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Modem : ces questions que nous devons nous poser…

avril 5, 2008


Ces questions qui nous travaillent, sans doute y est t-il confronté lui aussi. Désormais nous sommes obligés de les lui poser ou les lui opposer. En effet le PS est entré en discussion, en de nombreux endroits, avec le modem, à l’occasion de ces municipales.

Les résultats ont montré cette fois-ci pour le modem l’échec de la tentative de se poser en arbitre, et la difficulté de tenir une ligne centriste et cohérente. Mais il y aura d’autres élections, et certaines questions restent posées.

La question de l’alliance peut entrainer des tensions et des interrogations dans le parti. Bien sûr certaines sont d’ordre tactique, ou relèvent du réflexe dogmatique. Pourtant l’émergence d’un modem fort, concurrent ou partenaire, serait bien une reconfiguration du paysage politique, porteuse de risques comme d’opportunités.

Qu’est-ce que le modem ?
1 De l’udf au modem
2 Qu’est-ce aujourd’hui ? Vers où se dirige le modem ?

Quel doit être le positionnement du PS vis à vis de celui-ci ?
1 La pratique nouvelle et décomplexée d’alliances municipales avec le modem
2 Risques et opportunités pour le PS

Qu’est-ce que le modem ?

1 De l’udf au modem

Suite à l’élection présidentielle le parti de notables de centre droit qu’était l’UDF a entamé sa mue. Depuis quelques années déjà, il s’était distingué du ralliement systématique au grand parti de droite, qui avait essayé de le nier, de le réduire.

Le parcours inattendu de François Bayrou était la conséquence en partie de son talent et son message propre, mais aussi (surtout?) des insuffisances supposées des deux principaux candidats ou des craintes qu’ils pouvaient générer.

Il a suscité un engouement certain, qui s’est traduit par des adhésions massives et une nouvelle ambition : le centrisme autonome et l’élection présidentielle.

Pourtant, de nombreuses difficultés vont entraver la marche de ce parti : l’évolution rapide de la ligne de François Bayrou a ainsi aggloméré des partisans assez différents. L’UDF d’hier, sages bourgeois de province giscardiens, centre-droit barriste, historiques CDS, la tradition chrétienne et paternaliste, le fonctionnement notabiliaire… et le modem bayrouiste de la campagne présidentielle, jeunes anti-sarkozystes, adeptes du débat et de la démocratie directe, anciens verts ou PS, extrêmes centristes.. ainsi que plein d’autres, attirés par la lumière, par la personne de Bayrou, par une forme d’apolitisme engagé ni droite-ni gauche…

Rapidement de nombreux élus ont rejoint Sarkozy, entre les deux tours notamment, puis le nouveau centre à l’occasion de la préparation des municipales et des cantonales, souvent car c’était leur famille de pensée, et qu’ils avaient été élus sur ce positionnement. Mélange de conviction et de stratégie électorale.

Les confrontations locales, les tensions, le flou, ont également pu décourager certains de ces nouveaux adhérents. Tout comme au PS, dans une moindre mesure sans doute, l’assiduité de ces nouveaux a fondu, ainsi que leur nombre.

A l’ issue des municipales, l’image donnée par le parti centriste est dégradée : peu d’élus, positionnement peu compris… Malgré l’attention qu’il a suscité entre les deux tours, ses électeurs se sont souvent partagés entre droite et gauche, et il n’a pas réussi à jouer un rôle d’arbitre, ni à se faire élire sur une stratégie d’indépendance dans les quelques villes où il se maintenait.

Si la thèse de la nécessité d’une alliance avec ce parti devenu central pour pouvoir l’emporter à nouveau est ainsi largement démentie, il ne faut sans doute pas considérer le modem comme mort. Il y a toujours eu des voix persistantes au centre. Les prochaines élections européennes leurs seront plus favorables.

Enfin l‘état encore convalescent du PS et la dégradation de la côte de l’UMP permettent à son projet de subsister à moyen terme.

2 Qu’est-ce aujourd’hui ? Vers où se dirige le modem ?

Un parti par défaut ? Avec quelle ligne ?

Il faut considérer la doctrine actée, les écrits de ce parti naissant, mais aussi les évolutions et volontés plus complexes de leurs militants et électeurs qui en disent plus sur les avenirs possibles.

Leur ligne est variable, et encore relative aux positionnements des autres partis, même s’il y a la tentative de construire une pensée plus autonome. Alors que les textes du partis se positionnent encore au centre droit, les sympatisants s’orientent plutôt vers le centre gauche.

Leur alliance avec Cap21 et des anciens verts a réellement introduit l’écologie au modem. La démocratie participative est vantée, ainsi qu’ une gestion sérieuse des deniers publics.
Le rêve européen et une vision plutôt décentralisée sont des marqueurs persistants du modem comme hier de la démocratie chrétienne.
L’idéologie affirmée comme sociale-libérale du rapport Attali peut plaire à beaucoup d’entre eux, mais pas la méthode.

Concernant la manière de faire de la politique, les sectarismes sont souvent opposés aux
vertues d’une société civile et les partis politiques sont parfois (trop facilement) critiqués par nature.
Le « ni droite ni gauche », le consensus mou, bon père de famille, cède parfois la place à des militants qui se veulent extrêmes centristes, sur une ligne contestataire à la « Marianne », intransigeants, innovants, naïfs ou critiques vis à vis de Bayrou.

Ainsi parfois la politique est décriée et décrite comme un obstacle, parfois le retour du politique (mais sans les partis, ou tous ensemble) est demandé, parfois la politique est acclamée, le modem tentant de se substituer alors à l’un des grands partis dans le vote…


Généralement la politique participative est présentée comme devant se substituer aux querelles politiciennes. Mais aussi parfois malheureusement aux enjeux nobles de la politique…

Plus largement, plus le parti évolue, plus il se retrouve confronté à ce qu’il a critiqué au PS, une divergence interne importante sur certains points, qu’il faut gérer, dont on peut aussi tirer débats et avantages.

Le modem étant au centre, à chaque élection ses partisans se divisent au second tour. Par ailleurs, les strates de sa structuration historique continuent à diverger souvent.

Ainsi le modem a été une victime de choix de l’ouverture, presque partout des dirigeants de centre droit de l’anciens udf ont quitté le navire, pour des raisons idéologiques ou opportunistes.

La ligne autonome est finallement rare, et souvent contesté par des individualités, les divisions et hésitation sont nombreuses, presque inévitables.

Plus globalement pour ces municipales, le parti fait fréquemment alliance dès le premier tour, alternativement avec les uns ou avec les autres. Dans une logique de comparaison des programmes ? Parfois.

Malheureusement une analyse concrète des dernières municipales montre plutôt que souvent ils font alliance avec ceux qui ont le plus de chance de l’emporter (c’était flagrant au premier tour, plus partagé au second), sans que ce ne soit théorisé, mais les faiblesses de quelques-uns, et la volonté d’exister font les alliances.

Mais rarement cela n’a été décisif.

Doit-il choisir entre une ligne stricto-centriste et une ligne de centre gauche ? Va t-il le faire ?

Idéalement, ils cherchent à dépasser cette structuration, pour apparaître comme une force autonome, certes centriste, mais surtout portée par sa vision et ses propositions, et non par des jeux d’alliance et de positionnement.

Certes… Ce n’est ni facile, ni peut-être fidèle à la logique (réalité?) politique, outre les règles électorales peu favorables. Cela participe-t-il de la décrédibilisation du politique, comme moyen de choix, de propositions alternatives ? Ce n’est pas l’ambition du modem, mais les effets sont bien là. Celui-ci répondra que le politique est décrédibilisé par les postures artificielles et les oppositions systématiques. C’est aussi vrai, mais ne clos pas le débat.

Le positionnement centriste autonome ressemble fort à une impasse. Une solution serait la personnification par la présidentielle autour de Bayrou, et en cas de victoire devenir quelque chose par lui même, en prenant la place d’un des deux grands partis, puis en instaurant la proportionnelle.

La défection de l’ancien UDF peut être vu de leur point de vue comme une bonne chose, une clarification… Mais pour aller vers quoi ? S’il perd son aile droite, que devient le modem ? Un parti de centre gauche ? Cela pourrait être un pari cohérent, clair, sur l’échec de la rénovation du PS. Cela serait un aveux de l’échec du positionnement centriste fondamental et originel du modem, au profit d’un positionnement par défaut, face aux faiblesses, de fond ou de positionnement électoral, du PS.


Je ne pense pas que cela soit acté avant un moment.

Suite : Quel doit être le positionnement du PS vis à vis du modem ?

Pour que Pierre Cohen soit maire de Toulouse en 2008

février 9, 2008

Le bilan après un premier mandat : ici

Pierre Cohen, ingénieur de recherche en informatique à l’INRIA, né le 20 mars 1950 à Bizerte (Tunisie) estPierre Cohen maire de Toulouse maire de Ramonville depuis plusieurs mandats, et député depuis 1997. Il est le candidat du parti socialiste aux prochaines élections municipales pour Toulouse.

Toulouse, quatrième ville de France est aujourd’hui assoupie, après des décennies de gestion villageoise, « en bon père de famille » par un centre mou protecteur mais aujourd’hui dépassé par les enjeux. Nous avons des décennies de retard en terme d’innovation urbaine et sociale, d’image, d’anticipation !

Ainsi la droite se félicite de sa politique de dette 0 ! Or c’est malheureusement une communication bien peu sincère : cela a été permis depuis 20 ans par la vente d’une partie de l’important patrimoine immobilier de la commune, et surtout la communauté d’agglo ou le smtc auxquels la ville appartient sont déficitaires. Et surtout cela ne doit pas être un dogme qui entrave de réels investissements pour le futur dans cette époque charnière.

Pire, alors que le centre ville est dorloté, avec des activités culturelles, sportives et des aménagements, les périphéries paraissent accessoires ! La structure de la ville est archaïque et discriminante.

C’est ainsi toute la politique de la ville qu’il faut repenser : il faut lutter contre la segmentation sociale, la perte de lien, l’augmentation de la violence, qui sont la cause et les syndromes d’un mal plus profond. Il faut réhabiliter l’espace public, les échanges citoyens, la démocratie locale, la vie de quartier, notamment culturelle et éducative.

