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Interférences entre les alliances locales et nationales

novembre 17, 2008

Marrant. Un camarade de la motion A me disait tout à l’heure que l’appel de Delanoë à voter Aubry au niveau national devait entrainer le retrait de Hugues Bernard pour la motion D, pour laisser la place à la motion A (qui s’est alliée à la motion C très rapidement, d’ailleurs c’était ficelé depuis un moment).

Alors, cela peut paraître drôle, si c’est de l’humour.

Non, plus sérieusement, je suis bien évidemment toujours favorable à cette candidature.

Je vous invite à Soutenir la candidature de Hugues, et je répondrais à ce camarade :

1/ Il faut porter un message constructif de changement à la fédé. Nous n’estimons pas que celui-ci soit porté par Denard et par les arrangements conclus autour de sa candidature. Par ailleurs nous ne portons pas la même vision que la motion E, notamment au plan national.

Donc dans ces conditions il faut un autre candidat.

Sa candidature parait donc légitime et utile.

2/ L’impact des alliances nationales sur le local :

C’est certes important. Mais en l’occurence :
-l’alliance AC a été faite avant le congrès national
-Il n’y a eu aucun accord national, y compris entre les motions A et D, durant le congrès.

Si on considère le soutien de Delanoë comme un accord dont nous devrions tirer les conséquences, alors il s’applique à tous :

– La A doit dénoncer son accord local avec la C et nous mettre à la place


Après il faut être lucide, et se demander pourquoi cette candidature :
Il ne parait pas le plus probable que nous l’emportions. Il faudrait pour cela être au second tour face à la ségoléniste, par exemple.
Même si la candidature Denard, ainsi que l’accord AC, ne déclanche pas les passions (= il n’y aura pas forcément addition des scores) et si le combat des chefs national favoriserait plutôt les candidat de la motion E et de la motion D (surtout si Lechner se retire), vu qu’ ici il n’y a pas de candidat C.

Mais il n’en reste pas moins intéressant de porter des idées rénovatrices qui ne sont pas réservées à la motion E, de les exprimer directement face aux militants, occasions rares, de rendre un peu de souffle et d’espoirs aux très nombreux militants qui ne se retrouveront pas dans AC et Dénard. (et risquent d’ailleurs de se porter sur la E).

Et puis sait-on jamais… derrière la prise de risque et la conviction se cache l’espoir.

Donc c’est sans doute bel et bien le moment de prendre ses responsabilités.

Allez, ça semble bien parti .

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Quelques mots après un effrayant congrès fédéral 31…

novembre 11, 2008

J’ai assisté à mon premier congrès fédéral.

Franchement, pas brillant.
Je me demande même parfois quel sens peut avoir dans ces conditions mon engagement politique.

A l’intérieur de la motion D tout d’abord.

Il y a quelques semaines, dans un mail, j’imaginais un scénario noir, et j’alertais certains de mes camarades.
Malheureusement c’est précisément ce qu’il s’est passé. Aurions pu arriver à un autre résultat ?

Remontons le temps :

Une démarche, celle de la motion D. Autour de Martine Aubry, un rassemblement exigeant, porteur, intéressant lorsque l’on ne s’arrêtait pas aux caricatures ou aux préjugés. Une ambition de renouvellement local, des pratiques, des personnes, autour de Catherine Lemorton.

C’était un pari, celui d’une démarche nouvelle, pas toujours comprise, qui nécessitait un engagement mutuel pour que cela fonctionne et fonde quelque chose.

La venue de Martine Aubry fut un bon moment, elle rappelait tout le travail nécessaire, la joie retrouvée de travailler ensemble…

Pour porter ce discours, il faut une organisation. La motion D devait se construire, à partir des sensibilités existantes, et un peu plus : strauskahniens, RMiens, fabiusiens, et quelques indépendants structurés autour d’aubrystes historiques. On se réunit, on se fache un peu, on montre nos muscles pour établir une impression de rapport de force.

Finalement, il faut bien avancer, et on se prend au jeu, on veut que l’aventure et ce qu’elle porte marche. Donc on « oublie » pour ne pas se crisper de régler les questions sensibles, la répartition des forces dans la motion pour fixer les places et l’influence de chacun ensuite, ni même la question des alliances, ou du futur candidat que nous présenterions comme secrétaire fédéral.

