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DSK : Stupeur, tremblement, attente…

mai 16, 2011

Que s’est-il passé dans cette chambre entre Dominique Strauss-Kahn et la femme de ménage qui le met en cause ?

Le pire est toujours possible. Ce serait le syndrome Bertrand Cantat, la terrible déroute, le coup de folie. DSK aurait agressé cette femme, en dehors de toute rationnalité. Cela correspond au récit qu’elle en fait : il sort nu de sa salle de bain et l’agresse.

Ce qui me paraît le plus probable est que cela ne s’est pas passé comme ça. En effet comment imaginer qu’un homme qui se sait très surveillé à un an de la présidentielle, dans un pays rigoriste sur ces histoires, puisse envisager quoi que ce soit ? Même si le succès annoncé lui avait fait perdre toute mesure, et qu’on dit que le pouvoir affûte le désir et la sensation de toute-puissance, il savait qu’il se serait fait attaquer pour un simple clin d’œil à cette femme de chambre.

Par ailleurs l’histoire de la Porsche il y a quelques jours montrait qu’aucun faux pas n’était permis.

Humainement, comme raisonnablement, cette situation paraît peu crédible…

Par ailleurs le déroulé des faits laisse planer un sentiment désagréable : la police new-yorkaise affirme rapidement qu’il était en fuite…

Il s’avère que ce n’était apparemment pas vrai, il aurait quitté son hotel tranquillement, en réglant sa note, pour rejoindre sa fille pour déjeuner. Il est même possible qu’il ait un alibi au moment supposé de l’agression : sa défense indique qu’il a quitté l’hôtel à 11h45, l’accusatrice indiquant s’être fait agresser à 13h. (ou 12h selon les versions)

Par ailleurs il a demandé à son chauffeur d’aller chercher le portable oublié dans sa chambre, c’est comme ça que les policiers ont remonté sa piste pour l’arrêter.

Pourquoi si rapidement la description a-t-elle été à charge ?

Ces éléments font que la probabilité de la réalité de cette accusation sont selon moi très faibles. Il ne peut s’agir d’un « débordement », d’un « incident », d’un « dérapage » : soit il y a coup de folie terrible, soit il y a mensonge de l’accusatrice.

A partir de là il y a 3 évolutions possibles :

–         la découverte rapide d’indices sérieux mettant en cause DSK, voire ses aveux : son acte est terrible et il doit être puni en tant que tel, nos pensées à la victime, la politique française se recompose rapidement en vue des présidentielles… C’est Hiroshima, stupeur et tremblement…

–         Le temps juridique s’impose au détriment du temps politique : les éléments à charge et à décharge se compensent, il n’y a pas d’éléments décisifs dans les jours qui arrivent, de vieux dossiers sont ressortis, des mythomanes en quête de notoriété se déclarent… Atteint dans son honneur, dans sa crédibilité, DSK doit se défendre. Le doute subsistant, il lui est difficile de participer à la primaire socialiste : il n’y va pas, ou s’il estime avoir suffisamment d’indices pour se défendre, et qu’il a l’autorisation de quitter le territoire américain, il y va très affaibli, en parallèle de la procédure judiciaire. C’est plutôt Fukushima, après l’explosion, la lente irradiation sans fin…

–         DSK n’a rien à voir avec cette agression, la contre-attaque juridique et médiatique est couronnée d’un succès rapide, il a un alibi sérieux, la femme de chambre avoue… Il reste dans la partie politique : selon la rapidité et la force de ce retournement, il peut sortir affaibli (déballage de toutes les rumeurs, doute subsistant chez certains…) ou renforcé (compassion, combativité et courage…). Par ailleurs la force du traumatisme a bien montré qu’il était déjà installé pour beaucoup comme le candidat évident de la gauche, voire pour beaucoup comme le prochain Président de la France.

Si le mensonge était avéré, il faudra se démander qui, et pourquoi, a eu intérêt à monter ceci. Le plus probable est l’appât du gain par quelques escrocs. Ou alors des personnes sans scrupule qui auraient intérêt à nuire a DSK, soit s’agissant d’enjeux de pouvoirs interne au FMI, soit de pouvoir politiquo-économique en France.

