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Le réforme territoriale comme moyen de faire les économies nécessaires ?

avril 21, 2014

Cela fait quelques années que je prône une réforme en profondeur des collectivités territoriales.

Voici ce que j’écrivais déjà en 2007.
En 2009 je trouvais que la réforme Fillon-Sarkozy allait dans le bon sens, mais elle a été malheureusement déconstruite en 2013 par la majorité socialiste. Aujourd’hui Manuel Valls propose aux mêmes de déconstruire la déconstruction, et d’aller plus loin encore. Cela illustre les errements du début de mandat de François Hollande, et en partie l’incompréhension des Français sur plusieurs sujets.

Mais en tout cas maintenant sur ce projet, Bravo, même si tout cela est complexe et qu’il faudra passer par dessus pas mal d’oppositions.

Le projet actuel va assez largement dans le sens que je souhaitais, pour la réforme territoriale : renforcement des régions et des interco, suppression de la clause générale de compétence.

Le contexte n’est cependant plus le même. Aujourd’hui cela se mène en parallèle d’un effort d’économie sans précédent, par la diminution des dotations versées aux collectivités.

Est-ce qu’il faut espérer en la réforme territoriale pour obtenir ces économies ?

 

Nous en sommes arrivé à un niveau d’enchevêtrement et de doublons assez impressionnant. Il y avait déjà un nombre de communes invraisemblable, il y a désormais des intercommunalités, des départements, des régions, l’Union européenne… Et l’Etat qui n’a pas toujours su se positionner dans les préfecture : accompagner, contrôler, se dégager de certaines compétences…

Cette grande structure souple et redondante fonctionne bien dans l’ensemble, mais au prix d’une dépense élevée, il y a donc probablement des économies à réaliser.

Parfois en limitant quelques services en doublons, mais plutôt je pense en améliorant l’efficacité des collectivités locales : en concentrant quelques interventions parcellisées, en organisant mieux les compétences, en atteignant des tailles critiques…

Mais n’attendons pas non plus des économies faramineuses. Comme la plupart des réformes, le changement a un coût initial. Il y aura progressivement des économies, des simplifications pour les usagers, mais il n’y a pas de trésor caché. Par exemple la suppression des départements amènera une clarification, une optimisation des moyens. Mais les compétences actuelles (social, développement rural…) sont nécessaires, et devront évidemment être reprises par la région. C’est donc à la marge que seront les économies dans un premier temps.

Se pose donc la question plus largement des économies dans les collectivités territoriales. Après des années de ressource facile, on arrive aujourd’hui à une tension sur les ressources (fiscalité arrivée à un point haut, dotation de l’état en baisse, subventions croisées également…). C’est la conséquence plus générale du changement de modèle économique, avec une croissance durablement faible depuis deux décennies, sans que les dépenses n’aient diminuées.
Certaines villes dans des territoires en difficulté sont déjà engagées dans des programmes ambitieux. Mais ce n’est pas le cas dans la plupart. Par contre depuis plusieurs années les démarches d’efficacité, d’évaluation, de contrôle de gestion, progressent dans les grandes collectivités, souvent bien gérées.

Il y a plusieurs étapes dans les recherches d’économie :

– Dans un premier temps on peut réduire quelques gaspillages, quelques doublons, quelques excès.

– Puis on peut appliquer la technique du rabot : progressivement durcir les objectifs, diminuer les moyens, décaler des programmes. Dans un premier temps, en alliant ceci avec une démarche réfléchie, on peut arriver à faire mieux avec moins.
Mais assez vite on arrive à l’os… J’ai pu constater par des amis qui travaillent dans certaines directions déconcentrées de l’Etat comment est difficile cette période de contraction des moyens à périmètre constant : dégradation des conditions de travail, perte de sens, dévalorisation car rapidement les missions sont affectées…

– au bout d’un moment il faut donc bien passer à une évaluation plus globale, en interrogeant, service par service, compétence par compétence, les missions et le périmètre. Quels investissements sont soutenables ou pas avec l’étude prospective ? Qu’est-ce qui doit être fait ou pas par la collectivité, avec quel niveau d’exigence ? Les moyens affectés déterminent le périmètre. De vrais choix de gestion, et de vrais choix politiques.

 

Je suis donc très favorable à une réforme territoriale, porteuse de plus de lisibilité, et d’efficacité à moyen terme. Mais dans un premier temps, ce n’est pas cela qui générera les économies dont les collectivités ont besoin. Il faudra donc un effort important, comme le fait l’Etat, mais qui ne se limitera pas au coup de rabot et aux décalages, ce serait trop facile, mais à de vrais choix collectivité par collectivité sur les politiques menées.

