après s’il y a un deuxième tour…
Tout ceci est encore brouillé au niveau local par les configurations : en Haute-Garonne la motion D s’est construite plutôt en opposition à la motion A, et ceci a été confirmé par l’accord fédéral CA.

Bref, insoluble à partir du moment ou Ségolène pose sa candidature ?

Le problème reste la blessure de la présidentielle, avec Ségolène, je ne sais pas s’il faut la dépasser aujourd’hui… En même temps nous ne choisissons pas là un candidat à l’élection présidentielle, donc le problème de personne est moins pregnant.

Pour résumer, quelle configuration pourrait me convenir actuellement ?

Je lie, par cohérence, le contrat d’alliance au conseil national et la candidature au premier secrétariat national.

Deux propositions m’auraient agréées : (au moment grave et solennel, retrouvons des mots choisis)

-un large regroupement des trois motions réformistes assumées E,D,A, autour d’une personnalité convaincante, comme aurait pu l’être Vincent Peillon

-une alliance AE ou AD, autour d’une personnalité combative, que ce soit Martine Aubry elle-même, Moscovici (s’il n’avait pas choisi si tard ça aurait été mieux) ou encore une autre

Je ne vois pas en effet d’alliance crédible ou cohérente de notre part avec la motion C, et surtout pas dans un front commun basé sur de mauvais arguments. De même je préfererais ne pas avoir à voter pour Ségolène Royal, car c’est aussi l’installer dans un schéma présidentiel…

Maintenant s’il faut choisir entre les deux configurations que je souhaite éviter, je ne sais pas encore.

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Pourquoi finalement je vote la motion A (blaguounette)

novembre 5, 2008

Bien sûr, la motion de Martine Aubry incarne un dépassement intéressant des anciens clivages, un réformisme qui ne se résigne pas, une vision qui accepte d’évoluer dans ses réponses, mais ne sombre pas dans une pseudo-modernité qu’on lui imposerait. Cette motion avait, mieux que d’autres, su anticiper la crise financière dans ses réflexions.

Certes il y a eu des réflexions de fond, du travail, une nouvelle démarche sans doute nécessaire, notamment au niveau local, avec une volonté forte de remettre la fédé en état de marche sur le fond et sur les méthodes.

Effectivement, sa venue à Portet à été une réussite, beaucoup de monde, de l’envie, un discours consistant et équilibré, une vision claire mettant en scène le changement au PS.

Enfin, oui, ses représentants locaux, Cathy Lemorton bien sûr, mais aussi Joël Carreiras, Etienne Morin, Hugues Bernard, et beaucoup d’autres, sont souvent intéressants et porteurs d’avenir.

***

Mais pourtant après toutes ces victoires locales, ne faut-il pas récompenser la continuité tranquille? François Hollande est plein d’humour, c’est un bon militant, il a réussi à éviter l’explosion du parti. Donc la continuité n’est peut être pas une mauvaise chose. Y compris au niveau local, nous avons gagné les élections, en fait tout va bien.

Et puis tous ces élus de Haute-Garonne qui ont signé la motion A, notamment ceux qui ont le plus d’expérience, cela veut bien dire qu’elle a une valeur que nous ne pouvons voir, nous simples militants.

Et puis comme je fais le pronostic que la motion A sera majoritaire, et que j’ai une ambition pour des places, je peux bien mettre les principes de côté, et finalement signer cette motion. Je serai plus tranquille après, les pressions amicales permanentes m’ont fatiguées…

Voila c’est fait. Certains seront déçus par mon revirement, trahir mes paroles et la confiance que l’on a mise en moi, mais après c’est une marque de courage, je me donne le beau rôle de celui qui fait le choix de suivre.

😉

Bon, c’était une blague…

Je voterai bien la motion AUBRY demain.

Appel à la mobilisation

Allez Mosco, elle t’attend !

septembre 21, 2008

Commentaire publié sur le blog de Pierre Moscovici, après le message où il pose la question de la suite, déjà près de 700 commentaires !

Une motion, ou une alliance (et laquelle?)