On était rassemblé contre l’immobilisme, contre l’inaction de la direction fédérale sortante; on était rassemblé autour de quelque chose de plus grand, qui nous dépassait, autour du discours et de la démarche de Aubry. Mais entre les deux il manque quelque chose…

Mais tous ne sont pas aussi naïfs. Il y en a qui comptent. Depuis quelque semaine, je demande donc comment va se fixer l’équilibre ? Des répartitions sont proposées de part et d’autre, mais refusées. Je pense qu’on aurait pu et du s’entendre.

Trois logiques sont possibles :

-une logique arithmétique de comptable, à partir de données qui se veulent objectives (?), pour savoir qui pèse quoi. Cela perpétue les anciennes structures, comme si la motion Aubry n’était rien d’autre qu’un cartel électoral, si tous nos camarades se définissaient par rapport à une des sensibilités préexistantes lorsqu’ils ont voté.

-une logique politique de parité : chaque sensibilité doit peser autant pour qu’il n’y ait pas de domination interne de certains, pas de comptes d’apothicaires, une refondation vers une vraie nouvelle motion de dépassement. Tentant, mais je n’y ai jamais cru, jamais RM ne pouvait accepter.

-une logique de consensus : fixée au préalable, une liste, une répartition, un équilibre politique, qui respecte les grandes tendances, mais respecte chacun. C’eut été possible, avec une implication de Martine Aubry elle même lors de sa venue, ou par le choix résolu de Cathy le soir du congrès. Elle avait l’occasion là de prendre de l’ampleur, d’acquérir reconnaissance et respect politique, de sortir d’un rôle de chef de clan, de celle qui parle haut et fort, mais applique les stratégies d’un courant. Je pense que ça aurait marché.

Mais comme vous l’avez compris, RM a choisi, depuis longtemps, l’épreuve de force. Faire plier ses partenaires, le soir du congrès. On vote dans les sections, des délégués sont attribués à la section D. Comme rien n’a été fixé, il faut se battre en interne entre sensibilités pour avoir les délégués. Déplorable et fatigant.
Ils ont fait passer le message, nous n’avons pas vu ça venir. C’est la rénovation. Nous avons été naïf, nous n’avons pas écrit de message collectif incitant à prendre les délégués là où c’était possible, nous avons parfois donné des délégués pour respecter une parité politique que nous demandions. Lorsque j’avais évoqué le fait que RM puisse avoir la majorité absolue, on m’a répondu que ce ne serait pas le cas, et que donc s’ils étaient trop prétentieux et arrogants, on s’arrangerait avec les autres minorités pour imposer un équilibre plus raisonnable.

Donc le soir, dans la réunion de motion, avec nos petits tickets orange, on vote…
Ils ont la majorité absolue à une voix prêt. Ils imposent une logique arithmétique. Ils sont heureux, d’autres sont énervés, c’est la destruction de la motion D sous mes yeux…

Et nous n’avons pas eu le temps de discuter de la candidature au premier fédéral. Seul Roujas a profité de la fin de la bataille pour se faire adouber par quelques uns de ses partisans encore dans la salle…

Je rejoins, hagard, dégoutté, fatigué, l’amphithéâtre pour la réunion plénière.

Et c’est donc là que les motions A et C nous apprennent leur copinage… C’est assez navrant, un « accord technique », monté par le conseil général disent certains… Sans aucune cohérence idélogique, les sortants sont reconduits par les radicaux. Une majorité à 52%, autour d’une proposition de secrétaire fédéral qui ne fait rêver personne. Pour des postes, c’est dit sans embage par des représentants de la C…
Quelques uns de la A ou de la C autour de moi font la gueule, mais bon… Chez les militants ce sera sans doute moins moutonnier. Combien de bataillons vont encore déserter le parti ?

Finalement le vote ne sert pas à grand chose. Les motions sont du vent. Je vois le PS en Haute-Garonne s’écrouler sous mes yeux. J’ai lachement envie de déchirer ma carte, vu que tout le temps passé ne sert pas à grand chose, malgré un bon score de la motion.

Finalement, si on additionne les errements de la motion D et les vils arrangements… il ne reste que la motion E. Je commence à comprendre pourquoi ils se sont maintenus. Ils portent un discours de changement radical, notamment face à ces pratiques. Et pour tous ceux qui ont été radicalement déçus, il peut sembler qu’il n’y a pas d’autres alternatives à l’intérieur du parti. Car finalement, toutes les critiques sont bien vaines lorsqu’elles s’appuient sur un existant déliquescent à maintenir.