 

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Toulouse : premiers retours sur une défaite…

avril 16, 2014

Dépité, on a le sentiment que ce n’est pas seulement le bilan de l’équipe Cohen, et les propositions des candidats, qui ont été jugés.
Nous avons subi une vague bleue, agrégation de nombreux mécontentements. On entend, notamment dans les catégories populaires, des mots violents contre le gouvernement, les impôts, le chômage, l’affaire Léonarda… Parfois le mariage homo et différentes rumeurs sont évoquées à demi-mot.

Souvent c’est un manque de sens plus général, une désespérance profonde en l’avenir, plus forte en France qu’ailleurs.
C’est une incompréhension, parfois un dégoût, de la politique. Une abstention qui croit, – inexorablement ?
Il y a une profonde crise économique, politique, culturelle et morale dans le pays.
Manuel Valls l’a bien présenté en introduction de son discours de politique générale.

Et dans ce contexte la gauche a déçue, ceux qui avaient mis trop d’espoir en elle, ceux qui n’avaient pas bien écouté, ceux qui payent plus qu’avant, ceux qui n’aiment pas certains changements, et ceux qui trouvent que sur la forme tout cela était mal gouverné.

C’est un élément majeur de la défaite.

MAIS… on a le sentiment que cette bataille était gagnable. Dans des terres moins favorables, à Strasbourg, à Metz, ou ailleurs, la gauche a redressé la barre entre les deux tours. Ici le bilan était correct, l’image du maire n’était pas mauvaise, le candidat de l’UMP n’était pas particulièrement flamboyant.

Que s’est-il passé ici ?

Pendant le mandat : 

Malgré beaucoup d’avancées, des réalisation, une bonne gestion, des propositions réalistes dans la continuité, cela n’a pas pris.

Quelques éléments qui ont pu jouer :

– un projet de transports mal compris : à court terme, beaucoup se plaignent des désagréments : pour certains qui n’ont pas le choix, beaucoup de feux, beaucoup de bouchons… Derrière quelques associations militantes, de vrais questions autour du BHNS Plaisance-Saint-Cyprien, et une communication maladroite. Pour certains les rues toulousaines sont trop étroites, peu adaptées au tramway. Pour d’autre l’extension du tram vers Palais de justice parait moins pertinente qu’un passage devant le stadium. Pour beaucoup enfin, le tram est trop lent…

Face à tout ça, j’ai l’impression que la municipalité, trop sure de sa vision à moyen terme, qui était cohérente, n’a pas su entendre. En tout cas n’a pas su communiquer.

– une vision trop idéologique de la sécurité, alors que c’est une vrai préoccupation populaire, qui monte, et qui a sans doute fait basculer l’élection. C’est une des rares villes où cela a fait l’objet d’un débat droite/gauche. Ce qui a été fait a été utile (office de la tranquilité notamment) mais n’est pas allé assez loin, et le message a été ambigüe. Cela a compté le jour du vote. J’ai pour ma part toujours eu une vision proche de celle de Manuel Valls sur le sujet. C’est une priorité.

– une communication trop éparpillée : beaucoup de réflexions et de projets ont été lancés, mais peu incarnés. On voit bien que beaucoup de choses ont bougées, il y a quelques résultats, mais je n’ai pas trouvé le rendu du bilan très performant, très percutant, marquant les différences avec la mandature différente.  On a surtout retenu les résultats les plus polémiques, imposés à l’agenda par Moudenc. On aurait même pu avoir pendant le mandat des tractages, des explications militantes sur certains projets.

– un maire éloigné : c’est un bosseur, un homme de projets et de cabinets, mais il me semble qu’on ne l’a pas vu assez là où les toulousains vivent vraiment, sur les marchés, dans les logements sociaux, aux AG des associations. En tout cas cela n’a pas été assez mis en valeur. Moudenc, lui, certes moins pris par les affaires courantes, a fait ce travail. Quelques élus de quartier ont fait du bon boulot, ont été présents, mais sans doute pas assez non plus.
Au delà de la proximité des politique, il y a aussi la démocratie de proximité : peut-être un référendum local sur les transports, entre deux projets, aurait pu désamorcer le dossier…

– Sur le fond durant le mandat, beaucoup de projets ont été lancés, ainsi que des chantiers de fond, important mais peu visibles : création de la communauté urbaine, des pôles de proximité, fusion des 3 sem d’aménagement du territoire, création d’un établissement public foncier local… Ces outils, et les nombreuses études menées, serviront pour le mandat suivant.

 

Pendant la campagne : 

– Les militants, les élus, les responsables de la campagne, … moi-même, ont longtemps claironné, en privé, que cela allait le faire. Il y avait une douce certitude de la victoire, jusqu’à très tard, ou quelques soubresauts ont gagné les rangs socialistes, deux semaines avant le premier tour.  Mais jusqu’au résultat final, peu ont osé imaginer une défaite.

