Une élection européenne enfin ?

Posted juin 5, 2009 by chouka
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Le grand jour arrive.

Campagne étrange, éteinte, feutrée, couverte par des bruits de crises…

Pourtant je me suis dit en regardant certains débats qu’ils étaient très intéressants, que, débarassés du substrat national et populiste (les chiens écrasés…), on atteignait le fond des choses, les questions essentielles de société, macroéconomiques et géopolitiques.

Parfois les petits enjeux locaux reviennent à l’assaut, et les listes farfelues, superficielles ou ridiculement radicales cotoient les listes sérieuses qui usent de bas artifices…

Bref, les enjeux sont plutôt pour moi les équilibres de demain au Parlement européen.
Même si je conçois qu’il soit encore difficile de comprendre l’utilité réelle du Parlement européen, voire de le déterminer.
Mais c’est ce que nous avons pour nous emparer de l’Europe, c’est un potentiel.

Mais ce ne sont pas les sondages que l’on nous donne et qui sont débattus.

Sur la campagne française, puisque c’est le cadre qui nous est largement imposé (déjà un vote le mêm jour partout serait bienvenu..), j’ai quelques commentaires. Quelques espoirs sur le résultat aussi, ou quelques pronostics même si ces enjeux sont pour moi secondaires par rapport à l’équilibre européen…

Il n’est pas étonnant que la liste Europe Ecologie soit celle qui bénéficie de la meilleure dynamique. Le thême de l’environnement est réellement crédible au niveau des politiques européennes. Ils ont en outre mis l’accent sur l’éthique, et une réelle connaissance de l’Europe, du Parlement, notamment grâce à Daniel Cohn-Bendit.
Ils ont réussi par leur liste la mutation que l’Union doit réussir : dépasser le oui et le non, le débat institutionnel et périphérique, par l’objectif commun de porter une voie écologique européenne forte.

Le modem bénéficie d’un acquis de tradition européiste, mais qui ne suffit pas. Ils ont brouillé leur message avec de la politique nationale, avec une absence de réponses face à la crise, une absence de thèmes forts. L’affirmation de l’Europe ne suffit pas à la faire vivre. La fin de campagne subit également la conséquence d’un Bayrou fatigué, et qui a du mal à trouver un positionnement politique cohérent.

Le PS a été assez peu audible. Sa structure est atteinte, ses militants fatigués, son énergie dilapidée. Pourtant le manifesto et la démarche de rassemblement avec les autres partis européens était importante, nécessaire, intéressante. Mais en présentant des candidats assez peu connus parfois issus de tambouilles internes, sans tête de liste nationale, ou – cela aurait été une incarnation intéressante – sans candidat commun contre Barroso, la dynamique a été difficile à lancer. Martine Aubry a tenu son rôle, ainsi que les candidats qui ont sillonné les campagnes, mais les suites du referendum, du congrès, et la perception dégradée du parti dans l’opinion l’ont étouffé.  Une communication trop centrée sur Sarkozy au départ, une communication nationale peu identifiée (Peillon aurait été un bon porte-parole national) ont également pesé.

A la gauche de la gauche , je pense que Front de gauche a émergé, fait une bonne campagne. Mélanchon se positionne pour plus tard, en recyclant les forces militantes du PC. Il empêche assez largement l’envol du NPA. Celui-ci, après une dynamique forte en début d’année, a finallement été banalisé par la crise, et est pénalisé par une campagne peu mobilisatrice et les concurrences rouges.
Lutte ouvrière est toujours là…

La majorité présidentielle a réussi à faire le clip de la campagne officielle le plus nul. A l’image de sa campagne, qui s’appuie sur le soutien à Sarkozy de son électorat, d’une rente de majorité, et de l’épouvantail malhonnête de la Turquie.. Peu de concurrence à droite, peu d’enjeux pour eux.

La droite dure a du mal à se démarquer, sinon par un antieuropéisme plus virulent…

Ce que j’espère en France (outre des équilibres européens moins favorables aux conservateurs, et une commission plus progressiste) :

-Europe Ecologie devant le Modem
- Le Front de gauche devant le NPA
-un PS au dessus de 20%
-une UMP à moins de 30%

Pronostic national :

- Majorité présidentielle : 27 %
- PS : 19%
- Europe Ecologie : 15%
- Modem : 11%
- Front de gauche : 6%
- NPA : 6%
-FN : 6%

Volant d’or

Posted mai 29, 2009 by chouka
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Nous avons la chance d’avoir avec ce tournoi international de badminton un grand évènement national.

