Posted tagged ‘Hamon’

PS : logique implacable dans la zone trouble, comment en sortir ?

novembre 24, 2008

Malchance, crise croissante et petites turpitudes…

L’élection au suffrage universel dans un scrutin majoritaire comporte une part de risque et de hasard. Qu’est-ce qui est plus brutal que cette logique implacable, où quelques voix, une seule voix, emportent la décision ?

Qu’est-ce qui est plus incertain que la zone trouble autour de ce seuil ? Des erreurs de bulletins, de comptage, de manipulation, de saisie, des triches isolées, des oublis, des sections en retard et donc invalidées, des blancs litigieux (bulletin froissés, croix raturées, inscriptions de bonne foie sur l’enveloppe pour distinguer le bulletin national du local…), des gens qui n’ont pas pu voter à temps car le bureau de vote était mal indiqué, vote de militants non présentés en section, même s’ils sont à jour de cotisation… ? Tout ça en l’occurence sur 3200 sections !

On arrive donc au paradoxe explosif : Plus on s’approche d’un résultat équilibré, plus les voix litigieuses prennent une valeur considérable, absolue, déterminante. Il y a donc une zone d’ombre, par nature dangereuse, lorsque les électeurs n’arrivent pas à se départager.
Peut être faudrait-il prévoir que plutôt qu’un système binaire, lorsqu’on est dans la marge d’erreur, un candidat de consensus, ou une coalition, doit gouverner ? Cela poserait bien sûr d’autres problèmes dans le cadre de l’élection présidentielle, mais pourrait s’appliquer au PS.

Mais la réflexion peut s’appliquer plus largement : imaginons une élection présidentielle aussi serrée ?

Donc tout d’abord, le médiocre cataclysme actuel se joue sur une malchance incroyable.

Mais il est aggravé par une réelle difficulté, des styles antagonistes, une tensions croissante, une volonté de pouvoir et de domination, une confrontation paranoïaque, la mise en scène de tout ceci par la caricature, la victimisation, la haine parfois… La réaction de Ségolène m’a particulièrement déçue, attiser la paranoïa, la défiance, la haine…

Un drame surjoué qui s’est construit progressivement, implacablement, avec comme ferment les éléments classiques que sont des enjeux de pouvoir opposés, et une différence initiale de style, de vision, exploitée par la posture… Non pas qu’il n’y ait pas de différences, mais…

Où en est-on aujourd’hui ?

D’une part, c’était particulièrement vrai dans l’émission « C dans l’air » ce soir, on associe diagnostic sévère et lucide sur un PS déboussollé, fractionné, fatigué, et nombre de clichés. On entend des adjectifs sévères sur la situation, pas forcément inadéquats : pittoyable, affligeant, navrant, catastrophique, déplorable…

Mais également des analyses un peu faciles, de bon sens, une doxa qui reprend les accusations ségoléniennes : analyse incomplète et sans nuance sur les baronnies, ce que pensent les militants, les jeunes sont derrière Royal, les éléphants contre les militants, le parti contre Royal (alors que Rebsamen…)

Enfin bon, on risque un délitement, une explosion, une extinction du PS… (il ne s’agirait plus alors d’éléphants mais de dinosaures…) Les militants comme les électeurs vont fuir si l’on ne se reprend pas vigoureusement, c’est néfaste pour l’Europe, pour la société et les valeurs que nous devrions défendre.

Maintenant on fait quoi ?

Je ne crois pas en l’histoire que l’on s’est beaucoup racontée sur les deux partis, je ne pense pas que l’enjeux soit un changement fondamental du parti, c’est beaucoup plus complexe. Donc je ne pense pas que ce soit l’une ou l’autre.

Certains proposent que ce ne soit d’ailleurs ni l’une ni l’autre. Ou l’une et l’autre, il faut se retrousser les manches et bosser ensemble… Mais cela nécessite de casser le mythe de la diabolisation…

Donc, activement et rapidement, il faut réagir, si notre instinct de survie politique, si l’on estime que ça vaut la peine, le permet :

Autour d’un « appel à la raison » lancé par des membres de la jeune garde et des vieux sages de différents courants, il faudrait proposer 3 points :

– après examen de toutes les réclamations minutieusement, décider d’un vainqueur. (Revoter parait très dangereux, ubuesque, fatigant et pas très démocratique…)

– compte tenu de la division extrême du parti, appeler à une forme d’unité socialiste, c’est à dire associer le perdant (Aubry flanquée de Peillon, et Hamon porte-parole, un truc comme ça, comme le propose Abadinte), et lancer vigoureusement les conventions de travail associant tout le monde, préparer l’opposition à Sarkozy, mettre en oeuvre la rénovation.

-enfin, appeler à des sanctions sévères contre tout endroit de fraude avérée, il faut faire le ménage… Cela passe aussi par la publication de tous les résultats par section tel qu’ils ont été enregistrés dans les fédérations. Je mettrai en ligne le fichier pour la Haute-Garonne dans les prochains jours.