Il y a plusieurs paramètres : (l’alliance avec la motion de gauche radicale du parti étant exclue)

-la cohérence idéologique : sur le fond, difficile de trouver une ligne plus proche que les autres. Chacun des trois agglomère des différences tout en étant réformistes et européens, et Delanoë et Royal ont varié dans leur discours depuis quelques mois.
Pour celle-ci il faudrait oublier quelques errements de la campagne présidentielle et une vision moins politique que pragmatique…

– la vision politique : Delanoë parait le plus présidentialiste désormais, et le plus conservateur (Hollande+Ayrault, c’est terrible…). A éviter me semble-t’il à ce stade.
Ségolène a fait un pas, mais vers un magma consensuel plus que vers une majorité de rénovation profonde.
Aubry semble moins présidentialiste, la démarche est celle qui était partagée par Pierre depuis un moment. Malgré la présence marginale de fabiusiens (recentrés qui plus est) cela me parait être la voie à suivre.

– troisième calcul, stratégique : Moscovici seul va difficilement dépasser les 5% me semble-t-il (vote utile..) Il peut servir de force d’appoint, mais cela peut aussi handicaper Aubry, si de son fait elle n’était pas la première des motions. Lui-même ne souhaite pas encourager la prafmentation des motions.
A jauger..

Je pense que le mieux serait une alliance avec Aubry, car c’est dans la continuité des discussions, car elle le souhaite, car c’est ce que souhaite Besoin de gauche en majorité me semblet-il ! Pierre, n’oublie pas ce point important. (chez SD, même si des débats ont encore lieu, et encore plus chez RM)

C’est aussi l’occasion de peser plus dans cette alliance, de remettre les fabiusiens à leur juste place de partenaires reconstructeurs.

Cela peut lancer une dynamique, réunifier SD, permettre de mettre réellement le parti au travail collectivement, avec la solution la moins présidentialiste.
Pierre peut envisager de diriger les conventions de travail, ou être celui qui dirigera l’organisation de la primaire de désignation. Un rôle important, une garantie pour que le parti ne se fige pas.

Pour lui comme pour nous collectivement, cela me semble la meilleure solution.

Présentation fédérale des contributions à Toulouse : compte rendu de l’intérieur !

septembre 16, 2008

Cette période est quand même intéressante au PS.

Cela ne correspond pas à l’image véhiculée par le parti, par les médias, aux préjugés ou visions parcellaires des uns et des autres.

Et donc non, je n’ai pas peur lorsque je me rend dans une réunion, de prendre une balle perdue. Mieux, en ce moment c’est souvent intéressant, vivant, instructif, encourageant. Cela contraste avec les réunions normales, notamment dans de petites sections où parfois il ne se passe pas grand chose… (j’ai quelques idées là dessus qu’il faudra que je développe un de ces jours) Petit bémol, les camarades qui s’obstinent à fumer dans l’arrière salle à la fédé, c’est assez désagréable, même si c’est de moins en moins répandu.

Donc en ce moment, les contributions sont défendues en section, parfois par un « local », parfois par un « représentant » extérieur à la section, un « gars de la fédé ». Puis il y a des interventions subtilement (ou pas…) subjectives de la salle, avant réponses.

Et on trouve là des logiques politiques, des idées, des analyses, des propositions, des stratégies, des indignations, des incantations, de la fougue. Ca fourmille… Bon il faut aussi parfois se taper de la langue de bois, du discours formaté légitimisto-conservateur,  des orateurs  un  peu mous, d’autres un peu exités, des catalogues à la prévert, des « listes au père Noël » (copyright CV)…

En tout cas en section, 4 motions défendues devant une trentaine de personnes, comme à la fédé, 12 motions devant 150, j’ai assisté à deux débats de qualité, vivants, avec des idées et de la conviction, bien loin de l’image amorphe et déprimée qu’on peut avoir de loin… (ce qui ne veut pas dire que nous n’avons pas un avis critique et sévère sur certains aspects de nous-même)

Interventions royalistes : La nouvelle stratégie a été bien relayée. Un nouveau discours consensuello-hollandiste un peu étonnant venant de désir d’avenir,  » nous sommes majoritairement d’accord, il ne serait pas logique que ceux qui pensent pareil soient sur des motions différentes ». Presque décevant, c’était finallement leur force, de cliver, mais au moins d’apporter quelques idées différentes, de tenter de bousculer. Mais une prestation plutôt réussie.

