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Motion D, une belle réunion !

octobre 14, 2008

Hier soir, lundi 13 octobre, à la fédé.

Cela s’est très bien passé. Il y avait du monde et de l’envie.
La salle était pleine, comme lors du dernier débat de présentation des contributions je pense, pour ceux qui y étaient, donc à peu près 150 personnes. Il faudrait que je compare mon estimation aux signatures de la feuille de présence qui a circulée.

A la tribune, Cathy Lemorton bien sûr, mandataire fédérale de la motion D, qui est également une des quatre porte-parole nationale de Martine Aubry. A ses cotés, Gérard Bapt, Françoise Imbert, Joël Carreiras, ainsi que le nouveau maire de Luchon.

En préalable ils ont souligné le plaisir retrouvé de travailler, de discuter, de militer ensemble. Enfin dépasser des crispations et des postures anciennes pour avancer. Enfin sortir de discussions en petit comités dans des clans de gens qui sont d’accord sur tout, (si on pousse la logique à l’extrême) et où on ne parle plus que de tactique. Enfin retrouver un parti socialiste prêt à se rassembler, non pas dans une synthèse molle, mais dans des valeurs, un travail, un objectif commun.

Cela passe par un tryptique inséparable : travail-débat-décision collective.

Donc après le plaisir partagé, l’importance du moment a été soulignée : la situation mondiale et française, et l’absence apparente de la gauche, son incapacité à être l’alternative, le recours, l’espoir.
Alors que les idées, les talents, la présence militante sont des éléments forts du PS, collectivement ne ressortent qu’hésitations, consensus mous, attitude erratique, entre opposition molle parfois, ou à d’autres moments crispations et divisions…

Il faut donc réagir absolument. Deux axes sont importants : un travail sur les idées, sur une réponse à la crise, sur la construction d’une alternative ; et un travail sur le parti, pour qu’il redevienne un moteur, un laboratoire, un formateur, un pédagogue, en capacité de proposer, de participer réellement à la bataille culturelle et politique sans être dans une réponse superficielle, et ensuite capable de gagner les élections nationales pour ensuite appliquer son programme ambitieux et réaliste.

 Il y a eu de nombreuses questions et interventions de la salle. La plupart des présents étaient déjà convaincus, sans doute, mais il y avait aussi des hésitants, des nouveaux militants qui découvraient leur premier congrès. Il y avait une liberté de ton intéressante, avec des prises de paroles iconoclastes aussi.

L’idée c’est qu’il ne faut pas se résigner à un libéralisme fataliste. Notre motion, ce n’est pas le cas de toutes, contient déjà des éléments de réponse aux dérives massives du capitalisme financier, que de plus en plus nombreux nous percevions.
J’avais pour ma part été plus précisément initié à ces questions par un professeur d’université, Gabriel Colletis, à Toulouse, dont je perçois aujourd’hui plus encore la justesse d’analyse.

Mais c’est aussi être en mouvement, innovant, réaliste dans les propositions, le monde change nous devons changer aussi sans nous résigner. On ne doit pas se battre seulement sur l’efficacité économique de notre programme, mais on ne doit pas être battu sur ça.

Cela a duré trois heures, énergisantes. Les copains de SD étaient très nombreux, j’en ai été agréablement surpris, et très actifs : nous avons posé de nombreuses questions lors du débat.

Cela m’a rappellé cette réunion il y a quelques mois, avec l’orage en moins.

Cela montre ainsi une complémentarité territoriale avec nos partenaires dans la motion, nous sommes présents et actifs plus dans l’urbain et le périurbain, alors qu’ils couvrent mieux les vastes campagnes.

J’avais une question sous le coude, mais finallement je ne l’ai pas posé : je comptais demander comment concrètement la rénovation des pratiques était comprise au niveau fédéral. Cela serait éclairant pour les militants, et de plus vaudrait engagement.
Le travail collectif autour du manifeste socialiste 31, qui doit se traduire en propositions concrètes, peut aller dans ce sens. Ce serait un atout pour la motion, tous les militants déboussolés, qui veulent du changement au niveau fédéral, verraient concrètement celui-ci s’incarner.

Un dernier mot pour finir : nous avons une vocation majoritaire dans la fédé31, nous ne sommes pas là pour témoigner. Ce n’est pas une certitude mais c’est un objectif.