En conclusion, c’était loin pour moi, mais avec tout ça, on se prend à rêver du grand retour de DSK.

Publicités

Deuxième tour PS, tendances, résultats, analyses en Haute-Garonne

novembre 21, 2008

Ce soir, très rapidement sans doute, 15 minutes après le début du dépouillement, on en saura déjà beaucoup. En voyant le report qui se seront effectués dans la section, on pourra deviner une tendance nationale : forte dynamique vers Royal, et donc sa victoire; bons reports vers Aubry et donc la sienne. Ou alors, des résultats mitigés, et on peut s’attendre à une longue nuit et à des lendemains obscurs…

C’est bien ce qui c’est produit…

Je vais aller voter. Je ne suis réellement emballé par aucun des choix qui s’offrent à moi, au niveau local comme au niveau national. Pourtant, je ne goute pas spéciallement l’attitude Jospino-hollandiste de l’ambiguité permanente et de l’abstention stratégique.

Martine aura ma voix, malgré l’alliance de plus en plus hétérogène qui la soutien et l’étouffe parfois. Elle porte une vision intéressante, équilibrée et renouvelée, une démarche de dépassement et de travail que j’ai soutenue, malgré ces derniers temps des moments de « démagogie de gauche » comme dit Moscovici, et les soutiens de nombreux repoussoirs à votes… Donc sans illusions folles, mais avec un espoir raisonné, (oui ce sera mieux que Hollande). Et puis surtout il s’agit de choisir entre deux caps, deux personnes, et la comparaison personnelle est à son avantage.
En face il y a un risque, un pari du changement, du jeu de quille, de quelque chose d’autre. C’est tentant, mais cela reste malheureusement trop de l’ordre du fantasme, lorsqu’on entend les propositions ce n’est pas si différent, et le style est lui parfois indigeste, parfois génant (victimisation, mise en scène de clivages artificiels, fausse radicalité ingénue). Elle est déjà en campagne présidentielle.

Au niveau local, il y a Dénard (ACD) contre Ségura (E). Je suis tellement sceptique là aussi. L’opposition à Dénard (pas en tant que personne), à ses soutiens, à la continuité plombée qu’il représente, aux pratiques anciennes (négociations de postes, caricatures…) a construit la motion D. Si c’est la motion légitimiste pilotée par le conseil général et rejointe par les opportunistes et les frileux, je n’en veux pas.
Si c’est la motion renouvelée d’une continuité responsable, capable de changer et de rassembler, pourquoi pas.

Certains, alléchés, l’ont rejoint très vite, avant même hier… Plus la rénovation est pressente, moins elle s’applique à soi, finalement.

Donc même s’il est jeune, s’il a quelques propositions intéressantes, s’il a ouvert le conseil fédéral sur la proposition de Hugues (ce qui justifie son soutien), j’hésite à voter pour lui du bout des doigts, à voter blanc, ou à voter pour Ségura. Elle présente l’avantage du changement plus assumé, porte un projet de rénovation local plus ambitieux, et à l’avantage de ne pas incarner ce que j’estime être les défauts de Ségolène tout en incarnant certaines de ses qualités.
Mais elle aura un conseil fédéral plus hostile, et j’ai toujours peur d’être déçu quand je m’aventure dans la sphère Royal, ses excès, ses incertitudes surtout, y compris dans ce que représentent ses partisans locaux au delà de la « rénovation ». (mot aux mille facettes)

Allez, quelques pronostics, et dès que je rentre, je ne sais pas quand, je met à jour et on saura…

fédé 31 : en bleu le résultat d’hier, en vert les pronos, en rouge les résultats de ce soir et les commentaires.

section :

Hugues Bernard, signataire motion D :17%
Jean-George Lechner signataire motion D: 13%
Sébastien Dénard motions A et C : 44% 64% 62%
Babette Ségura : 26% 36% 38%

département :

Hugues Bernard, signataire de la motion D : 18,3%
Jean-George Lechner, signataire de la motion D : 9,9%
Sébastien Dénard, soutenu par motions A et C : 40,4 % 56% 59,1%
Babette Ségura, motion E : 31,6 % 44% 40,9%

Pronostic premier secrétaire national :

en bleu le résultat d’hier, en vert les pronos, en rouge les résultats de ce soir et les commentaires.

niveau national :

Aubry : 34% 51% 50,5%
Hamon : 23%
Royal : 43% 49% 49,5%

Je pense que le report de Hamon vers Aubry sera assez bon, mais quelques uns resteront chez eux, voire voteront Royal sur des arguments non idéologiques… Mais Aubry va perdre des voix réformistes qui s’étaient portées sur elle. La mobilisation des partisans de Royal encouragés par la médiatisation, la dramatisation, jouera en sa ferveur, je vois moins ça pour Aubry qui a perdu en « pour » et se retrouve « contre » Ségolène. Mais ça devrait passer cependant.

Au niveau fédéral :

Aubry : 30,1% 58% 52,5%
Hamon : 32,7%
Royal : 37,1% 42% 47,5%

Je suis étonné de la différence entre Aubry et Dénard… Une partie significative de la A a donc voté Royal.

