Archive for the ‘La politique en imaginaire…’ category

La Bataille du second Tour

mai 1, 2012

La première bataille est passée, étrange, longue, lourde. Durant de longs mois, après l »attentisme, il y a eu des escarmouches, des attaques incessantes, un harcellement, qui ont permis la lente avancée de la gauche. Les obus du bilan, arme ancienne, étaient néamoins toujours efficaces, et la cavalerie du changement a plusieurs fois permis d’enfoncer les lignes. Après la prise de plusieurs villes importantes, acculée, la droite est passée à la contre offensive, fulgurante, massive, reprenant une partie du terrain perdu. Puis tout s’est un peu figé, les réseaux de tranchées se sont ornés de barbelés et d’abris blindés.

Au soir du premier tour, on a pu voir les forces en présence. Le conflit s’est alors élargi, les alliés ont été appelé en renfort de part et d’autre. A gauche, les légions nombreuses rouges et vertes sont venues renforcer les positions, et la progression a repris. Certains territoire encore neutres ont été courtisés, sans se prononcer encore malgré les propositions, les pressions, les risques de démembrement.

La droite a alors utilisé de nouvelles armes, le gaz moutarde, les inondations de tranchées, le mensonge de masse. La puissante et redoutée force bleu marine a été courtisée, sollicitée. Elle ne cèdera pas, son indifférence à la chute de son voisin ne masquant pas sa volonté de recomposition régionale. Tout juste accepte t’elle quelques livraisons d’armes, terribles : des lance-missiles démagogiques, quelques bombardiers xénophobes, homophobes, nationalistes. Celles-ci, payées au prix fort du reniement, permettent à la droite de reprendre quelques régions industrielles, ainsi que les grandes régions des marais, de stopper l’avancée, de refaire naître un faible espoir de ce coté. Mais cela mobilise en face. Des appelés volontaires viennent renforcer les compagnons du rassemblement.

Les oranges, pris entre deux feux, ne peuvent rien faire que sauver ce qui peut l’être. Sonné par le premier round, l’armée dévastée est en déroute. Une partie a désertée. De nombreux mercenaires sont déjà partis, allant aider un camp ou l’autre. Ceux qui restent se tournent de plus en plus vers la gauche, craignant l’alliance de la droite avec les bleus marines. Leur Chef Eternel, scrute l’avenir, ne voyant rien de bon, envisage de se replier quelques années dans les montagnes avant une prochaine bataille. Si la droite est défaite, peut-être pourra t-il voir quelques principautés le rejoindre.

Le dénouement est proche. La gauche tient plusieurs places de ravitaillement, quelques grands axes, ses réseaux de ravitaillement sont en place.  Il faut tenir les places fortes, répondre aux boules puantes de l’adversaire. L’artillerie fume, chauffée à blanc par son intense utilisation.

Depuis le second tour, l’utilisation de l’aviation s’est renforcée, l’impact derrière les lignes est plus grand. Tout le monde est désormais concerné par l’effort de guerre, par les destructions, par les craintes et l’espoir.

Il reste une grande bataille. Si la gauche réussit à traverser le fleuve de manière significative, à en prendre le contrôle, elle l’emportera. Si au contraire elle n’y parvient pas, ses habitants se revolteront, le seuil d’acceptation des sacrifices sera atteint. A priori les régiments sont prêts, les stratégies mises au point, cela devrait passer…

Bientôt le dénouement.

Sur un banc politique, prendre le temps…

juillet 26, 2011

Tout va si vite.

Depuis un moment, j’ai l’impression d’être au volant, départs de vacances, je double, je freine, le paysage change sans cesse, mais je suis  coupé de tout ceci. Dans mon habitacle climatisé, je ne vois que trop tard que tout à changé, l’orage s’est abattu, je ne peux éviter le carambolage.

La route était toute tracée, tout se mettait en place. DSK allait être candidat, sur la base d’un projet de gauche plutôt intéressant, et je pensais m’investir pour le soutenir ; le reste n’était que péripéties.