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Une crise financière de plus ?

octobre 1, 2008

L’affaire Dexia. Qui aurait pu croire. Derrière le discours rassurant du directeur démissionnaire, se cache une situation détonnante.

Les établissements financiers sont actuellement abassourdis, la détonation fait déjà mal, l’onde de choc commence à peine à se propager...

Lentement de l’immobilier à la finance, puis l’économie réelle.

Je ne suis pas un catastrophiste par nature, et me méfie des discours excessifs.
Pourtant là … Sans doute ne prend on pas conscience de ce qui se passe.

Les marchés de financements interbancaires sont au point mort, les banques ne savent même plus tarifer leurs prestation, tant les incertitudes et les doutes sont forts.

Cet été déjà, les signes avant-coureurs : stupeur, des collectivités ne trouvaient pas assez pour leurs emprunts… Imaginons ce que vaut alors un prêt ménage ou entreprise. La crise de liquidité, malgré les centaines de milliards libérés par les banques centrales, est presque absolue car la liquidité ne vaut plus rien sans confiance et activité de prêt derrière.

Les banques sont ainsi attaquées par plusieurs biais : dépréciations d’actifs à l’étranger, dépréciations de leurs actifs boursiers y compris en Europe, chute d’activité dans l’immobilier, affaissement de leurs activités très rentables dans l’innovation financière et les produits dérivés, couverture de prêts anciens sur lesquels ils perdent de l’argent…

Alors petit à petit on se rend compte. Imaginons que cela se transmette aux hedges funds, probable, mais aussi aux assurances et mutuelles… Aux Etats-Unis l’impact sur les retraites d’une partie de la population, sur leurs économies en bourse, est considérable.

Et cela s’ajoute à la crise pétrolière, fluctuante mais sans doute durable.

De nombreux discours et analyses sont invalidés brusquement, ne valent plus, ça en est presque drôle : on critiquait la caisse des dépôts, l’activité de banque familiale, le livret A. Certains allaient même plus loin, s’interrogeant sur la règlementation excessive du secteur, ou voulant inciter les Français à emprunter plus (Nicolas Sarkozy a ainsi facilité les prêts à la consommation, et son programme présidentiel prévoyait d’autoriser des types de prêts hypothécaires)

Un mail circule qui reprend des déclarations récentes de la dépassée Christine Lagarde. Même si c’est un peu facile, c’est savoureux :

> 5 novembre 2007 sur «Europe 1»
> «La crise de l’immobilier et la crise financière ne semblent pas avoir
> d’effet sur l’économie réelle américaine
. Il n’y a pas de raisons de
> penser qu’on aura un effet sur l’économie réelle française»
>
> 18 décembre 2007, sur «France-Inter»
> «Nous aurons certainement des effets collatéraux, à mon sens mesurés.
> [Il est] largement excessif de conclure que nous sommes à la veille
> d’une grande crise économique»
>
> 16 septembre 2008, conférence de presse «[La crise aura] des effets
> sur l’emploi et sur le chômage [pour l> ‘> heure] ni avérés ni
> chiffrables
»
>
> 20 septembre 2008, conférence de presse «Le gros risque systémique qui
> était craint par les places financières et qui les a amenées à
> beaucoup baisser au cours des derniers jours est derrière nous»

On dirait du Mac Cain : « Les fondamentaux de notre économie sont solides ! »

Politiquement cela a des conséquences.

Il ne s’agit pas de dire que ceux qui passent leur temps à crier au loup ont eu raison. Certains ont fait une bonne anticipation sur une mauvaise analyse. Mais pour reprendre le philosophe libéral de gauche Yves Michaud, dans l’émission l’esprit public, « alors que quand il s’agit de gérer, dans un système de plus en plus libéral, la droite apparait actuellement plus capable pour les électeurs, en période de crise radicale du système, c’est vers la gauche que l’on se tourne… »

Plus intimement, au PS, cela explique des regroupements récents. Sans doute nos idées socdem étaient celles qui hier auraient permise d’éviter ce genre de déséquibres, en tout cas nous les comprenons et les pensons comme cela. Un réformisme constant et exigeant, dans une société multiple et mise à contribution, avec un état partenaire et régulateur mais présent.

