Posted tagged ‘Fabius’

Allez Mosco, elle t’attend !

septembre 21, 2008

Commentaire publié sur le blog de Pierre Moscovici, après le message où il pose la question de la suite, déjà près de 700 commentaires !

Une motion, ou une alliance (et laquelle?)

Il y a plusieurs paramètres : (l’alliance avec la motion de gauche radicale du parti étant exclue)

-la cohérence idéologique : sur le fond, difficile de trouver une ligne plus proche que les autres. Chacun des trois agglomère des différences tout en étant réformistes et européens, et Delanoë et Royal ont varié dans leur discours depuis quelques mois.
Pour celle-ci il faudrait oublier quelques errements de la campagne présidentielle et une vision moins politique que pragmatique…

– la vision politique : Delanoë parait le plus présidentialiste désormais, et le plus conservateur (Hollande+Ayrault, c’est terrible…). A éviter me semble-t’il à ce stade.
Ségolène a fait un pas, mais vers un magma consensuel plus que vers une majorité de rénovation profonde.
Aubry semble moins présidentialiste, la démarche est celle qui était partagée par Pierre depuis un moment. Malgré la présence marginale de fabiusiens (recentrés qui plus est) cela me parait être la voie à suivre.

– troisième calcul, stratégique : Moscovici seul va difficilement dépasser les 5% me semble-t-il (vote utile..) Il peut servir de force d’appoint, mais cela peut aussi handicaper Aubry, si de son fait elle n’était pas la première des motions. Lui-même ne souhaite pas encourager la prafmentation des motions.
A jauger..

Je pense que le mieux serait une alliance avec Aubry, car c’est dans la continuité des discussions, car elle le souhaite, car c’est ce que souhaite Besoin de gauche en majorité me semblet-il ! Pierre, n’oublie pas ce point important. (chez SD, même si des débats ont encore lieu, et encore plus chez RM)

C’est aussi l’occasion de peser plus dans cette alliance, de remettre les fabiusiens à leur juste place de partenaires reconstructeurs.

Cela peut lancer une dynamique, réunifier SD, permettre de mettre réellement le parti au travail collectivement, avec la solution la moins présidentialiste.
Pierre peut envisager de diriger les conventions de travail, ou être celui qui dirigera l’organisation de la primaire de désignation. Un rôle important, une garantie pour que le parti ne se fige pas.

Pour lui comme pour nous collectivement, cela me semble la meilleure solution.

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Scénarios pour la prise du PS

juin 4, 2008

Delanoë, Royal, Moscovici, Aubry, Montebourg, Hamon, Fabius, Dray… Les acteurs sont nombreux et les évènements encore multiples. Les textes seront déterminants si rien ne s’impose d’évidence.

Plusieurs scénarios sont envisageables au PS. Tout est possible aujourd’hui, tout grouille d’espoirs et d’inquiétudes mélées. Je tente d’imaginer les plus extrêmes, entre eux on peut imaginer mille nuances.

Bien sûr je n’exclue pas que même avec une victoire de Ségolène ou de Bertrand, tout puisse bien se passer. Mais voici les tendances que mon analyse perçoit comme probables.

I Une victoire de Royal ou de Delanoë :

Imaginons un duel qui gonfle, les reconstructeurs sont traversés de tensions, leur texte est plus une synthèse molle qu’un projet fort, Moscovici comme la gauche du parti ont un pied dedans un pied dehors, Aubry laisse planer le doute etc.

Delanoë et Royal réussissent à faire prendre la mayonnaise, imposer leur duel comme inévitable, les médias vont dans ce sens, les sondages…

Le duel se tend, confrontation dure mélée de zones d’ombres, de déclarations fluctuantes

1 Au soir du vote, Ségolène Royal, surprise, est devant, incontournable, majoritaire. Elle prend la tête du parti après une synthèse avec Valls et Dray.

Terrible désillusion dans le parti vaincu. De nombreux militants rendent leur carte, Mélanchon a enfin l’ouverture qu’il attendait et préparait, il quitte le PS avec Quilles et Lieneman, ils fondent un parti de la gauche avec une parti du PC et des alters.

Royal battit un mouvement qui la propulsera à la présidentielle, fortes tensions dans les sections, déclarations assassines dans la presse…

Delanoë contacte tout le monde pour préparer le match retour deux ans après, et commence à savonner la pente.

Le match n’est pas terminé, le parti va être bousculé et mis aux ordres, mais il ne va pas aimer.