Finalement la seule bonne chose sortie de ce congrès, c’est que le travail autour du manifeste socialiste a été validé et élargi. Il y aura donc bien la convention fédérale proposée par Hugues. Allez, parfois le travail paye…

Il reste une question à régler : qui sera candidat pour être secrétaire fédéral au titre de la motion ?
La majorité A-C est très juste en nombre de délégués. D’autant plus avec le départ de quelques mélanchoniens. Et il y en a chez les A qui rapidement auront marre de cette mascarade.

Chez les militants plus encore, il n’est pas dit que le candidat AC soit validé, cela ne serait pas un signe de grande vigueur du PS local.

Si on réussit à présenter un candidat contre Denard, sur un programme de travail, de sanction des arrangements, il peut l’emporter sur de bonnes bases. Soit on se retire au profit de la candidate de la motion E s’il y a convergences et projet commun , soit on se met d’accord avec eux sur un candidat commun, qui serait Hugues Bernard, qui a bien sûr ma préférence, voire Jean-George Lechner.

A voir…

Pourquoi finalement je vote la motion A (blaguounette)

novembre 5, 2008

Bien sûr, la motion de Martine Aubry incarne un dépassement intéressant des anciens clivages, un réformisme qui ne se résigne pas, une vision qui accepte d’évoluer dans ses réponses, mais ne sombre pas dans une pseudo-modernité qu’on lui imposerait. Cette motion avait, mieux que d’autres, su anticiper la crise financière dans ses réflexions.

Certes il y a eu des réflexions de fond, du travail, une nouvelle démarche sans doute nécessaire, notamment au niveau local, avec une volonté forte de remettre la fédé en état de marche sur le fond et sur les méthodes.

Effectivement, sa venue à Portet à été une réussite, beaucoup de monde, de l’envie, un discours consistant et équilibré, une vision claire mettant en scène le changement au PS.

Enfin, oui, ses représentants locaux, Cathy Lemorton bien sûr, mais aussi Joël Carreiras, Etienne Morin, Hugues Bernard, et beaucoup d’autres, sont souvent intéressants et porteurs d’avenir.

***

Mais pourtant après toutes ces victoires locales, ne faut-il pas récompenser la continuité tranquille? François Hollande est plein d’humour, c’est un bon militant, il a réussi à éviter l’explosion du parti. Donc la continuité n’est peut être pas une mauvaise chose. Y compris au niveau local, nous avons gagné les élections, en fait tout va bien.

Et puis tous ces élus de Haute-Garonne qui ont signé la motion A, notamment ceux qui ont le plus d’expérience, cela veut bien dire qu’elle a une valeur que nous ne pouvons voir, nous simples militants.

Et puis comme je fais le pronostic que la motion A sera majoritaire, et que j’ai une ambition pour des places, je peux bien mettre les principes de côté, et finalement signer cette motion. Je serai plus tranquille après, les pressions amicales permanentes m’ont fatiguées…

Voila c’est fait. Certains seront déçus par mon revirement, trahir mes paroles et la confiance que l’on a mise en moi, mais après c’est une marque de courage, je me donne le beau rôle de celui qui fait le choix de suivre.

😉

Bon, c’était une blague…

Je voterai bien la motion AUBRY demain.

Appel à la mobilisation

Martine Aubry en Haute-Garonne.

octobre 22, 2008

Avis

N’oublions pas ce soir

mercredi 22 octobre 2008 à 20h45 avec

Martine Aubry

salle du Confluent à Portet sur Garonne

Motion D, une belle réunion !

octobre 14, 2008

Hier soir, lundi 13 octobre, à la fédé.

Cela s’est très bien passé. Il y avait du monde et de l’envie.
La salle était pleine, comme lors du dernier débat de présentation des contributions je pense, pour ceux qui y étaient, donc à peu près 150 personnes. Il faudrait que je compare mon estimation aux signatures de la feuille de présence qui a circulée.

A la tribune, Cathy Lemorton bien sûr, mandataire fédérale de la motion D, qui est également une des quatre porte-parole nationale de Martine Aubry. A ses cotés, Gérard Bapt, Françoise Imbert, Joël Carreiras, ainsi que le nouveau maire de Luchon.

En préalable ils ont souligné le plaisir retrouvé de travailler, de discuter, de militer ensemble. Enfin dépasser des crispations et des postures anciennes pour avancer. Enfin sortir de discussions en petit comités dans des clans de gens qui sont d’accord sur tout, (si on pousse la logique à l’extrême) et où on ne parle plus que de tactique. Enfin retrouver un parti socialiste prêt à se rassembler, non pas dans une synthèse molle, mais dans des valeurs, un travail, un objectif commun.