En section, il subsistait quelques éléments plus intéressants :
élargir notre base aux sympatisants, élargir nos alliances, méthode contributive, internet, décentralisation, non cumul des mandats…

La dite « gauche du PS », est intervenue de manière éclatée, tout en mettant en scène ses rapprochements dolezo-mélanchoniens, hamono-lienemaniens… Filocho-filochiens… On naviguait de manière flagrante entre le discours de Buffet prononcé le jour même, et celui de Besancenot, mais sans la logique de son positionnement, pour la filochienne (avec un beau lapsus un peu inquiétant, au milieu d’une litanie de promesses : « démocratic… euh, démographiquement, c’est possible »)

Un discours plus opérationnel, chez Hamon, « l’offre politique sociale-libérale a amené 13 défaites consécutives en Europe, l’avenir du PS ne doit pas être le passé de la gauche européenne », grand parti de la gauche, le PS n’attire plus notamment les classes populaires… Quelques propositions intéressantes à prendre en compte.

Chez Mélanchon, c’était plus « le nouvel ordre mondial dirigé par les Etats-Unis d’Amérique », les alliances à gauche toute, la traitrise du parti sur le traité de Lisbonne, empêcher la dérive démocrate du PS ». Mais aussi des choses intéressantes : « Parler du fond, c’est parler des ressemblances et des divergences, il faut politiser plutôt que pipoliser le congrès ». Pas mal applaudi par les autres contributions proches de lui quand il a appellé à une motion commune de la gauche du PS, ce que semblent vouloir les militants.

Quelques présentations plus iconoclastes aussi, comme le texte dadaïste de utopia, prestation théâtrale et drôle, avec quelques trâmes de fond importantes, « contre religion de la croissance, de la consommation, contre la valeur travail, pour déconstruire le système capitaliste ». Ou encore le texte transversal, utile et heureusement de plus en plus partagé du pôle écologiste du PS. « une société de connaissance stimulée par le principe de précaution. »

La présentation Besoin de gauche. En section Christophe était plus fidèle à la contribution Moscovici-Montebourg (donc ici Carreiras-Lemorton-Morin notamment), à la fédé Hugues était déjà dans une projection d’un rassemblement plus large.

Ce que j’ai particulièrement apprécié en section, c’est que notre orateur s’est véritablement emparé de l’occasion pour défendre des idées sur le fond de manière exigeante, passionnée, et c’est pas évident dans ce genre d’exercices : non-cumul des mandats, construction politique européenne, égalité réelle, politique économique crédible contre certains lieux communs démago…
Contre l’immobilisme qui a caractérisé ces dernières années notamment au niveau local, contre un présidentialisme vain et stérilisant (personne n’est en position de s’imposer, il y a un congrès de désignation dans trois ans, cela userait le présidentiable dans les conditions actuelles) mais pour un collectif de travail, de remobilisation, de remise en marche pour bien préparer le parti et le futur candidat.

Hugues a prolongé cela, insistant sur la nécessité d’une nouvelle majorité, d’une rupture avec les années Hollande, sur le retard pris. Pour une mise au travail avec des rdv militants pour clarifier nos positions, des possibilités de referendum locaux internes.
Il a insisté sur la régulation nécessaire du marché, estimant que certains camarades étaient allés trop vite sur les vertues de la main invisible. Il a invité à faire de l’égalité réelle un socle de l’ascenseur social, y compris par des mesures proches de la discrimination positive (notamment en matière sociale ou culturelle, donner plus à ceux qui ont moins). Il a enfin appellé à la fin des synthèses molles, mais à la poursuite de l’ouverture de discussions exigeantes, volontaires, novatrices pour une motion élargie sur la base des discussions des reconstructeurs. (RM, Aubry, SD, Fabius, Ligne claire, pôle écologiste)

Beau succès en terme d’applaudissement, sans doute les plus enthousiastes de la soirée, même si une partie récompensait sans doute la gouaille et l’énergie contagieuse de Hugues. [comme il dit, je paye ma cotise, ce n’est pas en plus pour m’emmerder (et emmerder les autres)… Bien sûr les mélanchoniens préfèrent les discours à froid, rationno-rationnels, sérieux et virulents dans le ton car on n’est pas là pour rire… 😉 ]

Les Fabiusiens ont présenté une vision intéressante, à la fois exigeante, fouillée, fournie en idées parfois faciles mais souvent pertinentes. Un recentrage est sensible dans le ton. « L’occident n’est plus qu’un pôle parmi d’autres, libéralisme économique aggrave les déséquilibres, capitalisme financier… » « La sociale-démocratie traditionnelle est en difficulté alors qu’elle a tant apportée ».

Une phrase en forme d’appel ? « Le besoin de gauche est réel ».