Il y a eu une première bourasque, avec Fukushima. Moment important, avec des incidences politiques.

Puis la brutale averse, l’ouragan. Toutes les voitures sont retournées : à quelques jours d’être officiellement candidat, DSK se fait piéger, ou se saborde. Tel Zidane en Finale, le coup de boule malheureux répond à l’incitation maligne, et fait perdre son camp. C’est ce que l’on pense tout d’abord.

Le soleil réapparait, la brume s’échappe de l’asphalte. Je m’écarte de cet ensemble figé de métal et de scènes dépassées, le scénario a changé, changeons de DVD. Ou plutôt non, sortons de la route, participons à quelque chose de nouveau. La garrigue humide happe déjà les premiers rayons de soleil, les odeurs sont multiples et apaisantes. Le calme, et le dialogue avec la nature me font du bien.

Un moment de retrait, de respiration politique. Malgré le retrait de DSK, la victoire reste possible, probable, même si ce sera difficile. Que faire ? Au PS, la primaire est lancée. Faut-il choisir, déjà ?

Les deux candidats ont la carrure, l’intelligence, une assise politique. Les deux me satisfont.

Martine Aubry aurait plutôt ma préférence face à François Hollande. J’ai un souvenir mitigé de sa direction du PS durant plusieurs années, même si le referendum européen n’a pas rendu sa tâche facile. Mais rien n’a alors été tranché, le parti s’est plutôt recroquevillé, n’a pas rebondit après le 21 avril 2002. De son côté, Martine Aubry a été choisie sur un projet de rassemblement, et  a réussi à le faire vivre, à remettre le parti au travail, en ordre de marche. Bien sûr l’impérieuse nécessité s’est imposée, tout le monde voulait enfin aller dans la même sens, mais elle était sans doute la bonne personne.

Pour autant je me laisse encore le temps de confirmer mon choix. En effet François Hollande me paraît mieux préparé, ce qui compense son manque d’expérience ministérielle, plus motivé, et il a mieux mis en scène ses soutiens. Le soutien de personnes comme Pierre Moscovici, Didier Migaud, André Vallini ou Aurélie Philippetti me paraît intéressant.

Je m’en remettrai donc à des sujets comme le nucléaire, la lutte contre la délinquance (sur laquelle Manuel Valls dit depuis longtemps des choses intéressantes et structurées), la protection de l’environnement, là où le projet socialiste laisse des marges de manoeuvre, pour trancher.

Il y a donc ce premier vote de la primaire socialiste.

Puis il y a ensuite la campagne elle-même.

Et là encore, mon choix n’est pas fait. J’ajoute en effet à la palette des possibles un vote pour Eva Joly. C’est actuellement la candidate qui m ‘enthousiasme le plus : sa rigueur, son sens de l’éthique, bien sûr sa conscience de la nouvelle société écologique, son parcours.

Pour autant le vote est une alchimie complexe : voter avec son coeur au premier tour n’est possible que si cela ne met pas en péril la présence de la gauche au second tour.

Dans tous les cas il reste de long mois pour analyser et confronter ces candidats, ces programmes… Regardons calmement ce qui peut être fait.

Lorsque l’argent ouvre les possibilités.

novembre 18, 2008

Douce et caline, elle frotte sa tête contre ma main, pour se rassurer dans cet environnement hostile.

A notre inquiétude légère on oppose une urgence peu rassurante.
Mince. Je n’étais pas préparé à ça.

Tout s’accélère, mon attente placide est submergée par la prise de conscience. Mise en marche du mode semi-automatique, une concentration maximum cotoie un flottement de mes pensées, comme si elles voulaient revenir à leur badin ennui.
Une décision à prendre, rapide, décisive. Mettre l’argent ou pas.