Le badminton est un sport très complet, un des sports les plus intenses physiquement comme on l’apprend en STAPS.
La vitesse, l’explosivité, la technique s’allient, en simple, en double, ou en mixte.

Enfin c’est un sport qui peut se pratiquer en loisir, on peut s’y amuser assez rapidement, quand on débute ; il peut aussi se pratiquer en compétition, avec un système de tournois, de classements, de championnats, assez intéressant.

Enfin il y a l’élite, et là on dirait que leur terrains sont moins grands que les notres. Mais c’est impressionnant de maîtrise, d’intensité, de rebondissements.

Au niveau international, il y a une compétition permanente entre l’Europe (Danemark bien sûr, mais aussi Angleterre, Hollande) et l’Asie (Chine, Malaisie et Indonésie en tête). La France se situe un peu derrière, dans les 15 premières équipes mondiales. Nous avons surtout une championne de grande classe, Hongyan Pi, certes française seulement depuis ses 17 ans. Elle vient de passer N°3 mondiale.

Donc je vous conseille la visite de ce beau tournoi ce week-end.

Tous les résultats  se trouvent là.

12ème OPEN INTERNATIONAL DE BADMINTON DE TOULOUSE

Date Du Jeudi 28 au Dimanche 31 Mai 2009

Lieu Petit Palais des Sports de Toulouse

Visiteurs Attendus 3000 visiteurs cumulés

Entrée visiteurs Gratuit -16 ans les 4 jours

Jeudi Gratuit

Vendredi 3€

Samedi 9€ (tarif réduit à 5€)*

Dimanche 9€ (tarif réduit à 5€)*

Offres Promotionnelles 1 place offerte pour 5 places payantes (uniquement en pré-vente)

* licenciés FFBA, scolaires, étudiants, chômeurs, bon de réduction…

DE RETOUR A TOULOUSE Le 12ème Open International de Badminton, le «Volant d’Or » aura lieu du 28 au 31 Mai au Petit Palais des Sports de Toulouse. Cette grande fête du Badminton, sera aussi l’occasion de fêter le 30 ème anniversaire du Tournoi de la Ville de Toulouse. L’Open de Toulouse c’est : Un palmarès cosmopolite Un tournoi révélateur de talents (Tine Rasmussen, Boe/Mogensen,..) Mais aussi : 200 joueurs 30 nations 230 matchs 100 bénévoles

Le grand chambombardement territorial.

Posted février 27, 2009 by chouka
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Du chambardement à prévoir pour les collectivités territoriales.

Plutôt positif tout ça.

Un article intéressant à lire qui résume un peu les propositions :

-Statut de métropole
C’est bien, Toulouse a déjà pris de l’avance.

Je me doutais que le fait de passer en Communauté Urbaine entrainerait des changements plus potentiels qu’actuels.

En effet, les compétences en plus, elles pouvaient être choisie par une communauté d’agglomération à son maximum. Ensuite il y a quelques autres différences, mais pas si profondes.

Par contre, on change de catégorie. Et ça, c’est porteur d’évolutions…

Je pense que les communautés urbaines seront par exemple les premières à pouvoir expérimenter la fusion ou au moins une très large intégration-mutualisation, avec les communes. Ou encore à récupérer de nouvelles compétences optionnelles ou expérimentales de la part de l’état, du conseil général…

De même éventuellement une désignation du président au suffrage universel.

Etre au niveau le plus intégré permet d’être en pointe des évolutions et expérimentations règlementaires.

Le concept de “métropole” est un peu différent, il serait imposé règlementairement en  fonction de l’importance des agglomérations plus que sur le statut juridique.C’est plus volontaire, plus logique, presque trop interventionniste. Cela va dans le bon sens, mais peut être que cela va trop vite, c’est imposer des changements importants, cela se fait difficilement sans ou contre les gens.

Mais au final je ne suis pas sûr que cela se fasse ainsi plutôt que comme je l’avais imaginé.

-La fusion des départements du Grand Paris au menu
Bien vu l’ami. Il y a là des enjeux politiques importants, qui ne doivent pas entraver toute réforme.

Le périmètre me parait presque trop important, c’est un concept de super-métropôle, difficile à structurer ensuite.

Il y aurait deux niveaux décentralisés : région et grand paris. Mais ensuite, il faudrait au moins deux niveaux “déconcentrés” dans le GP, non ?

Regard intéressé, inquiet, confiant…

-Pente douce pour l’intercommunalité : éléction des élus communautaires à partir d’un fléchage sur les listes présentées lors des municipales de 2014. Un système inspiré par les modes de scrutins à Paris, Lyon et Marseille “PLM”.