Aujourd’hui que nous sommes allés trop loin, il faut donc une analyse socdem plus radicale. Je crois en notre cohérence, globale, qui nous porte, sur une lecture politique et assise sur l’importance des questions économiques, aujourd’hui au centre du parti. Autour de Martine Aubry, nous devons proposer une alternative interne.

Je trouve assez bien le titre de la motion : « Changer à gauche pour changer la France. »

Le changement est d’abord un travail sur nous même, de reconstruction, mais qui ne se limite pas à un droit d’inventaire ou à une dérive pragmato-centriste. Mais c’est bien par la politique que cela se ferra, que la France évoluera vers notre idéal.

Les solutions à la crise ne peuvent qu’être ébauchées.

A court terme… L’urgence commande, sans pour autant faire n’importe quoi.

Ensuite, sans doute faudra t-il tenter de déliquéfier l’économie financière (lier droit de vote des actions et durée de portage, taxer fortement les stocks options qui rendent le manager actionnaire)

Bien sûr la solution passera par une encore balbutiante régulation régionale et internationale ( reprise en main des normes de comptabilité aujourd’hui largement fixées par des régulateurs privés, pression internationale sur les paradis fiscaux, règlementation de certaines pratiques autour des produits financiers dérivés), le FMI y aura son rôle, comme l’expose DSK, sa tâche est ardue mais importante.

A plus long terme il faudra réfléchir à une politique d’investissement, d’innovation, de création notamment par une fiscalité et une politique qui privilégient l’investissement productif… On peut même envisager de faire évoluer les règles des SA, créer un type de sociétés plus adaptées, moins sensible à une pression d’un actionnariat instable.

Au boulot, quoi…

Allez Mosco, elle t’attend !

septembre 21, 2008

Commentaire publié sur le blog de Pierre Moscovici, après le message où il pose la question de la suite, déjà près de 700 commentaires !

Une motion, ou une alliance (et laquelle?)

Il y a plusieurs paramètres : (l’alliance avec la motion de gauche radicale du parti étant exclue)

-la cohérence idéologique : sur le fond, difficile de trouver une ligne plus proche que les autres. Chacun des trois agglomère des différences tout en étant réformistes et européens, et Delanoë et Royal ont varié dans leur discours depuis quelques mois.
Pour celle-ci il faudrait oublier quelques errements de la campagne présidentielle et une vision moins politique que pragmatique…

– la vision politique : Delanoë parait le plus présidentialiste désormais, et le plus conservateur (Hollande+Ayrault, c’est terrible…). A éviter me semble-t’il à ce stade.
Ségolène a fait un pas, mais vers un magma consensuel plus que vers une majorité de rénovation profonde.
Aubry semble moins présidentialiste, la démarche est celle qui était partagée par Pierre depuis un moment. Malgré la présence marginale de fabiusiens (recentrés qui plus est) cela me parait être la voie à suivre.

– troisième calcul, stratégique : Moscovici seul va difficilement dépasser les 5% me semble-t-il (vote utile..) Il peut servir de force d’appoint, mais cela peut aussi handicaper Aubry, si de son fait elle n’était pas la première des motions. Lui-même ne souhaite pas encourager la prafmentation des motions.
A jauger..

Je pense que le mieux serait une alliance avec Aubry, car c’est dans la continuité des discussions, car elle le souhaite, car c’est ce que souhaite Besoin de gauche en majorité me semblet-il ! Pierre, n’oublie pas ce point important. (chez SD, même si des débats ont encore lieu, et encore plus chez RM)

C’est aussi l’occasion de peser plus dans cette alliance, de remettre les fabiusiens à leur juste place de partenaires reconstructeurs.

Cela peut lancer une dynamique, réunifier SD, permettre de mettre réellement le parti au travail collectivement, avec la solution la moins présidentialiste.
Pierre peut envisager de diriger les conventions de travail, ou être celui qui dirigera l’organisation de la primaire de désignation. Un rôle important, une garantie pour que le parti ne se fige pas.

Pour lui comme pour nous collectivement, cela me semble la meilleure solution.

Renouveau socialiste en Haute-Garonne ?

septembre 12, 2008

L’actualité intra-socialiste se poursuit.

La rentrée réactive les réseaux, les réunions.