Par ailleurs, si la ville rose reste dynamique grâce aux grands projets à dimension nationale, autour de l’aéronautique notamment, qui la portent, ou encore de par les 100 000 étudiants qu’elle héberge, nous sommes souvent à la traîne sur les autres grandes villes.

En effet aujourd’hui nous devons faire face à des défis importants, qui sont ceux d’une grande métropole européenne en forte croissance : aménagement du territoire urbain et périurbain, développement durable, logement, innovation, recherche et compétitivité territoriale.
Il faut pour cela retrouver une réelle ambition pour Toulouse.

Pierre Cohen, sa vision d’avenir, son sérieux, sa volonté ferme et passionnée d’agir pour une ville plus ambitieuse, solidaire et innovante permettront nous l’espérons de conquérir et transformer Toulouse.

Il pourra à la fois rassurer une ville qui n’a plus connu depuis longtemps l’alternance, mais aussi porter l’espoir et faire rêver tous ceux qui étouffent, qui veulent bouger et faire renaître cette grande ville européenne.

Défense vigoureuse contre les critiques lucides (3)

janvier 9, 2008

Début février également, face aux critiques nombreuses et sévères, je me fends d’une tribune, parue sur un site « débat2007« . Je défends la méhode des débats participatifs, et juge que certaines critiques sont trop précoces, alors que le programme n’est pas encore dévoilé.

La méthode et les propositions de Ségolène : jugeons en connaissance de cause le moment venu.

Souvent certains ont une vision trop sombre du PS et de la campagne. Les critiques concernent la rigidité ou le conservatisme du PS, l’absence de propositions, une campagne illisible ou de communication plus que de fond…

Il y a des critiques légitimes à faire et j’y participe. Pour autant, ne racontons pas n’importons quoi ! A moi de rééquilibrer depuis l’intérieur les états d’âmes des malheureux sympathisants socialistes ou centristes qui seraient attirés par le vote Bayrou, voire Sarkozy. Jugeons en connaissance de cause, et en temps voulu.

Je souhaite éclairer la situation pour dissiper quelques contrevérités que l’on peut entendre ici ou là.

Le PS n’est pas un parti réformateur ?

Contrairement à ce que certains pensent, au PS, il n’y a pas que DSK comme réformateur ! Outre les anciens, Roccard, Badinter, Delors, il y a les amis de DSK, Cambadelis, Carreiras, Le Guen…

Il y a aussi des gens très bien autour de Ségolène Royal : Bianco, Savary, Valls et toute la troupe des « nouvelle voix » qui sont aux commandes.

Enfin, Bockel, est au PS, tout comme Kouchner, Collomb…

Plus largement, une majorité solide du parti. Depuis le congrès du Mans beaucoup de chemin a été parcouru. L’arrivée massive de nouveaux militants change la donne. De plus il n’y a plus d’alliance avec le PC, mais avec les sociaux-libéraux républicains du PRG.

Ségolène Royal qui n’est pas une gauchiste, n’est pas tombé dans des thématiques faciles : anti-américanisme, anti-mondialisation et protectionnisme, antimilitarisme. Elle prône un état efficace et modernisé en luttant contre les gaspillages, contre une politique d’ assistanat, et elle s’est prononcé contre une augmentation de la pression fiscale, mais pas de baisse pour lutter contre le déficit (ce que préconisent le rapport Pébereau et débat 2007); Jean-Louis Bianco a affirmé récemment que la gauche n’allait pas faire une politique de relance de la demande keynésienne en arrivant.

Elle prône une décentralisation, une révolution des politiques de recherche et d’environnement. Une politique favorable aux gisements d’emplois que sont les PME et les associations d’intérêt général (souvent en charge de missions de service public dans le social notamment)

Par ailleurs, la vraie réforme de l’Etat, la régionalisation, se trouve chez Ségolène.

Les débats participatifs ne servent à rien ?

Je pense que c’est au contraire un travail de fond qui a du sens. Il est trop facile de taper sur le PS. Les autres partis ne le font pas. Ce n’est pas la nouvelle méthode, mais une méthode de plus, qui s’ajoute à l’expertise et à la réflexion des comités de campagne.

Il y a une grande diversité de situations. Les débats peuvent être organisés par qui veut : une petite section, en amateur, où il y aura 20 personnes. Deux secrétaire de séance relèvent les diagnostics, les propositions. D’autres débats sont organisés par des sections plus importantes, des fédérations, des comités locaux : alors il peut y avoir plus de monde, la présentation commence par des présentations par plusieurs experts ; il y a un ordre du jour.
Ensuite le staff de campagne et le parti reprennent la main, des synthèses de tous les débats sont faites au niveau fédéral,en retenant ce qui est intéressant. Puis cela remonte aux experts et politiques pour nourrir le programme.

Le mépris envers cette forme de débat ne me semble pas justifié : il ne suffit pas de prendre un débat moins bon que d’autres pour les juger tous, comme le fait Koz. De plus, lorsque Verel propose des débats beaucoup plus encadrés ne correspond pas au but de ceux-ci : ils doivent toucher en masse ceux qui ne sont pas au PS, et ceux qui ne sont pas forcément politisés, qui veulent écouter, s’exprimer. Il faut donc de la souplesse. Sur cinq débats peut-être une idée va t-elle apparaître. C’est pour cela que 5000 débats au moins doivent être organisés.

Souvent certains ont préparé cela avant d’y aller. Il y a des spécialistes en leur domaine : une pharmacienne, une responsable d’association, une aide soignante, un médecin, évoqueront les réformes des politiques de santé à leur niveau : parfois émerge un problème auquel on n’avait pas pensé, voire des débuts de solutions innovantes. Les 3000 débats qui ont eu lieu pour l’instant permettent à des gens qui ne s’expriment pas d’habitude de parler. C’est très important. Cela me semble être une des clefs de la campagne mais aussi d’une reconquête de la politique. Allez dans des villes sinistrées, des banlieues délaissées, des milieux désenchantés : la méfiance voire la haine envers la politique y est extrême, le pessimisme fort ! C’est dangereux et je vois dans ce nouveau dialogue une (petite) partie de la solution. J’étais méfiant mais je vois comment cela se passe : plutôt de bonne qualité, quelques propositions intéressantes qui émergent, mais également la prise en compte des difficultés concrètes, les problèmes de demain.

Le programme du PS n’arrive pas assez vite, contrairement à l’UMP…

Et bien attendons ! Le 3 février les premières lignes, le 11 février les grandes lignes, jusqu’en mars la finition. Il sera bien plus digeste que le projet socialiste auquel je m’étais opposé. Le rythme me semble être le bon, ne nous affolons pas sous le coup de sondages encore virtuels et sous le coup de l’entrée en scène du ministre de l’intérieur. Cela donne tout son sens aux débats, qu’ils puissent avoir un impact.

Nous pourrons alors débattre du fond et des propositions. Déjà, pour l’UMP : si certaines réformes prônées par son programme vont dans le bon sens, il y a dedans tout et n’importe quoi. Nicolas Sarkozy s’est contredit fréquemment, que ce soit au pouvoir (la fin des niches fiscales annoncées), ou dans les discours. Il y a beaucoup de promesses qui ne disent pas toute la complexité que cela implique (travailler plus pour gagner plus…). Des sujets comme une quasi-disparition de l’isf, et parallèlement une forte diminution des droits de succession me paraissent inconciliables (tous les pays ont une taxation sur le patrimoine, d’une manière ou d’une autre) ; ou encore les fortes diminutions d’impôts et des dépenses massives : je crains pour les collectivités locales ou le déficit (Sarkozy, ministre du budget sous Balladur, a montré le pire en la matière).

D’autres sujets me gênent, sur la laïcité, sur sa radicalité souvent simpliste etc…

Comment pourrait-il mettre en place certaines de ses propositions, face aux réalités ? Je n’y crois pas et pense que c’est dangereux. Souvent la gauche réussit mieux à réformer : décentralisation, droits des citoyens face à l’administration, ou encore la LOLF, lancée sous le gouvernement Jospin.

Je voulais rétablir la balance entachée de choses fausses. Chacun choisira le moment venu selon son diagnostic et ses préférences.

Mais attendons un peu, ne vous hâtez pas dans ce qui me paraît être l’illusion Sarkozy.

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Splendeurs et misères d’une battante battue

août 8, 2007

Très bel article d’Eric Zemmour, à prendre avec prudence, mais documenté et assez juste malheureusement. plein d’un mépris interloqué, il trace un tableau qu’il faut lire avec prudence, mais qui est sans doute plus un rappel pour nous qu’une découverte, tant petit à petit cela s’est imposé à nous, malgré notre volonté de vaincre…

Splendeurs et misères d’une battante battue


ÉRIC ZEMMOUR.


Publié le 08 mai 2007


Actualisé le 08 mai 2007 : 07h43


· Ses faiblesses et ses lacunes, qui lui avaient permis de s’imposer au PS, n’ont pas convaincu les Français.



LONGTEMPS elle s’est tue de bonne heure.

Quand, petite fille modèle, nattes et longues jupes plissées à carreaux, elle s’engouffrait dans le froid glaçant des Vosges, du petit hameau de Chamagne – comme elle était loin la chaleur humide de Dakar où elle naquit, un 22 septembre 1953 – sous l’oeil roide de son père, Jacques, beau cavalier au cheveu ras et au sourire fier, jugulaire et sortie de messe, ri­bambelle joyeuse de huit enfants endimanchés, cinq garçons, trois filles, une deux, une deux, tu seras un officier mon fils, et une bonne épouse ma fille, oui, toi aussi, Marie-Ségolène, la quatrième de la fratrie, la plus intelligente aussi reconnaît son père, à la fois faraud et agacé : « Elle a la dialectique », celle qui tient le plus de lui : « Elle a la bouche des Royal et les yeux des Carage ».

Quand, entrée par miracle à l’ENA, elle renonçait à se battre avec les brillants, les doués, les promis à un grand avenir, les Hollande, les Villepin, et qu’elle sortit dans les derniers du classement, les humbles, les sans-grade, les besogneux de l’énarchie, dans un tribunal administratif.