C’est déjà pas mal. J’y ajouterai un bouclage de la carte intercommunale. Les maires s’opposent à l’élection des président d’interco. Mais au moins pour les communautés urbaines, il le faudra.
Cela pose bien sûr la question du rôle des communes, espace démocratique et historique intéressant, mais souvent dépassé aujourd’hui. Ce seront les pôles de proximité des intercommunalités…

-Conseils généraux et régionaux
Les conseils généraux et les conseils régionaux selon ce schéma se transforment en collectivités spécialisées. Les grands équilibres entre ces deux strates ne se trouvent guère modifiés. Est envisagée la fusion, en 2014, des mandats de conseils généraux et de conseils régionaux.

Je pense qu’il faut supprimer la clause générale de compétence pour le département, qui peut avoir vocation à se spécialiser sur le social, et le soutien aux communes rurales par exemple.

Pour la région, c’est plus comlexe.
Je pense que le département peut même devenir un échelon déconcentré de la région. Il n’y aurait plus qu’une élection, sur base départementale, qui élirait une assemblée régionale… Ou alors un sénat régional sur base départementale, et le reste à la proportionnelle pour l’assemblée régionale…

On serait dans la régionalisation, sans pour autant que je ne souhaite un fédéralisme.

Quid des compétences croisées ?

Comme Joël Carreiras dans le magazine de la région, je pense qu’il ne faut pas les suréstimer, ni les interdire complètement. Des chefs de files, des politiques conventionnelles, sont tout à fait possibles.

Par contre, la clause générale de compétence crée parfois un flou, une disparité hétérogène, entre abondance et rareté, certains auront des aides multiples, d’autres seront refusés à chaque fois… En matière culturelle, sociale, sportive…Une certaine centralisation, rationnalisation, mise en cohérence doit pouvoir être trouvée.

En même temps, sujet complexe, plusieurs interlocuteur permet de surmonter des barrières qui peuvent exister pour de mauvaises raison avec une collectivité… Les associations peuvent craindre ce moment de transition… A anticiper pour les communes.

Si les communes se retrouvaient seul appui de proximité pour le sport ou la culture, cela dégagerait des marges pour les autres collectivités, et imposerait une dépense en forte hausse sur ces sujets aux communes-interco.

Beaucoup de choses à faire. Je n’ai pas des idées définitives sur tout. Cela dépend ensuite beaucoup des assemblages règlementaires concrets que l’on trouve.

Brèves

Posted février 9, 2009 by chouka
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Supression de la taxe locale ?

“C’est du brutal”, comme dirait l’autre.
Je pense que la taxe professionnelle mérite d’être revue assez largement.

Plus largement la fiscalité locale doit être remaniée. Sarkozy avait promis un “grenelle de la fiscalité locale” pour 2009.

Si c’est un premier pas vers une large réforme intelligente, cela peut être une bonne chose.

Reste une question de fond : qui va payer ? Transfert de prélèvement vers les ménages, ou mise en place d’un impôt différent :  taxe carbonne, ou assis sur la consommation ou les revenus…

Enfin, on peut penser que derrière il y a l’idée que la réforme de l’organisation territoriale génèrera des économies.

Donc finalement, la supression de la taxe professionnelle ne signifie pas fin des intercommunalités – il y aura compensation – mais du département. (fusion avec les régions).

Donc derrière une méthode brutale (beaucoup de dirigeants de collectivités locales doivent se faire des cheveux blancs… et cette instabilité juridique permanente génère elle-même des coûts) et peu lisible (on remplace par quoi,qui paye ?..) il y a peut être deux décisions intéressantes et importantes.

J’en viens à un deuxième point :

Sarkozy et le retour de la puissance en politique :

C’est intéressant. Il montre qu’il pense que l’on peut être maître de notre destin. Un retour du pouvoir politique, mais moins idéologique que pragmatique.

Il affirme, sûr de lui, et “l’intendance suivra”. Ainsi, la supression de la publicité à la télévision, la supression du département, la réforme de la fiscalité locale ou l’achèvement de la carte intercommunale sont de vraies décisions politiques. Il ne s’embarasse pas de l’analyse technocratique (qui reste bien sûr fondamentale pour l’accompagnement des décisions). Bien sûr il en est de même sur d’autres sujets ou je ne suis plus du tout d’accord, bouclier fiscal, ou en matière de recherche et d’éducation, etc. Ses choix peuvent être caprices, et derrière (ou plutôt autour) les grandes décisions pragmatiques se nichent souvent des arrières pensées tacticiennes ou des mesures plus, voire très contestables (nomination du directeur de france tv, redécoupage électoral calculé, maîtrise des collectivités locales…)

Bien sûr, penser que l’on peut tout est dangereux. Parfois c’est illusoire, et sur le principe inquiétant. D’autre fois cela génère une différence sensible entre la communication/gesticulation et l’application concrète. Mais à d’autres moments c’est efficace.