Pour Delanoë :

Le représentant de François Hollande, après un discours sans aspérités, ni audace (une soupe consensuelle diraient certains verbes un peu plus tranchants que moi), s’est placé clairement dans l’alliance qui se dessine, par un magnifique lapsus en terminant sa lecture qui a bien fait rire la salle : « Donc voila ce qu’est le programme de Bertrand… euh François » Le mal était fait…

Le représentant de Delanoë a proposé un diagnostic intéressant, comme beaucoup d’autres dans la soirée mais sans doute le mieux présenté, presque à la limite du cours. Analyse, puis catalogue de propositions larges reprises du pacte présidentiel souvent. Vision assez classique qui n’effarouchera pas le ventre mou du parti.

Egalement quelques principes : « La confrontation à la réalité ne doit pas nous faire perdre de vue nos aspirations sociales. Le monde change, nos moyens d’agir doivent changer, dépasser le national. » En section comme en fédé, ils ont affirmé le refus de toute alliance avec le modem. (même si Bertrand est une fois de plus, plus ambigü)

En section la présentation était plus politique, avec des éléments intéressants : « Il ne faut pas un congrès de transition, sans majorité viable, mais un congrès d’action avec une direction opérationnelle. »
« Bertrand Delanoë, lui, a travaillé à La Rochelle, n’était pas dans les lieux où il fallait être vu, c’est une éthique… » Cohérence, clarté, même discours au pouvoir et dans l’opposition… Héritier d’une histoire, de Jospin. Faire respecter les décisions, et refaire des instances des lieux de délibération.

Sans doute les delanoetistes sont-ils un peu décontenancés. Alors qu’au niveau local ils rassemblent sous signature la direction fédérale sortante, la plupart des parlementaires, le maire de Toulouse, la direction du conseil général… ils semblent loin d’avoir la même suprématie chez les militants. Y compris dans leurs rang, la dynamique s’est tassée.

Et lorsque l’autre jour, l’un d’entre eux a laissé échapper dans une discussion informelle, « il serait scandaleux que Pierre Cohen soit minoritaire dans sa propre ville » , les militants ont réagi vivement. Ce n’est sans doute un argument ni pertinent (sinon à quoi bon voter en interne si les élus donnent chacun le la dans leur collectivité) ni bien reçu.

Enfin, pour Martine Aubry, des idées là encore très intéressantes, générales mais articulées autour de propositions (pour beaucoup issues du pacte présidentiel, ou partagées avec d’autres, il y a une cohérence dans le parti) « Une forme de continuité mais aussi une projection vers le XXIeme siècle, citoyenneté, vision du travail tout au long de la vie, pas seulement plus de moyens mais repenser les choses, valeurs socialistes mais désir de vérité et de crédibilité. »

« Ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous divise. » « Réalisme oui, fatalité non… » « Nous, socialistes européens… » Les propositions pour le parti ressemblaient beaucoup à celles de Besoin de gauche : majorité forte de travail, trancher des questions en interne, parti-réseau…

Enfin, ce n’est pas aux sondages de dire qui sera un secrétaire de transition ou pas, le premier secrétaire ne sera pas présidentiable pour l’instant car il a d’abord un autre boulot à réussir, il ne doit pas mettre le parti à sa botte, mais se mettre au service du parti et du collectif.

Quelques points d’analyse :

Quelques points de divergences entre les grandes motions, faut-il présidentialiser ou pas, rejet d’emblée d’une alliance avec le Modem ou pas, des grandes primaires pour choisir le prochain candidat ou pas. Des nuances dans les orientations politiques, dans les propositions concrètes. Des positionnements différents, continuation pour certains, renouveau pour d’autres…

Mais aussi des diagnostics largement partagés, et pas seulement sur l’opposition à Sarkozy, mais aussi sur l’état profond de la société; de nombreuses propositions communes, souvent intéressantes, y compris dans des domaines qui ont fait clivage. Il y a une cohérence, même si l’aile radicale est clairement différenciable de l’aile réformiste, et si dans celle-ci subsistent des différences de conception politique, de vision tactique, de culture et de personnes qui justifient je pense des propositions alternatives.

Sans doute Fabius se situe t-il dans les idées médianes (si on prend les plus clivantes), alors que Aubry est proche du coeur majoritaire potentiel du parti (idées pondérées par le nombre)… Delanoë et Ségolène ont brouillés leur positionnement, et Besoin de gauche incarne le dynamisme prêt à se mobiliser pour rénover.