Dans ma section :

Aubry : 47, 2% 59% 57,5%
Hamon : 15,3%
Royal : 37,5% 41% 42,5%

Candidats PS : Un choix logique et cohérent est proposé, altéré par de mauvais arguments.

novembre 19, 2008

J’ai vu de nombreuses interventions du congrès de Reims, sur la chaine parlementaire. Au dela des caricatures les gens sont moins faciles à classer. De bons discours, Peillon bien sûr, mais aussi Fabius ou Valls. J’ai vu Martine plus à l’aise mais elle avait été secouée par la performance de Ségolène juste avant, discours parfois suréaliste, mais pas mauvais sur la fin.

Finalement, pas d’alliance, le choix proportionnel sera tranché par le suffrage universel, finalement le scrutin majoritaire que souhaitait Ségolène est là. Il faudra ensuite réussir à articuler la légitimité du vote avec une majorité forcément fragile dans les organes de délibération et d’exécution, quel que soit le vainqueur.

Aujourd’hui, 3 candidats : il me semble que c’est finalement un choix logique et cohérent qui nous est proposé. Chacun incarne une ligne propre dans le parti.

En mai 2008 j’avais analysé les forces en présence au PS. Je maintiens ce diagnostic, je ne m’étais pas trop trompé. Les rénovateurs pragmatiques se retrouvent autour de Ségolène Royal, les reconstructeurs réformistes (ou réformistes politiques) autour de Aubry, et enfin la « gauche du parti », les néo-guesdistes, les lafontainistes et autres radicaux autour de Hamon.

Il y a donc une vraie logique à ces candidatures. Cela aurait presque dû être le choix à faire lors des motions. Mais l’éléments perturbateurs est venu du parasitage par un quatrième groupe identifié alors : les légitimistes conservateurs. En semblant se porter sur Delanoë, ils l’ont, pour une fois, signe encourageant, affaiblis. (bien sûr il y en a dans toutes les motions)

Par contre le jeu de posture est porté par de mauvais arguments :

Je ne suis pas forcément d’accord avec les deux arguments principaux qui sépareraient Aubry de Ségolène : les alliances et un parti de supporteurs. Ce sont pour moi des simplifications qui portent sur des sujets secondaires, même si appuyées sur des visions divergentes. On aura besoin à un moment des voix du centre, n’en faisons pas un enjeux aujourd’hui de notre congrès, et tout le monde est à peu près d’accord sur les modalités.

Quant au parti de militant, il y a une différence entre la conception théorique et la réalité. Quand on voit ce qu’est devenu le PS, dans certains endroits, il est de plus en plus difficile de défendre cette conception du parti de militants, qui est devenu celui de la recherche des postes, de la tactique, d’un parti de militants repliés sur eux-mêmes qui ne parlent qu’aux socialistes et ne combattent que des socialistes… Et de nombreux Ségolénistes que je connais sont de vrais militants.

Donc ce mot d’ordre ne suffit pas si on ne présente pas un projet de rénovation avec.

Idem chez la motion E, tout autant énervant le faux clivage apolitique que tente d’installer Ségolène : les jeunes contre les vieux, le changement contre l’immobilisme. C’est caricatural et insultant… Il y a autour d’elle des pratiques d’un autre âge, et en face une promesse de changement également, le tout est mélé…

Pour autant je ne suis pas dans une logique de choix ultime…

Je ne suis pas dans un manichéisme ou un catastrophisme primaire. De toute façon le parti est dans un tel état qu’un électrochoc est nécessaire, donc même Royal ou Hamon ne serait pas une catastrophe. Rien ne serait pire que l’absence de décision, or les trois candidats incarnent un renouveau.
Certes, Aubry c’est la moindre prise de risque désormais, mais elle doit aussi incarner le changement, sinon cela risque malheureusement de la faire perdre, alors que les gens étouffent…

Maintenant on fait quoi ?

A la fin d’une analyse récente, j’exprimai mes préférences :

-un large regroupement des trois motions réformistes assumées E,D,A, autour d’une personnalité convaincante, comme aurait pu l’être Vincent Peillon

-une alliance AE ou AD, autour d’une personnalité combative, que ce soit Martine Aubry elle-même, Moscovici (s’il n’avait pas choisi si tard ça aurait été mieux) ou encore une autre

Je ne vois pas en effet d’alliance crédible ou cohérente de notre part avec la motion C, et surtout pas dans un front commun basé sur de mauvais arguments. De même je préfererais ne pas avoir à voter pour Ségolène Royal, car c’est aussi l’installer dans un schéma présidentiel…

Donc une candidature Aubry soutenu par Delanoë me va tout à fait.

Si je suis sensible à la volonté rénovatrice, portée plus fort sans doute, et souvent sincèrement, par la motion E, cela ne suffit pas. Il y a des nuances politiques importantes, une vision plus politique et plus économique qui me distinguent de celle-ci.