Et cela s’est traduit négativement : implication tardive du candidat et des colistiers,  mobilisation minimale des militants et sympatisants PS dans une première phase…

– et cela s’est aussi traduit par un manque d’ambition et de professionnalisme dans la campagne : en face la campagne a été organisé autour de quelques axes forts, propositions d’une part, même irréalistes, et quelques points critiques sur le bilan en face. Des tracts bien faits, par quartier, ciblés, ont été proposés, des colistiers choisis de manière équilibrée, parfois clientéliste, une campagne massive dans les quartiers populaires, bien organisés.

Au PS il y a plutôt eu :

– des grands tractages un peu erratiques au centre ville (auprès des touristes et des étudiants qui votent ailleurs).  Trop de tracts thématiques. Grandes opérations massives ponctuelles plutôt qu’une présence plus constante par quartier, tracts pas assez percutants, trop dilués… Je suis de plus en plus sceptique sur l’utilité des tractages, arrosages massifs de millions de pages que les gens ont déjà eu 5 fois, et qu’ils vont recevoir chez eux avant le vote. Cela montre une mobilisation des militants, mais n’a un impact que s’ils sont personnalisés je pense, où lorsqu’ils sont support à un échange. Il faut alors des militants qui connaissent bien le programme et qui vont chercher la discussion.

– campagne peu percutante : sécurité pas assez prise en compte, absente des tracts , timidité idéologique sur la videosurveillance alors qu’un peu d’habileté tactique était possible;  l’emblématique et ridicule projet de 3eme rocade a été très peu attaqué, alors que cela aurait dû faire partie des 3 arguments systématiques (facile de montrer qu’elle était coûteuse, inefficace et anti-écologique)

 

Enfin, un des éléments marquants a été une dilution du vote des banlieues, et notamment magrébin. Tout d’abord une grande abstention.

J’ai pu voir dans mon bureau de vote, dans un quartier très majoritairement magrébin, que 60% des votants étaient d’origine européenne. Par ailleurs, ceux qui ont voté n’ont pas tous voté à gauche. C’est pour moi une normalisation, il n’y a pas de raison que cet électorat soit particulier, et il se distribue donc entre des conservateurs et des progressistes. Le temps où par nature il votait à gauche face à une droite clivante et suspectée de racisme, est assez largement révolu…

 

Bien sur, facile de dire tout ça après la bataille, mais c’est quand même un ressenti qui est monté au fur et à mesure, et qui revient souvent dans les discussions autour de moi. Plus largement la droite a su coaguler certains mécontentements, là où la gauche tentait de proposer une vision de moyen-terme, mais n’a pas su mettre ça en image. Dommage.

 

 

Sur un banc politique, prendre le temps…

juillet 26, 2011

Tout va si vite.

Depuis un moment, j’ai l’impression d’être au volant, départs de vacances, je double, je freine, le paysage change sans cesse, mais je suis  coupé de tout ceci. Dans mon habitacle climatisé, je ne vois que trop tard que tout à changé, l’orage s’est abattu, je ne peux éviter le carambolage.

La route était toute tracée, tout se mettait en place. DSK allait être candidat, sur la base d’un projet de gauche plutôt intéressant, et je pensais m’investir pour le soutenir ; le reste n’était que péripéties.

Il y a eu une première bourasque, avec Fukushima. Moment important, avec des incidences politiques.

Puis la brutale averse, l’ouragan. Toutes les voitures sont retournées : à quelques jours d’être officiellement candidat, DSK se fait piéger, ou se saborde. Tel Zidane en Finale, le coup de boule malheureux répond à l’incitation maligne, et fait perdre son camp. C’est ce que l’on pense tout d’abord.

Le soleil réapparait, la brume s’échappe de l’asphalte. Je m’écarte de cet ensemble figé de métal et de scènes dépassées, le scénario a changé, changeons de DVD. Ou plutôt non, sortons de la route, participons à quelque chose de nouveau. La garrigue humide happe déjà les premiers rayons de soleil, les odeurs sont multiples et apaisantes. Le calme, et le dialogue avec la nature me font du bien.

Un moment de retrait, de respiration politique. Malgré le retrait de DSK, la victoire reste possible, probable, même si ce sera difficile. Que faire ? Au PS, la primaire est lancée. Faut-il choisir, déjà ?

Les deux candidats ont la carrure, l’intelligence, une assise politique. Les deux me satisfont.

Martine Aubry aurait plutôt ma préférence face à François Hollande. J’ai un souvenir mitigé de sa direction du PS durant plusieurs années, même si le referendum européen n’a pas rendu sa tâche facile. Mais rien n’a alors été tranché, le parti s’est plutôt recroquevillé, n’a pas rebondit après le 21 avril 2002. De son côté, Martine Aubry a été choisie sur un projet de rassemblement, et  a réussi à le faire vivre, à remettre le parti au travail, en ordre de marche. Bien sûr l’impérieuse nécessité s’est imposée, tout le monde voulait enfin aller dans la même sens, mais elle était sans doute la bonne personne.