On voit bien là que le hollandisme est un immobilisme sympatique mais contagieux… Alors qu’il y a quelques mois chacun pouvait incarner un renouveau, maintenant il a sclérosé Delanoë, puis consensualisé Royal…

Finalement le légitimisme que certains anticipaient pourrait être moins fort : les ségoléniens les plus convaincus sont toujours là finalement, on le voit en section, les réactions des incertains sont plus partagées…

Cela laisse une marge à Besoin de Gauche, à Aubry, pour faire respirer le parti, si on sait saisir l’opportunité, si on est exigeants, ouverts, travailleurs et pas seulement comptables et tactiques.

« Le PS va sortir par le haut de ses divisions »

août 31, 2008

Voici une parole de Bertrand Delanoë qui me plait.

Est-ce une espérance, un engagement, une prévision, une prédiction ?

Vu de loin, l’université d’été de La Rochelle semble passablement confuse

J’ai déjà fréquenté le lieu, et je sais que beaucoup de choses se passent aussi à l’intérieur. Il y a des débats d’une grande qualité, des discussions acharnées, des interventions brillantes, des rencontres intéressantes.

Mais, et particulièrement en période de congrès, il y a aussi les salles annexes où l’on réunit ses partisans, les cafés où l’on fait quelques confidences aux journalistes, les restaurants où l’on se montre. (voir les comptes rendus en direct d’Abadinte cette année)

La situation est mouvante, et on ne comprend plus rien. Mais laissons décanter, cinq minutes au four, un peu de fromage et tout devrait passer.

Globalement on peut penser que quatre forces, quatre mouvances incertaines, se confrontent.
Il s’agit là en quelque sorte d’une réactualisation du panorama que j’avais tracé il y a quelques mois, je ne m’étais pas trop trompé. Est-ce que mes scénarios pour la prise du PS sont toujours valables ?

-la mieux identifiée, celle batie autour de Ségolène Royal, qui s’incarne avant tout à travers sa personne. Elle porte une volonté de rénovation certaine des idées comme des structures. Mais cela va parfois trop loin, trop vite, dans tous les sens, cela perd en cohérence, en exigeance… Et cela reste un projet charismatique autour d’une personne, obstinée et combative, mais avec des défauts maintenant connus.

Elle paraît affaiblie, seule, même si elle concerve sans doute un socle de militants fidèles. En Haute-Garonne, je ne pense pas qu’elle joue les premiers rôles.

– Autour de Delanoë se structure un autre groupe. Il a lancé le plus tôt, et de la manière la plus classique, sa préparation. Se présentant comme le rempart anti-Royal, il a agrégé des soutiens nombreux, mais sans réussir à lancer une réelle dynamique victorieuse. Quelques strausskahniens l’ont rejoint, notamment Michel Rocard.

Il fait un candidat sérieux, ambitieux, intéressant. Mais là encore, comment envisager un parti gouverné par un des principaux présidentiable, sans qu’il n’ait de large majorité derrière lui ?
Comme Ségolène, il a le sens de la médiatisation, de la personnalisation. Il a d’ailleurs louvoyé longtemps, avant d’annoncer une décision attendue. (il avait pourtant laissé entendre, au moment de son Zénith, qu’il ne tiendrait ce rôle que si une coalition large le portait)

Par ailleurs, d’autres éléments me laissent plus sceptiques, que ce soit une manière un peu classique de faire de la politique, avec notamment le soutien très tôt de très nombreux dirigeants locaux. Cette tendance à incarner la ligne conservatrice légitimiste, renforcée actuellement par le soutien de Hollande, n’est pas des plus engageante. Quant aux idées, elles sont fournies, solides, mais aussi mouvantes et parfois encore trop ampoulées, calculées, sages.

En Haute-Garonne, il peut être majoritaire, largement au niveau des équipes dirigeantes en tout cas (parlementaires, fédération, conseil général, maire de Toulouse). Cependant une telle avance dans les urnes face aux militants parait peu probable.

Une ligne dite de « gauche du PS » subsiste, mal à l’aise dans ce parti social-démocrate, avec un socle important, mais mal exploité : divisés (Hamon et Emmanuelli ne souhaitent pas de motion avec Mélanchon), ils hésitent entre affirmation et tractation avec Fabius ou Aubry par exemple. Ils portent peu de réponses nouvelles, mais soulèvent des questions intéressantes.

– Enfin, le groupe de ceux qui ne veulent pas, idéologiquement, de Ségolène, ni de la gauche du parti, mais qui ne se reconnaissent pas non plus dans l’alliance autour de Delanoë, soit car ils ont un meilleur candidat, soit par nuance d’idées, soit par refus de la présidentialisation du parti.
Ce groupe, initiallement plutôt « contre », a trouvé une cohérence autour du travail et de la réflexion de Pierre Moscovici d’une part, soutenu par SD et RM, et par la perspective plus large qu’incarne Martine Aubry.