2 Au soir du vote, surprise, Delanoë l’emporte. Majorité absolue de peu. Les ségolénistes jouent l’apaisement aigri, mais sont très virulents en privé, et dans les sections. Les incidents se multiplient.

Ségolène Royal fait une grande déclaration d’apâisement, tout le monde comprend qu’elle est déjà en campagne pour les présidentielles.

Bertrand tente d’assoir sa majorité sur le PS en faisant une synthèse large, sans les partisans de Ségolène. Il perd en audace ce qu’il gagne en stabilité, en intégrant une partie de la gauche du parti et des reconstructeurs à sa majorité.

Le match n’est pas terminé, le parti va être controlé, endormi, divisé, pour éviter qu’emerge une alternative contre Ségolène.

Mais un autre (100 autres en vérité, bien sûr) scénario est possible.

II Une victoire de reconstructeurs audacieux et conséquents :

Le conflit entre Ségolène et Bertrand perdure. Chacun sent qu’il est allé un peu loin, qu’il a été mal compris autour du libéralisme, et atténue ses propos. Leur image se brouille encore un peu plus, la lassitude monte chez les militants, le cynisme gagne les médias. Ils paraissent moins différents, se marquent de prêt.

La gauche du parti lance l’offensive, s’unit autour de Benoit Hamon, qui malgré ses sympathies pour Martine Aubry joue sa carte, et l’affrontement idéologique plus que de personnes.

Les reconstructeurs poursuivent leurs rencontres, dans toute la France, et suscitent espoirs et critiques.

Après l’indifférence, ils subissent l’ironie de la part des partisans des deux présidentiables proclamés. Enfin vient une critique sévère lorsqu’ils commencent à en avoir peur. Martine Aubry prend sa place dans les médias.


Il y aura plusieurs contributions, exigeantes et audacieuses. Cela débouche sur une motion commune, portée par la maire de Lille. Mais Pierre Moscovici sera le premier secrétaire de cette motion, pour respecter la volonté collective de cette démarche de ne pas présidentialiser.

Quelques Fabiusiens estiment cette entente trop réformiste et rejoignent Hamon ou Delanoë. Des partisans de socialisme et démocratie qui auraient voulus se compter enfin redoutent les rassemblement avec les amis de Montebourg ou les fabiusiens, et rejoignent Valls ou Royal. Mais il y a une belle dynamique militante et médiatique.


Au soir du vote, la motion Aubry-reconstructeurs est majoritaire, grande claque dans de nombreuses fédérations où tous les caciques s’étaient positionnés sur les deux primo-favoris.


Pierre Moscovici prend la tête du PS, sur une ligne qui réaffirme les valeurs de gauche, mais clairement réformiste. Les partisans des battus ne désarment pas mais sont rassurés en paroles et en actes, le parti ne sera pas mis au service d’un présidentiable, mais de tous, même s’ils tenteront parfois de tirer la couverture à eux, cela sera mal vu par les militants. Des conventions de travail nombreuses sont lancées, et tous les courants sont associés.

Il y a bien quelques couacs et des tiraillements, mais le travail avance, les règles de fonctionnement communes sont réaffirmés, des portes paroles thématiques portent la voix du parti, après larges délibérations collectives. Le choix du présidentiable sera choisi plus sereinement, même s’il y aura une bataille, et celui-ci bénéficiera d’un parti plus fort, plus soudé, qui aura travaillé.

Où en sommes nous 3 mois plus tard en septembre ?

Pour sauver la France : le complot de l’ouverture… (2)

février 27, 2008

2 Ce jeune dirigeant prometteur eut alors l’audace d’élaborer un plan qui semblait fou.

Début février, ceux qu’il sentait prêt avaient été conviés. Il les avait testés sur leur perception de la situation, sur leur dévouement à la justice sociale. Dans la grande salle, plusieurs dizaines de personnes, qui allaient se lier par un pacte historique.

Ils étaient tous là. Autour de la table, des noms connus : Jacques Séguéla, Carla Bruni, Jacques Attali, Bernard Kouchner, Fadela Amara, Jean-Pierre Jouyet, Martin Hirsch. Quelques contacts avaient été pris avec des partisans de François Bayrou et de Dominique Strauss-Kahn ou de Laurent Fabius.

Eric avait parlé à Lionel au téléphone, qui l’avait encouragé. Ils avaient le même diagnostic.

