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Défense vigoureuse contre les critiques lucides (3)

janvier 9, 2008

Début février également, face aux critiques nombreuses et sévères, je me fends d’une tribune, parue sur un site « débat2007« . Je défends la méhode des débats participatifs, et juge que certaines critiques sont trop précoces, alors que le programme n’est pas encore dévoilé.

La méthode et les propositions de Ségolène : jugeons en connaissance de cause le moment venu.

Souvent certains ont une vision trop sombre du PS et de la campagne. Les critiques concernent la rigidité ou le conservatisme du PS, l’absence de propositions, une campagne illisible ou de communication plus que de fond…

Il y a des critiques légitimes à faire et j’y participe. Pour autant, ne racontons pas n’importons quoi ! A moi de rééquilibrer depuis l’intérieur les états d’âmes des malheureux sympathisants socialistes ou centristes qui seraient attirés par le vote Bayrou, voire Sarkozy. Jugeons en connaissance de cause, et en temps voulu.

Je souhaite éclairer la situation pour dissiper quelques contrevérités que l’on peut entendre ici ou là.

Le PS n’est pas un parti réformateur ?

Contrairement à ce que certains pensent, au PS, il n’y a pas que DSK comme réformateur ! Outre les anciens, Roccard, Badinter, Delors, il y a les amis de DSK, Cambadelis, Carreiras, Le Guen…

Il y a aussi des gens très bien autour de Ségolène Royal : Bianco, Savary, Valls et toute la troupe des « nouvelle voix » qui sont aux commandes.

Enfin, Bockel, est au PS, tout comme Kouchner, Collomb…

Plus largement, une majorité solide du parti. Depuis le congrès du Mans beaucoup de chemin a été parcouru. L’arrivée massive de nouveaux militants change la donne. De plus il n’y a plus d’alliance avec le PC, mais avec les sociaux-libéraux républicains du PRG.

Ségolène Royal qui n’est pas une gauchiste, n’est pas tombé dans des thématiques faciles : anti-américanisme, anti-mondialisation et protectionnisme, antimilitarisme. Elle prône un état efficace et modernisé en luttant contre les gaspillages, contre une politique d’ assistanat, et elle s’est prononcé contre une augmentation de la pression fiscale, mais pas de baisse pour lutter contre le déficit (ce que préconisent le rapport Pébereau et débat 2007); Jean-Louis Bianco a affirmé récemment que la gauche n’allait pas faire une politique de relance de la demande keynésienne en arrivant.

Elle prône une décentralisation, une révolution des politiques de recherche et d’environnement. Une politique favorable aux gisements d’emplois que sont les PME et les associations d’intérêt général (souvent en charge de missions de service public dans le social notamment)

Par ailleurs, la vraie réforme de l’Etat, la régionalisation, se trouve chez Ségolène.

Les débats participatifs ne servent à rien ?

Je pense que c’est au contraire un travail de fond qui a du sens. Il est trop facile de taper sur le PS. Les autres partis ne le font pas. Ce n’est pas la nouvelle méthode, mais une méthode de plus, qui s’ajoute à l’expertise et à la réflexion des comités de campagne.

Il y a une grande diversité de situations. Les débats peuvent être organisés par qui veut : une petite section, en amateur, où il y aura 20 personnes. Deux secrétaire de séance relèvent les diagnostics, les propositions. D’autres débats sont organisés par des sections plus importantes, des fédérations, des comités locaux : alors il peut y avoir plus de monde, la présentation commence par des présentations par plusieurs experts ; il y a un ordre du jour.
Ensuite le staff de campagne et le parti reprennent la main, des synthèses de tous les débats sont faites au niveau fédéral,en retenant ce qui est intéressant. Puis cela remonte aux experts et politiques pour nourrir le programme.

Le mépris envers cette forme de débat ne me semble pas justifié : il ne suffit pas de prendre un débat moins bon que d’autres pour les juger tous, comme le fait Koz. De plus, lorsque Verel propose des débats beaucoup plus encadrés ne correspond pas au but de ceux-ci : ils doivent toucher en masse ceux qui ne sont pas au PS, et ceux qui ne sont pas forcément politisés, qui veulent écouter, s’exprimer. Il faut donc de la souplesse. Sur cinq débats peut-être une idée va t-elle apparaître. C’est pour cela que 5000 débats au moins doivent être organisés.