Pour autant je me laisse encore le temps de confirmer mon choix. En effet François Hollande me paraît mieux préparé, ce qui compense son manque d’expérience ministérielle, plus motivé, et il a mieux mis en scène ses soutiens. Le soutien de personnes comme Pierre Moscovici, Didier Migaud, André Vallini ou Aurélie Philippetti me paraît intéressant.

Je m’en remettrai donc à des sujets comme le nucléaire, la lutte contre la délinquance (sur laquelle Manuel Valls dit depuis longtemps des choses intéressantes et structurées), la protection de l’environnement, là où le projet socialiste laisse des marges de manoeuvre, pour trancher.

Il y a donc ce premier vote de la primaire socialiste.

Puis il y a ensuite la campagne elle-même.

Et là encore, mon choix n’est pas fait. J’ajoute en effet à la palette des possibles un vote pour Eva Joly. C’est actuellement la candidate qui m ‘enthousiasme le plus : sa rigueur, son sens de l’éthique, bien sûr sa conscience de la nouvelle société écologique, son parcours.

Pour autant le vote est une alchimie complexe : voter avec son coeur au premier tour n’est possible que si cela ne met pas en péril la présence de la gauche au second tour.

Dans tous les cas il reste de long mois pour analyser et confronter ces candidats, ces programmes… Regardons calmement ce qui peut être fait.

Quelles motions, quel congrès ? Panorama du PS aujourd’hui.

mai 13, 2008

En fonction de quoi se ferront les majorités, les oppositions ? Plusieurs éléments entrent en compte.

  • L’idéologie

On pourrait penser qu’il y a un affrontement idéologique qui structure réellement le parti. Ce serait celui des socio-démocrates réformistes contre les guesdistes tentés par une stratégie radicale, voire l’émergence d’un LinksPartei à la française.

Mais ceux-ci ne représentant plus pour le moment un poids significatif, d’autres divergences qui auraient pu être subalternes sont devenues essentielles.

Je ne saurais le dire mieux que Jean-Christophe Cambadelis :

Les divergences dans la gauche se sont contractées. Elles n’ont plus la force fondamentale des divergences que nous connaissions dans le passé, par exemple, sur la nature du socialisme. Tous les responsables socialistes dans leur collectivité ont une pratique disons «social-démocrate ».

C’est la raison pour laquelle les divergences s’étaient évaporées, les questions de personnes ont malheureusement tant d’importance.
Les vraies divergences se sont déplacées, de la nature du socialisme au moyen de le promouvoir : Le choix des priorités, la nature des alliances, la sélection des dirigeants, la fonction partisane.

Bien sûr cela compte encore, Mélanchon d’un coté et Valls de l’autre peuvent incarner un courant clairement défini idéologiquement. Mais entre les autres, si des différences existent, chacun d’entre nous à son identité politique propre, elles ne sont plus qu’un élément parmi d’autres.

  • Le fonctionnement du parti, ses alliances, son leader :

Alliances avec le Modem ou pas, présidentialisation, proportionelle, primaires… Choisir tout de suite un leader, ménager un temps de réflexion commun, comment faire pour que son leader ait le plus de chance…

Tout ceci est un mélange de réelles options politiques, et de tactique politicienne. Il y a bien différentes options présentes entre ceux qui ne souhaitent pas qu’il y ait un choc prématuré et destructeur des présidentiable (car ils jugent cela dangereux et contreproductifs ou car leur candidat n’est pas en position), comme les reconstructeurs, Moscovici, Dray et les autres. Ceux qui au contraire pensent qu’il faut un chef aujourd’hui, c’est à dire eux-mêmes, se lancent : Delanoë et Royal s’y préparent.

Le style et la conception de la politique notamment démarquent Ségolène Royal des autres réformistes. Ceux-là se divisent ensuite sur la stratégie voire sur le nom du leader.

  • Le positionnement tactique des motions :

On pourrait voir trois sortes d’attitudes.

Ceux qui souhaitent une motion d’identification, exigeante et claire, sur la ligne comme sur la stratégie et le fonctionnement.

Ceux qui ont une démarche majoritaire, plus floue, “signable par le plus grand nombre”.

Enfin ceux qu’identifie Pierre Kanuty dans son dernier billet :

il y a essentiellement dans ce grand et vieux parti des cadres désireux de stabilité. Ce socle, ce marais ou ce ventre mou des premiers fédéraux qui savent qu’ils font et défont les majorités. Pour le moment on est dans l’attentisme.Ont-ils réellement tant de pouvoir ? C’est une vision sombre d’un parti dépolitisé et féodalisé, que je crains sans la partager totalement. C’est sans doute un reste du vieux parti socialiste que les militants veulent renouveler.

Une fois tout ceci pris en compte, essayons de tracer un portrait schématique du Parti socialiste :

Il me semble qu’il y a quatre visions aujourd’hui au PS. Celles-ci se subdivisent ensuite en chapelles.