«Les affaires de garçons»

Quand, conseillère à l’Élysée, en 1982, parce que Jacques Attali l’en avait convaincue, que François Hollande l’avait réveillée le matin du rendez-vous, elle s’oc­cupa des affaires environnementales et sociales, autant dire qu’elle n’existait pas dans le re­gard des grands conseillers, les Attali, les Védrine, les Guigou et consorts qui s’occupaient de la politique internationale ou de l’économie, ce qu’elle appellerait plus tard, « les affaires de garçons », et qu’elle n’essayait même pas de venir sur leur terrain, n’ayant « pas les codes, pas la culture générale ».

Quand elle pleurait de rire, oeil mouillé d’admiration, devant les traits d’humour de son « cher François », qu’elle jugeait si bril­lant, si intelligent, si drôle. Si tout ça.

Quand elle devint député des Deux-Sèvres, en 1988, parce qu’il ne restait plus que cette circonscription de Melle sur la liste de Pierre Joxe, imprenable pour la gauche, disait-il ; et puis, quand elle devint ministre de l’Environnement en 1992, et qu’elle plaida auprès du président pour que Hollande aussi fût ministre, et que Mitterrand, d’abord amusé de la pugnacité de la dame : « Mais c’est injuste pour François, puis agacé, lui eût lâché :

Il y a bien une solution, mais il se peut qu’elle ne vous convienne pas : je vais nommer François Hollande et pas vous.

– Ah ! Ce n’est pas ce que je vous demande ! On ne peut pas parler… »

Se taire. Encore et encore. Dans les congrès du Parti socialiste, où tout l’ennuie, où elle n’a pas toujours le décodeur, où les subtilités tactiques, les coups à quinze bandes lui passent au-dessus de la tête – François lui expliquera -, où elle est si piètre oratrice, où l’affection collante des militants lui donne de l’urticaire – elle ne supporte pas de serrer les mains de « ses ploucs », comme elle dit de ses administrés des Deux-Sèvres.

En 1997, elle est nommée ministre délégué chargé de l’En­seignement scolaire, encore des fariboles, sous la houlette tyrannique et omnipotente de Claude Allègre. Ce sous-sous-maroquin, elle n’aurait même pas dû l’obtenir. Mais, en lançant publiquement l’idée de sa candidature au perchoir, elle a mis un grain de sable dans la mécanique partisane qui prévoyait que Laurent Fabius serait le président de l’Assemblée nationale. Déjà, en 1995, alors que Jospin et Emmanuelli se disputaient l’investiture présidentielle du parti, elle avait joué le même coup insolent, dénonçant dans une tribune « deux trains lancés contre l’autre ». Jospin avait jeté un oeil furibond à Hollande : « Tu ne peux pas la tenir ? » Hollande jouait les durs : « Elle fait la cuisine à la maison, mais dans le parti, c’est moi qui la fais. » Pas crédible, le papa gâteau, le papa copain. Alors, pour se débarrasser d’elle, Jospin l’avait nommée sous-ministre. Et pour la « tenir », il l’avait confiée à Allègre.

Ce n’est qu’après. Bien après, qu’elle comprit que si Dieu avait donné le verbe aux hommes (politiques), il avait donné l’image à Ségolène Royal. Un mélange indéfinissable de fille de la campagne et de bourgeoise de province, de bas-bleu et de séductrice sur papier glacé. Lunettes d’éternelle étudiante, noeud dans les cheveux, serre-tête : elle découvre le Palais Bourbon. Un cabas à la main plein de chabichou, à la garden-party de l’Élysée : elle fait la promotion de « ses » producteurs de fromages de chèvre ; strict pantalon veste, dossiers dans une main, sac en cuir dans l’autre : Madame le ministre sort de l’Hô­tel Matignon ; posant sur son lit de maternité dans une ample blouse, au milieu de ses dossiers épars : elle présente aux caméras de télévision sa dernière fille, née quelques heures plus tôt, Flora ; en robe d’un blanc immaculé au milieu des vingt et un costumes sombres, présidents de région socialistes, élus en 2004. Une madone est née.

La reine de «Paris Match»

« Qu’est ce qui intéresse la presse aujourd’hui ? » fut la première phrase qu’elle prononça des an­nées durant lorsqu’elle arrivait, chaque matin, à son ministère. Elle se gava d’enquêtes d’opinion, de « quali » divers. Elle n’était pas du genre à réclamer les dépêches internationales de l’AFP. Mais peu à peu, elle devina, sentit, comprit, que ses faiblesses, ses lacunes béantes devenaient des forces, des atouts. Elle n’avait guère de compétence économique, mais la mondialisation ruinait les pouvoirs économiques de l’aristocratie d’État à la française. Elle n’avait jamais eu de grand ministère, mais le pays rejetait tous ceux qui, depuis vingt ans, avaient eu les premiers rôles. Elle n’avait pas l’habileté tactique de François Hollande, mais les partis étaient honnis ; plus profondément, elle jugeait que la France vivait une crise de société, qu’elle attendait le retour de valeurs oubliées, et non pas un changement de politique ; justement, les Français étaient déçus de la politique, leur grande passion depuis deux siècles. La politique se « people-isait », et elle était la reine de Paris Match. Elle était issue de la droite catholique et avait longtemps affiché sa haine de son milieu d’origine pour se faire accepter par ses nouveaux amis de gauche ; mais la société, après trente ans de laisser-aller soixante-huitard, réclamait le retour de l’ordre, de la famille, du travail, du mérite, de l’effort, de la nation. Elle n’était qu’une femme dans le pays de la loi salique, mais la société se féminisait. Son féminisme n’avait pourtant rien à voir avec celui des suffragettes qui jetaient leurs soutiens-gorge dans les meetings de Jean Royer, le maire rigoriste de Tours ; le féminisme de Marie-Ségolène est un puritanisme, contre le string à l’école, le bizutage ou les films pornographiques ; il est plus proche de la princesse de Clèves que de Mme de Merteuil. C’est un matriarcat : son ordre ne peut être juste que s’il est imposé par les femmes à des hommes légers et prédateurs.

Lentement, Ségolène se réconcilia avec Marie. La fille, avec son père mort. L’institutrice binoclarde mit des lentilles, se fit limer les dents. Comme Mitterrand. Pendant des années, une rumeur aussi stupide qu’indestructible avait prétendu qu’elle était la fille cachée du président socialiste. Et si elle lui donnait raison ? Pourquoi pas elle ? Tant de fois, elle avait entendu François, mi-rigolard, mi-cruel, plaisanter : « Après Chirac, n’importe qui peut être président de la République ! »

Pendant toutes ces années, qu’avait-elle été vraiment ? Rien. Que voulait-elle devenir : Tout !

Une rumeur, encore une, prétendait qu’elle ne se jetait dans cette bataille présidentielle que pour se venger des infidélités de son compagnon. Jusqu’au bout, les hiérarques socialistes furent persuadés que la candidature de Ségolène n’était qu’un leurre agité par le même Hollande, pour mieux les circonvenir. Sans doute, le premier secrétaire du PS y crut-il lui-même. Ne disait-elle pas : « Ça se décidera entre nous deux. » Et, lui, toujours rigolard : « On fera voter les enfants. Mais j’ai pris mes précautions. Ils voteront pour moi. » Ce que François Mauriac appelait « la maladresse des habiles ».

Barrissements de fureur

Avec sa baguette de Mary Poppins, elle pétrifia le vieux Parti socialiste. Elle rendit vains les courants, les écuries, les combats d’idées, les militants mêmes. Tout fut noyé, et Fabius, et Strauss-Kahn, et Jospin, et même Hollande, sous les sondages qui la prétendaient seule capable de battre Sarkozy, et les « nouveaux militants à vingt euros », venus de nulle part, et repartis depuis lors. Dès le soir du second tour, radieuse, comme si elle l’avait emporté, elle s’efforçait d’imposer sa férule sur la vieille maison qu’elle avait, durant toute la campagne, conservée dans le formol. Mais déjà, les « éléphants » barrissaient de fureur et avançaient pour la piétiner. Mary Poppins retrouverait-elle ses pouvoirs magiques ? Rien n’est moins sûr.

Car si la campagne avait révélé « son sens de la domination », comme disait Montebourg après le débat télévisé qui l’avait opposé à Sarkozy, elle avait aussi montré crûment ses insuffisances, ses limites, ses lacunes crasses, qu’elle ne pouvait pas éternellement mettre sur le compte de la légendaire misogynie française.

Entre improvisation et in­tuition, audace et prudence, ago­raphobie et incarnation, droitisation et gauchisation, « chevènementisation » et « cohn-benditation », éloge de la famille et du mariage homosexuel, chaud et froid avec DSK, invectives contre Bayrou et ministres centristes, coups d’éclat et impréparation, colères et refus de la brutalité, son incapacité chronique à conceptualiser donna un cours erratique, parfois affolant, à sa campagne. Elle qui voulait rassurer, protéger, materner, finit par dérouter, dé­sarçonner, inquiéter. Elle qui était présentée comme la solution à la crise des socialistes et de la gauche se révéla en fait un de ses symptômes les plus graves. « J’ai eu parfois l’impression de voir ces peintures où des personnes flottent entre ciel et terre », nota, interloqué, Jean-Pierre Chevènement. Effaré par la déstructuration d’un discours qu’elle piochait parmi les divers textes qu’elle avait demandés, Henri Emmanuelli demanda un soir à son voisin de meeting : « Où est le plan ? » Le plan fut peut-être qu’il n’y en avait pas.


Dialogue avec le non (2)

mai 8, 2004

Texte de Mehdi, partisan du non, en bleu, suivi du texte du cavalier Godzoacal, en faveur du oui :

C’est court, c’est incomplet mais c’est clair comme le devrait être le traité établissant une Constitution pour l’Europe.

Je vais commencer par les préliminaires… c’est très important les préliminaires, c’est la base d’une bonne compréhension. Ainsi, contrairement à certaines personnes qui disent que ce n’est pas important, je pense que c’est peut être ce qui prime par-dessus tout. Cela donne une illusion collective sur l’Europe.