Le congrès arrive et chaque cellule s’agite, les synapses s’étendent et forment des réseaux denses et mouvants.

Ainsi, voici ce qu’est un débat fédéral de contributions.

Au niveau local en Haute-Garonne, Rénover Maintenant et Socialisme et Démocratie s’activent, discutent, préparent la relève. Un texte sur le militantisme au PS dans le département a été élaboré et déjà signé par plus de 200 militants. (à vous)

Je trouve cette analyse intéressante, elle échappe plutôt aux lieux communs de ce type de productions, avec une réflexion intellectuelle, et des débouchés politiques. Une ébauche prometteuse.

Ainsi, autour de la contribution besoin de gauche, et des travaux avec RM, Socialisme et Démocratie travaille également à une extension de cette alliance. Les discussions ont lieu également au niveau national. Avons nous une prise sur celles-ci ? La fin du processus souffre sans doute de cette captation des négociations par quelques représentants de courants.

En tout cas SD s’est réuni, pour discuter des conditions locales de la victoire possible, des questions de fonds et de tactique au niveau national. Voici le compte rendu de cette discussion.

L’alliance avec Martine Aubry sur le fond est largement acceptée, attendue. Reste à régler la question du candidat au premier secrétariat… Une majorité chez nous pensent que, bien que en toute pureté idéologique Moscovici eut été mieux, sans doute l’enjeux du rassemblement possible, sur des idées réformistes et volontaristes, doit lever tous les obstacles à une motion commune.

La présence des fabiusiens fait débat. La question est bien rendue dans le compte-rendu. Ces arguments ont convaincus les récalcitrants, mais pour certains la pilule est difficile à avaler. La limite doit être la cohérence idéologique : ce rassemblement n’est pas une addition de pourcentages ou d’idées artificiellements prises à tel ou tel. C’est une démarche, y compris celle de Fabius de venir, avec son analyse, mais en se rapprochant des idées portées par SD ou Aubry. Pour moi le courant fabiusien tombe lentement en désuétude, il ne faut pas en faire l’enjeux du congrès, et sur les marges de l’entente, s’il accepte le texte, pourquoi pas.

Cela se base également sur l’idée que les changements et le travail au PS doivent être profonds, sur les pratiques et le fonctionnement comme sur l’idéologie et les propositions. Il s’agit donc réellement d’un mouvement nouveau, la construction d’une nouvelle alternative, et plus largement la participation à la refonte de la gauche européenne.
Donc les fractures et blessures du passé peuvent être dépassées, notamment lorsqu’elles comportent une part de postures, de souvenirs mythifiés… De même pour le oui et le non au referendum européen.

Toulouse, la confrontation des idées, l’orage…

mai 16, 2008

Hier soir à Toulouse il y a eu un énorme orage, 20 centimètres de grèle à certains endroits… Impressionnante vision que celle des allées Jean-Jaurès par exemple, même quelques heures après l’averse.

Etait-ce l’énergie dégagée par la puissance de nos réflexions communes qui a trouvé là à se décharger ?

Car il y avait aussi, au chaud et au sec, une rencontre, autour de Jean-Christophe Cambadelis et Cathy Lemorton, Socialisme et Démocratie / Rénover Maintenant, et sont également venu quelques fabiusiens, ainsi qu’ une personne de DDA, courageux. (En effet Kader Arif et Ségolène Royal ont essuyés quelques critiques hier soir dans les débats…)

Il y avait une certaine méfiance au début, puis au fil des nombreuses interventions de vrais échanges, des convergences nombreuses. Nous n’avons pas cherché ce soir à tracer les frontières de nos consensus, et dans le détail ou l’action concrète ce sera parfois plus difficile. Mais c’est tout le sens de ce genre de discussions, sur le fond, de trouver de vrais accords, sans se fondre dans une synthèse molle.

Il me semble que cela a été un moment de libération de la parole, entre des gens qui ne se parlent plus trop, ressenti comme positif par les participants. J’ai trouvé ça très intéressant. On a évoqué la démarche, le parti, des questions de fond tirées des textes des reconstructeurs (croissance qualitative, développement durable, déqualification du travail, Europe…)

Joël Carreiras, puis Cathy, puis Jean-Christophe ont présenté la démarche. Il s’agit d’un projet de discussion, qui s’est peu à peu approfondie et doit pouvoir déboucher sur un projet politique.