Concernant l’opposition, les partis et les manifs :

Beaucoup de choses se passent. Pourquoi j’ai fait grève l’autre jour ? D’une certaine manière il s’agissait pour moi d’un message fort, adressé à nos dirigeants certes, mais aussi à toute la population. Tous nous sommes confrontés à la crise, et par cela doit revenir un sentiment collectif, de conscience commune de ce qui fait société.

Une forme de rite, un mouvement fort, qui en apparence ne change pas grand chose et n’aura pas de réels débouchés car il n’avait pas de mots d’ordres précis, mais qui grave quelque chose dans les esprits qui me paraît important.

Effervescence dans les oppositions : Europe écologie, le NPA… Je trouve ces éclosions intéressantes. Y compris le projet de Mélanchon dans une moindre mesure. Il faut du remouvement…

Au PS, il ya du changement, je le souligne. Bien sûr des prises de positions plus claires, mieux organisées, une parole mieux répartie. Mais aussi je pense un travail qui se met en marche. Sans doute au niveau fédéral comme au niveau national. Tout est loin d’être parfait, mais c’est déjà pas mal. A côté de cela, le coeur profond du parti est toujours malade je pense, asséché;  le renouveau viendra d’ en haut et de par les côtés.

Je pense donc que Martine Aubry s’en sort pas mal. Le rôle de Ségolène, différent, peut également être utile. Les deux me semblent s’améliorer.

Peillon, si sa prise de distance émancipatrice d’avec Ségolène n’est pas que feinte, et DSK représentent mes espoirs cachés pour mon parti… Mais ils ne sont pas les seuls.

Malgré le vent, les nuages surplombent la ville.

Deux très bons films en ce début d’année.

Posted janvier 4, 2009 by chouka
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J’ai vu deux films qui m’ont beaucoup plus.

Séraphine, où l’expérience mystique d’une peintre fabuleuse du début du siècle, jouée d’une manière admirable par Yollande Moreau.

L’art de la pensée négative, un très bon film cynique et noir, drôle et émouvant, je n’en dit pas plus…

Le tout vu à Utopia, deux très bons cinés, (Toulouse et Tournefeuille) mêmes s’ils s’éparpillent parfois dans des engagements politiques divers et radicaux que je ne partage pas toujours. Cela change néamoins de l’apolitisme triste ou du militantisme carriériste, et revigore. Et puis il y a pleins de très bons films, du dépaysement, du questionnement…

Le repos du brave. Bon courage à ceux qui déjà se relèvent.

Posted décembre 1, 2008 by chouka
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Après ces semaines politiques internes usantes, on a bien droit à un repos politique.

Beaucoup d’énergies sont utilisées, canalisées, parfois gaspillées, parfois au contraire mobilisées dans la politique interne au PS. Là j’ai besoin d’utiliser mon temps à autre chose. Mes différents centres d’intérêts, professionnels, personnels, politiques, ne se chevauchent que peu. Cela demande donc plus de temps, mais c’est sans doute un facteur d’équilibre que de pouvoir faire le vide en se concentrant sur autre chose. Tout ceci est une affaire de choix, je me sens assez libre.

Et ça fait du bien.

Donc bon courage à Martine Aubry, et ici à Sébastien Denard, et à leurs équipes, qui eux doivent prolonger la bataille par le rassemblement et le travail, avec nous également, mais en première ligne. Car le PS ne se limite pas à ses congrès, car la politique et la France ne se limitent pas en le PS.

PS : logique implacable dans la zone trouble, comment en sortir ?

Posted novembre 24, 2008 by chouka
Categories: Le congrès socialiste 2008 en marche, Réflexions politique nationale

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Malchance, crise croissante et petites turpitudes…

L’élection au suffrage universel dans un scrutin majoritaire comporte une part de risque et de hasard. Qu’est-ce qui est plus brutal que cette logique implacable, où quelques voix, une seule voix, emportent la décision ?