A ceux-là s’agrègent Les grands élus (qui incarnent une dimension territoriale et décentralisatrice à la fois intéressante et à risque) de la Ligne claire, et le pôle écologique, qui viennent d’apporter leur soutien à Perre Moscovici.

Localement, Rénover Maintenant a des bases fortes, et sur Toulouse SD est bien implanté. Avec le regard critique sur la direction actuelle de la fédé, (on peut le lire dans les résultats de la consultation sur les sénatoriales par exemple) cela peut potentiellement être une motion majoritaire.

Il serait dommage que Pierre Moscovici et Martine Aubry n’arrivent pas à s’entendre, mais plus encore que la solution trouvée soit incohérente.

Sans doute sur le fond, (quelle gauche pour demain, dans quelle Europe et quel monde), les uns et les autres ont évolués et on peut construire ensemble. Mais les questions stratégiques posées ne sont pas anodines : présidentialisation du parti, place des fabiusiens, cohérence idéologique (je ne vois pas ce que viendrait faire Hamon dans une motion commune par exemple).

Il serait également dommageable que le courant ne sache pas se réunir, prendre des décisions collectives et les respecter, et qu’au niveau national on ne tienne pas compte des efforts déjà fournis au niveau local.

Il y a des discussons nouvelles, des réflexions de fond intéressantes. Nous sommes à un tournant du parti et de la gauche européenne, et donc on peut sortir des schémas du passé. J’ai donc beaucoup d’espoir en ce bouillonnement, notamment autour de Mosco-Montebourg-Aubry. Fabius pourquoi pas, de manière marginale, si sa nouvelle doctrine est compatible.

Moscovici prend de l’ampleur, il pourrait être un bon premier secrétaire, qui ne préparerait pas les présidentielle pour lui. Alors, sans doute Aubry fairait-elle un plus gros score (mais est-ce le seul objectif d’une motion ?), mais si c’est au prix d’une nouvelle synthèse fourre-tout…

Mais pour l’instant j’avoue ne pas trop comprendre… Nous avons un peu perdu prise sur les évènements, comme si cela se passait maintenant là-haut, dans un combat aérien… Bien sûr nous reprendrons la main au moment du vote, mais d’ici là…

J’écrirai à nouveau dessus lorsque j’y verrai un peu plus clair.

Le congrès du PS se dessine tendrement…

août 2, 2008

En effet, déclarations et rencontres discrètes succèdent aux lettres enflammées, alors que les ébauches se teintent lentement de mélanges exquis de couleurs politiques (on reste bien sûr dans les tons roses…)

Ainsi, voici une lettre de Jean-Christophe Cambadelis (cf infra) que j’ai trouvée intéressante. Elle résume beaucoup de choses, présente les enjeux. On peut aussi renvoyer aux fréquents messages de Pierre Moscovici sur son blog.

Tout cela va dans le bon sens, d’une construction progressive d’une alliance cohérente et solide, fondée sur des accords de fond et de stratégie.

On peut sentir depuis le début quelques différences dans l’approche entre les deux personnages. Pourtant, j’ai toujours pensé que c’étaient deux facettes d’une même démarche, qu’il y avait débat voire entente, et non conflit. Cela nous permet de naviguer entre plusieurs stratégies, nous avons le choix, ce qui est un luxe appréciable.

Concrètement, Moscovici n’envisage pas vraiment que Fabius, même si on peut discuter, intègre cette majorité éventuelle. Cambadelis souhaite ne pas ostraciser Fabius, ce qui le pousserait à rejoindre et consolider l’aile gauche du PS. Je suis partagé, je pense qu’il faut savoir réduire les schismes du passé, discuter avec tous. Pour autant, la majorité doit être cohérente, et pour le moment je ne pense pas que les fabiusiens y aient leur place.

Je réïtère ma prudence vis à vis de Delanoë, même si j’apprécie plutôt le personnage, je pense qu’il peut être bon que des choix alternatifs s’affrontent : on n’est plus dans une configuration soupe réformiste contre marginalité gauchiste. Non, des alternatives réformistes doivent s’opposer et proposer dans le parti.