La nécessité de cette démarche s’appuie sur plusieurs constats :

  • la gauche doit entrer dans un nouveau cycle, ses principes, ses alliances, ses réponses ne sont plus adaptées, autant dans la sociale-démocratie (ainsi les partis socdem européens plient face aux populismes) que dans des réponses radicales. Nous devons tous refonder quelque chose, le monde entre dans une nouvelle ère marquée par les enjeux écologiques, la mondialisation (émergence de la Chine et de l’Inde, nouvelle division internationale du travail, mobilité des facteurs de production, financiarisation du capitalisme, précarisation ou déclassement du travail…), les enjeux démographiques…
    Une forme de désespérance monte, qui fait le jeu de la droite.
  • Dans le PS, les divergences ont été cristalisées par les confrontations récentes succéssives. Les courants forment de plus en plus des partis dans le parti, dont les adhérents discutent peu entre eux, qui peinent à former une culture commune, qui cultivent leurs divergences dans des postures pour exister. Les courants sont devenus un échappatoire, les espaces du débat de fond, alors que le parti vit trop souvent dans la confrontation des idées-vecteurs de luttes de pouvoirs, ou dans la stérilité du fonctionnement, de la préparation constante de l’élection suivante.
  • Le parti doit muter lui aussi, s’ouvrir aux autres formations de gauche, à toute la société civile militante, associative, syndicale, mutualiste, aux intellectuels et chercheurs ; il doit rendre la parole aux adhérents, entre eux et avec les dirigeants ; moderniser ses pratiques, sur le cumul des mandats, sur l’information interne, sur la formation aux militants, sur le renouvellement ; il doit prendre des décisions claires, retrouver la confrontation d’idées dans la discussion plutôt que le consensus mou entre des postures, synthétisé par la presse..
  • Tout ceci ne passe pas par un congrès de désignation présidentiel dès 2008, un choc Delanoë-Royal, une course aux signatures, la mise en place d’un parti tourné vers le seul objectif présidentiel.
    Cela serait prendre le risque d’un match retour dans deux ans, après de difficiles élections européennes. Il faut donc un premier secrétaire de combat, de travail, de rénovation, qui puisse porter le travail et la voix collectifs sans être dès maintenant positionné en présidentiable.
    Compte-tenu de ce qu’a été l’expérience Ségolène Royal, et ce que nous pouvons lire de la démarche et des propositions autour de Bertrand Delanoë, nous ne nous retrouvons ni dans l’un ni dans l’autre actuellement.

Concrètement, le but est de constituer une contribution commune, autour de Pierre Moscovici, Martine Aubry et Arnaud Montebourg. Il s’agit de bien faire comprendre qu’un nouveau congrès de Rennes doit être évité, qu’il faut travailler le fond et la rénovation concrète du parti. Autour de ceux-ci, ensuite, pourra se dégager une majorité plus large, toujours autour de textes, qui pourrait agréger certains fabiusiens.

Si la dynamique fonctionne, que les militants commencent à avoir peur de l’affrontement annoncé, qu’ils cernent les limites de ce que l’on nous propose dans le duel annoncé par les sondages, alors d’autres nous soutiendront.


Super soirée en tout cas, et belles perspectives.

Encore une fois, beaucoup dépendra des textes, de ce que l’on est capable de batir et de proposer.

Qu’est-ce que la social-démocratie que nous voulons incarner ?

avril 13, 2008

Texte écrit en juin 2007, dans des réflexions post-défaite, dans les réflexions sur le manifeste de Socialisme et démocratie, légèrement modifié.

Qu’incarne la social-démocratie, que voulons nous incarner ?

Partons de la social-démocratie au sens historique. (sur wikipedia) Ce terme a servi a désigné toutes sortes d’idéologies, marxistes au départ, puis positionnées contre le marxisme au sens moderne. Une des références est notamment le congrès de Bad-Godesberg ou le parti socialiste allemand abandonne toute référence au marxisme, et accepte l’économie de marché (« le marché autant que possible, l’intervention publique autant que nécessaire. ») [et, historiquement, la fin de la neutralité vis à vis des blocs est-ouest]
Si c’est ce sens que nous acceptons, le PS est socdem depuis un moment.