Par ailleurs un des problèmes qui empêche de toute façon de voter Ségolène est leur attitude passée, et ses déclarations récentes (notre motion est arrivée en tête, on cherche à m’empêcher…) : les Français ont voté pour la candidate PS, ce sont devenu les 17 millions de voix de Ségolène…
Là il en serait pareil : ceux qui pourraient se dire, dans un éventuel second tour, « je choisis Peillon et la rénovation contre un TSS artificiel et conservateur plus que porteur »;or leur choix serait immédiatement dévoyé et comptabilisé parmi les soutiens à la candidature de Ségolène en 2012…

Donc je ne me positionne pas contre un changement, mais pour une ligne assez logique Aubry-Delanoë. Cependant, je pense qu’elle sera encore trop timide sur la rénovation, et donc une alliance avec la E sur un programme de rénovation, de vision du parti, et un candidat de consensus ne m’aurait pas gêné.

Et bien sûr Hugues Bernard au niveau local, pour la motion D et bien au-dela.

L’heure de Reims, les choix difficiles…

novembre 15, 2008

Ségolène est donc candidate.

Je suis un peu déçu. J’espérais en effet la candidature de Vincent Peillon, plus rassembleuse sans être non plus mollement consensuelle comme celle de Dray ou Rebsamen. Je pensais d’ailleurs que après avoir joué à faire peur, au dernier moment il y aurait un accord sur son nom.

Ségolène Royal incarne un changement du parti socialiste. C’est un fait, en discutant un peu avec les gens, électeurs potentiels, l’on s’en rend compte empiriquement : certains disent qu’ils ne voteront pas pour un PS représenté par SR. D’autres au contraire affirment qu’ils revoteront pour le PS si c’est elle la candidate. Et il ne s’agit pas la d’une détermination fonction d’un positionnement gauche radicale-centre gauche… Donc elle est « clivante », elle incarne une part de risque, une part d’opportunité.

Ce changement est-il si profond, est-il absolument positif, absolument négatif, ou plus nuancé ?

J’ai pu faire un bilan de Ségolène Royal, il y a quelques mois, très critique, mais qui se terminait sur une interrogation. Je fais parti des gens qui ont envisagé soutenir Ségolène en 2006 avant de choisir DSK. J’ai été un déçu du ségolénisme, en lequel je sentais des pistes intéressantes.

Après une très grosse déception pendant et après la présidentielle, je constate qu’il y a du mieux ces derniers mois, même si de nombreux éléments génants de sa stratégie politique continuent de me gêner.

Il y a dans sa motion des mouvements propices à la rénovation des pratiques, à un positionnement de gauche mais social-démocrate. Le problème est que autour d’éléments stables et intéressants se greffent des propositions ou des postures changeantes ou contradictoires. C’est le cas de toutes les motions, mais là les polarités sont plus fortes.
Si seulement ils arrivaient à reconnaitre des erreurs, on pourrait discuter plus sereinement.

Aujourd’hui elle présente sa candidature. Elle assume donc le bras de fer, l’affrontement plutôt qu’un rassemblement factice avec Dray ou un candidat de consensus (mais dangereux ensuite pour elle ?) qu’aurait été Peillon. C’est plutôt courageux. En effet le risque est de créer une réponse, de perdre face aux militants…

Mais c’est sans doute finement joué : si elle ne prend pas le parti aujourd’hui, même avec un proche à la tête du PS, sans majorité absolue au conseil fédéral, elle n’aura pas gagné grand chose. Or elle doit convaincre par l’action les sceptiques qu’elle a changé, qu’elle est opérationnelle.

Et sans doute se dit-elle qu’elle peut l’emporter : on voit déjà un front anti-Royal assez décrédibilisé chez les sympatisants… Et assez largement chez les militants aussi qui n’accepteront sans doute pas ce contournement assez artificiel du nouveau courant majoritaire.

Car en effet l’accord anti-Royal serait assez factice. Les deux arguments présentés m’incitent plutôt à la soutenir tant ils me paraissent ridicules.

pas d’alliance avec le modem par principe ? Dans toutes les motions, y compris la pure C, des gens ont conclu ce type d’arrangements. Et finalement toutes les motions, sauf la C plus radicale, partagent une même position, emballée différemment, qui est celle que j’avais exposée dans ma réflexion sur les relations modem-PS. Une position critique et prudente, mais ouverte si le modem décide de choisir entre la gauche et la droite.

-un parti de militants plutôt qu’un parti de supporteurs ? C’est insultant pour les partisans de la motion E, j’en connais quelques-uns, ils ne sont ni moins intéressants, ni moins politiques, ni moins attaché à faire entendre leur voix. (il y a aussi, plus nombreux peut-être, des affectifs, des survoltés, attachés à une personne ou à un charisme, d’où l’accusation) De même dans toutes les motions il y a des habitués, les affectifs, les légitimistes suiveurs d’élus… C’est ça un militant plutôt qu’un supporteur ? Ou plutôt ça un parti de militants qu’il faut préserver, vu lors du dernier congrès fédéral ?