Les préliminaires : Avant tout, ce n’est pas une Constitution, c’est un traité international. Il remplacera tout simplement le traité de Nice. Une Constitution va de pair avec un Etat. On parle de Constitution française, espagnole… mais pourquoi appeler ce traité « Constitution Européenne » ? Il faut dire que c’est plus attrayant que traité de Berlin ou traité de Luxembourg ; y mettre le terme Constitution fait cela plus pompeux…

En fait, c’est à partir de la que commence l’illusion : on veut nous faire croire que L’Europe sera un « Etat Unis d’Europe » à l’image des Etats-Unis d’Amérique. Veut on vraiment faire en sorte que l’Europe soit un Etat fédéral ?

Certains ne le cachent pas mais ce n’est pas très explicite dans les directives Européennes. Pour ma part, je ne pense pas que cela soit possible car chaque pays à un passé différent, une culture différente et est trop attaché à sa souveraineté nationale.

De plus, malgré, les efforts pour que les gens se sentent de plus en plus Européens, le sentiment de citoyenneté Européenne n’est vraiment pas fort. Qui peut me dire quelle est la journée de L’Europe. Faite attention, elle arrive juste avant le referendum a la rescousse du «oui ».

Une autre question : quel est le taux de participation de la France aux dernières élections européennes de 2004 ? 42,76% de taux de participation. Un taux qui ne cesse de baisser. Avec ces résultats, on ne peut pas dire qu’il y a de l’enthousiasme de la part de la population envers les députés Européens. Sans parler du taux de participation des espagnols en ce qui concerne la Constitution Européenne.

D’ailleurs, connaissez vous les députés pour lesquels vous avez votés (si vous avez votés) ?

Derniers points de ces préliminaires : la Constitution Européennes a été élaborée par une assemblée Constituante non élue. Est-ce normal ? Même si elle a été élaborée en collaboration avec les partis et les syndicats, cela n’est pas très clair.

Enfin, qui a lu entièrement la Constitution Européenne ? Et est-on apte à comprendre clairement ce qui est écrit dans le texte ? Heureusement que les émissions de 22h30 sont la pour nous expliquer qui faut voter « oui », question de vie ou de mort. Heureusement que des stars qui sont sensés être super citoyens sont aussi la pour nous dire tellement c’est cool de voter encore « oui ».

Il s’agit d’un texte de plus de 250 pages écrit par des énarques dans un langage d’énarque: – Combien d’électeurs ont pu avoir accès à ce texte ? – Il n’y a toujours pas eu de travail d’explication, ou très peu, de la part de la presse ou de la classe politique. Voila pour les préliminaires !

Il faut arrêter de penser que ceux qui vont voter non le font en raison du rejet du gouvernement de Raffarin. C’est dangereux de faire des généralités. Tout le monde n’est pas syndicat ou syndiqués… Et puis voter « non », ce n’est pas être Eurosceptique ! La stigmatisation du « non » est une bien mauvaise stratégie.

Et puis la constitution Européenne ne me fait pas peur, c’est un bien meilleur traité que celui de Nice. Tout le monde est d’accord pour affirmer que l’Europe est en crise, qu’il faut adopter un autre texte. Adopter un texte qui comprend intégralement le traité de Nice et qui y ajoute des avancer non négligeables mais qui font un peu « vitrine ». Je ne vais pas détailler article par article comme l’a fait mon ami Chouka ; je vais rester en surface et parler des grandes lignes.

Pour la mémoire : l’Europe a commencé à se construire au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. Le but était de faire des échanges entre la France et l’Allemagne afin de rendre les deux pays dépendant l’un de l’autre et par conséquence préserver la paix. Le pari est gagné pour la paix ; c’est la grande victoire de l’Europe. Et il est aussi gagné pour la dépendance. C’est par la que commence la crise Européenne ; ainsi elle commence par le cafouillage entre la nation et l’Europe ! Il existe bel et bien 2 évolutions : l’évolution européenne et l’évolution française ; évolutions qui ne vont pas toujours dans le même sens…

Pour ma part, je me dirige assez pour le protectionnisme. Euh, la, avec la Constitution Européenne, on va dans l’autre sens, vers le libéra… (je ne vais pas le dire car j’ai pas envie de tomber dans le clichés des gens qui vont voter non et qui fustigent l’ultralibéralisme). Le capitalisme est une réalité, il faut faire avec ; il n’y a pas vraiment d’alternative mais on peut toujours faire en sorte de faire un peu de protectionnisme. Cela ne ferait pas de mal à la France. De Gaulle serait en accord avec cela.

Et comment arriver à cela si les directives Européennes priment sur les directives nationales (je sais ; pas toutes) ?

Mais la plus grande difficulté est l’organisation et la bonne entente des pays de l’Union Européenne. L’Europe veut se prononcer d’une seule voix afin de faire bloc contre la toute puissance américaine et la toute nouvelle ses pays asiatiques. C’est beau comme projet ; mais est ce vraiment réalisable ? L’exemple type est la guerre en Irak : faut il prendre l’Europe de Blair ou prendre celle de Chirac ? Bien sur le ministre des affaires étrangères de L’UE pourra jouer un rôle semblable au secrétaire général de l’ONU…

Je pourrai en ajouter des tonnes, c’est très facile d’être négationniste donc je m’arrête de la et ne me permet pas de continuer sur des termes techniques.

Cette Constitution est la conséquence d’une fuite en avant d’une Europe qui veut aller vite. Mais ou va-t-elle ? Ou veut elle aller ? Vers un pseudo Etat fédéral ? A quoi veut elle ressembler ?

Je ne critique pas l’Europe en elle-même mais je m’interroge sur sa direction. L’Europe doit changer, c’est une réalité. Au premier plan, la Constitution est une avancée. Mais sur le moyen terme et surtout sur le long terme, elle peut s’avérer gênante. Il sera très difficile de la réviser et donc de l’améliorer.

Hypothèse : si la constitution n’est pas ratifiée par plusieurs pays (ex : la France, l’Angleterre et les Pays-Bas) elle sera renégociée au bout de 4 ans. Je cite : «  Le président en exercice de l’Union européenne, le premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, a souligné aujourd’hui à Strasbourg :

«Il n’y aura pas de renégociation si un pays devait dire ‘non’. Nous devrons poursuivre le processus de ratifications», a indiqué M. Juncker devant l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE).

«Nous verrons à la fin de la procédure de ratifications si un, deux, ou trois Etats ont dit ‘non’», a-t-il poursuivi ajoutant que si «plusieurs pays membres ne devaient pas ratifier la Constitution, le Conseil européen se saisira de la question». »

Je veux croire en une renégociation du Traité. Et je pense que c’est ça d’être vraiment optimiste à la place de se cacher derrière une utopie optimisatrice. Je n’ai pas peur de l’avenir de la France et de l’Europe.

Je vous laisse à vos consciences, moi perso, j’en ai déjà plein le cul.

Réponse du cavalier Godzoacal : « Mon rêve… »

Enfin Mehdi a écrit sa contribution qu’il me promettait depuis un
mois. C’est intéressant, mais malheureusement parfois trompeur :
souvent Mehdi donne des arguments qui devrait faire voter oui, et par
une conclusion biaisée il vote non.
Mehdi, nous refais pas le coup du complot, l’Europe fédérale
cachée, avec ses griffes. Ne racontons pas n’importe quoi, cette
constitution n’est ni fédérale, ni fédéraliste. Il est évident que nous
n’étions pas prêt, que les peuples d’Europe, et le peuple européen
dans son ensemble, formé de toute sa diversité, sont loin d’être prêt.
C’est pour moi une utopie, mais qui se réalisera dans quelques
décennies.
Ca me fait un peu de peine de voir que tu replie vers le
protectionnisme, la nation, la patrie. Il me semblait que ces
dernières années dans nos débats et ébats tu étais plus libéral et
autant fédéraliste que moi. Peut-être puis je encore te faire changer
d’avis.

C’est effectivement un traité international, mais qui a
vocation a faire naître un Etat d’un genre nouveau, qui ne met pas en
cause les Etats nationaux. D’ailleurs les constitutions nationales
s’appliquent toujours, et avec ce traité les Etats ne perdent PAS de
souveraineté, si ce n’est dans le passage nécessaire à plus de
majorité qualifiée, mais sur des domaines de faible importance
généralement.
Au niveau symbolique il y a des avancées: président, ministre
des affaires étranges, constitution…

Donc la question posée n’est pas le fédéralisme, ce n’est pas
l’orientation qui a été prise. Tous les domaines importants restent à
l’unanimité, donc chaque pays a un droit de veto; de plus les
parlements nationaux seront plus impliqués, avec la constitution.
Donc ton »on veut nous faire croire qu’on sera les Etats-Unis d’Europe »
sonne étrangement. Qui veut te faire croire cela à part toi même ? Il
est bien clair qu’on en est loin.

<!–
D([« mb », »<br> &nbsp; &nbsp;Quand au sentiment d\’être europeen, ce n\’est pas la bonne<br>question, il s\’agit d\’être français et européen. D\’ailleurs si on<br>demande aux gens &quot;vous sentez vous européen?&quot;, une majorité repond oui<br>dans les enquêtes d\’opinion. Après qu\’il y ait un désintérêt concret<br>pour les affaires compliquées de l\’Union européenne, que les<br>gouvernements de chaque pays critiquent souvent pour détourner<br>l\’attention d\’eux même. Car il ne faut pas oublier que ce n\’est pas la<br>commission qui gouverne ! C\’est le conseil des chefs d\’Etats ou<br>ministres, aidé du parlement. Le parlement aura d\’ailleurs un pouvoir<br>de contrôle et de blocage plus fort avec ce nouveau traité.<br><br> &nbsp; &nbsp;Quand a ton dernier point de préliminaire, tu dis toi mêm que ce<br>n\’est pas une constitution, et tu voudrais une assemblée constituante.<br>Sur un texte si compliqué et si politique, il fallait des<br>représentants des pays et des gens compétents. D\’ailleurs comme tu le<br>dis toi même , il y aurait eu une forte abstention à l\’élection de<br>cette assemblée, et les partis extrémistes et eurosceptiques auraient<br>eu beaucoup plus de poid que ce qu\’ils n\’ont en réalité, cela aurait<br>été la gadou…<br><br> &nbsp; &nbsp;Quand à ta présentation de la campagne, elle est aigrie… Que<br>t\’es t\’il arrivé mon ami ?<br> &nbsp;Ainsi je te cite: &quot;Enfin, qui a lu entièrement la Constitution<br>Européenne ? Et est-on apte à comprendre clairement ce qui est écrit<br>dans le texte ? Heureusement que les émissions de 22h30 sont la pour<br>nous expliquer qui faut voter « oui », question de vie ou de mort.<br>Heureusement que des stars qui sont sensés être super citoyens sont<br>aussi la pour nous dire tellement c\’est cool de voter encore « oui ».<br>Il s\’agit d\’un texte de plus de 250 pages écrit par des énarques dans<br>un langage d\’énarque: – Combien d\’électeurs ont pu avoir accès à ce<br>texte ? – Il n\’y a toujours pas eu de travail d\’explication, ou très<br>peu, de la part de la presse ou de la classe politique.&quot;<br> »,1]
);

//–>

Quand au sentiment d’être européen, ce n’est pas la bonne
question, il s’agit d’être français et européen. D’ailleurs si on
demande aux gens « vous sentez vous européen? », une majorité répond oui
dans les enquêtes d’opinion. Après qu’il y ait un désintérêt concret
pour les affaires compliquées de l’Union européenne, que les
gouvernements de chaque pays critiquent souvent pour détourner
l’attention d’eux même. Car il ne faut pas oublier que ce n’est pas la
commission qui gouverne ! C’est le conseil des chefs d’Etats ou
ministres, aidé du parlement. Le parlement aura d’ailleurs un pouvoir
de contrôle et de blocage plus fort avec ce nouveau traité.