On a ensuite associé ceci à la pratique notamment du parti allemand, ou de certains partis d’Europe du Nord. Ainsi, aujourd’hui, on attribue d’autres caractéristiques au sens moderne : en rupture avec le communisme, la social-démocratie au sens moderne du terme s’est placée au cours du XXe siècle sous le signe de la doctrine keynésienne alliant initiative privée et impulsion de l’État, tout en restant dans le cadre économique du capitalisme . (souvent on simplifie la théorie keynésienne à une politique de la demande par la relance de la consommation, ce qu’elle n’est pas : il s’agit d’obtenir un partage optimal de la valeur ajoutée entre travail et capital, par des politiques de pilotage macroéconomiques dans un sens ou dans l’autre)

Mais la social-démocratie est aussi une culture politique qui part du pluralisme social et défend la « modération », le « compromis » politique et des structures d’organisation pour la négociation et la concertation.

Donc voila… Or une politique keynésienne ne suffit pas dans un cadre mondialisé, et le système syndical est à refonder totalement dans cette optique. De plus la pertinence du terme, connoté, parfois usé, se pose.

Pour autant il a déjà évolué par le passé, on peut le réadapter, je ne sais pas. Cela nous identifie, mais mieux vaut s’identifier par nos propositions que par un qualificatif unique.

A partir de cela, et de la ligne de DSK, de ce que nous voulons, quelques grands thèmes.
Je ne retiens pas ce que nous avons en commun avec les autres courants, comme la prise en compte nécessaire de la protection de l’environnement, la laïcité, la priorité à l’éducation, à la culture et la volonté d’élever l’individu pour améliorer la société… Thème majeur, retrouver un lien social, agir sur le patrimoine social, (langues, écrit, culture, relations sociales, psychologies etc.) en filigrane existe un autre modèle de société. ( = il n’y a pas que le pouvoir d’achat)

Nous devons nous distinguer par :

  • Un identifiant fort, c’est l’Europe, notamment depuis le referendum. Pour autant, la ligne de clivage entre oui et non peut évoluer et devra être dépassée, même si elle révèle des clivages plus profond qui peuvent rester pertinents. Il ne s’agit pas d’être des pro-européens béats, ni rester dans l’incantation, mais réalistes et avec cet idéal à approfondir. Le mini-traité intitutionnel de Sarkozy (traoté de Lisbonne) est surement une première étape nécessaire, que nous ne pouvions proposer empéchés par nos divisions, mais qui ne nous suffit pas. Nous avons concrètement l’ambition européenne.

  • Le rôle de l’Etat : on peut surement reprendre à notre compte le slogan de Bad Godesberg : « le marché autant que possible, l’intervention publique autant que nécessaire. » Tout en considérant le nécessaire de manière assez large, comme étant souvent une condition qui participe à l’intérêt général.
    Cela pose nécessairement la question d’un nouveau syndicalisme, de nouvelles relations sociales, dans la négociation et le partenariat. C’est donc sortir de la lutte des classes, et un rôle de l’Etat dans ces négociations bien plus en retrait.
    Cela peut intégrer une vision décentralisatrice, mais péréquatrice.

  • Economique et social : c’est concilier deux principes de base me semble-t’il. Il faut créer la richesse avant de la redistribuer. Mais la recherche de la croissance n’est pas le seul objectif, et ne justifie pas tout. Et il faut notamment,accompagner, protéger, ceux que le système écarte ou menace, pour une société plus apaisée, plus sure, plus juste. Faut-il reprendre la flexsécurité, et que mettons nous derrière ?
    C’est en tout cas une relation apaisée avec l’entreprise, notamment les PME, la promotion d’un nouveau capitalisme cognitif, des territoires, de l’innovation. Il faut retrouver la voie et la voix de la croissance (savoir l’illustrer), en pratiquant des politiques d’offre comme de demande
    Il faut se positionner sur la financiarisation du capitalisme, et de certains risques que cela porte.
    Il faut arriver à construire une vision de la mondialisation , opportunité mais également ouragan en gestation. Protection offensive ?
    Egalement sur les retraites (équité/effort/ répartition travail-loisir sur une vie/financement assuré, assumé et expliqué) ou la vigilance sur la dette

  • Enfin, on doit porter aussi un socialisme du réel, qui ne se noie pas dans des dogmes ou des habitudes mais qui doit avoir comme préoccupation des résultats concrets, à des problèmes quotidiens. (Sans tomber dans la démagogie et la réponse à tout) Ainsi sur le traitement de l’insécurité, les 35h, le pouvoir d’achat, le mérite, la réforme de l’Etat… C’est souvent aussi une question de méthode et de marketing politique.