Cela passe par un tryptique inséparable : travail-débat-décision collective.

Donc après le plaisir partagé, l’importance du moment a été soulignée : la situation mondiale et française, et l’absence apparente de la gauche, son incapacité à être l’alternative, le recours, l’espoir.
Alors que les idées, les talents, la présence militante sont des éléments forts du PS, collectivement ne ressortent qu’hésitations, consensus mous, attitude erratique, entre opposition molle parfois, ou à d’autres moments crispations et divisions…

Il faut donc réagir absolument. Deux axes sont importants : un travail sur les idées, sur une réponse à la crise, sur la construction d’une alternative ; et un travail sur le parti, pour qu’il redevienne un moteur, un laboratoire, un formateur, un pédagogue, en capacité de proposer, de participer réellement à la bataille culturelle et politique sans être dans une réponse superficielle, et ensuite capable de gagner les élections nationales pour ensuite appliquer son programme ambitieux et réaliste.

 Il y a eu de nombreuses questions et interventions de la salle. La plupart des présents étaient déjà convaincus, sans doute, mais il y avait aussi des hésitants, des nouveaux militants qui découvraient leur premier congrès. Il y avait une liberté de ton intéressante, avec des prises de paroles iconoclastes aussi.

L’idée c’est qu’il ne faut pas se résigner à un libéralisme fataliste. Notre motion, ce n’est pas le cas de toutes, contient déjà des éléments de réponse aux dérives massives du capitalisme financier, que de plus en plus nombreux nous percevions.
J’avais pour ma part été plus précisément initié à ces questions par un professeur d’université, Gabriel Colletis, à Toulouse, dont je perçois aujourd’hui plus encore la justesse d’analyse.

Mais c’est aussi être en mouvement, innovant, réaliste dans les propositions, le monde change nous devons changer aussi sans nous résigner. On ne doit pas se battre seulement sur l’efficacité économique de notre programme, mais on ne doit pas être battu sur ça.

Cela a duré trois heures, énergisantes. Les copains de SD étaient très nombreux, j’en ai été agréablement surpris, et très actifs : nous avons posé de nombreuses questions lors du débat.

Cela m’a rappellé cette réunion il y a quelques mois, avec l’orage en moins.

Cela montre ainsi une complémentarité territoriale avec nos partenaires dans la motion, nous sommes présents et actifs plus dans l’urbain et le périurbain, alors qu’ils couvrent mieux les vastes campagnes.

J’avais une question sous le coude, mais finallement je ne l’ai pas posé : je comptais demander comment concrètement la rénovation des pratiques était comprise au niveau fédéral. Cela serait éclairant pour les militants, et de plus vaudrait engagement.
Le travail collectif autour du manifeste socialiste 31, qui doit se traduire en propositions concrètes, peut aller dans ce sens. Ce serait un atout pour la motion, tous les militants déboussolés, qui veulent du changement au niveau fédéral, verraient concrètement celui-ci s’incarner.

Un dernier mot pour finir : nous avons une vocation majoritaire dans la fédé31, nous ne sommes pas là pour témoigner. Ce n’est pas une certitude mais c’est un objectif.

Travaillons concrètement le renouveau de notre militantisme (1)

octobre 7, 2008

Car il y en a qui en veulent vraiment.

Plusieurs initiatives cherchent actuellement à rénover le fonctionnement interne du parti socialiste.

Bien sûr les motions proposent des choses qui laissent entrevoir, si les pratiques suivent les mots, des avancées. Je trouve que le chapitre 4 de la motion D est particulièrement interressant sur la démarche, sur ce que cela pourrait être.

Décliné localement, cela donne un travail conséquent autour du « manifeste », qui va au dela des motions mais qui exprime un ras-le-bol et tente de proposer. Le travail est en cours.

Dans les deux cas Hugues est sollicité et répond présent. Je ne le cite pas seulement pour saluer son engagement, mais aussi parce que je trouve son article très bon sur ce que cela pourrait être demain la fédé 31. J’espère que ces propositions seront reprises quel que soit le vainqueur. C’est dans la dot de la synthèse…

Parceque je ne suis pas qu’un agrégateur de blogs, j’ai voulu proposer aussi.