Qu’est-ce qui est plus incertain que la zone trouble autour de ce seuil ? Des erreurs de bulletins, de comptage, de manipulation, de saisie, des triches isolées, des oublis, des sections en retard et donc invalidées, des blancs litigieux (bulletin froissés, croix raturées, inscriptions de bonne foie sur l’enveloppe pour distinguer le bulletin national du local…), des gens qui n’ont pas pu voter à temps car le bureau de vote était mal indiqué, vote de militants non présentés en section, même s’ils sont à jour de cotisation… ? Tout ça en l’occurence sur 3200 sections !

On arrive donc au paradoxe explosif : Plus on s’approche d’un résultat équilibré, plus les voix litigieuses prennent une valeur considérable, absolue, déterminante. Il y a donc une zone d’ombre, par nature dangereuse, lorsque les électeurs n’arrivent pas à se départager.
Peut être faudrait-il prévoir que plutôt qu’un système binaire, lorsqu’on est dans la marge d’erreur, un candidat de consensus, ou une coalition, doit gouverner ? Cela poserait bien sûr d’autres problèmes dans le cadre de l’élection présidentielle, mais pourrait s’appliquer au PS.

Mais la réflexion peut s’appliquer plus largement : imaginons une élection présidentielle aussi serrée ?

Donc tout d’abord, le médiocre cataclysme actuel se joue sur une malchance incroyable.

Mais il est aggravé par une réelle difficulté, des styles antagonistes, une tensions croissante, une volonté de pouvoir et de domination, une confrontation paranoïaque, la mise en scène de tout ceci par la caricature, la victimisation, la haine parfois… La réaction de Ségolène m’a particulièrement déçue, attiser la paranoïa, la défiance, la haine…

Un drame surjoué qui s’est construit progressivement, implacablement, avec comme ferment les éléments classiques que sont des enjeux de pouvoir opposés, et une différence initiale de style, de vision, exploitée par la posture… Non pas qu’il n’y ait pas de différences, mais…

Où en est-on aujourd’hui ?

D’une part, c’était particulièrement vrai dans l’émission “C dans l’air” ce soir, on associe diagnostic sévère et lucide sur un PS déboussollé, fractionné, fatigué, et nombre de clichés. On entend des adjectifs sévères sur la situation, pas forcément inadéquats : pittoyable, affligeant, navrant, catastrophique, déplorable…

Mais également des analyses un peu faciles, de bon sens, une doxa qui reprend les accusations ségoléniennes : analyse incomplète et sans nuance sur les baronnies, ce que pensent les militants, les jeunes sont derrière Royal, les éléphants contre les militants, le parti contre Royal (alors que Rebsamen…)

Enfin bon, on risque un délitement, une explosion, une extinction du PS… (il ne s’agirait plus alors d’éléphants mais de dinosaures…) Les militants comme les électeurs vont fuir si l’on ne se reprend pas vigoureusement, c’est néfaste pour l’Europe, pour la société et les valeurs que nous devrions défendre.

Maintenant on fait quoi ?

Je ne crois pas en l’histoire que l’on s’est beaucoup racontée sur les deux partis, je ne pense pas que l’enjeux soit un changement fondamental du parti, c’est beaucoup plus complexe. Donc je ne pense pas que ce soit l’une ou l’autre.

Certains proposent que ce ne soit d’ailleurs ni l’une ni l’autre. Ou l’une et l’autre, il faut se retrousser les manches et bosser ensemble… Mais cela nécessite de casser le mythe de la diabolisation…

Donc, activement et rapidement, il faut réagir, si notre instinct de survie politique, si l’on estime que ça vaut la peine, le permet :

Autour d’un “appel à la raison” lancé par des membres de la jeune garde et des vieux sages de différents courants, il faudrait proposer 3 points :

- après examen de toutes les réclamations minutieusement, décider d’un vainqueur. (Revoter parait très dangereux, ubuesque, fatigant et pas très démocratique…)

- compte tenu de la division extrême du parti, appeler à une forme d’unité socialiste, c’est à dire associer le perdant (Aubry flanquée de Peillon, et Hamon porte-parole, un truc comme ça, comme le propose Abadinte), et lancer vigoureusement les conventions de travail associant tout le monde, préparer l’opposition à Sarkozy, mettre en oeuvre la rénovation.

-enfin, appeler à des sanctions sévères contre tout endroit de fraude avérée, il faut faire le ménage… Cela passe aussi par la publication de tous les résultats par section tel qu’ils ont été enregistrés dans les fédérations. Je mettrai en ligne le fichier pour la Haute-Garonne dans les prochains jours.

En conclusion, c’était loin pour moi, mais avec tout ça, on se prend à rêver du grand retour de DSK.

