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PS : logique implacable dans la zone trouble, comment en sortir ?

novembre 24, 2008

Malchance, crise croissante et petites turpitudes…

L’élection au suffrage universel dans un scrutin majoritaire comporte une part de risque et de hasard. Qu’est-ce qui est plus brutal que cette logique implacable, où quelques voix, une seule voix, emportent la décision ?

Qu’est-ce qui est plus incertain que la zone trouble autour de ce seuil ? Des erreurs de bulletins, de comptage, de manipulation, de saisie, des triches isolées, des oublis, des sections en retard et donc invalidées, des blancs litigieux (bulletin froissés, croix raturées, inscriptions de bonne foie sur l’enveloppe pour distinguer le bulletin national du local…), des gens qui n’ont pas pu voter à temps car le bureau de vote était mal indiqué, vote de militants non présentés en section, même s’ils sont à jour de cotisation… ? Tout ça en l’occurence sur 3200 sections !

On arrive donc au paradoxe explosif : Plus on s’approche d’un résultat équilibré, plus les voix litigieuses prennent une valeur considérable, absolue, déterminante. Il y a donc une zone d’ombre, par nature dangereuse, lorsque les électeurs n’arrivent pas à se départager.
Peut être faudrait-il prévoir que plutôt qu’un système binaire, lorsqu’on est dans la marge d’erreur, un candidat de consensus, ou une coalition, doit gouverner ? Cela poserait bien sûr d’autres problèmes dans le cadre de l’élection présidentielle, mais pourrait s’appliquer au PS.

Mais la réflexion peut s’appliquer plus largement : imaginons une élection présidentielle aussi serrée ?

Donc tout d’abord, le médiocre cataclysme actuel se joue sur une malchance incroyable.

Mais il est aggravé par une réelle difficulté, des styles antagonistes, une tensions croissante, une volonté de pouvoir et de domination, une confrontation paranoïaque, la mise en scène de tout ceci par la caricature, la victimisation, la haine parfois… La réaction de Ségolène m’a particulièrement déçue, attiser la paranoïa, la défiance, la haine…

Un drame surjoué qui s’est construit progressivement, implacablement, avec comme ferment les éléments classiques que sont des enjeux de pouvoir opposés, et une différence initiale de style, de vision, exploitée par la posture… Non pas qu’il n’y ait pas de différences, mais…

Où en est-on aujourd’hui ?

D’une part, c’était particulièrement vrai dans l’émission « C dans l’air » ce soir, on associe diagnostic sévère et lucide sur un PS déboussollé, fractionné, fatigué, et nombre de clichés. On entend des adjectifs sévères sur la situation, pas forcément inadéquats : pittoyable, affligeant, navrant, catastrophique, déplorable…

Mais également des analyses un peu faciles, de bon sens, une doxa qui reprend les accusations ségoléniennes : analyse incomplète et sans nuance sur les baronnies, ce que pensent les militants, les jeunes sont derrière Royal, les éléphants contre les militants, le parti contre Royal (alors que Rebsamen…)

Enfin bon, on risque un délitement, une explosion, une extinction du PS… (il ne s’agirait plus alors d’éléphants mais de dinosaures…) Les militants comme les électeurs vont fuir si l’on ne se reprend pas vigoureusement, c’est néfaste pour l’Europe, pour la société et les valeurs que nous devrions défendre.

Maintenant on fait quoi ?

Je ne crois pas en l’histoire que l’on s’est beaucoup racontée sur les deux partis, je ne pense pas que l’enjeux soit un changement fondamental du parti, c’est beaucoup plus complexe. Donc je ne pense pas que ce soit l’une ou l’autre.

Certains proposent que ce ne soit d’ailleurs ni l’une ni l’autre. Ou l’une et l’autre, il faut se retrousser les manches et bosser ensemble… Mais cela nécessite de casser le mythe de la diabolisation…

Donc, activement et rapidement, il faut réagir, si notre instinct de survie politique, si l’on estime que ça vaut la peine, le permet :

Autour d’un « appel à la raison » lancé par des membres de la jeune garde et des vieux sages de différents courants, il faudrait proposer 3 points :

– après examen de toutes les réclamations minutieusement, décider d’un vainqueur. (Revoter parait très dangereux, ubuesque, fatigant et pas très démocratique…)

– compte tenu de la division extrême du parti, appeler à une forme d’unité socialiste, c’est à dire associer le perdant (Aubry flanquée de Peillon, et Hamon porte-parole, un truc comme ça, comme le propose Abadinte), et lancer vigoureusement les conventions de travail associant tout le monde, préparer l’opposition à Sarkozy, mettre en oeuvre la rénovation.

-enfin, appeler à des sanctions sévères contre tout endroit de fraude avérée, il faut faire le ménage… Cela passe aussi par la publication de tous les résultats par section tel qu’ils ont été enregistrés dans les fédérations. Je mettrai en ligne le fichier pour la Haute-Garonne dans les prochains jours.

En conclusion, c’était loin pour moi, mais avec tout ça, on se prend à rêver du grand retour de DSK.