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DSK au FMI…

août 12, 2007

Il ne faut pas réduire des idées aux hommes. Il y a des invariants et des évènements.
Ainsi on peut penser que le départ de DSK nuise à la rénovation, mais il est évident que d’autres porteront ces idées, actuellement majoritaires dans le parti. (ensuite il reste à fixer le curseur, les contenus)
Je pense que ce serait cependant préjudiciable.

Mais il ne s’agit pas vraiment d’ouverture. C’est un coup tactique, mais qui est d’un autre ordre : Camdessus avait été nommé par Mitterand, Lamy sous Raffarin… Ne mélangeons pas tout.
De plus le nom de DSK circule depuis quelques mois à titre d’hypothèse. Son acceptation éventuelle ne semble pas susciter de critiques au PS. (sauf chez ses proches, peut être, bien embettés.)

Cela fait parler de lui, il y gagne en stature. S’il refuse de manière habile, il peut voir son image au PS doublement renforcé.

Actuellement c’est intéressant, la doctrine et le rôle évoluent. De nombreux pays ont remboursé leurs dettes récemment. Le président a un rôle important, mais à relativiser, tenu par le droit de véto américain.
Et ce serait abandonner le combat politique interne. Au profit de qui ?..

Donc je ne sais pas ce que ferra DSK, je pense qu’il refusera… C’est dans tous les cas une opportunité pour lui, sauf s’il accepte mais n’est pas choisi ensuite. A défaut, cela ferra progresser le renouvellement générationnel au PS, même si ce n’est pas la priorité…

Cela s’est confirmé

Bon, DSK accepte, un consensus semble se faire derrière lui en France puis en Europe.
C’est presque fait. DG du FMI, c’est énorme.
Pouvait-il se permettre de refuser ? Il fallait de solides arguments, ça aurait pu être vu comme aller contre l’intérêt de la France.
C’est actuellement très bon pour son image, sa stature… Mais s’il part au FMI, cela ne nous sert à rien.

Bien sûr nous ne soutenons pas qu’un homme. Mais cela décapite la présence médiatique sociale-démocrate. Il ne faut pas que ce soit vu en dehors du parti comme un affaissement de ce courant au PS (ce qui limiterait les adhésions de soutien).
Je suis un peu décontenancé.

S’il va au FMI, mandat de 5 ans, je ne sais pas quel peut être son rôle au PS.
– il tire un trait sur une candidature à la présidentielle
– il ne pourra sans doute plus continuer à porter SD
– sans doute peut-il rester plus présent sur la scène nationale que Pascal Lamy, et continuer à promouvoir l’évolution du PS (fondation envisagée etc.)

Problème, le manque de figures connues, influentes, pour prendre sa suite, à part Moscovici… Il n’y a que quelques mois avant le congrès… Cela peut être l’occasion forcée d’un renouvellement, avec une nouvelle équipe, et un nouveau dirigeant, qui peut éventuellement avoir un coté bénéfique si l’on réussit à s’en saisir. Mais qui ? Et est-ce que c’est pertinent par rapport au dialogue avec l’extérieur du part ? Voir même avec l’intérieur ?…

DSK peut organiser au mieux sa succétion (notamment médiatiquement). Faut-il plusieurs personnes, ou, ce qui semble être démontré par l’expérience politique, faut-il trouver un représentant ?

Le courant peut aussi décider, en accord avec Dominique, et sur le fondement des idées, de s’associer à quelqu’un qui n’est pas pleinement dans notre courant, voire d’élargir ses bases : Delanoë, Aubry, voire Valls ou Montebourg, ou certains de Nouvelle voix qui s’éloigneraient de Ségolène…

Si l’affaiblissement de Ségolène se poursuit, si Fabius se désengage au profit de Bartolone, que l’on voit beaucoup et qui tente de rassembler (il faisait hier les louanges de Blair à la tv) et si DSK laisse sa place à un nouveau, à Mosco, le PS sera radicalement renouvellé à sa tête… (scalpé, décapité, taillé comme un arbre pour mieux repousser…)