Je respire, je saisis le goulot d’étranglement qui s’offre à moi. Pouvoir absolu, de vie ou de mort. Et responsabilité accablante qui va avec.
Nous avions anticipé, avec raison, fixé une limite. Mais cette raison calculatrice vacille face à la réalité crue; face au regard implorant de la condamnée, les larmes sont mon seul jugement.
Ce n’est qu’un chat… On s’était pourtant dit qu’il n’était pas raisonnable de…

Bon.

Finalement, après quelques heures de réflexion, de décision, on décide de le faire. On nous demande, avec bonne volonté, une semaine de salaire. C’est beaucoup, certes, mais c’est aussi peu… Tout dépend de l’échelle. Efficience, efficacité…
En tout cas la conséquence de cet acte peut être décisive, immédiate. Pas de tourments, pas de regrets. C’est ce que nous voulons, tous les éléments pris en compte.

Opération compliquée, diagnostic réservé… On ne sait pas encore, nous avons chacun une intuition inverse. Est-ce que l’échec médical invaliderait la décision prise ?
Ou alors faut-il considérer qu’on a saisi une opportunité, qu’on a ouvert les possibilités, en connaissant le risque ?

Derrière cet exemple se posent de vraies questions : même s’il ne s’agit que d’animaux, le coût de la santé est une torture. Plus largement, certains de nos compatriotes, et plus encore dans d’autres pays, ont à choisir entre la santé et d’autres bien primaires. On ne peut y échapper…

Faut-il s’interroger de manière éthique sur ce cas ? Mettre une telle somme alors qu’on ne les donne pas à des humains en difficulté ? Quelles sont les logiques derrière tout cela ? D’un coté une logique politique et sociale, où on se défausse (et donc en contrepartie on s’engage) sur la société ? De l’autre les choix libres de chacun pour construire sa vie, voire la notion de « famille », vue de manière élargie ?
Quelle est la place des animaux de compagnie dans la société, sans doute plus importante qu’on ne croie… Interrogations bourgeoises de ceux qui n’ont plus faim ?

Il peut bien y avoir, de toute façon, un débat philosophique et politique dans chaque élément de la vie…

Et si le congrès votait pour le mandat unique parlementaire ?

septembre 2, 2008

Avec fougue, Hugues nous incite à signer une pétition.

http://www.pourlemandatunique.net/

Et il a bien raison,

Ainsi, la possibilité existe, si les militants le souhaitent et se mobilisent, d’ un grand boum politique, contre les inerties nombreuses. Ce qui aurait dû arriver progressivement depuis longtemps sera un choc salutaire pour le PS comme pour la démocratie française.

Comme lui je vous engage donc à signer cette pétition : il faut réunir 30 000 signataires membres du PS (si on estime qu’il y a 200 000 membres ce qui est sans doute la fourchette haute) pour imposer un référendum interne sur la question du mandat unique parlementaire.

Il serait temps, voici une proposition qui était dans le programme présidentiel.
Le MJS vient également de se déclarer favorable à ceci.

Cela permet à d’autres d’acceder au pouvoir représentatif, donc c’est un renouvellent, mais aussi un appel d’air salutaire. Cela évite la concentration de pouvoirs nombreux à certains endroits. Enfin, cela met fin à une aberration hypocrite dans certains cas, lorsque certains ont plusieurs fonctions qui chacune exige un engagement complet. Et si on travaille si bien, plutôt que dégager du temps pour un autre mandat, souvent cela serait utile pour la fonction première, ou pour avoir des politiques plus ouverts sur le monde :  moins dans le flux tendu des informations, des décisions, avec un peu plus de temlps de recul, et une culture de l’enrichissement personnel constant).

Rappelons qu’au niveau local la situation est compliquée, et pas encore clarifiée, ce qui est bien dommage.

Si on n’obtient pas cela, on pourrait déjà intégrer les agglo dans le calcul du cumul des mandats, par exemple pour commencer. Et aussi pour le cumul des revenus.