Or Delanoë c’est une conception du parti parfois un peu ancienne, des idées encore fluctuantes et mal définies, et, sous un verni artificiel, souvent assez classiques. Enfin c’est une stratégie personnelle, et des soutiens hétérogènes, parfois légitimistes et conservateurs, parfois plus intéressants.

Enfin il faut prolonger la démarche AU NIVEAU LOCAL : il y a des candidats à proposer pour les fédés, des programmes de rénovation de celles-ci, des alliances à définir, y compris ensuite pour les élections à venir (régionales notamment). Au boulot.

Cher(e) Ami(e), Cher(e) Camarade,Franchement je vous le dis, je suis très satisfait par la signature de la déclaration commune de Martine Aubry, Marilyse Lebranchu, Pierre Moscovici et Arnaud Montebourg. j’y ai beaucoup travaillé, cela a été plus facile que je ne le pensais.

Franchement, je suis satisfait par cette démarche partagée qui est une bonne nouvelle face à la fragmentation en cours au PS. Satisfait parce qu’elle se propose de changer le PS pour changer la France. Satisfait parce que le dessein d’un socialisme moderne, d’une Europe politique, du retour des valeurs est enfin au coeur d’une volonté de rassemblement. Je suis convaincu que ces idées sont majoritaires chez les militants du P.S.

Voilà ! Après que nous ayons initié le manifeste de Socialisme et Démocratie, conclu un contrat politique avec Arnaud Montebourg, adopté à l’unanimité le 18 mai notre démarche pour le congrès et porté nos principes lors de la réunion des Reconstructeurs du 1er juin, nous avons aujourd’hui un début de réalisation concrète et partagée

Notre démarche est ouverte; elle est pratiquée dans la clarté, la cohérence et le refus des anathèmes. Elle est un état d’esprit qui refuse la présidentialisation du Parti, qui veut rompre avec les synthèses informes et l’immobilisme; Mais surtout qui souhaite construire un nouveau Parti Socialiste; un PS au travail qui répond et redonne l’espoir. Un PS qui oeuvre à des primaires aussi ouvertes que le permettent les discussions avec nos partenaires.


Ni les amis de Bertrand Delanoë, ni ceux de «Ligne claire», ni même Laurent Fabius ne sont dans ce premier regroupement. Des convergences sont visibles avec certain, pour d’autres des discutions ont eu lieu ou doivent avoir lieu.

Nous devons travailler avec ceux qui partagent vraiment notre démarche à «un pacte de travail» basé sur la confiance, où chacun sera à égalité de droits et de devoirs.

Enfin, il faut débarrasser le PS des questions de personnes, des problèmes subalternes. La déclaration commune le dit avec force et c’est tant mieux. Pierre Moscovici, voire Martine Aubry peuvent être en situation pour animer une équipe renouvelée et rajeunie. Il ne faut accepter la-dessus, ni préalables ni n’importe quelles conditions. Nos amis partagent cette hauteur de vue et c’est déjà la marque du renouveau.

Je suis heureux d’avoir travaillé à ce texte avec Pierre, Arnaud et d’autres. Nous allons ensemble dans le bon sens pour les idées qui nous réunissent depuis des années.

Amicalement et bonnes vacances, En espérant te voir à La Rochelle,

Jean-Christophe Cambadélis

PS: Quelques uns de nos amis partis à l’étape des contributions avec Bertrand Delanoë utilisent le sigle Socialisme et Démocratie pour tenir des réunions à la Rochelle et en septembre dans toute la France. Le procédé est désagréable et inamical. Je ne le laisserai pas faire. Je tenais à t’en tenir informé.

Scénarios pour la prise du PS

juin 4, 2008

Delanoë, Royal, Moscovici, Aubry, Montebourg, Hamon, Fabius, Dray… Les acteurs sont nombreux et les évènements encore multiples. Les textes seront déterminants si rien ne s’impose d’évidence.

Plusieurs scénarios sont envisageables au PS. Tout est possible aujourd’hui, tout grouille d’espoirs et d’inquiétudes mélées. Je tente d’imaginer les plus extrêmes, entre eux on peut imaginer mille nuances.

Bien sûr je n’exclue pas que même avec une victoire de Ségolène ou de Bertrand, tout puisse bien se passer. Mais voici les tendances que mon analyse perçoit comme probables.

I Une victoire de Royal ou de Delanoë :

Imaginons un duel qui gonfle, les reconstructeurs sont traversés de tensions, leur texte est plus une synthèse molle qu’un projet fort, Moscovici comme la gauche du parti ont un pied dedans un pied dehors, Aubry laisse planer le doute etc.