Deuxième tour PS, tendances, résultats, analyses en Haute-Garonne

Posted novembre 21, 2008 by chouka
Categories: Le congrès socialiste 2008 en marche, Politique locale

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Ce soir, très rapidement sans doute, 15 minutes après le début du dépouillement, on en saura déjà beaucoup. En voyant le report qui se seront effectués dans la section, on pourra deviner une tendance nationale : forte dynamique vers Royal, et donc sa victoire; bons reports vers Aubry et donc la sienne. Ou alors, des résultats mitigés, et on peut s’attendre à une longue nuit et à des lendemains obscurs…

C’est bien ce qui c’est produit…

Je vais aller voter. Je ne suis réellement emballé par aucun des choix qui s’offrent à moi, au niveau local comme au niveau national. Pourtant, je ne goute pas spéciallement l’attitude Jospino-hollandiste de l’ambiguité permanente et de l’abstention stratégique.

Martine aura ma voix, malgré l’alliance de plus en plus hétérogène qui la soutien et l’étouffe parfois. Elle porte une vision intéressante, équilibrée et renouvelée, une démarche de dépassement et de travail que j’ai soutenue, malgré ces derniers temps des moments de “démagogie de gauche” comme dit Moscovici, et les soutiens de nombreux repoussoirs à votes… Donc sans illusions folles, mais avec un espoir raisonné, (oui ce sera mieux que Hollande). Et puis surtout il s’agit de choisir entre deux caps, deux personnes, et la comparaison personnelle est à son avantage.
En face il y a un risque, un pari du changement, du jeu de quille, de quelque chose d’autre. C’est tentant, mais cela reste malheureusement trop de l’ordre du fantasme, lorsqu’on entend les propositions ce n’est pas si différent, et le style est lui parfois indigeste, parfois génant (victimisation, mise en scène de clivages artificiels, fausse radicalité ingénue). Elle est déjà en campagne présidentielle.

Au niveau local, il y a Dénard (ACD) contre Ségura (E). Je suis tellement sceptique là aussi. L’opposition à Dénard (pas en tant que personne), à ses soutiens, à la continuité plombée qu’il représente, aux pratiques anciennes (négociations de postes, caricatures…) a construit la motion D. Si c’est la motion légitimiste pilotée par le conseil général et rejointe par les opportunistes et les frileux, je n’en veux pas.
Si c’est la motion renouvelée d’une continuité responsable, capable de changer et de rassembler, pourquoi pas.

Certains, alléchés, l’ont rejoint très vite, avant même hier… Plus la rénovation est pressente, moins elle s’applique à soi, finalement.

Donc même s’il est jeune, s’il a quelques propositions intéressantes, s’il a ouvert le conseil fédéral sur la proposition de Hugues (ce qui justifie son soutien), j’hésite à voter pour lui du bout des doigts, à voter blanc, ou à voter pour Ségura. Elle présente l’avantage du changement plus assumé, porte un projet de rénovation local plus ambitieux, et à l’avantage de ne pas incarner ce que j’estime être les défauts de Ségolène tout en incarnant certaines de ses qualités.
Mais elle aura un conseil fédéral plus hostile, et j’ai toujours peur d’être déçu quand je m’aventure dans la sphère Royal, ses excès, ses incertitudes surtout, y compris dans ce que représentent ses partisans locaux au delà de la “rénovation”. (mot aux mille facettes)

Allez, quelques pronostics, et dès que je rentre, je ne sais pas quand, je met à jour et on saura…

fédé 31 : en bleu le résultat d’hier, en vert les pronos, en rouge les résultats de ce soir et les commentaires.

section :

Hugues Bernard, signataire motion D :17%
Jean-George Lechner signataire motion D: 13%
Sébastien Dénard motions A et C : 44% 64% 62%
Babette Ségura : 26% 36% 38%

département :

Hugues Bernard, signataire de la motion D : 18,3%
Jean-George Lechner, signataire de la motion D : 9,9%
Sébastien Dénard, soutenu par motions A et C : 40,4 % 56% 59,1%
Babette Ségura, motion E : 31,6 % 44% 40,9%

Pronostic premier secrétaire national :

en bleu le résultat d’hier, en vert les pronos, en rouge les résultats de ce soir et les commentaires.

niveau national :

Aubry : 34% 51% 50,5%
Hamon : 23%
Royal : 43% 49% 49,5%

Je pense que le report de Hamon vers Aubry sera assez bon, mais quelques uns resteront chez eux, voire voteront Royal sur des arguments non idéologiques… Mais Aubry va perdre des voix réformistes qui s’étaient portées sur elle. La mobilisation des partisans de Royal encouragés par la médiatisation, la dramatisation, jouera en sa ferveur, je vois moins ça pour Aubry qui a perdu en “pour” et se retrouve “contre” Ségolène. Mais ça devrait passer cependant.