Celle des rénovateurs pragmatiques: Royal, Valls : une adaptation globale du parti vers le centre sur de nombreux sujets, avec une grande coalition qui permet également de reprendre des idées « de Bayrou à Besancenot », par segment, programmatiquement et pragmatiquement. Certains portent un social-libéralisme plus ou moins assumé (Gorce, Mignard, Valls), d’autres un centrisme gestionnaire de gauche peu politisé (Collomb), d’autres des modèles plus socdem scandinaves (Peillon, Bianco)… D’autres sont sur une ligne différente, sur une identification personnelle à la candidate.

Certains vont plus ou moins loin dans l’adaptation ou l’alliance avec le centre : occasionnelle, structurelle, organique… Ils peuvent avoir des désaccord sur le style Royal.

Ainsi Valls peut être sur une stratégie d’émancipation et d’affirmation, et finallement ne pas soutenir Royal dont il semble idéologiquement le plus proche, sur des critères de stratégie, de renouvellement, d’exigence sur les textes.

Celle de tous ceux qui se disent réformistes reconstructeurs, veulent renouveler et refonder le parti, mais dans une vision globale et une démarche politique et pas seulement d’adaptation de l’offre à l’opinion. Cela pourrait regouper Aubry, DSK, Delanoë, Hollande, voire Fabius. Ceux-ci sont plus sceptiques vis à vis du centre, car ils ont une vision plus politique, mais ne refusent pas des alliances occasionnelles. Leurs lectures du monde et des réponses à apporter peuvent diverger mais la démarche est proche.

Martine Aubry pointe l’une des différences entre ces deux démarche en disant : “Nous avons un peu abandonné la politique. Nous avons eu l’impression qu’il valait mieux suivre les Français dans ce qui pouvait leur plaire plutôt que de leur proposer une vision de notre société.”

Mais dans ce groupe existent des divergences de stratégie, de personnes, et des nuances de fond, comme illustré plus haut. Ainsi Delanoë tentera sans doute sa chance avec une motion à vocation majoritaire mais à visée personnelle. En face les reconstructeurs peuvent s’unir dans une démarche d’opposition large, ou laisser émerger une ou plusieurs motions d’identification (comprenant une motion SD, ou SD-Rénover Maintenant, avec ou sans Martine Aubry). Les fabiusiens se partageront sans doute entre les reconstructeurs, les légitimistes et la gauche du parti.

Celle des conservateurs légitimistes : Le ventre-mou identifié par Pek. Les nombreux professionnels de la politique pour qui la défense de leur situation personnelle devient aussi important que ce qu’ils pensent. Ils prônent un dépoussiérage de forme, sur un réformisme prudent qui ne s’éloigne pas trop du parti d’Epinay. Ils sont pour une majorité qui ne change pas grand chose, notamment pas les équilibres, les habitudes et les cumuls en place. Leur pesanteur est forte, difficile à mettre en mouvement pour rénover le parti. Ils sont sensibles aux motions majoritaires.

Cependant leur opportunisme peut les pousser à des changements de façade, comme hier le fait d’avoir soutenu Ségolène Royal.

Leur fond idéologique est surtout un fond de tiroir, ils sont les gardiens du temple, incarnent les lieux communs et la doxa socialiste. La motion Hollande-Dray les cibles en partie, mais selon Pek, “Si on revient au texte de Bertrand Delanoë , il ne définit pas de périmètre car ce n’est pas son but. Il s’agit d’un texte « signable » par le plus grand nombre pour donner l’illusion d’une « majorité potentielle ».” Cela peut les intéresser.

Celle de la gauche du parti : néos-guesdistes, mélenchoniens, poperenistes, alter-socialistes. Certains verraient bien une situation à l’Allemande, “die linke”. Certains restent sur de vieux schémas, d’autres veulent une nouvelle réponse à la situation nouvelle, généralement avec l’idée « front de classe » et en refusant toute alliance avec le centre… Ils ont une cohésion idéologique en tant que minoritaires, ils arriveront surement à s’unir, voire à élargir en attirant quelques éléments fabiusiens, conservateurs, ainsi qu’une partie de l’ancien NPS, notamment autour de Emmanuelli et Hamon.

Un schéma illustrerait mieux encore cette situation.

Une conclusion, les forces sont éclatées et les résultats incertains. Sans doute cela peut-il permettre des débats intéressants, en espérant que nous parvenions à éviter une synthèse stérile, ou des déchirements de posture qui laisseraient des trâces…

Analyse réactualisée 4 mois plus tard en septembre

Qui est Manuel Valls ?

mai 12, 2008

Parce que Manuel Valls dit des choses intéressantes, même si on n’est pas tout le temps d’accord avec lui. Il faut le lire avant de tomber dans des caricatures simplistes de « droitier » du PS.