Delanoë et Royal réussissent à faire prendre la mayonnaise, imposer leur duel comme inévitable, les médias vont dans ce sens, les sondages…

Le duel se tend, confrontation dure mélée de zones d’ombres, de déclarations fluctuantes

1 Au soir du vote, Ségolène Royal, surprise, est devant, incontournable, majoritaire. Elle prend la tête du parti après une synthèse avec Valls et Dray.

Terrible désillusion dans le parti vaincu. De nombreux militants rendent leur carte, Mélanchon a enfin l’ouverture qu’il attendait et préparait, il quitte le PS avec Quilles et Lieneman, ils fondent un parti de la gauche avec une parti du PC et des alters.

Royal battit un mouvement qui la propulsera à la présidentielle, fortes tensions dans les sections, déclarations assassines dans la presse…

Delanoë contacte tout le monde pour préparer le match retour deux ans après, et commence à savonner la pente.

Le match n’est pas terminé, le parti va être bousculé et mis aux ordres, mais il ne va pas aimer.

2 Au soir du vote, surprise, Delanoë l’emporte. Majorité absolue de peu. Les ségolénistes jouent l’apaisement aigri, mais sont très virulents en privé, et dans les sections. Les incidents se multiplient.

Ségolène Royal fait une grande déclaration d’apâisement, tout le monde comprend qu’elle est déjà en campagne pour les présidentielles.

Bertrand tente d’assoir sa majorité sur le PS en faisant une synthèse large, sans les partisans de Ségolène. Il perd en audace ce qu’il gagne en stabilité, en intégrant une partie de la gauche du parti et des reconstructeurs à sa majorité.

Le match n’est pas terminé, le parti va être controlé, endormi, divisé, pour éviter qu’emerge une alternative contre Ségolène.

Mais un autre (100 autres en vérité, bien sûr) scénario est possible.

II Une victoire de reconstructeurs audacieux et conséquents :

Le conflit entre Ségolène et Bertrand perdure. Chacun sent qu’il est allé un peu loin, qu’il a été mal compris autour du libéralisme, et atténue ses propos. Leur image se brouille encore un peu plus, la lassitude monte chez les militants, le cynisme gagne les médias. Ils paraissent moins différents, se marquent de prêt.

La gauche du parti lance l’offensive, s’unit autour de Benoit Hamon, qui malgré ses sympathies pour Martine Aubry joue sa carte, et l’affrontement idéologique plus que de personnes.

Les reconstructeurs poursuivent leurs rencontres, dans toute la France, et suscitent espoirs et critiques.

Après l’indifférence, ils subissent l’ironie de la part des partisans des deux présidentiables proclamés. Enfin vient une critique sévère lorsqu’ils commencent à en avoir peur. Martine Aubry prend sa place dans les médias.


Il y aura plusieurs contributions, exigeantes et audacieuses. Cela débouche sur une motion commune, portée par la maire de Lille. Mais Pierre Moscovici sera le premier secrétaire de cette motion, pour respecter la volonté collective de cette démarche de ne pas présidentialiser.

Quelques Fabiusiens estiment cette entente trop réformiste et rejoignent Hamon ou Delanoë. Des partisans de socialisme et démocratie qui auraient voulus se compter enfin redoutent les rassemblement avec les amis de Montebourg ou les fabiusiens, et rejoignent Valls ou Royal. Mais il y a une belle dynamique militante et médiatique.


Au soir du vote, la motion Aubry-reconstructeurs est majoritaire, grande claque dans de nombreuses fédérations où tous les caciques s’étaient positionnés sur les deux primo-favoris.


Pierre Moscovici prend la tête du PS, sur une ligne qui réaffirme les valeurs de gauche, mais clairement réformiste. Les partisans des battus ne désarment pas mais sont rassurés en paroles et en actes, le parti ne sera pas mis au service d’un présidentiable, mais de tous, même s’ils tenteront parfois de tirer la couverture à eux, cela sera mal vu par les militants. Des conventions de travail nombreuses sont lancées, et tous les courants sont associés.

Il y a bien quelques couacs et des tiraillements, mais le travail avance, les règles de fonctionnement communes sont réaffirmés, des portes paroles thématiques portent la voix du parti, après larges délibérations collectives. Le choix du présidentiable sera choisi plus sereinement, même s’il y aura une bataille, et celui-ci bénéficiera d’un parti plus fort, plus soudé, qui aura travaillé.

Où en sommes nous 3 mois plus tard en septembre ?