Plus largement, ce qui est critiqué, c’est la volonté de renoncer à la proportionnelle, qui devrait pourtant être rationnalisée je pense, ou de présidentialiser le PS.

Mais bon concrètement, au dela des slogans, est-ce qu’il n’y a pas d’autres lignes de clivages plus pertinentes au PS ? Entre les réformistes et Hamon ? Entre le vieux parti conservateur et une volonté de rénovation des pratiques et des idées ? (ce clivage ne reflète pas exactement les motions) Entre les rénovateurs pragmatiques incarnés par Ségolène, et les réformistes politiques incarnés par Aubry et Delanoë ?

Bref, elle se dit donc qu’elle peut l’emporter.

Tout dépend du choix qui est proposé. Elle gagnera probablement sur des bases politiques contre Hamon. Cela sera plus difficile contre Martine Aubry, mais Hamon persiste dans sa candidature. Delanoë lui, se tait.Après s’il y a un deuxième tour…
Tout ceci est encore brouillé au niveau local par les configurations : en Haute-Garonne la motion D s’est construite plutôt en opposition à la motion A, et ceci a été confirmé par l’accord fédéral CA.

Bref, insoluble à partir du moment ou Ségolène pose sa candidature ?

Le problème reste la blessure de la présidentielle, avec Ségolène, je ne sais pas s’il faut la dépasser aujourd’hui… En même temps nous ne choisissons pas là un candidat à l’élection présidentielle, donc le problème de personne est moins pregnant.

Pour résumer, quelle configuration pourrait me convenir actuellement ?

Je lie, par cohérence, le contrat d’alliance au conseil national et la candidature au premier secrétariat national.

Deux propositions m’auraient agréées : (au moment grave et solennel, retrouvons des mots choisis)

-un large regroupement des trois motions réformistes assumées E,D,A, autour d’une personnalité convaincante, comme aurait pu l’être Vincent Peillon

-une alliance AE ou AD, autour d’une personnalité combative, que ce soit Martine Aubry elle-même, Moscovici (s’il n’avait pas choisi si tard ça aurait été mieux) ou encore une autre

Je ne vois pas en effet d’alliance crédible ou cohérente de notre part avec la motion C, et surtout pas dans un front commun basé sur de mauvais arguments. De même je préfererais ne pas avoir à voter pour Ségolène Royal, car c’est aussi l’installer dans un schéma présidentiel…

Maintenant s’il faut choisir entre les deux configurations que je souhaite éviter, je ne sais pas encore.

Présentation fédérale des contributions à Toulouse : compte rendu de l’intérieur !

septembre 16, 2008

Cette période est quand même intéressante au PS.

Cela ne correspond pas à l’image véhiculée par le parti, par les médias, aux préjugés ou visions parcellaires des uns et des autres.

Et donc non, je n’ai pas peur lorsque je me rend dans une réunion, de prendre une balle perdue. Mieux, en ce moment c’est souvent intéressant, vivant, instructif, encourageant. Cela contraste avec les réunions normales, notamment dans de petites sections où parfois il ne se passe pas grand chose… (j’ai quelques idées là dessus qu’il faudra que je développe un de ces jours) Petit bémol, les camarades qui s’obstinent à fumer dans l’arrière salle à la fédé, c’est assez désagréable, même si c’est de moins en moins répandu.

Donc en ce moment, les contributions sont défendues en section, parfois par un « local », parfois par un « représentant » extérieur à la section, un « gars de la fédé ». Puis il y a des interventions subtilement (ou pas…) subjectives de la salle, avant réponses.

Et on trouve là des logiques politiques, des idées, des analyses, des propositions, des stratégies, des indignations, des incantations, de la fougue. Ca fourmille… Bon il faut aussi parfois se taper de la langue de bois, du discours formaté légitimisto-conservateur,  des orateurs  un  peu mous, d’autres un peu exités, des catalogues à la prévert, des « listes au père Noël » (copyright CV)…

En tout cas en section, 4 motions défendues devant une trentaine de personnes, comme à la fédé, 12 motions devant 150, j’ai assisté à deux débats de qualité, vivants, avec des idées et de la conviction, bien loin de l’image amorphe et déprimée qu’on peut avoir de loin… (ce qui ne veut pas dire que nous n’avons pas un avis critique et sévère sur certains aspects de nous-même)

Interventions royalistes : La nouvelle stratégie a été bien relayée. Un nouveau discours consensuello-hollandiste un peu étonnant venant de désir d’avenir,  » nous sommes majoritairement d’accord, il ne serait pas logique que ceux qui pensent pareil soient sur des motions différentes ». Presque décevant, c’était finallement leur force, de cliver, mais au moins d’apporter quelques idées différentes, de tenter de bousculer. Mais une prestation plutôt réussie.