Cependant, nous ne souhaitons pas résoudre les inégalités à la marge ou à postériori mais agir à la racine et donc reposer les rapports de force, les potentiels technologiques ou d’organisation de la société. Nous assumons les règles du marché sans être ni naîf ni dépourvu d’imagination pour définir de nouvelles régulations et garantir un service public qui soit en phase avec les nouvelles réalités du monde économique.

En terme de stratégie politique, je pense qu’on peut aussi incarner :

  • une volonté de rénovation de la vie du parti :
    -promouvoir le débat et la réflexion de fond, les travaux thématiques, à tous les niveaux; faire vivre des « think-tanks…
    -essayer d’en faire un parti plus large, plus ouvert, de masse… Moins de cumuls et de fiefs, plus d’écoute et de politique.

  • nouvelle manière de faire de la politique :
    -réintroduire la nuance et la raison dans le débat : opposition constructive à l’assemblée, moins frontale. Nous ne sommes pas le Bien, contre le Mal ou l’erreur par nature. Nous n’en serons que plus crédibles.
    -redéfinitions des alliances possibles. Modem, PC…

Portrait de Pierre Moscovici dans le monde.

janvier 25, 2008

Pour incarner le vaste chantier de la rénovation du Parti socialiste, il ne fait pas forcément bon avoir été le plus jeune secrétaire national du PS au congrès de Rennes de 1990, le benjamin des députés socialistes au Parlement européen en 1994 et le petit dernier du gouvernement Jospin, en 1997. Ces états de service brillants mais un peu compromettants ne semblent guère nuire à Pierre Moscovici, qui, au fil des années, a poli son image de socialiste consensuel, sérieux et posé.

La présidence de la commission d’enquête parlementaire sur la libération des infirmières bulgares détenues en Libye – dont il a refusé de voter le rapport pour protester contre « le scandale démocratique de la non-comparution de Cécilia Sarkozy » – a permis à ce technocrate aux manières élégantes de prendre du galon en tant qu’opposant au président de la République, auquel il consacrera bientôt un pamphlet.

Le jeune Moscovici est un trotskiste dilettante, proche de la Ligue communiste révolutionnaire, sans, dit-il, être encarté. A la sortie de l’ENA, il devient compagnon de route des socialistes et finit par rejoindre Michel Rocard, qui achève de le convertir en social-démocrate sans complexe. Mais c’est Lionel Jospin qui a accéléré sa carrière en l’intronisant secrétaire du groupe des experts du PS et en le poussant à affronter le suffrage universel. Après avoir servi Michel Rocard et Lionel Jospin, Pierre Moscovici a rejoint Dominique Strauss-Kahn, son ancien professeur à l’ENA. Dans sa garde rapprochée, il était le fidèle lieutenant, pendant que ses alter ego Jean-Christophe Cambadélis et Jean-Marie Le Guen jouaient les porte-flingues.

A 50 ans, le brillant second rôle a fini par s’impatienter. Cet automne, il s’est déclaré apte à prendre la succession de François Hollande lors du congrès de 2008. « Il considère qu’il le vaut bien », commente en souriant son vieux complice Cambadélis. L’intéressé acquiesce. « J’ai eu très longtemps une vie d’enfant gâté de la politique, celle d’un jeune homme un peu lisse à qui tout a été donné. » Sa victoire lors des législatives de juin 2007, dit-il, a agi sur lui comme un déclic