Deuxième tour PS, tendances, résultats, analyses en Haute-Garonne

novembre 21, 2008

Ce soir, très rapidement sans doute, 15 minutes après le début du dépouillement, on en saura déjà beaucoup. En voyant le report qui se seront effectués dans la section, on pourra deviner une tendance nationale : forte dynamique vers Royal, et donc sa victoire; bons reports vers Aubry et donc la sienne. Ou alors, des résultats mitigés, et on peut s’attendre à une longue nuit et à des lendemains obscurs…

C’est bien ce qui c’est produit…

Je vais aller voter. Je ne suis réellement emballé par aucun des choix qui s’offrent à moi, au niveau local comme au niveau national. Pourtant, je ne goute pas spéciallement l’attitude Jospino-hollandiste de l’ambiguité permanente et de l’abstention stratégique.

Martine aura ma voix, malgré l’alliance de plus en plus hétérogène qui la soutien et l’étouffe parfois. Elle porte une vision intéressante, équilibrée et renouvelée, une démarche de dépassement et de travail que j’ai soutenue, malgré ces derniers temps des moments de « démagogie de gauche » comme dit Moscovici, et les soutiens de nombreux repoussoirs à votes… Donc sans illusions folles, mais avec un espoir raisonné, (oui ce sera mieux que Hollande). Et puis surtout il s’agit de choisir entre deux caps, deux personnes, et la comparaison personnelle est à son avantage.
En face il y a un risque, un pari du changement, du jeu de quille, de quelque chose d’autre. C’est tentant, mais cela reste malheureusement trop de l’ordre du fantasme, lorsqu’on entend les propositions ce n’est pas si différent, et le style est lui parfois indigeste, parfois génant (victimisation, mise en scène de clivages artificiels, fausse radicalité ingénue). Elle est déjà en campagne présidentielle.

Au niveau local, il y a Dénard (ACD) contre Ségura (E). Je suis tellement sceptique là aussi. L’opposition à Dénard (pas en tant que personne), à ses soutiens, à la continuité plombée qu’il représente, aux pratiques anciennes (négociations de postes, caricatures…) a construit la motion D. Si c’est la motion légitimiste pilotée par le conseil général et rejointe par les opportunistes et les frileux, je n’en veux pas.
Si c’est la motion renouvelée d’une continuité responsable, capable de changer et de rassembler, pourquoi pas.

Certains, alléchés, l’ont rejoint très vite, avant même hier… Plus la rénovation est pressente, moins elle s’applique à soi, finalement.

Donc même s’il est jeune, s’il a quelques propositions intéressantes, s’il a ouvert le conseil fédéral sur la proposition de Hugues (ce qui justifie son soutien), j’hésite à voter pour lui du bout des doigts, à voter blanc, ou à voter pour Ségura. Elle présente l’avantage du changement plus assumé, porte un projet de rénovation local plus ambitieux, et à l’avantage de ne pas incarner ce que j’estime être les défauts de Ségolène tout en incarnant certaines de ses qualités.
Mais elle aura un conseil fédéral plus hostile, et j’ai toujours peur d’être déçu quand je m’aventure dans la sphère Royal, ses excès, ses incertitudes surtout, y compris dans ce que représentent ses partisans locaux au delà de la « rénovation ». (mot aux mille facettes)

Allez, quelques pronostics, et dès que je rentre, je ne sais pas quand, je met à jour et on saura…

fédé 31 : en bleu le résultat d’hier, en vert les pronos, en rouge les résultats de ce soir et les commentaires.

section :

Hugues Bernard, signataire motion D :17%
Jean-George Lechner signataire motion D: 13%
Sébastien Dénard motions A et C : 44% 64% 62%
Babette Ségura : 26% 36% 38%

département :

Hugues Bernard, signataire de la motion D : 18,3%
Jean-George Lechner, signataire de la motion D : 9,9%
Sébastien Dénard, soutenu par motions A et C : 40,4 % 56% 59,1%
Babette Ségura, motion E : 31,6 % 44% 40,9%

Pronostic premier secrétaire national :

en bleu le résultat d’hier, en vert les pronos, en rouge les résultats de ce soir et les commentaires.

niveau national :

Aubry : 34% 51% 50,5%
Hamon : 23%
Royal : 43% 49% 49,5%

Je pense que le report de Hamon vers Aubry sera assez bon, mais quelques uns resteront chez eux, voire voteront Royal sur des arguments non idéologiques… Mais Aubry va perdre des voix réformistes qui s’étaient portées sur elle. La mobilisation des partisans de Royal encouragés par la médiatisation, la dramatisation, jouera en sa ferveur, je vois moins ça pour Aubry qui a perdu en « pour » et se retrouve « contre » Ségolène. Mais ça devrait passer cependant.

Au niveau fédéral :

Aubry : 30,1% 58% 52,5%
Hamon : 32,7%
Royal : 37,1% 42% 47,5%

Je suis étonné de la différence entre Aubry et Dénard… Une partie significative de la A a donc voté Royal.

Dans ma section :

Aubry : 47, 2% 59% 57,5%
Hamon : 15,3%
Royal : 37,5% 41% 42,5%

Travailler concrètement au renouveau de notre militantisme (2)

novembre 2, 2008

La réflexion continue autour du manifeste socialiste 31 pour passer à une deuxième phase, de propositions plus concrètes. Sans doute cela débouchera t-il sur un travail collectif après le congrès au niveau local, avec toutes les bonnes volontés.