Voici une réflexion encore incomplète sur la chose :

Que voulons nous être ?
Au dela de pouvoir fournir des élus, notre parti a vocation à peser sur la société. Gagner les élections nationales est bien sûr un objectif majeur, mais ce n’est pas le seul. Nous devons retrouver un rôle de médiation entre les demandes sociales, les analyses intélectuelles et la proposition politique. Les partis ont également un rôle de pédagogie, expliquer et traduire la complexité en programmes, pour ses militants d’abord, pour les électeurs ensuite. Nous devons être à nouveau un moteur, un catalyseur d’idées et d’actions, de propositions. Sortir de mythes qui sont mystifications, être pleinement dans le réel à combattre ou à prendre en compte, mais sans oublier la confrontation aux utopies et à la critique.
Nous ne sommes pas seulement une alternative démocratique, une composante nécessaire de la multipolarité, rôle d’opposition technique et d’alternance.
Au contraire, nous ne devons pas non plus être un parti dépassé, coupé des réalités et des évolutions socio-économiques, qui ressasse, se combat et se coupe de l’intelligence. Un parti qui ne peut plus vaincre. Un parti qui lit avec les clefs d’hier, le marxisme, l’Etat nation, le productivisme industriel ou agricole, le libéralisme économique… (bien sûr toutes ces notions complexes ne sont que partiellement invalidées)


Cela passe t-il par une massification ?
On entend parfois que le PS veut devenir un parti de masse, doubler, tripler, le nombre de ses membres. Certains, qui ont une vision plus traditionnelle, refusent cet objectif, qui les mettrait davantage en minorité encore, et qui changerait la nature de militant.
En effet cela pose la question de qu’est-ce que l’adhérent-militant ? Pour élargir notre base très largement, il faudrait rendre plus facile et plus intéressante la participation au parti. Il faudrait aussi accepter que l’engagement soit divers, à intensité variable.

Il y a donc un travail de rénovation des statuts, des pratiques. Mais la limite doit être fixée, au regard de l’expérience des militants à 20 euros.
Cette expérience doit être jugée avec intérêt cependant.
On a pu voir qu’une adhésion mal accompagnée a produit des déçus. Certains également étaient venus dans une démarche consumériste ou de soutien à Ségolène Royal, mais pas vraiment avec un engagement politique ou suivi.

Mais, contre la simplification que l’on fait parfois, il y a aussi un apport politique de cette expérience. Outre ceux qui sont restés, certains ont participé à leurs premières réunions lors des municipales, il y a un effet de traine derrière une adhésion. Ils ont reçus les publications du parti, se sont intéressés, se sont positionnés vis à vis de leur entourage. Donc certes l’adhésion ne doit sans doute pas se limiter à la participation à un vote, mais je pense qu’ un parti de masse, avec une large diversité d’engagements et d’apports, est souhaitable. Cela doit être un facteur de repolitisation, de formation, de pédagogie, de mobilisation.

Il est également vrai que dans certains cas, certains nous quittent ou nous boudent non pas à cause des idées mais du fonctionnement du parti. Il faut être attentif à la dynamique des adhésions.
Il faut enfin créer les conditions d’un travail de fond, d’une nouvelle phase intélectuelle, et d’une cohérence et d’une ambition renouvelée pour le parti.

Voici pour ces premières réflexions générales. Elles seront suivies par d’autres plus opérationnelles quand je les aurais mises en forme.

Une crise financière de plus ?

octobre 1, 2008

L’affaire Dexia. Qui aurait pu croire. Derrière le discours rassurant du directeur démissionnaire, se cache une situation détonnante.

Les établissements financiers sont actuellement abassourdis, la détonation fait déjà mal, l’onde de choc commence à peine à se propager...

Lentement de l’immobilier à la finance, puis l’économie réelle.

Je ne suis pas un catastrophiste par nature, et me méfie des discours excessifs.
Pourtant là … Sans doute ne prend on pas conscience de ce qui se passe.

Les marchés de financements interbancaires sont au point mort, les banques ne savent même plus tarifer leurs prestation, tant les incertitudes et les doutes sont forts.

Cet été déjà, les signes avant-coureurs : stupeur, des collectivités ne trouvaient pas assez pour leurs emprunts… Imaginons ce que vaut alors un prêt ménage ou entreprise. La crise de liquidité, malgré les centaines de milliards libérés par les banques centrales, est presque absolue car la liquidité ne vaut plus rien sans confiance et activité de prêt derrière.

Les banques sont ainsi attaquées par plusieurs biais : dépréciations d’actifs à l’étranger, dépréciations de leurs actifs boursiers y compris en Europe, chute d’activité dans l’immobilier, affaissement de leurs activités très rentables dans l’innovation financière et les produits dérivés, couverture de prêts anciens sur lesquels ils perdent de l’argent…

Alors petit à petit on se rend compte. Imaginons que cela se transmette aux hedges funds, probable, mais aussi aux assurances et mutuelles… Aux Etats-Unis l’impact sur les retraites d’une partie de la population, sur leurs économies en bourse, est considérable.