Mais Besson avait en plus le sentiment impérieux de la nécessité d’agir. Pour cela il était prêt à faire don de sa personne à la France. Il ne serait pas seul. Son esprit machiavélique tendait sa toile, cent fois plus vite que ses adversaires, battu pour l’instant mais pas abattu.

-Première nécessité : le secret absolu. Terrible exigence, les familles, les amis, les journalistes ne sauraient être au courant. Une fuite signifierait la fin immédiate de l’opération.

-Deuxième chose : peser sur les conditions pour qu’elles deviennent favorables. Pour pouvoir infiltrer la machine Sarkozyste, il fallait que la muraille se fendille. Il faudrait agir sur le débat public, mais aussi au plus près, de l’intérieur.

-Troisièmement : Une vision de long terme, planifiée et maîtrisée était nécessaire, sans quoi le sacrifice demandé ne serait pas supportable.

-Enfin, quatrièmement, un peu de chance, avoir choisi les bonnes personnes, les bonnes informations sur l’adversaire

Ce jour, chacun avait travaillé. Ils prêtèrent serment. Ils formaient désormais une famille, qui allait devoir résister à leur environnement proche, à la tentation corruptrice aussi.

Ils avaient décidé d’agir vite. Chacun par son influence souterraine, pour approcher les réseaux du candidat, et pour imposer l’idée de l’ouverture. François Bayrou y étant naturellement enclins, il fallu instiller cela comme une évidence pour tous.

Eric Besson donna lui-même le coup d’envoi public de leur action en quittant le PS.

Le 14 février il quitta avec fracas son poste au PS. Il écrivit rapidement et publiquement une lettre à Nicolas Sarkozy. Bientôt, un livre acerbe et dur renforca la construction de son personnage : le traître, sans honneur mais imbu de sa personne. Bientôt Nicolas Sarkozy ne saura résister à faire appel à lui, pensant réussir là un bon coup, alors qu’il mordait vulgairement à l’hameçon.

D’autres membres du groupe se rapprochèrent discrètement de leur pire ennemi. Cela se passa mieux que prévu encore. Dès avril, Jacques Séguéla organisa un discret dîner, bien avant ceux qui furent révélés à l’automne. Carla et Nicolas sont présents. Son numéro de charme, et quelques artifices chimiques, entraînent l’inévitable : elle aura auprès de lui dès ce moment une place croissante, un rôle considérable. Elle appuie ceux de ses conseillers, infiltrés eux aussi, qui proposent, ou plutôt imposent par leur habileté, le concept de l’ouverture.

Nicolas est en fait assez perméable. Ses conseillers ont un grand pouvoir. C’est un homme d’action, manipulable, mais ensuite borné une fois qu’il a fait sienne une idée. Il faut être là au bon moment.

Son entourage est traversé de luttes violentes pour le contrôle de sa parole. Certains des partisans de Besson purent ainsi planifier l’ouverture politique.

Malheureusement, l’élection confirma les pires craintes de celui-ci : Sarkozy largement élu. Mais son plan était sur les rails, et il n’en sortit pas.

Il fallut oeuvrer finement pour placer le plus possible de ses partisans, et écarter les vrais opportunistes ou renégats. Mais il fut satisfait. En plus de lui même, Martin Hirsch, Fadela Amara, Bernard Kouchner et Jean-Pierre Jouyet étaient de la partie. Carla était en place elle aussi, sacrifice incommensurable, don de son corps et de sa dignité pour le bien commun.

Mais cela ne suffirait pas. Avec l’aide du président Luxembourgois Jean-Claude Junker, l’un de leurs proche, et l’accord de Dominique Strauss-Kahn, ils réussirent à imposer celui-ci à la tête du FMI. La droite n’ayant personne à proposer de ce niveau, cela fut chose relativement aisée.

Conformément à la promesse de campagne que le groupe avait inspiré, Didier Migaud fut désigné à la tête de la commission des finances.

Enfin, Hubert Védrine et Jacques Attali reçurent des missions pleines de potentiel.

(suite)

Les primaires socialistes accouchent d’une belle victoire (0)

janvier 5, 2008

Les primaires socialistes m’ont amené à me rapprocher de Socialisme et Démocratie, autour de la candidature de Dominique Strauss-Kahn. Sa défaite sévère ne m’enchantait pas, mais je pensais aussi que Ségolène Royal pouvait être une bonne candidate. Je ne faisais pas partie des anti-ségolénistes.