En section, il subsistait quelques éléments plus intéressants :
élargir notre base aux sympatisants, élargir nos alliances, méthode contributive, internet, décentralisation, non cumul des mandats…

La dite « gauche du PS », est intervenue de manière éclatée, tout en mettant en scène ses rapprochements dolezo-mélanchoniens, hamono-lienemaniens… Filocho-filochiens… On naviguait de manière flagrante entre le discours de Buffet prononcé le jour même, et celui de Besancenot, mais sans la logique de son positionnement, pour la filochienne (avec un beau lapsus un peu inquiétant, au milieu d’une litanie de promesses : « démocratic… euh, démographiquement, c’est possible »)

Un discours plus opérationnel, chez Hamon, « l’offre politique sociale-libérale a amené 13 défaites consécutives en Europe, l’avenir du PS ne doit pas être le passé de la gauche européenne », grand parti de la gauche, le PS n’attire plus notamment les classes populaires… Quelques propositions intéressantes à prendre en compte.

Chez Mélanchon, c’était plus « le nouvel ordre mondial dirigé par les Etats-Unis d’Amérique », les alliances à gauche toute, la traitrise du parti sur le traité de Lisbonne, empêcher la dérive démocrate du PS ». Mais aussi des choses intéressantes : « Parler du fond, c’est parler des ressemblances et des divergences, il faut politiser plutôt que pipoliser le congrès ». Pas mal applaudi par les autres contributions proches de lui quand il a appellé à une motion commune de la gauche du PS, ce que semblent vouloir les militants.

Quelques présentations plus iconoclastes aussi, comme le texte dadaïste de utopia, prestation théâtrale et drôle, avec quelques trâmes de fond importantes, « contre religion de la croissance, de la consommation, contre la valeur travail, pour déconstruire le système capitaliste ». Ou encore le texte transversal, utile et heureusement de plus en plus partagé du pôle écologiste du PS. « une société de connaissance stimulée par le principe de précaution. »

La présentation Besoin de gauche. En section Christophe était plus fidèle à la contribution Moscovici-Montebourg (donc ici Carreiras-Lemorton-Morin notamment), à la fédé Hugues était déjà dans une projection d’un rassemblement plus large.

Ce que j’ai particulièrement apprécié en section, c’est que notre orateur s’est véritablement emparé de l’occasion pour défendre des idées sur le fond de manière exigeante, passionnée, et c’est pas évident dans ce genre d’exercices : non-cumul des mandats, construction politique européenne, égalité réelle, politique économique crédible contre certains lieux communs démago…
Contre l’immobilisme qui a caractérisé ces dernières années notamment au niveau local, contre un présidentialisme vain et stérilisant (personne n’est en position de s’imposer, il y a un congrès de désignation dans trois ans, cela userait le présidentiable dans les conditions actuelles) mais pour un collectif de travail, de remobilisation, de remise en marche pour bien préparer le parti et le futur candidat.

Hugues a prolongé cela, insistant sur la nécessité d’une nouvelle majorité, d’une rupture avec les années Hollande, sur le retard pris. Pour une mise au travail avec des rdv militants pour clarifier nos positions, des possibilités de referendum locaux internes.
Il a insisté sur la régulation nécessaire du marché, estimant que certains camarades étaient allés trop vite sur les vertues de la main invisible. Il a invité à faire de l’égalité réelle un socle de l’ascenseur social, y compris par des mesures proches de la discrimination positive (notamment en matière sociale ou culturelle, donner plus à ceux qui ont moins). Il a enfin appellé à la fin des synthèses molles, mais à la poursuite de l’ouverture de discussions exigeantes, volontaires, novatrices pour une motion élargie sur la base des discussions des reconstructeurs. (RM, Aubry, SD, Fabius, Ligne claire, pôle écologiste)

Beau succès en terme d’applaudissement, sans doute les plus enthousiastes de la soirée, même si une partie récompensait sans doute la gouaille et l’énergie contagieuse de Hugues. [comme il dit, je paye ma cotise, ce n’est pas en plus pour m’emmerder (et emmerder les autres)… Bien sûr les mélanchoniens préfèrent les discours à froid, rationno-rationnels, sérieux et virulents dans le ton car on n’est pas là pour rire… 😉 ]

Les Fabiusiens ont présenté une vision intéressante, à la fois exigeante, fouillée, fournie en idées parfois faciles mais souvent pertinentes. Un recentrage est sensible dans le ton. « L’occident n’est plus qu’un pôle parmi d’autres, libéralisme économique aggrave les déséquilibres, capitalisme financier… » « La sociale-démocratie traditionnelle est en difficulté alors qu’elle a tant apportée ».

Une phrase en forme d’appel ? « Le besoin de gauche est réel ».

Pour Delanoë :

Le représentant de François Hollande, après un discours sans aspérités, ni audace (une soupe consensuelle diraient certains verbes un peu plus tranchants que moi), s’est placé clairement dans l’alliance qui se dessine, par un magnifique lapsus en terminant sa lecture qui a bien fait rire la salle : « Donc voila ce qu’est le programme de Bertrand… euh François » Le mal était fait…

Le représentant de Delanoë a proposé un diagnostic intéressant, comme beaucoup d’autres dans la soirée mais sans doute le mieux présenté, presque à la limite du cours. Analyse, puis catalogue de propositions larges reprises du pacte présidentiel souvent. Vision assez classique qui n’effarouchera pas le ventre mou du parti.