En 1997, à peine élu dans cette 4e circonscription du Doubs, ouvrière et toute acquise à la gauche, « Mosco » est propulsé aux affaires européennes. Gourmand, il aurait préféré le ministère de l’économie, mais, en 2002, il tombe de haut. Battu, il se replie sur le Parlement européen. Frappée par la crise, cette circonscription franc-comtoise voit monter en puissance le Front national, vote non au référendum européen à 65 % et place Nicolas Sarkozy en tête en mai 2007. Pierre Moscovici, pro-européen militant, dandy parisien habitué du Café de Flore, amateur de costumes parfaitement taillés mais pas de belles voitures (il n’est pas titulaire du permis de conduire, ce qui surprend toujours un peu les ouvriers de l’usine Peugeot de Sochaux lorsqu’ils le croisent), ne fait pas vraiment couleur locale. Cela ne l’empêche pas de l’emporter de justesse en juin 2007. « Cette victoire, c’est la mienne ; je ne la dois ni à papa Jospin, ni au grand frère Dominique, ni à Ségolène. Je ne suis pas moins légitime qu’un autre. Les regards sur moi ont changé ; je commence à devenir plausible », insiste Pierre Moscovici.

Afficher ses ambitions à la tête du PS, c’est aller à l’encontre du serment des mousquetaires strauss-kahniens qui se sont promis de ne rien faire qui puisse compromettre le retour de leur d’Artagnan. Jean-Marie Le Guen lui a « rappelé amicalement » que le courant DSK ne se reconnaissait pas d’autre leader que l’ancien ministre des finances. Au fait, qu’en pense le directeur du FMI ? Mystère. Il n’a pas souhaité répondre. « Il doit être partagé, avance Pierre Moscovici. Sans doute estime-t-il que je suis capable d’exercer ce genre de responsabilité, mais il doit aussi se demander si c’est son intérêt. »

Son émancipation, le député du Doubs l’assume sans complexe. Fils du psychologue social Serge Moscovici et de la psychanalyste Marie Bromberg-Moscovici, il estime avoir été à bonne école pour porter un regard lucide sur les questions qui engagent l’affect. De ses parents, il a hérité un fort appétit pour l’engagement politique. Juif d’origine roumaine, son père participa avec Brice Lalonde et René Dumont à la rédaction du programme du mouvement écologiste pour les législatives de 1978. Sa mère fut très engagée contre la guerre d’Algérie. Ni l’un ni l’autre ne l’ont élevé dans le culte de la social-démocratie triomphante. Et encore moins dans celui de François Mitterrand, dont « Mosco » n’hésite pas à dénoncer, en 1994, les relations avec Pierre Bousquet.

Dans un parti où les dégâts collatéraux de la défaite à la présidentielle de 2007 et l’hémorragie des adhérents ont rendu les rapports de force très incertains, Pierre Moscovici se propose de jouer les bons samaritains. « Il faut un congrès d’orientation, pas de désignation », répète-t-il. Traduction : choisissons un premier secrétaire capable de tenir à distance les deux présidentiables jusqu’à 2011, date à laquelle le PS ou ses sympathisants, par le biais d’une « primaire » à l’italienne, trancheront. Et de citer cette leçon qu’il a retenue de Lionel Jospin : « Le parti ne se prend pas au centre mais en son centre, c’est-à-dire en sachant marier les contraires. »

Au grand dam des orthodoxes strauss-kahniens, Moscovici ménage François Hollande – le premier secrétaire contrôle une bonne trentaine de fédérations – et s’est rapproché de Ségolène Royal, dont il salue « le charisme et les intuitions », même s’il juge « son vocabulaire christique assez insupportable ». Quant à Bertrand Delanoë, il le trouve « très classique ».

« Pierre est apprécié dans le parti, mais il n’y compte pas beaucoup de vrais amis et il n’a pas les qualités d’un Hollande. Passer la main dans le dos des militants et embrasser les mamies du PS, ce n’est pas trop son style. Et puis il pense sincèrement que, compte tenu de ses qualités, on finira par le reconnaître, ce qui, en politique, est un peu risqué… », estime un socialiste qui le connaît bien et considère que « Mosco » cherche d’abord à prendre date.

L’élégant député de Montbéliard, qui s’est laissé pousser la barbe comme pour signifier sa volonté d’incarner un nouveau personnage, envisageait-il une échéance plus lointaine ? « Un miracle peut toujours arriver, mais je n’y pense pas, se défend Pierre Moscovici. Premier secrétaire, c’est un boulot de chien qui exige de mettre les mains dans le cambouis pendant deux ans. Je prépare 2012 pour d’autres. »

Jean-Michel Normand