Quand a ton dernier point de préliminaire, tu dis toi même que ce
n’est pas une constitution, et tu voudrais une assemblée constituante.
Sur un texte si compliqué et si politique, il fallait des
représentants des pays et des gens compétents. D’ailleurs comme tu le
dis toi même , il y aurait eu une forte abstention à l’élection de
cette assemblée, et les partis extrémistes et eurosceptiques auraient
eu beaucoup plus de poids que ce qu’ils n’ont en réalité, cela aurait
été la gadoue…

Quand à ta présentation de la campagne, elle est aigrie… Que
t’es t’il arrivé mon ami ?
Ainsi je te cite: « Enfin, qui a lu entièrement la Constitution
Européenne ? Et est-on apte à comprendre clairement ce qui est écrit
dans le texte ? Heureusement que les émissions de 22h30 sont la pour
nous expliquer qui faut voter « oui », question de vie ou de mort.
Heureusement que des stars qui sont sensés être super citoyens sont
aussi la pour nous dire tellement c’est cool de voter encore « oui ».
Il s’agit d’un texte de plus de 250 pages écrit par des énarques dans
un langage d’énarque: – Combien d’électeurs ont pu avoir accès à ce
texte ? – Il n’y a toujours pas eu de travail d’explication, ou très
peu, de la part de la presse ou de la classe politique. »

<!–
D([« mb », »<br> &nbsp; Le travail d\’explication a lieu en ce moment, dans tous les<br>journaux, à la télé. Malheureusement, ce travail d\’explication est<br>constamment accusé par les partisans du non d\’être détourné en faveur<br>du oui. Peut-être aussi parceque le texte lui-même, quand on sort des<br>caricatures et des slogans, plaide pour le oui.<br> &nbsp; &nbsp; &nbsp;Certes les media sont majoritairement pour le oui, est-ce une<br>raison pour dire non? Le texte est bon, ce n\’est pas le monstre<br>ultralibéral ou la machine à gaz antidémocratique qu\’on nous présente<br>parfois.<br><br> &nbsp; &nbsp;Quand à ta phrase phare : &quot;voter non ce n\’est pas être<br>eurosceptique&quot;. C\’est vrai, mais c\’est comique ( ou triste) que ce<br>soit toi qui le dise, alors que tous tes arguments sont<br>souverainistes, ce dont tu ne te cache pas d\’ailleurs en te disant<br>Chevènementiste. Tu affirmes d\’ailleurs au début que le peuple<br>européen n\’existe pas et n\’a pas vraiment vocation à exister. Tu veux<br>donner plus de place aux souverainetés nationales. Donc tous ne le<br>sont peut-être pas, mais toi tu es eurosceptique, dans le sens ou tu<br>ne souhaites pas que la construction européenne continue, la situation<br>actuelle te convient. Tu voudrais une simple coopération.<br> &nbsp; &nbsp;Et puis la stigmatisation du non, c\’était au début. Aujourd\’hui<br>souvent le non se stigmatise tout seul. Et le oui est bien plus<br>largement stigmatisé, en faisant croire que c\’est un oui<br>ultralibérral, pro-américain, antisocial, ce qui est totalement faux<br>sur chacun des points.<br><br> &nbsp; Quand au protectionnisme, le retour de la fausse bonne idée.<br>D\’abord il faut dire que la constitution encadre autant que les<br>traités actuels le protectionnisme. Mais audela, à part dans des cas<br>particuliers, c\’est quand même dangereux. Mettre des barrières<br>douanières, ça revient à faire augmenter les prix à l\’intérieur du<br>pays, ça crée de l\’inflation, le pouvoir d\’achat baisse, les coûts<br>pour les entreprises augmentent. D\’autre part, les autres pays en<br> »,1]
);

//–>

Le travail d’explication a lieu en ce moment, dans tous les
journaux, à la télé. Malheureusement, ce travail d’explication est
constamment accusé par les partisans du non d’être détourné en faveur
du oui. Peut-être aussi parce que le texte lui-même, quand on sort des
caricatures et des slogans, plaide pour le oui.
Certes les media sont majoritairement pour le oui, est-ce une
raison pour dire non? Le texte est bon, ce n’est pas le monstre
ultralibéral ou la machine à gaz antidémocratique qu’on nous présente
parfois.

Quand à ta phrase phare : « voter non ce n’est pas être
eurosceptique ». C’est vrai, mais c’est comique ( ou triste) que ce
soit toi qui le dise, alors que tous tes arguments sont
souverainistes, ce dont tu ne te cache pas d’ailleurs en te disant
Chevènementiste. Tu affirmes d’ailleurs au début que le peuple
européen n’existe pas et n’a pas vraiment vocation à exister. Tu veux
donner plus de place aux souverainetés nationales. Donc tous ne le
sont peut-être pas, mais toi tu es eurosceptique, dans le sens ou tu
ne souhaites pas que la construction européenne continue, la situation
actuelle te convient. Tu voudrais une simple coopération.
Et puis la stigmatisation du non, c’était au début. Aujourd’hui
souvent le non se stigmatise tout seul. Et le oui est bien plus
largement stigmatisé, en faisant croire que c’est un oui
ultralibéral, proaméricain, antisocial, ce qui est totalement faux
sur chacun des points.

Quand au protectionnisme, le retour de la fausse bonne idée.
D’abord il faut dire que la constitution encadre autant que les
traités actuels le protectionnisme. Mais au delà, à part dans des cas
particuliers, c’est quand même dangereux. Mettre des barrières
douanières, ça revient à faire augmenter les prix à l’intérieur du
pays, ça crée de l’inflation, le pouvoir d’achat baisse, les coûts
pour les entreprises augmentent. D’autre part, les autres pays en

<!–
D([« mb », »réponse mettent eux aussi des barrières douanières. Or la France est<br>un pays qui exporte beaucoup, des millions d\’emplois sont liés à cela.<br>De plus, il peut y avoir des mesures de rétorsion, notamment<br>concernant les gros achats symboliques (airbus)..<br> &nbsp; &nbsp;La situation n\’est donc pas aussi simple que ne la présente De<br>Villier (L\’homme qui ment plus vite que son ombre; il doit y avoir<br>plus de phrases mensongères que vrai dans chacun de ses discours, je<br>ris et je pleure à chaque fois)<br> &nbsp; &nbsp; &nbsp;Mehdi si tu votes non, le protectionnisme sera toujours aussi<br>encadré, et c\’est tant mieux.<br><br> &nbsp; Enfin, le droit européen prime sur les droits nationaux. Rien ne<br>change sur ce point. Mais il ne faut pas oublier que le droit européen<br>est un droit d\’attribution, c\’est à dire qu\’il ne touche que ce que<br>les etats ont bien voulu lui déléguer. De plus, les chefs d\’etats et<br>le parlement participent aux décisions.<br><br> &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Enfin les deux dernières interprétations sur lesquelles<br>tu t\’appuie : la constitution sera très difficile à changer;<br>Pour l\’instant on ne parle pas de la changer mais de l\’adopter, et vu<br>que une fois qu\’on écarte les contrevérités et les incompréhensions<br>c\’est plutôt un bon texte, il y a pas de raisons de la changer tout de<br>suite. D\’autant que les deux premières parties, qui sont ce qui est<br>ajouté par la constitution, sont en termes généraux souvent. Donc,<br>tout dépend des majorités qui seront au pouvoir, donc quand tu dis<br>l\’Europe doit changer, c\’est pourquoi il faut voter oui car cela amène<br>toutes les améliorations que tu connais et d\’autres que tu ne veut pas<br>voir car elles remettent en cause ton schéma de pensée, mais après<br>cela passera par les élections nationales et européennes. Avec cette<br>constitution, on pourra mener des politiques très différentes au<br>niveau européen, et encore plus au niveau national.<br> &nbsp; &nbsp;De plus elle n\’est pas plus difficile à changer que le traité de<br> »,1]
);

//–>
réponse mettent eux aussi des barrières douanières. Or la France est
un pays qui exporte beaucoup, des millions d’emplois sont liés à cela.
De plus, il peut y avoir des mesures de rétorsion, notamment
concernant les gros achats symboliques (airbus)..
La situation n’est donc pas aussi simple que ne la présente De
Villier (L’homme qui ment plus vite que son ombre; il doit y avoir
plus de phrases mensongères que vrai dans chacun de ses discours, je
ris et je pleure à chaque fois)
Mehdi si tu votes non, le protectionnisme sera toujours aussi
encadré, et c’est tant mieux.

Enfin, le droit européen prime sur les droits nationaux. Rien ne
change sur ce point. Mais il ne faut pas oublier que le droit européen
est un droit d’attribution, c’est à dire qu’il ne touche que ce que
les etats ont bien voulu lui déléguer. De plus, les chefs d’états et
le parlement participent aux décisions.