J’ai vu que les ségo avaient travaillés eux aussi, dommage qu’ils l’aient fait de leur côté plutôt que dans le cadre collectif que nous proposions.

Voici quelques réflexions supplémentaires, pas trop mises en forme je l’avoue…

Trois axes de renforcement de l’action politique interne :
travail, débat, décision collective
Notre position de courant jeune et minoritaire (même si nous étions techniquement dans la majorité), marqué par l’éthique rocardienne, confrontés à l’immobilisme, nous donne également l’envie de contester les pratiques trop anciennes, les copinages, les cumuls et pratiques excessivements autocratiques ou clientélistes.
Nous devons en premier lieu appliquer cette éthique, avec pour limite la tactique et la stratégie qui accompagnent les idées, à nous-mêmes.
Sinon, découragement des militants devant les magouilles, blocages… Il y a une lassitude engendrée par certains comportements, où le poids des élus, notamment lorsqu’ils sont installés et fortifiés, pèse trop plutôt que d’impulser, où la logique de courants entraine des dérives, de la défiance, du découragement, même chez des vieux militants. Ces dénonciations ont fait la force du NPS à ses débuts, et sa popularité au MJS notamment (la « rénovation »).
Mais cette posture doit se traduire en prestation, alliée donc à la crédibilité et la responsabilité, c’est à dire être en capacité de porter une majorité alternative qui ferra mieux. Ce travail doit donc valoir engagement.
Nous devons également réfléchir aux changements d’organisation et de structure du PS :

Les deux structures de base fondamentales du PS sont à revoir :
Les sections sont des lieux de proximité, de convivialité supposée. Mais ce ne sont plus que rarement me semble t-il des lieux de débat, sinon sur des points subalternes. La réflexion et la construction se font en fait à travers les courants. Certains militants, notamment nouveaux, qui ne s’inscrivent pas dans ceux-ci, passent à coté de l’essentiel et partent.

Que voient-ils hors périodes de congrès, notamment dans les petites sections ? Des réunions assez stériles, de fonctionnement courant, où l’on fait du commentaire politique sur la situation générale, où on n’hésite pas à agiter de vieux slogans, à faire jouer l’émotion…

Peu de débats de fond, de partage, de démarche commune, à part éventuellement pour préparer une élection locale. Un sentiment d’inutilité est affirmé par de nombreux camarades dynamiques.
Ils ne s’inscrivent pas seulement dans la vieille logique de la vieille structure aux habitudes rigides, et ne conçoivent pas d’agir seulement en tractant ou en sélectionnant un élu.

Ceux-ci ont souvent un poids excessif. Il suffit de regarder le résultat des élections internes, souvent l’élu ou le cadre national pèse sur le vote de manière très forte, ce qui n’est pas sain. Cela a cependant tendance à s’amoindrir semble t-il.
Enfin, souvent, la discussion fait peur, et il n’y a pas de boucle mail (les addresses sont tenues secrètes…) ou de forum communs…
Certaines sections sont sans doutes plus vivantes, selon leur taille et ceux qui les composent. Mais il faudrait sans doute créer des espaces plus larges :

-réunions de plusieurs sections de temps en temps pour casser les routines,
-fusion de certaines,
-Massification de l’utilisation d’internet
-Accueil des nouveaux : tutorat ? (= accompagnement personnalisé par deux anciens, volontaires), présentation et identification des courants etc.

En effet se pose donc la question des courants… Organisation intéressante, particulièrement pour ceux qui ne se sentent pas dans la majorité. Mais peut avoir des effets pervers : formations de structures, voire de cultures parallèles. Chaque enjeux devient source de pouvoir et d’influence interne, cela peut être destructeur pour l’image, pour l’unité, pour le projet…
Pour autant c’est là aujourd’hui que vit le PS, que peuvent se former et se confronter des lignes cohérentes, faire émerger des talents plus divers qu’une direction plus monolitique.
Ces courants, une large part de proportionnelle, sont d’autant plus nécessaires que nous voulons construire un grand parti de la gauche avec sa diversité.
Mais pour autant, il y a une logique perverse aux courants, qui deviennent des partis dans le parti, dans une logique de différenciation et d’affrontement, y compris avec des objectifs de carrière personnelles.
Il faut donc retrouver des lieux de travail commun, d’échange.
Pour permettre une gouvernabilité, une prise de position facilitée, le « parlementarisme » du PS sera sans doute rationnalisé, sans que l’on se tourne cependant vers une vision présidentialiste.
A partir du moment où on accepte les courants, il faut leur donner les moyens d’agir sans en faire des structures noyautant le parti :
-publication réservée dans l’hebdo à partir d’un certain seuil
-présentation des courants dans un « Kit d’adhésion » pour les nouveaux
-Possibilité d’intervention pour déclancher des travaux, des referendum militants etc.
-dotation financière ? à voir… Logique perverse ensuite de faire subsister des coquilles vides, d’inciter à des motions..
Enfin il faudra vraiment encourager le travail, la réflexion, les échanges, la diffusion des connaissances et des clefs d’analyse dans le PS.
Aller contre la doxa, c’est insinuer le doute chez ceux qui auraient votés comme l’élu, comme d’habitude, ou en suivant l’air du temps, le populisme.
-organisation de conférences par la fédé melant des politiques et des chercheurs… (avec une deuxième réunion plus politique éventuellement de traduction en positionnement et en action)
-organisation de débats à l’ordre du jour coordonné dans les sections

Au dela de tout ça, bien sûr, des réformes plus profondes doivent porter sur le parti : comment en faire un parti-réseau, plus décentralisé, plus interractif ? Comment porter un nouveau modèle politique qui ne passe pas par l’excès de cumul des mandats ? Comment réformer le système de synthèse, après le vote sur les motions, assez obscurs, et sans doute à revoir ?
En tout cas, au boulot…

Travaillons concrètement le renouveau de notre militantisme (1)

octobre 7, 2008

Car il y en a qui en veulent vraiment.