Au niveau fédéral :

Aubry : 30,1% 58% 52,5%
Hamon : 32,7%
Royal : 37,1% 42% 47,5%

Je suis étonné de la différence entre Aubry et Dénard… Une partie significative de la A a donc voté Royal.

Dans ma section :

Aubry : 47, 2% 59% 57,5%
Hamon : 15,3%
Royal : 37,5% 41% 42,5%

PS : Premières tendances et résultats en Haute-Garonne

Posted novembre 20, 2008 by chouka
Categories: Le congrès socialiste 2008 en marche, Politique locale

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A partir des résultats dans ma section au début, donc évidement ce n’est pas fiable, puis je complèterai. Mise en perspective de mes pronos et de ce qui c’est passé, et analyse.

(même travail fait pour le second tour)

fédé 31 : en vert les pronos, en bleu le résultat, en rouge les commentaires

section :

Hugues Bernard, signataire motion D :12% 17%
Jean-George Lechner signataire motion D: 8% 13%
Sébastien Dénard motions A et C : 56% 44%
Babette Ségura : 24% 26%

L’alliance de la motion A avec la C n’a pas vraiment profité à leur candidat issu de la motion A dans la section, le score cumulé était de 58%, il passe à 44%. Surprise, j’aurais cru à plus de légitimisme.

Malgré leur division, les deux candidats de la motion D augmentent leur total. Enfin, bon score de la candidate de la motion E que j’avais anticipé.

département :

Hugues Bernard, signataire de la motion D : 18% 18,3%
Jean-George Lechner, signataire de la motion D : 6% 9,9%
Sébastien Dénard, soutenu par motions A et C : 46% 40,4 %
Babette Ségura, motion E : 30 % 31,6 %

L’alliance AC a été encore moins suivie que ce que je pensais. Des regrets pour Hugues Bernard et feu la motion D. Si certains avaient joué le jeu, et que l’on avait présenté qu’un candidat, cela aurait été plus clair et plus crédible, et on pouvait sans doute être au second tour, que l’on aurait remporté largement face à l’alliance AC.

Pronostic premier secrétaire national : en vert les pronos, en bleu le résultat, en rouge les commentaires

niveau national :

Aubry : 38%
Hamon : 23%
Royal : 39%

Au niveau fédéral :

Aubry : 42% 30,1%
Hamon : 30% 32,7%
Royal : 30% 37,1%

Belle performance de Royal. Même en tenant compte d’un regain de participation, mauvais report de la motion A, qui avait fait 30%, sur Aubry. Aubry a pris 6 points, Royal 17, et Hamon 10 !

Dans ma section :

Aubry : 44% 47, 2%
Hamon : 22% 15,3%
Royal : 34% 37,5%

Même participation que pour le vote sur les motions.
La motion A avait fait 50%, la D 25%. Il n’y a donc clairement pas de report total vers Aubry, poussée vers Royal plus forte que je l’avais anticipée, elle fait plus que doubler son score dans la section, mais bon maintien de Aubry au détriment de Hamon.

Candidats PS : Un choix logique et cohérent est proposé, altéré par de mauvais arguments.

Posted novembre 19, 2008 by chouka
Categories: Le congrès socialiste 2008 en marche, Politique locale

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J’ai vu de nombreuses interventions du congrès de Reims, sur la chaine parlementaire. Au dela des caricatures les gens sont moins faciles à classer. De bons discours, Peillon bien sûr, mais aussi Fabius ou Valls. J’ai vu Martine plus à l’aise mais elle avait été secouée par la performance de Ségolène juste avant, discours parfois suréaliste, mais pas mauvais sur la fin.

Finalement, pas d’alliance, le choix proportionnel sera tranché par le suffrage universel, finalement le scrutin majoritaire que souhaitait Ségolène est là. Il faudra ensuite réussir à articuler la légitimité du vote avec une majorité forcément fragile dans les organes de délibération et d’exécution, quel que soit le vainqueur.

Aujourd’hui, 3 candidats : il me semble que c’est finalement un choix logique et cohérent qui nous est proposé. Chacun incarne une ligne propre dans le parti.