Enfin les deux dernières interprétations sur lesquelles
tu t’appuie : la constitution sera très difficile à changer;
Pour l’instant on ne parle pas de la changer mais de l’adopter, et vu
que une fois qu’on écarte les contrevérités et les incompréhensions
c’est plutôt un bon texte, il y a pas de raisons de la changer tout de
suite. D’autant que les deux premières parties, qui sont ce qui est
ajouté par la constitution, sont en termes généraux souvent. Donc,
tout dépend des majorités qui seront au pouvoir, donc quand tu dis
l’Europe doit changer, c’est pourquoi il faut voter oui car cela amène
toutes les améliorations que tu connais et d’autres que tu ne veut pas
voir car elles remettent en cause ton schéma de pensée, mais après
cela passera par les élections nationales et européennes. Avec cette
constitution, on pourra mener des politiques très différentes au
niveau européen, et encore plus au niveau national.
De plus elle n’est pas plus difficile à changer que le traité de

<!–
D([« mb », »Nice qu\’on a aujourd\’hui. Ce sont les même règles. Je suis persuadé<br>que dans les vingt ans, il y aura des modifications si des points<br>posent problèmes. Si un pays veut exiger une modif, il met un véto sur<br>toutes les décisions à l\’unanimité, et donc les autres doivent<br>négocier ensuite si c\’est réalisable. (De Gaulle et la politique de la<br>chaise vide)<br><br> &nbsp;Enfin la fameuse renégociation du traité. Les partisans du non ont<br>une argumentation basée sur des peurs et des fantasmes.<br> Tu cites le président du Luxembourg, et il dit bien qu\’il n\’y aura<br>pas de renégociations. Dans les faits il y en aura peut-être une, mais<br>c\’est pas sûr du tout. Si on arrivait à se mettre d\’accord, il<br>faudrait faire revoter le texte dans tous les pays. De plus il a quand<br>même fallu plus de six ans pour arriver à un consensus entre des<br>gouvernements de gauche et de droite, des pays libéraux, et<br>interventionnistes, religieux et laïques… Quand on sait que les<br>opposants anglais et hollandais au texte le sont parcequ\’elle est trop<br>sociale, trop interventionniste, on voit les risques auxquels on<br>s\’expose en renégociant. La pologne réclamerait à nouveau peut-être<br>l\’inscription de l\’héritage chrétien (car aujourd\’hui c\’est un parti<br>catho qui est en force la bas, surfant sur la mort de Jean Paul)On<br>serait bien obligés de faire des concessions pour ne pas paraître<br>arrogants.<br> &nbsp; &nbsp; &nbsp; Mais même avant, quelles renégociations ? C\’est Chirac qui la<br>mènera. En se basant sur quoi? Personne ne le sait. Comme la moitié au<br>moins des arguments développés par les partisans du non sont des<br>mensonges et des abérations(là je parle pas pour toi, tu es souvent<br>plus réfléchi), on ne pourra pas revenir sur des choses qui n\’existent<br>pas. (donc les gens revoteront non sur les même mensonges).<br> &nbsp; Quand aux autres arguments, lesquels défendre, ceux de droite et<br>d\’extrême droite, ceux d\’extrême gauche, ceux des souverainistes qui<br>veulent plus de pouvoir pour la France, ceux de quelques fédéralistes<br> »,1]
);

//–>
Nice qu’on a aujourd’hui. Ce sont les même règles. Je suis persuadé
que dans les vingt ans, il y aura des modifications si des points
posent problèmes. Si un pays veut exiger une modif, il met un veto sur
toutes les décisions à l’unanimité, et donc les autres doivent
négocier ensuite si c’est réalisable. (De Gaulle et la politique de la
chaise vide)

Enfin la fameuse renégociation du traité. Les partisans du non ont
une argumentation basée sur des peurs et des fantasmes.
Tu cites le président du Luxembourg, et il dit bien qu’il n’y aura
pas de renégociations. Dans les faits il y en aura peut-être une, mais
c’est pas sûr du tout. Si on arrivait à se mettre d’accord, il
faudrait faire revoter le texte dans tous les pays. De plus il a quand
même fallu plus de six ans pour arriver à un consensus entre des
gouvernements de gauche et de droite, des pays libéraux, et
interventionnistes, religieux et laïques… Quand on sait que les
opposants anglais et hollandais au texte le sont parce qu’elle est trop
sociale, trop interventionniste, on voit les risques auxquels on
s’expose en renégociant. La Pologne réclamerait à nouveau peut-être
l’inscription de l’héritage chrétien (car aujourd’hui c’est un parti
catho qui est en force la bas, surfant sur la mort de Jean Paul)On
serait bien obligés de faire des concessions pour ne pas paraître
arrogants.
Mais même avant, quelles renégociations ? C’est Chirac qui la
mènera. En se basant sur quoi? Personne ne le sait. Comme la moitié au
moins des arguments développés par les partisans du non sont des
mensonges et des aberrations(là je parle pas pour toi, tu es souvent
plus réfléchi), on ne pourra pas revenir sur des choses qui n’existent
pas. (donc les gens revoteront non sur les même mensonges).
Quand aux autres arguments, lesquels défendre, ceux de droite et
d’extrême droite, ceux d’extrême gauche, ceux des souverainistes qui
veulent plus de pouvoir pour la France, ceux de quelques fédéralistes

<!–
D([« mb », »qui disent non car cela ne vas pas assez loin, ceux des ultralibéraux<br>(Madelin a dit qu\’il savait pas encore ce qu\’il allait voter car le<br>libéralisme n\’avait pas besoin d\’être autant encadré) ou des<br>anticapitalistes ? &nbsp;Travail très difficile que celui de Chirac, qui a<br>lui même dit qu\’il n\’y aurait pas de renégociation, et qui devrait<br>s\’humilier à négocier avec les arguments contradictoires de ses<br>adversaires…<br><br> &nbsp; &nbsp;Donc la renégociation est une chimère je pense, et même si elle<br>avait lieu elle ne satisferait pas. On a le droit de dire non, mais<br>dire non pour dire oui est illusoire.<br><br> &nbsp; &nbsp;Donc la question posée est : acceptez vous qu\’on adopte ce traité<br>constitutionnel européen, ou préférez vous rester à la situation<br>actuelle, qui est tant critiquée par les partisans du non ?<br> &nbsp; Je laisse la réponse à Mehdi dans le texte qu\’il nous a envoyé:<br><br> &nbsp; &nbsp; &quot;Et puis la constitution Européenne ne me fait pas peur, c\’est un<br>bien meilleur traité que celui de Nice. Tout le monde est d\’accord<br>pour affirmer que l\’Europe est en crise, qu\’il faut adopter un autre<br>texte. &quot;<br><br>Mehdi, j\’espère que tu peux encore changer d\’avis. Si tu as peur de te<br>faire hacher par Cécile si tu le fais, tant pis, ne lui dit pas, tu<br>seras seul dans l\’isoloir… Cette nuit j\’ai fait un rêve: le jour des<br>élections, dans un champ, plein de monde, esprit de fête. Les isoloirs<br>étaient en brique rouge, immenses, très beaux. Il y avait un isoloir<br>pour le oui, un pour le non.C\’était pas très démocratique mais cela ne<br>choquait pas. Tu étais là, toi aussi, sourire narquois aux lèvres.<br>Mais je ne sais pas dans quel isoloir tu es allé… ni dans lequel tu<br>iras.<br><br>PS: quelques arguments pour le oui en quelques lignes:<br><br> &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; les institutions évoluent pour être plus<br>efficaces et plus lisibles (systèmes de décisions sont clarifiés, des<br> »,1]
);

//–>
qui disent non car cela ne vas pas assez loin, ceux des ultralibéraux
(Madelin a dit qu’il savait pas encore ce qu’il allait voter car le
libéralisme n’avait pas besoin d’être autant encadré) ou des
anticapitalistes ?  Travail très difficile que celui de Chirac, qui a
lui même dit qu’il n’y aurait pas de renégociation, et qui devrait
s’humilier à négocier avec les arguments contradictoires de ses
adversaires…

Donc la renégociation est une chimère je pense, et même si elle
avait lieu elle ne satisferait pas. On a le droit de dire non, mais
dire non pour dire oui est illusoire.

Donc la question posée est : acceptez vous qu’on adopte ce traité
constitutionnel européen, ou préférez vous rester à la situation
actuelle, qui est tant critiquée par les partisans du non ?
Je laisse la réponse à Mehdi dans le texte qu’il nous a envoyé:

« Et puis la constitution Européenne ne me fait pas peur, c’est un
bien meilleur traité que celui de Nice. Tout le monde est d’accord
pour affirmer que l’Europe est en crise, qu’il faut adopter un autre
texte.  »

Mehdi, j’espère que tu peux encore changer d’avis. Cette nuit j’ai fait un rêve: le jour des élections, dans un champ, plein de monde, esprit de fête. Les isoloirs
étaient en brique rouge, immenses, très beaux. Il y avait un isoloir
pour le oui, un pour le non. C’était pas très démocratique mais cela ne
choquait pas. Tu étais là, toi aussi, sourire narquois aux lèvres.
Mais je ne sais pas dans quel isoloir tu es allé… ni dans lequel tu
iras.