Plusieurs initiatives cherchent actuellement à rénover le fonctionnement interne du parti socialiste.

Bien sûr les motions proposent des choses qui laissent entrevoir, si les pratiques suivent les mots, des avancées. Je trouve que le chapitre 4 de la motion D est particulièrement interressant sur la démarche, sur ce que cela pourrait être.

Décliné localement, cela donne un travail conséquent autour du « manifeste », qui va au dela des motions mais qui exprime un ras-le-bol et tente de proposer. Le travail est en cours.

Dans les deux cas Hugues est sollicité et répond présent. Je ne le cite pas seulement pour saluer son engagement, mais aussi parce que je trouve son article très bon sur ce que cela pourrait être demain la fédé 31. J’espère que ces propositions seront reprises quel que soit le vainqueur. C’est dans la dot de la synthèse…

Parceque je ne suis pas qu’un agrégateur de blogs, j’ai voulu proposer aussi.

Voici une réflexion encore incomplète sur la chose :

Que voulons nous être ?
Au dela de pouvoir fournir des élus, notre parti a vocation à peser sur la société. Gagner les élections nationales est bien sûr un objectif majeur, mais ce n’est pas le seul. Nous devons retrouver un rôle de médiation entre les demandes sociales, les analyses intélectuelles et la proposition politique. Les partis ont également un rôle de pédagogie, expliquer et traduire la complexité en programmes, pour ses militants d’abord, pour les électeurs ensuite. Nous devons être à nouveau un moteur, un catalyseur d’idées et d’actions, de propositions. Sortir de mythes qui sont mystifications, être pleinement dans le réel à combattre ou à prendre en compte, mais sans oublier la confrontation aux utopies et à la critique.
Nous ne sommes pas seulement une alternative démocratique, une composante nécessaire de la multipolarité, rôle d’opposition technique et d’alternance.
Au contraire, nous ne devons pas non plus être un parti dépassé, coupé des réalités et des évolutions socio-économiques, qui ressasse, se combat et se coupe de l’intelligence. Un parti qui ne peut plus vaincre. Un parti qui lit avec les clefs d’hier, le marxisme, l’Etat nation, le productivisme industriel ou agricole, le libéralisme économique… (bien sûr toutes ces notions complexes ne sont que partiellement invalidées)


Cela passe t-il par une massification ?
On entend parfois que le PS veut devenir un parti de masse, doubler, tripler, le nombre de ses membres. Certains, qui ont une vision plus traditionnelle, refusent cet objectif, qui les mettrait davantage en minorité encore, et qui changerait la nature de militant.
En effet cela pose la question de qu’est-ce que l’adhérent-militant ? Pour élargir notre base très largement, il faudrait rendre plus facile et plus intéressante la participation au parti. Il faudrait aussi accepter que l’engagement soit divers, à intensité variable.

Il y a donc un travail de rénovation des statuts, des pratiques. Mais la limite doit être fixée, au regard de l’expérience des militants à 20 euros.
Cette expérience doit être jugée avec intérêt cependant.
On a pu voir qu’une adhésion mal accompagnée a produit des déçus. Certains également étaient venus dans une démarche consumériste ou de soutien à Ségolène Royal, mais pas vraiment avec un engagement politique ou suivi.

Mais, contre la simplification que l’on fait parfois, il y a aussi un apport politique de cette expérience. Outre ceux qui sont restés, certains ont participé à leurs premières réunions lors des municipales, il y a un effet de traine derrière une adhésion. Ils ont reçus les publications du parti, se sont intéressés, se sont positionnés vis à vis de leur entourage. Donc certes l’adhésion ne doit sans doute pas se limiter à la participation à un vote, mais je pense qu’ un parti de masse, avec une large diversité d’engagements et d’apports, est souhaitable. Cela doit être un facteur de repolitisation, de formation, de pédagogie, de mobilisation.

Il est également vrai que dans certains cas, certains nous quittent ou nous boudent non pas à cause des idées mais du fonctionnement du parti. Il faut être attentif à la dynamique des adhésions.
Il faut enfin créer les conditions d’un travail de fond, d’une nouvelle phase intélectuelle, et d’une cohérence et d’une ambition renouvelée pour le parti.

Voici pour ces premières réflexions générales. Elles seront suivies par d’autres plus opérationnelles quand je les aurais mises en forme.