En mai 2008 j’avais analysé les forces en présence au PS. Je maintiens ce diagnostic, je ne m’étais pas trop trompé. Les rénovateurs pragmatiques se retrouvent autour de Ségolène Royal, les reconstructeurs réformistes (ou réformistes politiques) autour de Aubry, et enfin la “gauche du parti”, les néo-guesdistes, les lafontainistes et autres radicaux autour de Hamon.

Il y a donc une vraie logique à ces candidatures. Cela aurait presque dû être le choix à faire lors des motions. Mais l’éléments perturbateurs est venu du parasitage par un quatrième groupe identifié alors : les légitimistes conservateurs. En semblant se porter sur Delanoë, ils l’ont, pour une fois, signe encourageant, affaiblis. (bien sûr il y en a dans toutes les motions)

Par contre le jeu de posture est porté par de mauvais arguments :

Je ne suis pas forcément d’accord avec les deux arguments principaux qui sépareraient Aubry de Ségolène : les alliances et un parti de supporteurs. Ce sont pour moi des simplifications qui portent sur des sujets secondaires, même si appuyées sur des visions divergentes. On aura besoin à un moment des voix du centre, n’en faisons pas un enjeux aujourd’hui de notre congrès, et tout le monde est à peu près d’accord sur les modalités.

Quant au parti de militant, il y a une différence entre la conception théorique et la réalité. Quand on voit ce qu’est devenu le PS, dans certains endroits, il est de plus en plus difficile de défendre cette conception du parti de militants, qui est devenu celui de la recherche des postes, de la tactique, d’un parti de militants repliés sur eux-mêmes qui ne parlent qu’aux socialistes et ne combattent que des socialistes… Et de nombreux Ségolénistes que je connais sont de vrais militants.

Donc ce mot d’ordre ne suffit pas si on ne présente pas un projet de rénovation avec.

Idem chez la motion E, tout autant énervant le faux clivage apolitique que tente d’installer Ségolène : les jeunes contre les vieux, le changement contre l’immobilisme. C’est caricatural et insultant… Il y a autour d’elle des pratiques d’un autre âge, et en face une promesse de changement également, le tout est mélé…

Pour autant je ne suis pas dans une logique de choix ultime…

Je ne suis pas dans un manichéisme ou un catastrophisme primaire. De toute façon le parti est dans un tel état qu’un électrochoc est nécessaire, donc même Royal ou Hamon ne serait pas une catastrophe. Rien ne serait pire que l’absence de décision, or les trois candidats incarnent un renouveau.
Certes, Aubry c’est la moindre prise de risque désormais, mais elle doit aussi incarner le changement, sinon cela risque malheureusement de la faire perdre, alors que les gens étouffent…

Maintenant on fait quoi ?

A la fin d’une analyse récente, j’exprimai mes préférences :

-un large regroupement des trois motions réformistes assumées E,D,A, autour d’une personnalité convaincante, comme aurait pu l’être Vincent Peillon

-une alliance AE ou AD, autour d’une personnalité combative, que ce soit Martine Aubry elle-même, Moscovici (s’il n’avait pas choisi si tard ça aurait été mieux) ou encore une autre

Je ne vois pas en effet d’alliance crédible ou cohérente de notre part avec la motion C, et surtout pas dans un front commun basé sur de mauvais arguments. De même je préfererais ne pas avoir à voter pour Ségolène Royal, car c’est aussi l’installer dans un schéma présidentiel…

Donc une candidature Aubry soutenu par Delanoë me va tout à fait.

Si je suis sensible à la volonté rénovatrice, portée plus fort sans doute, et souvent sincèrement, par la motion E, cela ne suffit pas. Il y a des nuances politiques importantes, une vision plus politique et plus économique qui me distinguent de celle-ci.

Par ailleurs un des problèmes qui empêche de toute façon de voter Ségolène est leur attitude passée, et ses déclarations récentes (notre motion est arrivée en tête, on cherche à m’empêcher…) : les Français ont voté pour la candidate PS, ce sont devenu les 17 millions de voix de Ségolène…
Là il en serait pareil : ceux qui pourraient se dire, dans un éventuel second tour, “je choisis Peillon et la rénovation contre un TSS artificiel et conservateur plus que porteur”;or leur choix serait immédiatement dévoyé et comptabilisé parmi les soutiens à la candidature de Ségolène en 2012…

Donc je ne me positionne pas contre un changement, mais pour une ligne assez logique Aubry-Delanoë. Cependant, je pense qu’elle sera encore trop timide sur la rénovation, et donc une alliance avec la E sur un programme de rénovation, de vision du parti, et un candidat de consensus ne m’aurait pas gêné.

Et bien sûr Hugues Bernard au niveau local, pour la motion D et bien au-dela.