PS: quelques arguments pour le oui en quelques lignes:

les institutions évoluent pour être plus
efficaces et plus lisibles (systèmes de décisions sont clarifiés, des

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D([« mb », »coopérations renforcées plus simple, une répartition moins complexes<br>des droits de vote, un ministre des affaires étrangères pouvant<br>s\’exprimer lorsqu\’il y a une position commune, un président plus<br>facilement identifiable, etc.),<br><br>il y a des avancées en matière de contrôle démocratique (le parlement<br>voit son rôle renforcé, il peut bloquer beaucoup plus de décisions<br>grâce à la procédure de codécision, il vote le budget… de plus la<br>possibilité certes symbolique mais qui peut avoir un poids politique<br>de réunir une pétition d\’un million de personnes, qui sera examinée<br>par la commission pour mettre en application la constitution)<br><br> &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;il y a des avancées dans d\’autres domaines notamment la<br>protection de l\’environnement(importantes), l\’entente commune sur la<br>sécurité et la recherche<br> &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; c\’est aussi une avancée symbolique que d\’avoir un traité que<br>l\’on appellera constitution, d\’avoir un président; c\’est la<br>construction européenne qui avance, et même si elle va lentement et<br>que tout n\’est pas parfait, c\’est un bon pas.<br> &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;enfin sur les droits sociaux, certes cela n\’apporte<br>généralement rien de neuf pour la France, mais c\’est important<br>d\’élargir la construction européenne hors du seul domaine économique.<br>Et c\’est important pour d\’autres pays moins avancés. De plus la&quot;clause<br>sociale&quot; dit que les politiques de l\’union doivent respecter dans<br>l\’esprit ces droits sociaux, ainsi que le respect de l\’environnement,<br>et la diversité culturelle.<br><br> »,0]
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coopérations renforcées plus simple, une répartition moins complexes
des droits de vote, un ministre des affaires étrangères pouvant
s’exprimer lorsqu’il y a une position commune, un président plus
facilement identifiable, etc.),

il y a des avancées en matière de contrôle démocratique (le parlement
voit son rôle renforcé, il peut bloquer beaucoup plus de décisions
grâce à la procédure de codécision, il vote le budget… de plus la
possibilité certes symbolique mais qui peut avoir un poids politique
de réunir une pétition d’un million de personnes, qui sera examinée
par la commission pour mettre en application la constitution)

il y a des avancées dans d’autres domaines notamment la
protection de l’environnement(importantes), l’entente commune sur la
sécurité et la recherche
c’est aussi une avancée symbolique que d’avoir un traité que
l’on appellera constitution, d’avoir un président; c’est la
construction européenne qui avance, et même si elle va lentement et
que tout n’est pas parfait, c’est un bon pas.
enfin sur les droits sociaux, certes cela n’apporte
généralement rien de neuf pour la France, mais c’est important
d’élargir la construction européenne hors du seul domaine économique.
Et c’est important pour d’autres pays moins avancés. De plus la »clause
sociale » dit que les politiques de l’union doivent respecter dans
l’esprit ces droits sociaux, ainsi que le respect de l’environnement,
et la diversité culturelle.

Analyse critique d’arguments du non à la constitution européenne.

avril 8, 2004

La complexité du texte permet de raconter à peu près tout et n’importe quoi. J’ai la chance de pouvoir l’analyser et le comprendre en profondeur, ayant étudié ce projet en cours d’institutions européennes, et ayant également longuement étudié l’impact des politiques communautaires en cours de service public. J’ai donc lu le projet de constitution européenne minutieusement, et devant l’étalage de bêtise qui sont invoqués, alors que de vrais arguments existent par ailleurs dans les deux sens, j’ai décidé d’écrire ce texte.

Pour ne pas se laisser abuser par des arguments faciles et qui peuvent paraître censés, j’ai décidé de critiquer, de manière sérieuse et pondérée, un argumentaire en faveur du non au projet de constitution européenne que j’ai trouvé. Celui-ci présente une trentaine de raisons pour voter non, auxquelles je réponds en rouge.

Voulez vous

u que les capitaux et les marchandises aient autant sinon plus de liberté que les humains ? (art. I-2)

L’article I-2 concerne les valeurs de l’Union, que sont une liste de principes et de droits qui concernent évidemment les humains. Les marchandises et les capitaux sont un instrument, et leur liberté de circulation n’est pas un objectif en soi, c’est un moyen. Mais ils ne sont pas cités dans les valeurs de l’Union. De plus, il n’y a pas de liberté absolue de circulation des marchandises des capitaux et marchandises, de nombreuses règles les restreignent lorsque nécessaire, ainsi art III-154 : « ne fait pas obstacle aux interdictions ou restrictions d’importation, d’exportation ou de transit, justifiées pour des raisons de moralité publique, d’ordre public, de sécurité publique, de protection de la santé et de la vie des personnes et des animaux ou de préservation des végétaux, de protection des trésors nationaux ayant une valeur artistique, historique ou archéologique, ou de protection de la propriété industrielle et commerciale. »

u que la liberté du travail soit une valeur de l’Europe mais pas le droit au travail, ni le droit du travail ? (art. II-75)

Faux et démagogique : le droit du travail relève de chaque Etat, cependant les I-87 à I-94 fixent des principes fondamentaux (Protection en cas de licenciement injustifié, conditions de travail justes et équitables, droit de grève, sécurité sociale etc.). De plus la liberté de chercher un emploi, mais aussi le droit de travailler figurent dans le texte. Par contre le droit au travail n’y figure pas. Mais c’est jouer sur les mots, quand on connaît le taux de chômage de certains de nos pays, ce n’est en France qu’un droit symbolique, qui n’a pas de valeur juridique.

u que la création d’un marché libre soit un objectif de l’Europe mais pas le plein emploi sauf s’il ne « fausse « pas la concurrence ?

Faux

L’article I-3 affirme, parmi la quinzaine d’objectifs de l’union (paix, respect de la richesse de la diversité culturelle et linguistique etc.) d’une part : « L’Union offre à ses citoyens un espace de liberté, de sécurité et de justice sans frontières intérieures, et un marché intérieur où la concurrence est libre et non faussée »

Et d’autre part : « L’Union œuvre pour le développement durable de l’Europe fondé sur une croissance économique équilibrée et sur la stabilité des prix, une économie sociale de marché hautement compétitive, qui tend au plein-emploi et au progrès social, et un niveau élevé de protection et d’amélioration de la qualité de l’environnement. Elle promeut le progrès scientifique et technique. »

u que la première chose à sauver en cas de crise sociale ou de guerre, ce soit « le fonctionnement du marché » ? (art.III-131)

Il est vrai que la formulation est choquante. Mais il s’agit en fait de limiter l’impact d’une crise grave dans un pays sur ses voisins, notamment en terme d’échanges ( si les routes sont bloquées en France, l’Espagne doit trouver des moyens adaptés pour s’approvisionner par la mer, par exemple) C’est plutôt, essayer de sauver ce qu’on peut sauver ! Le traité ne se prononce que sur ce pour quoi il est compétent

u que la banque centrale européenne, hors de tout contrôle, fasse crédit aux spéculateurs mais pas aux Etats qui voudraient relancer l’emploi ? (art. III-181)

N’importe quoi ! La Banque centrale européenne est très règlementée. Son rôle est notamment de contrôler le crédit, en mettant des liquidité à disposition des établissements de crédits publics ou privés, dans certaines limites. Par contre, elles est indépendantes des Etats, et ne peut leur octroyer de crédits. Ils utilisent leurs propres outils d’emprunts pour cela.

u qu’un pays en récession soit pénalisé une deuxième fois par une sanction financière imposée par ceux qui sont plus forts ? (art.IIII-184)

Si récession est importante, les critères du déficit maximum ne s’appliquent pas. De plus, les sanctions sont appliquées de manière souples. Enfin, si la situation revient sous les seuils dans les deux ans, les sommes sont rendues à l’Etat.

u que le Président de la République soit écologiste dans les grands sommets de l’ONU et productiviste quand il visite les campagnes ou inaugure les autoroutes pour les camions ?

Le traité contient des avancées en matière d’environnement, et la politique agricole commune est en voie de réforme pour moins de productivisme

u que les droits sociaux soient abandonnés à la « nécessité de maintenir la compétitivité » ? (art. III-209)

Art III-210 : « Les lois européennes adoptées en vertu de cet article (sur politiques sociales) ne peuvent pas porter atteinte à la faculté reconnue aux Etats membres de définir les principes fondamentaux de leur système de sécurité sociale et ne doivent pas en affecter sensiblement l’équilibre.

De plus, ces lois ne peuvent pas empêcher un Etat membre de maintenir ou d’établir des mesures de protection plus strictes compatibles avec la constitution »

Par ailleurs art III-209 mentionne dans les objectifs de l’union la promotion de l’emploi, l’amélioration des conditions de vie et de travail permettant leur égalisation dans le progrès, une protection sociale adéquate,…, la lutte contre les exclusions… »

Il est prévu que les Etats agissent en tenant compte de la diversité des pratiques nationales.

Compte tenu de tout cela, le texte souligne la nécessité de maintenir la compétitivité de l’économie. Il souligne que ces objectifs résulteront du fonctionnement du marché intérieur (de manière optimiste), mais aussi des rapprochements des législations des Etats. (concerne surtout les nouveaux entrants)

Enfin, les articles II-87 à II-95 reconnaissent de nombreux droits sociaux.

u que la « liberté de chercher un emploi » soit reconnue même si l’emploi n’existe pas ou est supprimé ? (art. II-75-2)

Démago. L’article affirme seulement que l’on ne peut interdire à personne de chercher un emploi. Pour éviter les discriminations envers tel ou tel type de population. L’emploi est un objectif affiché par le traité.

u que le droit de grève soit reconnu pour les…. « employeurs » ? (art. II -88)

Effectivement, les actions collectives sont reconnues aux organisations représentatives d’employeurs ou de salariés, y compris le droit de grève.

Mais « conforméments aux pratiques nationales », or cela n’est pas autorisé en France. De plus, la grève comme action collective est difficilement applicable aux employeurs.

u que la durée maximale du travail passe de 48 par semaine à 65h ? (directive temps de travail)

Rien à voir avec constitution. ( N’est ce pas un projet avorté, qui concernait principalement les nouveaux Etats membres ? De toute façon, la législation nationale prime)

u que toute harmonisation des rémunérations, du droit d’association, du droit de grève, soit exclue ? (art . III-210)

Les pays gardent leur compétence sur ces points. Toutefois, le droit d’association est reconnu dans l’article 72, et le droit de grève dans l’article 88.

u qu’une entreprise de services ne soit soumise qu’à la législation de son pays d’origine en matière de droit du travail, de normes environnementales ou de protection des consommateurs ? (directive BOLKESTEIN)

Absolument faux, cela concerne seulement les travailleurs dans un autre pays pour moins de huit jours. Et cela va être révisé. En plus, ça a rien à voir avec la constitution

u que la Constitution ne comporte pas une seule fois les mots »services publics » ?