Une déclaration de principe sans audace excessive, mais positive.

avril 16, 2008

« Etre socialiste, c’est ne pas se satisfaire du monde tel qu’il est. L’idée socialiste relève, à la fois, d’une révolte contre les injustices et de l’espérance pour une vie meilleure. Le but de l’action socialiste est l’émancipation complète de la personne humaine et la sauvegarde de la planète. »

Les évolutions par rapport aux précédentes versions sont intéressantes, intègrent les évolutions, prennent en compte l’individu et son émancipation, et le développement durable. Le Parti socialiste n’abandonne pas son objectif de transformation sociale ni sa fonction de critique des mécanismes du capitalisme. Mais il est désormais un parti réformiste, qui veut s’inscrire dans la société et peser sur elle. Cela reste un compromis, mais celui-ci se déplace vers une social-démocratie assumée et ambitieuse, et le consensus devient plus facile entre les différents courants socialistes.

D’autres partagent et prolongent cette vision bienveillante :

Cambadelis :

On avait refusé à l’époque la domestication écologique et sociale de l’économie. Ici tant la question du modèle socialiste, écologique et social, que la société juste, l’égalité réelle, ou encore le réformisme radical voir le parti pris de rassembler toute la gauche dans une seule formation, ces questions et d’autres n’ont pas donné lieu à grande polémique.
(…)
Cela confirme une intuition, les divergences sont des divergences « d’accents ». Elles sont souvent le produit de postures. Elles sont souvent techniques dans le sens où elles procèdent du comment, pas du pourquoi. Et c’est ici que réside le paradoxe. Les divergences dans la gauche se sont contractées. Elles n’ont plus la force fondamentale des divergences que nous connaissions dans le passé, par exemple, sur la nature du socialisme. Tous les responsables socialistes dans leur collectivité ont une pratique disons «social-démocrate ».

C’est la raison pour laquelle les divergences s’étaient évaporées, les questions de personnes ont malheureusement tant d’importance.
Les vraies divergences se sont déplacées, de la nature du socialisme au moyen de le promouvoir : Le choix des priorités, la nature des alliances, la sélection des dirigeants, la fonction partisane. D’ailleurs c’est la raison pour laquelle l’autre commission, celle sur les statuts ne trouve pas de consensus. Ceci éclaire l’enjeu du congrès. Il ne portera pas vraiment sur la nature du socialisme. Il ne portera pas non plus sur sa modernisation ou pas. Il ne portera pas plus sur les solutions programmatiques ne serait-ce que parce que c’est trop tôt. Il portera sur la nature et la stratégie du PS. La déclaration de principe vient d’accoucher une façon différente d’être de gauche. Et tous les courants l’ont adoptée. C’est la deuxième bonne nouvelle après les municipales.


ou encore de
Pierre Moscovici


Avec cette déclaration de principe, le surmoi gauchiste se tait alors que le choix social-démocrate est enfin fait. Nous avons, autour de DSK prenant le relais de Michel Rocard auprès de Lionel Jospin, milité pour cela depuis des années, sans être toujours entendus et suivis. Le « réformisme de gauche » du Congrès de Dijon était resté sans contenu, la synthèse du Mans était légère, le projet présidentiel de Ségolène Royal, malgré certaines audaces, n’avait pas toute la cohérence requise. Cette cohérence, elle se trouve dans la déclaration de principes.

D’autres sont plus critiques, ainsi Telos publie une tribune de Laurent Bouvet, professeur de sciences politiques. On retrouve les mêmes critiques chez Yves Michaud dans l’esprit public sur France culture, ou encore chez Emmanuel Valls, chez Thomas Piketty ou chez Hugues Bernard.

Je ne partage pas ces analyses qui pointent un manque d’audace ou de réponses concrètes. Je suis d’accord avec certains des points soulevés, mais il faut nuancer ces commentaires :

-tout d’abord n’oublions pas que ce n’est qu’un projet. Elle peut encore être amendée, améliorée, voire, ce n’est pas exclu, s’affadir. On sait que déjà un article a été ajouté sur la défense des droits des femmes.Ainsi je soutiens l’initiative de Hugues d’apporter quelques amendements qu’il propose sur son site.

-compte tenu de ce qu’est une déclaration de principe, elle est plutôt bonne, et notamment sur la formulation, on a vu bien pire. Elle n’est pas là pour donner les réponses, ni pour décrire un PS fantasmé qui n’existe pas. Il s’agit donc bien de l’Etat actuel du PS, qui s’éveille, sans être encore en train de gravir les sommets. C’est une oeuvre de compromis.

-ce n’est pas censé donner toutes les réponses, c’est un cadre général qui laisse le congrès trancher librement, donc c’est au moment des motions que nous devrons être incisifs dans nos critiques de fond me semble t-il.

Quel doit être le positionnement du PS vis à vis du modem ?

avril 5, 2008


1 La pratique nouvelle et décomplexée d’alliances municipales avec le modem

Une alliance avec le centre a longtemps constitué un tabou au PS. Cela n’a jamais empêché quelques coopérations locales marginales, ou même au gouvernement avec Michel Rocard.
Mais une alliance plus globale était honnie par une partie du parti, qui pouvait accuser l’autre d’avoir ces idées tendancieuses, pour tenter de la disqualifier.