Manuel Valls est plein d’ambition, pour lui et sans doute pour ses idées. Il exprime avec clarté ses solutions. Je n’ai pas lu son livre mais il paraît qu’il est dense et percutant.

Je ne suis pas toujours d’accord avec lui, autant dans les grandes lignes que dans les propositions concrètes. Sa vision de la modernisation du PS me semble trop être une adaptation à la demande, une adaptation vers le centre sur la plupart des sujets, avouer que nous avons perdu la bataille culturelle, celle des idées, et se recentrer sur quelques valeurs.

Contrairement à Ségolène Royal qui a parfois la même facilité, il s’appuie sur une cohérence idéologique, une forme de social-libéralisme de gauche assumé, osons les grands mots.

J’aurais adoré il y a quelques années, lorsque je me sentais proche de Jean-Marie Bockel au PS. Ce n’est plus le cas, mais je me garderai de caricaturer celui-ci. Son potentiel politique est grand, il se positionne clairement pour dans dix ans. Il est sans doute intelligent, il porte de vrais valeurs républicaines de gauche sur certains sujets, et à le courage de vouloir en faire quelque chose sans attendre qu’on vienne le chercher, ou que l’inertie politique le porte…

Pour l’instant, que va t-il faire ? Sans doute une contribution, mais peut-être également une motion, ce serait intéressant d’élargir l’offre et de forcer le débat. Ancien jospinien, puis proche de Ségolène Royal, il est assez sévère avec celle-ci comme avec Delanoë. Partisan d’une régénération qui accompagne la rénovation, il peut soutenir la démarche de fond et de travail que porte Moscovici.

Interview dans le nouvel obs

Manuel Valls : «Bien sûr que j’y pense aussi»
Royal ? «Un one-shot» ! Delanoë ? «Il nous ramène en arrière» ! Dans un livre d’entretiens avec notre collaborateur Claude Askolovitch, le député-maire d’Evry règle leurs comptes aux «éléphants» et dévoile sa méthode «pour en finir avec le vieux socialisme… et être enfin de gauche», Robert Laffont

Ségolène Royal, candidate de transition ?

mai 1, 2008

Sans doute Ségolène Royal a t’elle pu s’imposer fin 2006 car la situation était particulière, bloquée, figée dans l’après-référendum au PS. Elle est apparue, elle a remplie le vide, a semblé ouvrir les fenêtres. Elle portait pourtant au début certains thèmes propres, comme l’environnement, la lutte contre l’insécurité, la décentralisation, voire une vision de la flexsécurité. Elle aurait dit plutôt : « socialisme par la preuve, mise en mouvement de la société et des territoires, nouvelle démocratie sociale et délibérative« .

Je pense que cela a été une candidate de transition, qui aura été le vecteur d’un changement du PS. D’une certaine manière, l’époque l’a utilisée. Sans doute faut-il maintenant autre chose, sans que je ne sache bien quoi.

Elle a été un moment, lors des primaires, d’espoir. Puis de craintes au fur et à mesure de ses bourdes (que ses fans appellent déformations médiatiques) et de certaines prises de positions un peu rapides ou idéologiquement assumées mais auxquelles je n’adhérais pas (carte scolaire, jurys citoyens…).

Ségolène a fait une campagne irrégulière, avec de bons passages notamment avant le premier tour. Elle sera peut-être mieux rodée techniquement, mais ses mécanismes de pensée, sa conception du pouvoir et de la politique ne semblent pas avoir changés.

Quand on voit les résultats des législatives, on constate que le PS fait bien plus, même au premier tour peu favorable que ce qu’il a fait à la présidentielle malgré le vote utile. LE FACTEUR SEGOLENE ROYAL a plutôt pesé négativement que positivement électoralement. Comme le dit Rocard, 47% était le point bas au second tour. Ségolène avait elle-même dit qu’elle assumerait la responsabilité de la défaite comme de la victoire. Paroles de campagnes…

Par contre elle a réussi à mener, contrainte, une partie du renouvellement nécessaire.

Certes de nombreux de ses partisans sont venus, certains sont restés, avec une volonté de changement des pratiques au PS, ce qui est positif, et sur une ligne réformiste et social-démocrate qu’elle a vaguement incarnée, sans constance ni réelle cohérence. Certaines choses ont bougé positivement, ne seront plus les mêmes, il y a un « après » élection 2007, et elle y a sans doute sa part.

Mais au delà du phénomène, sa campagne doit être jugée plus sévèrement je pense. Partie de très haut en terme de popularité médiatique, après un président Chirac usé et désapprouvé, dans une période de tensions et d’inquiétude, elle n’a pas réussie à incarner une alternative crédible à Sarkozy.