Encore un mensonge. Art III 238 : « inhérentes à la notion de services publics » De plus le concept est présent souvent, notamment avec les services d’intérêt général et les services économiques d’intérêt général, même si ce n’est pas tout à fait la même chose.

u que tous les services soient concernés par la mise en concurrence et la libéralisation ? (art. III-145)

Ce ne sera pas le cas de manière simpliste et uniforme. Ne s’applique pas aux activités participants à l’exercice de l’autorité publique, (III-139) et les lois-cadres peuvent écarter d’autres secteurs. Les activités non marchandes ne sont pas concernées : administration, aide sociale, police, santé publique, éducatin publique…

De plus, pour les services d’intérêts économique général, que sont toutes les activités économiques qui ont un intérêt général pour la société, c’est à dire par exemple le courrier, les télécommunication, les transports : art II-96 « L’Union reconnaît et respecte l ‘acces à ces services tels que reconnus par les législation nationales, conformément à la constitution, afin de promouvoir la cohésion sociale et territoriale »

Dans article III-166, la Constitution précise : « Les services économiques d’intérêts général ne sont soumis à la concurrence que dans la mesure où l’application de ces dispositions ne fait pas échec à l’accomplissement en droit ou en fait de la mission particulière qui leur a été impartie. »

u que l’éducation, la santé et les services liés à l’environnement soient les prochaines cibles de la privatisation ? (accords AGCS)

La santé et l’environnement sont des objectifs importants et ambitieux de l’Union, art III-278 par ex. Mais pour la santé et l’éducation, la compétence principale reste aux états. D’ailleurs , art III-282 : « L’union respecte pleinement la responsabilité des Etats membres pour le contenu de l’enseignement et l’organisation du système éducatif »

u que les transports, les télécommunications et l’énergie soient libéralisés ? (art. III 246 et III-256)

Déjà pratiqué, pas forcément négatif, de plus soumis à des restrictions et conditions nombreuses: notion de service public (III-238), environnement , sécurité énergétique, économies d’énergies et développement des énergies renouvelables(III-256). De plus les etats restent libre de choisir la structure de leur approvisionnement énergétique etc.

u que la moitié des bureaux de poste soient fermés ? (art. III-148)

? ? Rien à voir avec cet article. Les services publics peuvent être défendus avec cette constitution. Elle n’aggrave rien aux traités libéraux antérieurs. C’est de la négociation politique, les gens ont qu’à voter intelligemment aux élections nationales et européennes.

u que toute aide aux services qui subsisteraient encore soit interdite ? (art. III-167)

Faux, il y a toute une liste de dérogations (III-167)

u que la Constitution soit une photocopie de l’AGCS qui prévoit de tout libéraliser « notamment l’éducation, la santé et les services liés à l’environnement » (dixit la Banque mondiale) ? (art. III-145 à III-147 et III-166 et III-167)

Non, les libéralisation ne sont possibles que « dans la mesure ou cela ne nuit pas à leur mission d’intérêt public » (III-166) De plus concernant la santé et l’éducation, cela ne fait pas partie des prérogatives de l’union.

u qu’une Constitution détermine les politiques à suivre ? (titre III en entier)

C’est un traité, qui fixe des orientations, comme tous les traités européens depuis 50 ans, ça n’a rien de choquant. Avec l’Union européenne, nous déléguons une partie de notre souverraineté, et les négociations élaborent les politiques communes.

u que ces politiques soient exclusivement et définitivement libérales ? (art. III-177)

Y’a de tout dans la constitution, faut la lire et arrêter d’halluciner ! « politique sociale de marché », environnement, protection des consommateurs… Dans toutes les politiques plutôt libérales, l’Etat est toujours pris en compte, c’est pas de l’ultralibéralisme. C’est le fruit de la négociation entre des pays de tradition différente

u qu’en guise de démocratie participative, les citoyens ne puissent qu’ « inviter » la Commission européenne à faire des propositions pour « faire appliquer la constitution » ? (art. I-47,4)

Une pétition d’un million qu’elle doit prendre en compte, ça a un poids politique. De plus on peut aussi addresser des pétitions au parlement européen. La démocratie représentative est largement présente, et renforcée par la constitution, et la participative fait son entrée, c’est plutôt un bon point.

u que toute révision de la constitution soit soumise à la règle de l’unanimité ? (art.IV-443)

Comme tous les traités depuis 50 ans. Peut être contourné pour des questions peu importantes.

u que le principe de la laïcité soit absent de la Constitution ? (art.I-51)

Evidemment, on allait (malheureusement) pas imposer la laïcité aux autres, c’est le fruit de la négociation. Certains voulaient même la référence à la religion chrétienne dans la constitution !

Mais la constitution française continue à s’appliquer, ne l’oublions pas.

u que la séparation des églises et des Etats soit remplacée par la possibilité d’exprimer ses convictions religieuses publiquement ? (art.- II-70)

Effectivement, élément inquiétant. La liberté religieuse est reconnue en France, mais dans la formulation de cet article, il y a bien le droit à afficher sa croyance en public et en privé. Cependant, si la France l’a accepté, c’est bien qu’elle pensait que cela ne remettrait pas en cause la laïcité. Et le poids de la France lui permettrait éventuellement de faire évoluer ce point dans la constitution, si la volonté politique est ferme. D’autre part cela dépend de l’interprétation de la cour européenne de justice. Ainsi, en public peut vouloir dire dans la rue, et par contre pouvant être soumis à restriction dans les services publics.

u que la défense de l’Europe et ses interventions extérieures soient inféodées à l’OTAN ? (art.I-41)

Pas vrai, les pays qui ont placés leur défense dans l ‘otan continuent ainsi. Dommage pour la construction d’une défense européenne. Mais ne change rien pour les autres, et n’engage pas l’union.

u que l’égalité entre les femmes et les hommes soit une valeur commune aux Etats membres renvoyant à une loi future devant être adoptée à l’unanimité entre des Etats dont certains considèrent comme illégal l’avortement ? (art.III-124)

Lisez la constitution : art I-2 : l’égalité entre les hommes et les femmes. Seules des mesures éventuelles prises par l’union pour combattre des discriminations sont soumises à une loi-cadre. L’article II-83, intitulé « l’égalité entre les hommes et les femmes » prévoit égalité

u que le droit de se marier et de créer une famille soit reconnu mais pas celui de divorcer ? (art.II-69)

Exact, bizarre. Mais principe de liberté, et de toute façon, prévu dans les lois nationales, donc ne change rien, mais ça aurait pu y figurer.

u que le droit de vote et de circulation soit limités aux seuls citoyens de l’Union et que cette citoyenneté exclut de fait les résidents des Etats tiers ? (art. I-10, II-72 et II-99 et II-100)

C’est un traité établissant une constitution pour l’Europe, la citoyenneté européenne peut être obtenue en se faisant nationaliser. Les membres de pays tiers ne peuvent pas voter aux élections européennes (cela n’empêche pas en théorie qu’ils puissent voter à des élections locales si un pays le décide) Quand à la liberté de circulation, une fois qu’ils sont entrés dans l’union de manière régulière, elle leur est reconnue.

Evidemment, on peut toujours espérer mieux. Mais ce texte est plutôt bon, après une négociation de trois ans. Ceux qui espèrent négocier facilement après un non un texte qui va dans leur sens sont optimistes. Le choc du non pourrait entraîner une défiance, un replis des opinions publiques et des pays sur eux même concernant l’avancée européenne : « Si même la France ne veut plus avancer, ne faisons plus de concessions, essayons chacun d’en prendre et reprendre le plus possible. » Cette perte de confiance et d’élan ne serait sûrement pas le chaos prédit par certains, mais cela serait triste.

Tout n’est pas parfait, mais la plupart des reproches qu’ont peu lui faire ne sont pas des reculs mais la reprise des traités précédents. Cette constitution avance sur de nombreux sujets, elle est importante, nécessaire. Ce n’est ni le monstre ultra-libéral que nous présentent ceux qui ont trouvé le filon pour pouvoir exister à nouveau politiquement, ou qui ont lu le texte trop rapidement, ni la dissolution de la France dans la technocratie que nous donnent à croire les tenants d’un souverainisme endurci. (le pouvoir de la France dans les prise de décision augmente d’ailleurs par rapport au traité en vigueur aujourd’hui)

Evidemment, chacun peut trouver un ou quelques articles qui gênent ou lui déplaisent. Mais dans la balance, cela pèse peu par rapport à l’ensemble, à l’avancée du projet européen, aux améliorations apportées aux traitées antérieurs.

La déferlante d’une nouvelle pensée unique, notamment à gauche, pousse au non. Il est en effet plus facile de dire non, à ce texte compliqué. A travers cela, on est tenté de dire non à plein de choses qui nous entourent, la déchéance de la société, un futur pas forcément lisible, une Europe bouc émissaire avec qui l’on veut régler les comptes du passé, alors que lentement elle progresse.

Ainsi, une fois les enjeux débroussaillés, prononçons nous réellement sur le texte. Il faut dégonfler la bulle spéculative du non, l’emballement démagogique. Le débat est malheureusement pollué par toutes sortes de mensonges, contrevérités, incompréhensions ou sujets qui n’ont rien à voir.

Pour ma part, j’étais plutôt pour le oui il y a quelques mois, puis des doutes m’ont gagnés à la suite de plusieurs débats, et avec la montée de la vague majoritaire du non. J’ai oscillé pendant un temps au gré des discours que j’entendais, énervé par toutes les simplifications que j’entendais des deux cotés.

Puis je me suis renseigné de manière plus précise. Les arguments du non m’ont déçus, ils sonnaient faux, même les textes les plus sérieux de professeurs de droits ou de sciences politiques. Ils partent sur une idée, et écartent les éléments qui les déplaisent idéologiquement. Ils commettent les mêmes erreurs que celles qu’ils critiquent en face.

Enfin, j’ai lu la constitution, en prenant des notes patiemment. Ma conviction s’est forgée progressivement, de manière de plus en plus évidente :

Le oui me semble apparaître comme un pas dans la bonne direction, un pas important.

Vous pouvez me transmettre vos réactions à : polykroug@gmail.com

Document pour le non, trouvé sur

Collectif du pays de Rennes pour Une autre Europe.

Appel 35

http://site.voilà.fr/europe35/index.html