Souvent certains ont préparé cela avant d’y aller. Il y a des spécialistes en leur domaine : une pharmacienne, une responsable d’association, une aide soignante, un médecin, évoqueront les réformes des politiques de santé à leur niveau : parfois émerge un problème auquel on n’avait pas pensé, voire des débuts de solutions innovantes. Les 3000 débats qui ont eu lieu pour l’instant permettent à des gens qui ne s’expriment pas d’habitude de parler. C’est très important. Cela me semble être une des clefs de la campagne mais aussi d’une reconquête de la politique. Allez dans des villes sinistrées, des banlieues délaissées, des milieux désenchantés : la méfiance voire la haine envers la politique y est extrême, le pessimisme fort ! C’est dangereux et je vois dans ce nouveau dialogue une (petite) partie de la solution. J’étais méfiant mais je vois comment cela se passe : plutôt de bonne qualité, quelques propositions intéressantes qui émergent, mais également la prise en compte des difficultés concrètes, les problèmes de demain.

Le programme du PS n’arrive pas assez vite, contrairement à l’UMP…

Et bien attendons ! Le 3 février les premières lignes, le 11 février les grandes lignes, jusqu’en mars la finition. Il sera bien plus digeste que le projet socialiste auquel je m’étais opposé. Le rythme me semble être le bon, ne nous affolons pas sous le coup de sondages encore virtuels et sous le coup de l’entrée en scène du ministre de l’intérieur. Cela donne tout son sens aux débats, qu’ils puissent avoir un impact.

Nous pourrons alors débattre du fond et des propositions. Déjà, pour l’UMP : si certaines réformes prônées par son programme vont dans le bon sens, il y a dedans tout et n’importe quoi. Nicolas Sarkozy s’est contredit fréquemment, que ce soit au pouvoir (la fin des niches fiscales annoncées), ou dans les discours. Il y a beaucoup de promesses qui ne disent pas toute la complexité que cela implique (travailler plus pour gagner plus…). Des sujets comme une quasi-disparition de l’isf, et parallèlement une forte diminution des droits de succession me paraissent inconciliables (tous les pays ont une taxation sur le patrimoine, d’une manière ou d’une autre) ; ou encore les fortes diminutions d’impôts et des dépenses massives : je crains pour les collectivités locales ou le déficit (Sarkozy, ministre du budget sous Balladur, a montré le pire en la matière).

D’autres sujets me gênent, sur la laïcité, sur sa radicalité souvent simpliste etc…

Comment pourrait-il mettre en place certaines de ses propositions, face aux réalités ? Je n’y crois pas et pense que c’est dangereux. Souvent la gauche réussit mieux à réformer : décentralisation, droits des citoyens face à l’administration, ou encore la LOLF, lancée sous le gouvernement Jospin.

Je voulais rétablir la balance entachée de choses fausses. Chacun choisira le moment venu selon son diagnostic et ses préférences.

Mais attendons un peu, ne vous hâtez pas dans ce qui me paraît être l’illusion Sarkozy.

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Les primaires socialistes accouchent d’une belle victoire (0)

janvier 5, 2008

Les primaires socialistes m’ont amené à me rapprocher de Socialisme et Démocratie, autour de la candidature de Dominique Strauss-Kahn. Sa défaite sévère ne m’enchantait pas, mais je pensais aussi que Ségolène Royal pouvait être une bonne candidate. Je ne faisais pas partie des anti-ségolénistes.

Ma vision était plutôt que DSK valait mieux que Ségolène, mais que dans tous les cas l’enjeux fondamental était la victoire sur les partisans de Laurent Fabius et Jean-Luc Mélenchon. J’avais écris un texte en ce sens pour R2, même si j’aurais un autre argumentaire aujourd’hui.

J’étais donc très satisfait que symboliquement au moins, nous soyons devant eux.

Je pensais que l’esprit de rénovation insufflé par Ségolène pouvait s’allier avec le réformisme de SD, que nous allions être intégré à la campagne, que la candidate allait progressivement se structurer, se construire, et tirer le parti derrière elle.

Je relis avec mélancolie ces mots d’espoirs d’un des ségolénistes du groupe R2, Jean-François Pascal, qui écrivait après la victoire interne de Ségolène Royal :

Qu’il s’agisse du socialisme par la preuve, de la mise en mouvement de la société et des territoires, d’une nouvelle démocratie sociale et délibérative, nous avons fait le pari de la rénovation.
Ce choix, parce qu’il fait écho à la demande sociale, l’a emporté très largement et acquiert ainsi une forte légitimité. Cela fait événement et je crois aux faits qui valident, ou non, les discours.

Je me réjouis également de la bonne tenue de DSK avec lequel j’ai toujours partagé une même conception des régulations économiques et sociales.
Ajoutant cette ligne à celle de Ségolène Royal, je constate que les militants ont plébiscité à une très large majorité le choix d’une gauche réformiste en prise sur le monde d’aujourd’hui, défendant les libertés et la solidarité.

Avec un peu d’humour j’ai presque envie d’écrire que la motion 4 vient de réaliser 82% au Parti Socialiste ! Relisez là et vous y trouverez la trame de ce nouveau parti socialiste qui nait aujourd’hui…

Lorsque l’optimisme confine à la naïveté…

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