Elle partait avec un handicap, qui était le projet socialiste, (j’ai voté contre en tant que militant) incohérent et insuffisant. Il fallait trancher rapidement certaines questions, on ne navigue pas à vue des sondages. Mais souvent elle n’a pas su ou voulu se servir de la matière grise du parti, et mal du parti lui même, sinon comme bouc émissaire de sa défaite.

Comment expliquer le flou sur la fiscalité, l’immigration, le nucléaire ou les retraites, voire l’Europe ? A un moment il faut faire preuve de courage, de constance, et pas seulement d’audace médiatique ou de posture.

Loin de revendiquer une idéologie consistante comme l’était celle de Nicolas Sarkozy, elle a semblé à la remorque de son rival en ne parlant que d’ordre, de valeur travail et de refus de l’assistanat. Les questions économiques et sociales ont semblé lointaines, ou ne relevant que du quotidien difficile. L’impressionnisme, l’incohérence et l’instabilité de son discours économique et social ont fait le reste, face aux propositions extrêmement simples et jamais sérieusement contestées de son rival. Dès les législatives, on a pourtant vu qu’une mesure comme la tva sociale pouvait faire des dégats politiquement.

Sur la manière, outre les difficultés de coordination avec le PS, les changements de ligne, la victimisation, elle a fondamentalement manqué de cap.

Depuis les débats participatifs, idée intéressante dans un processus, mais pas comme aboutissement, jusqu’à récemment son livre ou son émission chez Drucker, elle a navigué entre médiatisation à outrance et charisme affectif. Parfois on a pu penser que le contenu politique n’était plus que programmatique et pragmatique, prétexte à son exposition.

Après l’avoir vu à une émission télé, j’avais écris dans un commentaire une formule un peu excessive, mais qui résume bien ce malaise : « arrêtons d’urgence avec ce pathos, cette politique de l’affection et de l’affliction, de confession et de contrition.  »

Cette personnification mièvre est selon certains de ses partisans une des clefs de la reconquête d’un vote populaire. Mais il ne faut pas le reconquérir en surface, sur des thématique pragmatiques dictées par les sondages. Il y a une bataille politique et culturelle qu’elle n’a pas menée, sauf sur des thèmes comme la république métissée par exemple : la réhabilitation de la politique et de l’individu social, l’explication de l’impôt, l’émancipation qui n’est pas que le pouvoir d’achat etc. Cela a parfois frisé un anti-intellectualisme populiste qui m’a beaucoup gêné.

On pourrait encore ajouter le procès en machisme qui est fait aux détracteurs de Ségolène Royal, qui a pu être épisodiquement justifié, mais qui est devenu une arme de défense politique. Enfin, pas vraiment politique, plutôt médiatique et de comm’, vu qu’il s’agissait alors de rompre le débat et de ne pas aller sur les questions de fond
Un des meilleurs exemple : Quand un journaliste du New York Times lui demande en gros quelle sera sa politique étrangère, elle répond de manière offusquée : « Auriez-vous osé poser une telle question à un homme ? », et refuse de répondre sur le fond. Le journaliste en est resté interloqué car en effet il avait certainement déjà du poser des dizaines de fois la même question à des hommes politiques.

Depuis la défaite, tout cela ne semble pas avoir changé. On pourrait même dire qu’elle s’est réfugié dans ses travers les premiers mois.

Refusant de reconnaître sa défaite, elle s’appuie sur ses 17 millions d’électeurs, en oubliant les règles élémentaires de mathématiques, pour chercher à s’imposer par inertie au PS. Elle oublie qu’il aurait fallu plusieurs millions de voix de plus pour l’emporter, jamais l’écart en voix n’avait été aussi grand avec la droite. Car si on regarde en pourcentage, ce n’est pas très bon. Surtout quand on sait que les électeurs ont surtout votés contre Sarkozy… De même avec les 60% des primaires, bien réels, mais dans un autre contexte.

Elle réagit toujours en se victimisant, avec la démocratie participative et les sondages comme outils de communication. Elle a réaffirmé l’incohérence comme principe politique : « prendre le meilleur de Bayrou à Besancenot », ce qui est séduisant en théorie, aberrant sur le fond.

Pour autant, sans doute sa ligne s’affine t-elle aujourd’hui, certains de ses proches sont parfois intéressants, Peillon, Sapin, Collomb, ou encore certains intellectuels ou spécialistes qui la cotoient. Sans doute sa motion sera t-elle clairement sociale-démocrate, travaillée, intéressante. Ou pas… Sans doute nous retrouverons nous contre les conceptions guesdistes ou conservatrices du PS, ou dans la volonté de rénovation des pratiques (cumul des mandats, ouverture au débat), mais cela sera difficile.

Manquera sans doute une cohérence de vision et pas seulement programmatique, un réajustement nécessaire de sa vision du pouvoir et de la politique, ainsi que des questions sur elle, sur ce « one shot », comme dit Valls, qui s’installe. Et ce passif toujours présent en nous, une mauvaise expérience qui crée comme une forme de répulsion… Il faut savoir s’en détacher, mais faut-il oublier ?

