Bien sûr, elles approchent tout court.
Mais il y a là quelque chose de particulier, de plus intime.
Les dernières échéances électorales m’ouvraient l’appétit. L’occasion de soutenir mon parti, et mes convictions. Il fallait essayer de dévoiler les enjeux, inciter les gens à participer, et si possible à aller dans notre sens.
Cette fois-ci, c’est un peu différent. En effet, je vais devoir faire un choix particulier.
Je n’imagine pas de voter pour la candidate UMP, ni même modem ou Front de gauche. Il ne s’agit pas de ça.
Mais vais-je voter PS ou Vert-Europe Ecologie ? Malvy ou Onesta ?
C’est bien sûr une petite question, mais sans doute pas si annodine.
Derrière ça, il y a la possibilité d’une vraie alternance à l’intérieur de la gauche, de changements plus importants.
Si moi, membre du PS en fin de droit, je me pose la question, des centaines de milliers de personne se la posent aussi. Il ne s’agit absolument pas pour moi d’un changement de camp ni d’une trahisons. Je vois le militantisme comme un engagement volontaire, non pas comme une contrainte externe qui deviendrait une prison. Mais d’un choix intéressant et réfléchi.
Trop souvent on voit des militants comme des dirigeants qui ne prennent plus que des positions tactiques, ou automatiques, voire pire, suivistes ou clientélistes. Ils deviennent fidèles, membre d’un clan, et non plus réunis par des idées, par le mouvement et l’envie de convaincre ou de faire changer les choses. Ils sont enfermés dans des barrières culturelles sclérosées.
Je ne parle pas là que du PS ou de l’UMP, même si on reconnait là certains défauts actuels.
Pourquoi est-ce différent cette fois ? Les partis ont évolué, les verts d’une part, le PS pas assez d’autre part. J’ai évolué, j’ai milité quelques années, j’ai eu des déceptions, je suis peut être moins naïf. J’ai également évolué vers une conscience écologiste plus forte. Il y a également des éléments de contexte qui tiennent notamment aux têtes de liste.
Quels sont les éléments qui me poussent au vote PS ?
Il y a bien une forme d’inertie, d’habitude, de facilité. Prendre comme acquise une situation présente, c’est la formation politique d’opposition, que j’ai soutenue. Cela ne suffit pas.
Il y a également un autre argument que je dois écarter, celui de l’amitié que je peux avoir pour certains camarades, de la difficulté de dire à quelques vieux esprits ou à d’autres pour qui l’appartenance au parti est identitaire, que l’on n’est plus sur la même longueur d’onde…
Par contre de vrais éléments sont à apprécier. La tentative de rénovation du pS, avec Martine Aubry notamment, est positive, notamment les avancées sur le cumul des mandats. Le bilan et les projets pour la région vont dans le bon sens. Enfin, je connais quelques candidats de la liste PS, Brigitte par exemple, en qui j’ai confiance.
Par ailleurs la situation chez Europe Ecologie peut paraître plus floue, plus hétérogène, un mouvement jeune et qui cherche encore ses marques contre une vieille formation organisée et codifiée.
Quels sont les éléments qui me poussent à voter Europe Ecologie ?
Conclusion :
Oui, j’ai envie de voter europe écologie. L’envie, la dynamique, l’espoir, sont des moteurs importants de la politique.
Pour autant, ma décision n’est pas définitive, je me laisse le temps de regarder, d’observer, de confronter. Il n’est pas question pour moi de voter par caprice, par mode.
Mais actuellement, je suis plutôt favorable à une recomposition de la gauche. Les alternances sont généralement positives, voire nécessaires, sur la pratique du pouvoir. Pour autant je ne souhaite pas la victoire de la droite ou de l’extrême gauche.
D’autant qu’il ne s’agit pas là d’un choix exclusif, mais plutôt de définir les rapport de force pour gouverner la région à gauche. Il s’agit de pouvoir batir des alliances fortes au second et construire des majorités régionales selon l’arbitrage du vote.
Je suis assez d’accord avec ces deux formules de Daniel Cohn Bendit ce week end à Montreuil :
- au PS il dit : « nous allons vous aider à être à la hauteur dans les régions » pour mettre en place la transformation écologique de la société.
- « Il ne s’agit « pas d’opposer un baron à une baronnesse, nous voulons développer une nouvelle culture de gouvernance, démontrer qu’on n’a pas besoin de gouverner une région comme (Nicolas) Sarkozy gouverne la France »
Enfin si je faisais ce choix, il ne s’agirait pas forcément d’une « rupture » avec le PS, je serai peut être amené à m’y impliquer à nouveau plus tard. Mais cela serait toutefois un constat d’échec : cela serait le constat de ma lassitude ou mon inefficacité à vouloir changer le PS de l’intérieur, et une voie nouvelle : le changer de l’extérieur.
Donc au nom de la rénovation, de l’alternance, de la diversification, j’ai bien envie de voter pour Europe Ecologie, notamment aux régionales où c’est particulièrement indiqué.
A plus long terme, il faudra une recomposition de la gauche, soit autour d’EE, soit dans une nouvelle fédération de partis, soit autour d’un PS recomposé.
Au boulot.
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