De même au PS, limiter les mandats internes et les mandats d’élus dans les instances nationales ou territoriales. Ainsi, Kader Arif, qui est reconnu comme un bon parlementaire européen, ainsi qu’un secrétaire national aux fédérations méritant, a plus que délaissé la fédé… (et en plus il est maintenant conseiller municipal)

Mais cela n’empêche pas d’agir, et du moins pour l’instant, de rêver : imaginons.

Les 30 000 signatures sont atteintes, un référendum a lieu en même temps que le vote du congrès. Malgré les contortionnements embarassés de certains élus et candidats (même si les principaux, Royal, Delanoë, Moscovici ou Aubry ne cumulent pas abusivement), la victoire est là…

Ceci peut aussi se faire avec plus de douceur, si la disposition est portée par la motion qui devient majoritaire.

Imaginons, des dizaines, des centaines, de partielles déclanchées partout en France. De nombreux parlementaires ont un choix à faire, important, décisif, démocratique. Quelques uns refusent la règle commune et se mettent en marge du parti.

Ce geste fait l’admiration des démocrates en France, et compte tenu de l’impopularité présidentielle, malgré un PS encore faible, il perd très peu des circonscriptions qu’il met en jeu.

C’est vu à juste titre comme une vraie marque de courage, d’audace, d’engagement, de modernité démocratique. Des dizaines de jeunes (mais pas seulement), notamment plus de femmes, des profils plus diversifiés, complètent les assemblées locales et, plus rarement, le parlement.

PS : une bonne analyse universitaire contre le cumul des mandats , lien trouvé sur le site toulousoscopie.

Poussière soulevée par là…

juillet 2, 2008

Le souffle puissant balaye l’horizon. Plus que quelques milimètres.

IMPACT.

Le tourbillon puissant tranche le paysage, l’endroit suffoque, hagard, rien ne subsiste. La démesure fait oublier la répétition, l’habitude, l’acceptation. Toujours cette même surprise. C’est grandiose, étonnant, banal. Question de point de vue.

Une douce complainte, au loin, retombent les pièces d’un nouveau moment.

Paisibles, calmes, tristes et fatigués, se meuvent les grains de poussière, infiniment nombreux dans l’infiniment petit. Moi, je regarde, et me demande si…

Le vent, les contributions, les motions, je tente de cerner le changement, d’y prendre ma part sans y perdre mon âme. (peu de risques à ce niveau, les dieux et les diables m’indiffèrent en moi et m’agacent chez les autres)…

Déjà, on peut distinguer ce qui relève du flou, du mouvement, du sens, du contresens.

J’ai ma préférence, claire, logique. Période intéressante, immense débauche d‘énergies, à la fois vaines et nécessaires.

Je retourne dans mon observation de la poussière, pas pour longtemps.

Scénarios pour la prise du PS

juin 4, 2008

Delanoë, Royal, Moscovici, Aubry, Montebourg, Hamon, Fabius, Dray… Les acteurs sont nombreux et les évènements encore multiples. Les textes seront déterminants si rien ne s’impose d’évidence.

Plusieurs scénarios sont envisageables au PS. Tout est possible aujourd’hui, tout grouille d’espoirs et d’inquiétudes mélées. Je tente d’imaginer les plus extrêmes, entre eux on peut imaginer mille nuances.

Bien sûr je n’exclue pas que même avec une victoire de Ségolène ou de Bertrand, tout puisse bien se passer. Mais voici les tendances que mon analyse perçoit comme probables.

I Une victoire de Royal ou de Delanoë :

Imaginons un duel qui gonfle, les reconstructeurs sont traversés de tensions, leur texte est plus une synthèse molle qu’un projet fort, Moscovici comme la gauche du parti ont un pied dedans un pied dehors, Aubry laisse planer le doute etc.