Egalement quelques principes : « La confrontation à la réalité ne doit pas nous faire perdre de vue nos aspirations sociales. Le monde change, nos moyens d’agir doivent changer, dépasser le national. » En section comme en fédé, ils ont affirmé le refus de toute alliance avec le modem. (même si Bertrand est une fois de plus, plus ambigü)

En section la présentation était plus politique, avec des éléments intéressants : « Il ne faut pas un congrès de transition, sans majorité viable, mais un congrès d’action avec une direction opérationnelle. »
« Bertrand Delanoë, lui, a travaillé à La Rochelle, n’était pas dans les lieux où il fallait être vu, c’est une éthique… » Cohérence, clarté, même discours au pouvoir et dans l’opposition… Héritier d’une histoire, de Jospin. Faire respecter les décisions, et refaire des instances des lieux de délibération.

Sans doute les delanoetistes sont-ils un peu décontenancés. Alors qu’au niveau local ils rassemblent sous signature la direction fédérale sortante, la plupart des parlementaires, le maire de Toulouse, la direction du conseil général… ils semblent loin d’avoir la même suprématie chez les militants. Y compris dans leurs rang, la dynamique s’est tassée.

Et lorsque l’autre jour, l’un d’entre eux a laissé échapper dans une discussion informelle, « il serait scandaleux que Pierre Cohen soit minoritaire dans sa propre ville » , les militants ont réagi vivement. Ce n’est sans doute un argument ni pertinent (sinon à quoi bon voter en interne si les élus donnent chacun le la dans leur collectivité) ni bien reçu.

Enfin, pour Martine Aubry, des idées là encore très intéressantes, générales mais articulées autour de propositions (pour beaucoup issues du pacte présidentiel, ou partagées avec d’autres, il y a une cohérence dans le parti) « Une forme de continuité mais aussi une projection vers le XXIeme siècle, citoyenneté, vision du travail tout au long de la vie, pas seulement plus de moyens mais repenser les choses, valeurs socialistes mais désir de vérité et de crédibilité. »

« Ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous divise. » « Réalisme oui, fatalité non… » « Nous, socialistes européens… » Les propositions pour le parti ressemblaient beaucoup à celles de Besoin de gauche : majorité forte de travail, trancher des questions en interne, parti-réseau…

Enfin, ce n’est pas aux sondages de dire qui sera un secrétaire de transition ou pas, le premier secrétaire ne sera pas présidentiable pour l’instant car il a d’abord un autre boulot à réussir, il ne doit pas mettre le parti à sa botte, mais se mettre au service du parti et du collectif.

Quelques points d’analyse :

Quelques points de divergences entre les grandes motions, faut-il présidentialiser ou pas, rejet d’emblée d’une alliance avec le Modem ou pas, des grandes primaires pour choisir le prochain candidat ou pas. Des nuances dans les orientations politiques, dans les propositions concrètes. Des positionnements différents, continuation pour certains, renouveau pour d’autres…

Mais aussi des diagnostics largement partagés, et pas seulement sur l’opposition à Sarkozy, mais aussi sur l’état profond de la société; de nombreuses propositions communes, souvent intéressantes, y compris dans des domaines qui ont fait clivage. Il y a une cohérence, même si l’aile radicale est clairement différenciable de l’aile réformiste, et si dans celle-ci subsistent des différences de conception politique, de vision tactique, de culture et de personnes qui justifient je pense des propositions alternatives.

Sans doute Fabius se situe t-il dans les idées médianes (si on prend les plus clivantes), alors que Aubry est proche du coeur majoritaire potentiel du parti (idées pondérées par le nombre)… Delanoë et Ségolène ont brouillés leur positionnement, et Besoin de gauche incarne le dynamisme prêt à se mobiliser pour rénover.

On voit bien là que le hollandisme est un immobilisme sympatique mais contagieux… Alors qu’il y a quelques mois chacun pouvait incarner un renouveau, maintenant il a sclérosé Delanoë, puis consensualisé Royal…

Finalement le légitimisme que certains anticipaient pourrait être moins fort : les ségoléniens les plus convaincus sont toujours là finalement, on le voit en section, les réactions des incertains sont plus partagées…

Cela laisse une marge à Besoin de Gauche, à Aubry, pour faire respirer le parti, si on sait saisir l’opportunité, si on est exigeants, ouverts, travailleurs et pas seulement comptables et tactiques.

Scénarios pour la prise du PS

juin 4, 2008

Delanoë, Royal, Moscovici, Aubry, Montebourg, Hamon, Fabius, Dray… Les acteurs sont nombreux et les évènements encore multiples. Les textes seront déterminants si rien ne s’impose d’évidence.

Plusieurs scénarios sont envisageables au PS. Tout est possible aujourd’hui, tout grouille d’espoirs et d’inquiétudes mélées. Je tente d’imaginer les plus extrêmes, entre eux on peut imaginer mille nuances.