Cependant, en un an, la tendance a changé radicalement.
L’évolution du modem est la principale raison de ceci, ainsi que son poids relatif qui a augmenté tandis que les autres partenaires traditionnels du PS s’affaiblissaient. Il apparaissait beaucoup plus nettement comme une des condition de la victoire de la gauche.

Auparavant, le combat mené en commun pour le oui au moment du référendum avait pu mettre en évidence des accords partiels sur le fond. De même que chez les partisans du rejet du texte des affinités s’étaient créées, par delà les socialistes.

Ainsi le discours stigmatisant s’est affaibli, libérant des volontés plus anciennes. Certains déjà souhaitaient pouvoir choisir plus librement leurs partenaires.
Exclure une alliance au centre, c’ était souvent exclure une autre voie que la gauche communiste ou radicale. C’était donner à un partenaire potentiel la qualité d’un partenaire nécessaire, en position d’imposer certaines de ses propositions que nous n’aurions pas acceptées sinon.
La possibilité d’alliances avec le modem, sans devoir être une nouvelle obligation, donne plus de marge de manoeuvre au parti socialiste. Surtout demain lorsque des choix pourraient devoir se faire entre modem et lcr.
Ce mouvement a ainsi été initié par Ségolène Royal à la fin de la campagne présidentielle, de manière un peu précipitée, personnelle, et sans réussite, et cela se prolonge aujourd’hui au niveau local. De nombreux candidats, souvent proches de SR ou de DSK, (ou par l’intermédiaire du parti radical comme à Blagnac à côté de Toulouse), mais pas seulement, ont accepté des alliances avec le modem dès le premier tour (Roubaix, Dijon, Grenoble, Montpellier, et en partie Lyon et Bordeaux pour les plus grandes villes), ou alors au second.

Cela a fait raler les communistes et les emmanuellistes (sans parler des alters-révolutionnaires…), mais a pu participer à la victoire de la gauche dans certaines villes, y enclancher des dynamiques favorables, déjouer les attaques en « sectarisme » portées par la droite qui n’aime pas la politique.

Le bilan de ces démarches est cependant mitigé. Les ralliements d’entre deux tours n’ont pas paru décisif. Les accords mieux préparés dès le premier tour ont sans doute été mieux suivis par les électeurs, mais cela a parfois profité à des candidats de gauche alternatifs. Les électeurs du modem persistent à se partager entre droite et gauche au second tour, à quelques pourcentages près qui suivent la consigne.
Pour autant, ces petits arrangements locaux ne sont pas neutres. Il s’agit d’une reconfiguration importante du paysage politique, qui est porteur de risques comme d’opportunités.

2 Risques et opportunités pour le PS

1 Nos positions sont elles compatibles sur le fond ?

C’est une question préalable qu’il faut évidemment se poser. Idéologiquement pouvons nous nous associer avec un parti du centre ou du centre gauche comme avec les partis de la gauche plurielle ? Doit-on poser les mêmes exigences vis à vis du modem que face aux autres alliés traditionnels ?

Au niveau local il est souvent apparu que notre appartenance à la gauche, aux valeurs de partage et d’émancipation que cela signifie, ne nous empéchait pas de nous entendre avec ceux qui sont aussi, avec nous, des démocrates réformistes européens. Nous pouvons donc avoir à travailler avec les partis qui nous entourent, notamment dans une logique de second tour, où des coalitions se forment sur un projet.

En fonction des situations locales, nous nous sommes mis d’accord sur la démocratie de proximité, sur le développement durable, voire sur une politique sociale de l’habitat.

Mais l’hétérogénéïté de ce parti, au centre des systèmes de valeurs gauche-droite qui structurent toujours la société assez largement, fait quaucune position générale n’est pour l’instant possible.

Lorsque les circonstances locales font que les projets et les valeurs sont convergentes, sans que cela n’oblige à un affadissement ou à des renoncements porteurs de déception, les alliances sont donc possibles. Celles-ci peuvent même apporter des éléments de pluralité et de crédibilité ou une plus grande diversité dans les équipes.
Ce n’est pas le cas partout, en fonction des équilibres locaux dans les divers partis.

Les mêmes conditions pourraient être posées vis à vis des autres partenaires.

2 Comment le PS doit-il réagir face aux alliances variables au niveau local ?

Quelles sont les conséquences pour le PS de ces alliances fluctuantes au niveau local, ici avec le modem, là avec la gauche plurielle, voire ailleurs demain avec le parti anticapitaliste de Besancenot ? Les différences de tendances du PS local, accentué par les alliances conséquentes, pourraient créer des logiques de différenciation forte et croissante du parti selon les lieux. La cohésion idéologique nationale du parti pourrait être plus difficile à maintenir, ainsi que sa lisibilité.


Faut-il homogénéïser les pratiques, ou respecter la détermination locale tout en veillant à maintenir la cohésion nationale par le débat, la délibération et les choix collectifs ?

3 Ne prend-on pas le risque de renforcer un concurrent, voire couver l’oeuf du dragon qui demain nous terrassera ?

Bientôt ces questions seront sans doute plus vives si se crée à notre frange un Links Partei à la française autour de Olivier Besancenot, qui pèsera sur nous comme sur le SPD en Allemagne. Dans une perspective de refondation de la gauche, le PS pourrait avoir comme partenaires alternatifs le centre(-gauche ?) et la gauche radicale. Je pense qu’ en effet celle-ci ne restera pas sur une position de refus de responsabilités, notamment au niveau local.