Une déclaration de principe sans audace excessive, mais positive.

avril 16, 2008

« Etre socialiste, c’est ne pas se satisfaire du monde tel qu’il est. L’idée socialiste relève, à la fois, d’une révolte contre les injustices et de l’espérance pour une vie meilleure. Le but de l’action socialiste est l’émancipation complète de la personne humaine et la sauvegarde de la planète. »

Les évolutions par rapport aux précédentes versions sont intéressantes, intègrent les évolutions, prennent en compte l’individu et son émancipation, et le développement durable. Le Parti socialiste n’abandonne pas son objectif de transformation sociale ni sa fonction de critique des mécanismes du capitalisme. Mais il est désormais un parti réformiste, qui veut s’inscrire dans la société et peser sur elle. Cela reste un compromis, mais celui-ci se déplace vers une social-démocratie assumée et ambitieuse, et le consensus devient plus facile entre les différents courants socialistes.

D’autres partagent et prolongent cette vision bienveillante :

Cambadelis :

On avait refusé à l’époque la domestication écologique et sociale de l’économie. Ici tant la question du modèle socialiste, écologique et social, que la société juste, l’égalité réelle, ou encore le réformisme radical voir le parti pris de rassembler toute la gauche dans une seule formation, ces questions et d’autres n’ont pas donné lieu à grande polémique.
(…)
Cela confirme une intuition, les divergences sont des divergences « d’accents ». Elles sont souvent le produit de postures. Elles sont souvent techniques dans le sens où elles procèdent du comment, pas du pourquoi. Et c’est ici que réside le paradoxe. Les divergences dans la gauche se sont contractées. Elles n’ont plus la force fondamentale des divergences que nous connaissions dans le passé, par exemple, sur la nature du socialisme. Tous les responsables socialistes dans leur collectivité ont une pratique disons «social-démocrate ».

C’est la raison pour laquelle les divergences s’étaient évaporées, les questions de personnes ont malheureusement tant d’importance.
Les vraies divergences se sont déplacées, de la nature du socialisme au moyen de le promouvoir : Le choix des priorités, la nature des alliances, la sélection des dirigeants, la fonction partisane. D’ailleurs c’est la raison pour laquelle l’autre commission, celle sur les statuts ne trouve pas de consensus. Ceci éclaire l’enjeu du congrès. Il ne portera pas vraiment sur la nature du socialisme. Il ne portera pas non plus sur sa modernisation ou pas. Il ne portera pas plus sur les solutions programmatiques ne serait-ce que parce que c’est trop tôt. Il portera sur la nature et la stratégie du PS. La déclaration de principe vient d’accoucher une façon différente d’être de gauche. Et tous les courants l’ont adoptée. C’est la deuxième bonne nouvelle après les municipales.


ou encore de
Pierre Moscovici


Avec cette déclaration de principe, le surmoi gauchiste se tait alors que le choix social-démocrate est enfin fait. Nous avons, autour de DSK prenant le relais de Michel Rocard auprès de Lionel Jospin, milité pour cela depuis des années, sans être toujours entendus et suivis. Le « réformisme de gauche » du Congrès de Dijon était resté sans contenu, la synthèse du Mans était légère, le projet présidentiel de Ségolène Royal, malgré certaines audaces, n’avait pas toute la cohérence requise. Cette cohérence, elle se trouve dans la déclaration de principes.

D’autres sont plus critiques, ainsi Telos publie une tribune de Laurent Bouvet, professeur de sciences politiques. On retrouve les mêmes critiques chez Yves Michaud dans l’esprit public sur France culture, ou encore chez Emmanuel Valls, chez Thomas Piketty ou chez Hugues Bernard.

Je ne partage pas ces analyses qui pointent un manque d’audace ou de réponses concrètes. Je suis d’accord avec certains des points soulevés, mais il faut nuancer ces commentaires :

-tout d’abord n’oublions pas que ce n’est qu’un projet. Elle peut encore être amendée, améliorée, voire, ce n’est pas exclu, s’affadir. On sait que déjà un article a été ajouté sur la défense des droits des femmes.Ainsi je soutiens l’initiative de Hugues d’apporter quelques amendements qu’il propose sur son site.

-compte tenu de ce qu’est une déclaration de principe, elle est plutôt bonne, et notamment sur la formulation, on a vu bien pire. Elle n’est pas là pour donner les réponses, ni pour décrire un PS fantasmé qui n’existe pas. Il s’agit donc bien de l’Etat actuel du PS, qui s’éveille, sans être encore en train de gravir les sommets. C’est une oeuvre de compromis.

-ce n’est pas censé donner toutes les réponses, c’est un cadre général qui laisse le congrès trancher librement, donc c’est au moment des motions que nous devrons être incisifs dans nos critiques de fond me semble t-il.