Et cela s’ajoute à la crise pétrolière, fluctuante mais sans doute durable.

De nombreux discours et analyses sont invalidés brusquement, ne valent plus, ça en est presque drôle : on critiquait la caisse des dépôts, l’activité de banque familiale, le livret A. Certains allaient même plus loin, s’interrogeant sur la règlementation excessive du secteur, ou voulant inciter les Français à emprunter plus (Nicolas Sarkozy a ainsi facilité les prêts à la consommation, et son programme présidentiel prévoyait d’autoriser des types de prêts hypothécaires)

Un mail circule qui reprend des déclarations récentes de la dépassée Christine Lagarde. Même si c’est un peu facile, c’est savoureux :

> 5 novembre 2007 sur «Europe 1»
> «La crise de l’immobilier et la crise financière ne semblent pas avoir
> d’effet sur l’économie réelle américaine
. Il n’y a pas de raisons de
> penser qu’on aura un effet sur l’économie réelle française»
>
> 18 décembre 2007, sur «France-Inter»
> «Nous aurons certainement des effets collatéraux, à mon sens mesurés.
> [Il est] largement excessif de conclure que nous sommes à la veille
> d’une grande crise économique»
>
> 16 septembre 2008, conférence de presse «[La crise aura] des effets
> sur l’emploi et sur le chômage [pour l> ‘> heure] ni avérés ni
> chiffrables
»
>
> 20 septembre 2008, conférence de presse «Le gros risque systémique qui
> était craint par les places financières et qui les a amenées à
> beaucoup baisser au cours des derniers jours est derrière nous»

On dirait du Mac Cain : « Les fondamentaux de notre économie sont solides ! »

Politiquement cela a des conséquences.

Il ne s’agit pas de dire que ceux qui passent leur temps à crier au loup ont eu raison. Certains ont fait une bonne anticipation sur une mauvaise analyse. Mais pour reprendre le philosophe libéral de gauche Yves Michaud, dans l’émission l’esprit public, « alors que quand il s’agit de gérer, dans un système de plus en plus libéral, la droite apparait actuellement plus capable pour les électeurs, en période de crise radicale du système, c’est vers la gauche que l’on se tourne… »

Plus intimement, au PS, cela explique des regroupements récents. Sans doute nos idées socdem étaient celles qui hier auraient permise d’éviter ce genre de déséquibres, en tout cas nous les comprenons et les pensons comme cela. Un réformisme constant et exigeant, dans une société multiple et mise à contribution, avec un état partenaire et régulateur mais présent.

Aujourd’hui que nous sommes allés trop loin, il faut donc une analyse socdem plus radicale. Je crois en notre cohérence, globale, qui nous porte, sur une lecture politique et assise sur l’importance des questions économiques, aujourd’hui au centre du parti. Autour de Martine Aubry, nous devons proposer une alternative interne.

Je trouve assez bien le titre de la motion : « Changer à gauche pour changer la France. »

Le changement est d’abord un travail sur nous même, de reconstruction, mais qui ne se limite pas à un droit d’inventaire ou à une dérive pragmato-centriste. Mais c’est bien par la politique que cela se ferra, que la France évoluera vers notre idéal.

Les solutions à la crise ne peuvent qu’être ébauchées.

A court terme… L’urgence commande, sans pour autant faire n’importe quoi.

Ensuite, sans doute faudra t-il tenter de déliquéfier l’économie financière (lier droit de vote des actions et durée de portage, taxer fortement les stocks options qui rendent le manager actionnaire)

Bien sûr la solution passera par une encore balbutiante régulation régionale et internationale ( reprise en main des normes de comptabilité aujourd’hui largement fixées par des régulateurs privés, pression internationale sur les paradis fiscaux, règlementation de certaines pratiques autour des produits financiers dérivés), le FMI y aura son rôle, comme l’expose DSK, sa tâche est ardue mais importante.

A plus long terme il faudra réfléchir à une politique d’investissement, d’innovation, de création notamment par une fiscalité et une politique qui privilégient l’investissement productif… On peut même envisager de faire évoluer les règles des SA, créer un type de sociétés plus adaptées, moins sensible à une pression d’un actionnariat instable.

Au boulot, quoi…