Ma vision était plutôt que DSK valait mieux que Ségolène, mais que dans tous les cas l’enjeux fondamental était la victoire sur les partisans de Laurent Fabius et Jean-Luc Mélenchon. J’avais écris un texte en ce sens pour R2, même si j’aurais un autre argumentaire aujourd’hui.

J’étais donc très satisfait que symboliquement au moins, nous soyons devant eux.

Je pensais que l’esprit de rénovation insufflé par Ségolène pouvait s’allier avec le réformisme de SD, que nous allions être intégré à la campagne, que la candidate allait progressivement se structurer, se construire, et tirer le parti derrière elle.

Je relis avec mélancolie ces mots d’espoirs d’un des ségolénistes du groupe R2, Jean-François Pascal, qui écrivait après la victoire interne de Ségolène Royal :

Qu’il s’agisse du socialisme par la preuve, de la mise en mouvement de la société et des territoires, d’une nouvelle démocratie sociale et délibérative, nous avons fait le pari de la rénovation.
Ce choix, parce qu’il fait écho à la demande sociale, l’a emporté très largement et acquiert ainsi une forte légitimité. Cela fait événement et je crois aux faits qui valident, ou non, les discours.

Je me réjouis également de la bonne tenue de DSK avec lequel j’ai toujours partagé une même conception des régulations économiques et sociales.
Ajoutant cette ligne à celle de Ségolène Royal, je constate que les militants ont plébiscité à une très large majorité le choix d’une gauche réformiste en prise sur le monde d’aujourd’hui, défendant les libertés et la solidarité.

Avec un peu d’humour j’ai presque envie d’écrire que la motion 4 vient de réaliser 82% au Parti Socialiste ! Relisez là et vous y trouverez la trame de ce nouveau parti socialiste qui nait aujourd’hui…

Lorsque l’optimisme confine à la naïveté…

Suivant :Défense laborieuse de Ségolène (1)

Débat de section lors des primaires

août 12, 2006

Message au camarade qui présentait en section la candidature de DSK. Acte qui entrainera mon rapprochement de Socialisme et Démocratie.

J’étais présent lors du débat de section.
Celui-ci s’est trouvé pris dans une opposition entre fabiusiens et ségoléniens où DSK était peu présent.

Il me semble que c’est la ligne que tu avais choisie ( peut-être y avait-il des instructions ).
En ce plaçant au centre, un peu au dessus, en capacité de rassembler les uns et les autres, cela peut être payant et faire venir à DSK une partie des partisans déçus de Ségolène ou des indécis.

Pourtant j’aurais aimé entendre un positionnement social-démocrate plus assumé. Au moins pour les idées, voire pour l’efficacité. Si DSK n’est pas le favori aujourd’hui, c’est surement en partie parcequ’il a été trop timide pendant plusieurs mois, a laissé la place du réformisme et de la transgression de certains tabous doctrinaire à Ségolène Royal. Aujourd’hui encore, la question se pose. Vous misez trop sur l’auto-torpillage de Ségolène.

Une deuxième chose qui me gêne, mais que je peux comprendre dans un cadre tactique pendant la campagne, c’est la frilosité vis à vis de Fabius. Dans la logique politique, c’est là que se trouve le clivage central et réel, dans la posture, dans le fond. Entre DSK et Ségolène il y a des nuances puissantes, sur la forme, sur des thématiques où elle va plus loin, sur le positionnement qui est différent; mais elles ne m’empêcheront pas de voter pour elle, et tout ce qu’elle apporte de positif également, alors que je ne voterai pas Fabius en interne. Et il ne faudra pas jeter tout ce qu’elle a proposé lorsque DSK aura éventuellement gagné.

Lors du débat, j’avais prévu de participer, mais mes questions ont été posées avant, puis je n’ai pas osé ensuite, alors que la tension était importante. Aucun militant ne s’est prononcé pour DSK alors que nous étions évidemment plusieurs. Mais je m’en suis voulu (esprit d’escalier) ensuite : il aurait été bien que quelqu’un dans la salle se prononce puissamment pour DSK. Il est notamment une chose que je regrette d’avoir laissé passer, et tu ne t’es pas non plus insurgé : la critique violente et méprisante d’un camarade vis à vis de Michel Roccard…

La tension qui est ressortie du débat a fait monter la peur d’un deuxième tour, et une tentation d’en finir en votant Ségolène. Mais heureusement le meeting à Toulouse s’est bien passé.

Enfin bon, vivement le deuxième tour, je pense et j’espère qu’il y en aura un, et surtout espère que Fabius n’y sera pas.