Certains communistes nous rappèlent, mélancoliques, que Mitterand a étouffé le PC en s’alliant avec lui alors que le PS était moins puissant. « Voilà ce qui va vous arriver si vous acceptez ». Si les situations ne sont pas les mêmes, la méfiance doit effectivement être présente, dans ces alliances entre concurrents.

Lorsque Henri Emmanuelli Ou Jean-Christophe Cambadelis, après bien d’autres, se demandent en quoi nous devrions aider le modem a exister, alors que son projet présidentiel était précisément de nous devancer, de nous briser (et qu’en sera-t-il la prochaine fois), ils ont raison.

En effet, ces alliances permettent au modem d’avoir des élus, une forme de reconnaissance. Demain si à nouveau notre candidat ne convainc pas une partie des sympatisants socialistes, il y aura moins de barrières à un vote modem, d’autant plus s’il y a une alliance dans leur ville. A l’inverse, ces dirigeants qui travailleront ensembles dans les villes peuvent ancrer le modem au PS, lorsque des choix de second tour devront être faits, y compris au niveau national.

La situation ubuesque que l’on a connue lors de l’élection présidentielle ne sera plus possible : Bayrou, candidat de la droite, antilaïque et ultralibéral contre lequel tractaient les militants, est devenu en une semaine un partenaire dans la défense de la république, potentiel premier ministre, avec lequel étaient désormais constatées de larges convergences. Ridicule.

La méfiance est également la position de nombreux réformistes, qui pensent que c’est le PS qui doit aussi incarner cette rénovation, cette crédibilité, cette alternative, sans abandonner une partie du positionnement au modem, dans ce qui serait une tacite répartition des segments électoraux… L’émergence d’un parti de centre gauche au dépend du PS serait un recul de notre influence, alors que nous avons vocation à l’élargir.


4 Le PS et le Modem sont confrontés à des dynamiques concurrentes :

En effet ce qui est vrai en terme d’idées et d’électeurs se retrouve aussi pour les militants.

Il y a donc effectivement un risque tactique évident à conforter et légitimer le modem comme partenaire potentiel de la gauche, si nous arrivons en situation de faiblesse aux prochaines élections. Il faut donc mesurer les avantages d’une alliance à chaque fois.

On constate l’émergence d’un nouveau vivier de sympatisants politisés qu’il s’agit d’attirer.

Alors qu’ auparavant la séparation avec les autres partis à droite du PS était nette et franche, se crée dorénavant, dans les deux sens, un ensemble de sympatisants qui hésitent et peuvent être plus exigeants sur le fond comme sur le fonctionnement.

Déjà lors du second tour des législatives, le vote modem du premier tour a permis de faire voter à gauche au second des personnes plutôt de centre droit, servant de pont. Tout comme sans doute, un vote Bayrou au premier tour de la présidentielle a pu aussi permettre à certains déçus de la gauche d’oser le vote Sarkozy au second.

Nous devons donc gagner cette dynamique des fluides politiques. Cela brasse, renouvelle, rajeunit, consolide pour les débats et combats de demain.

On retrouve une partie des adhérents à 20 euros du PS aujourd’hui au modem.

Mais demain en fonction des dynamiques, une partie de membres passés par le modem rejoindra le parti socialiste.

En effet, le danger que fait peser le modem se situe également à ce niveau : l’émergence d’un mouvement est une aventure, un projet tentant, une dynamique. L’espoir est grand chez tout ces nouveaux militants, qui pensent créer une structure sans avoir à s’embarasser d’élus, de conflits anciens. La réalité est moins simple, mais une volonté et un espace de création politique subsiste. Il est ainsi intéressant d’aller lire les débats sur les statuts qu’ils mènent, tout semble possible. Cela souligne également nos déficiences, qui ont fait fuir beaucoup de récents camarades…
Ainsi cela attire là-bas des électeurs ou militants qui auraient, pour une part, tout à fait leur place au PS.

Cela a aussi une incidence en terme de rapport de force interne au PS. Le risque peut notamment être d’attirer là-bas des énergies et des voix qui manqueront en interne à certains, alors que le parti est en pleine recomposition. Certains, qui sont las du fonctionnement interne ou déçus de certaines orientations, peuvent se diriger vers le modem, plutôt qu’adhérer ici pour contrer ce qu’ils perçoivent comme une menace ou faire évoluer les choses…

Il faut donc rendre notre parti, notre sensibilité, attractifs, en améliorant notre image extérieure par une meilleure communication, par un vrai travail sur le fond qui rende un appétit intellectuel pour les échanges dans notre parti et nos propositions, en développant les associations « cousines », nos publications et évènements propres.

Conclusion

Le Modem apparaît faible et décrédibilisé suite aux élections municipales, sur lesquelles il n’a pas réellement pesé. Pourtant un espace existe encore pour lui, il faut donc continuer à réfléchir à notre positionnement vis à vis de ce mouvement.