Bien sûr je n’exclue pas que même avec une victoire de Ségolène ou de Bertrand, tout puisse bien se passer. Mais voici les tendances que mon analyse perçoit comme probables.

I Une victoire de Royal ou de Delanoë :

Imaginons un duel qui gonfle, les reconstructeurs sont traversés de tensions, leur texte est plus une synthèse molle qu’un projet fort, Moscovici comme la gauche du parti ont un pied dedans un pied dehors, Aubry laisse planer le doute etc.

Delanoë et Royal réussissent à faire prendre la mayonnaise, imposer leur duel comme inévitable, les médias vont dans ce sens, les sondages…

Le duel se tend, confrontation dure mélée de zones d’ombres, de déclarations fluctuantes

1 Au soir du vote, Ségolène Royal, surprise, est devant, incontournable, majoritaire. Elle prend la tête du parti après une synthèse avec Valls et Dray.

Terrible désillusion dans le parti vaincu. De nombreux militants rendent leur carte, Mélanchon a enfin l’ouverture qu’il attendait et préparait, il quitte le PS avec Quilles et Lieneman, ils fondent un parti de la gauche avec une parti du PC et des alters.

Royal battit un mouvement qui la propulsera à la présidentielle, fortes tensions dans les sections, déclarations assassines dans la presse…

Delanoë contacte tout le monde pour préparer le match retour deux ans après, et commence à savonner la pente.

Le match n’est pas terminé, le parti va être bousculé et mis aux ordres, mais il ne va pas aimer.

2 Au soir du vote, surprise, Delanoë l’emporte. Majorité absolue de peu. Les ségolénistes jouent l’apaisement aigri, mais sont très virulents en privé, et dans les sections. Les incidents se multiplient.

Ségolène Royal fait une grande déclaration d’apâisement, tout le monde comprend qu’elle est déjà en campagne pour les présidentielles.

Bertrand tente d’assoir sa majorité sur le PS en faisant une synthèse large, sans les partisans de Ségolène. Il perd en audace ce qu’il gagne en stabilité, en intégrant une partie de la gauche du parti et des reconstructeurs à sa majorité.

Le match n’est pas terminé, le parti va être controlé, endormi, divisé, pour éviter qu’emerge une alternative contre Ségolène.

Mais un autre (100 autres en vérité, bien sûr) scénario est possible.

II Une victoire de reconstructeurs audacieux et conséquents :

Le conflit entre Ségolène et Bertrand perdure. Chacun sent qu’il est allé un peu loin, qu’il a été mal compris autour du libéralisme, et atténue ses propos. Leur image se brouille encore un peu plus, la lassitude monte chez les militants, le cynisme gagne les médias. Ils paraissent moins différents, se marquent de prêt.

La gauche du parti lance l’offensive, s’unit autour de Benoit Hamon, qui malgré ses sympathies pour Martine Aubry joue sa carte, et l’affrontement idéologique plus que de personnes.

Les reconstructeurs poursuivent leurs rencontres, dans toute la France, et suscitent espoirs et critiques.

Après l’indifférence, ils subissent l’ironie de la part des partisans des deux présidentiables proclamés. Enfin vient une critique sévère lorsqu’ils commencent à en avoir peur. Martine Aubry prend sa place dans les médias.


Il y aura plusieurs contributions, exigeantes et audacieuses. Cela débouche sur une motion commune, portée par la maire de Lille. Mais Pierre Moscovici sera le premier secrétaire de cette motion, pour respecter la volonté collective de cette démarche de ne pas présidentialiser.

Quelques Fabiusiens estiment cette entente trop réformiste et rejoignent Hamon ou Delanoë. Des partisans de socialisme et démocratie qui auraient voulus se compter enfin redoutent les rassemblement avec les amis de Montebourg ou les fabiusiens, et rejoignent Valls ou Royal. Mais il y a une belle dynamique militante et médiatique.


Au soir du vote, la motion Aubry-reconstructeurs est majoritaire, grande claque dans de nombreuses fédérations où tous les caciques s’étaient positionnés sur les deux primo-favoris.


Pierre Moscovici prend la tête du PS, sur une ligne qui réaffirme les valeurs de gauche, mais clairement réformiste. Les partisans des battus ne désarment pas mais sont rassurés en paroles et en actes, le parti ne sera pas mis au service d’un présidentiable, mais de tous, même s’ils tenteront parfois de tirer la couverture à eux, cela sera mal vu par les militants. Des conventions de travail nombreuses sont lancées, et tous les courants sont associés.

Il y a bien quelques couacs et des tiraillements, mais le travail avance, les règles de fonctionnement communes sont réaffirmés, des portes paroles thématiques portent la voix du parti, après larges délibérations collectives. Le choix du présidentiable sera choisi plus sereinement, même s’il y aura une bataille, et celui-ci bénéficiera d’un parti plus fort, plus soudé, qui aura travaillé.

Où en sommes nous 3 mois plus tard en septembre ?