Si des accords sont désormais envisageables sur le fond dans certaines conditions, les alliances ont donné des résultats mitigés, notamment lorsqu’elles paraissaient factices. Il s’agit donc d’un choix tactique qui n’est ni exclu, ni évident. Ceci d’autant plus que le Modem reste un concurrent qui veut prendre notre place ou nos électeurs. Notre but n’étant pas de le renforcer -nous ne nous résignons pas à l’existence temporaire du Modem « sur nos terres » laissées en jachère- les alliances doivent être bien pesées.

Sans doute pouvons nous alors envisager des accords, mais sans être dupes ou naïfs. Plus largement il ne faut pas sous-estimer le risque de dillution de la politique dans le centre, tendant à laisser penser que finalement les grandes orientations se valent, que les projets sont importants sans s’interroger sur les valeurs.

Ainsi Bertrand Delanoë avait raison lorsqu’il affirmait que des accords étaient possibles à Paris, mais seulement si le modem a la cohérence de faire un pas vers le PS, notamment en affirmant que dans cette situation « la droite et la gauche, ce n’est pas pareil ».

Il ne faut pas abandonner tout préalable qui laisserait penser qu’il n’y a pas de différences entre nos deux partis. C’est donc bien dans le cadre d’alliances maîtrisées entre partis, et non pas dans la négation des différences, que des accords peuvent avoir lieu.

Cette restructuration du centre peut donc être un risque comme une opportunité pour le PS, et plus particulièrement pour les sociaux-démocrates et réformistes.

Pour répondre aux besoins qu’expriment ceux qui s’adressent au Modem, le Parti Socialiste doit proposer une rénovation de son fonctionnement et un projet fort.

Nous ne devons plus laisser cet espace libre, celui de vrais réponses efficaces et d’une vision cohérente d’un projet de société émancipateur et solidaire qui nous positionnera en pôle attirant le centre gauche comme la gauche radicale. C’est être pour tous une perspective crédible de gestion efficace et d’amélioration de la situation.

Au delà de l’idéologie, dans son fonctionnement il peut tenter d’incarner un anti-PS, en le caricaturant parfois, mais aussi en pointant de réels dysfonctionnements.

Cela accroit donc enfin l’exigence de rénovation des pratiques au PS, pour rendre un rôle attractif aux militants, dans le débat, dans les processus démocratiques, dans le vivre-ensemble.

Pierre Moscovici à la tête du PS ?

novembre 10, 2007

En novembre 2007, Pierre Moscovici nous rend visite à Toulouse. Rencontre très intéressante, où il dévoile ses légitimes ambitions.

A l’époque cependant le PS est inaudible et flou, et Pierre n’a pas encore acquis de visibilité. Je suis donc septique, et voit d’un bon oeil la démarche de Delanoë, floue mais qui semble assez proche de nous.
Mais depuis, n’ayant été convaincu ni par Ségolène ni par Bertrand, j’espère et pense que Pierre peut réussir.

Pierre Moscovici peut être un bon secrétaire général de reconstruction, de travail.

Si le duel annoncé ne s’est pas produit, que 5 ou 6 motions se présentent, telle est la configuration, c’est lui que je préferrerais, autour du manifeste pour un socialisme nouveau et de socialisme et démocratie, éventuellement avec des soutiens plus larges (lesquels?).

Pour autant cela ne doit pas être une nouvelle stratégie, un nouvel étendard, un nouveau combat.

Le PS est pénalisé aujourd’hui de par le manque d’une direction forte, légitimée et crédible, qui puisse sur chaque sujet exprimer la position majoritaire du parti, et auxquelles les médias s’adresseraient (Mosco tient ce rôle pour les questions internationales).

Il manque une unité, une cohérence, un travail en ammont, des choix.

Il ne faudrait pas d’un secrétaire de régénération, qui soit sans cesse dépassé par les rivalités de personne pour la présidentielle, où on verrait sans cesse Ségolène, Bertrand, Manuel et les autres donner leur position sur tout tout le temps (les motions sont là pour cela en ammont). Le PS serait alors inaudible, divisé, et le travail de fond en serait perturbé.

Le choix de leader et de ligne ne doit donc pas être sous-estimé, cela impulse ensuite la mise en cohérence, le travail, et si les conditions sont bonnes, cela clos ce débat qui peut être stimulant mais parfois destructeur, la machine à perdre qui peut se mettre en route. Cela suppose donc de renoncer explicitement à un système de primaires ou autres plus tard.

Celui-ci aura un rôle interne d’abord, et non pas celui de s’opposer en permanence à Sarko sans avoir encore les armes pour le faire, puis de plus en plus le rôle d’opposant incarné, s’appuyant et organisant son parti.

Ainsi si les rapports de force et son programme s’y prètent, peut-être sera-t-il mieux de soutenir par exemple Bertrand Delanoë, qui prendrait la tete d’un PS rassemblé assez tôt, de manière claire… Auparavant SD doit présenter sa motion, il ne s’agit pas de refaire une grande motion 1, ou alors sur des convergences profondes et ambitieuses, qui existent en partie je pense entre proches de DSK, jospiniens, et certains partisans de Royal : la volonté d’une réponse globale et réformiste aux évolutions du monde et de la société, une adaptation profonde mais qui ne se limite pas à des ajustements par segments, pris aux uns et aux autres comme le propose celle-ci.

Donc oui à Mosco, si la situation s’y prette. Dans tous les cas il aura un rôle important.