Delanoë et Royal réussissent à faire prendre la mayonnaise, imposer leur duel comme inévitable, les médias vont dans ce sens, les sondages…

Le duel se tend, confrontation dure mélée de zones d’ombres, de déclarations fluctuantes

1 Au soir du vote, Ségolène Royal, surprise, est devant, incontournable, majoritaire. Elle prend la tête du parti après une synthèse avec Valls et Dray.

Terrible désillusion dans le parti vaincu. De nombreux militants rendent leur carte, Mélanchon a enfin l’ouverture qu’il attendait et préparait, il quitte le PS avec Quilles et Lieneman, ils fondent un parti de la gauche avec une parti du PC et des alters.

Royal battit un mouvement qui la propulsera à la présidentielle, fortes tensions dans les sections, déclarations assassines dans la presse…

Delanoë contacte tout le monde pour préparer le match retour deux ans après, et commence à savonner la pente.

Le match n’est pas terminé, le parti va être bousculé et mis aux ordres, mais il ne va pas aimer.

2 Au soir du vote, surprise, Delanoë l’emporte. Majorité absolue de peu. Les ségolénistes jouent l’apaisement aigri, mais sont très virulents en privé, et dans les sections. Les incidents se multiplient.

Ségolène Royal fait une grande déclaration d’apâisement, tout le monde comprend qu’elle est déjà en campagne pour les présidentielles.

Bertrand tente d’assoir sa majorité sur le PS en faisant une synthèse large, sans les partisans de Ségolène. Il perd en audace ce qu’il gagne en stabilité, en intégrant une partie de la gauche du parti et des reconstructeurs à sa majorité.

Le match n’est pas terminé, le parti va être controlé, endormi, divisé, pour éviter qu’emerge une alternative contre Ségolène.

Mais un autre (100 autres en vérité, bien sûr) scénario est possible.

II Une victoire de reconstructeurs audacieux et conséquents :

Le conflit entre Ségolène et Bertrand perdure. Chacun sent qu’il est allé un peu loin, qu’il a été mal compris autour du libéralisme, et atténue ses propos. Leur image se brouille encore un peu plus, la lassitude monte chez les militants, le cynisme gagne les médias. Ils paraissent moins différents, se marquent de prêt.

La gauche du parti lance l’offensive, s’unit autour de Benoit Hamon, qui malgré ses sympathies pour Martine Aubry joue sa carte, et l’affrontement idéologique plus que de personnes.

Les reconstructeurs poursuivent leurs rencontres, dans toute la France, et suscitent espoirs et critiques.

Après l’indifférence, ils subissent l’ironie de la part des partisans des deux présidentiables proclamés. Enfin vient une critique sévère lorsqu’ils commencent à en avoir peur. Martine Aubry prend sa place dans les médias.


Il y aura plusieurs contributions, exigeantes et audacieuses. Cela débouche sur une motion commune, portée par la maire de Lille. Mais Pierre Moscovici sera le premier secrétaire de cette motion, pour respecter la volonté collective de cette démarche de ne pas présidentialiser.

Quelques Fabiusiens estiment cette entente trop réformiste et rejoignent Hamon ou Delanoë. Des partisans de socialisme et démocratie qui auraient voulus se compter enfin redoutent les rassemblement avec les amis de Montebourg ou les fabiusiens, et rejoignent Valls ou Royal. Mais il y a une belle dynamique militante et médiatique.


Au soir du vote, la motion Aubry-reconstructeurs est majoritaire, grande claque dans de nombreuses fédérations où tous les caciques s’étaient positionnés sur les deux primo-favoris.


Pierre Moscovici prend la tête du PS, sur une ligne qui réaffirme les valeurs de gauche, mais clairement réformiste. Les partisans des battus ne désarment pas mais sont rassurés en paroles et en actes, le parti ne sera pas mis au service d’un présidentiable, mais de tous, même s’ils tenteront parfois de tirer la couverture à eux, cela sera mal vu par les militants. Des conventions de travail nombreuses sont lancées, et tous les courants sont associés.

Il y a bien quelques couacs et des tiraillements, mais le travail avance, les règles de fonctionnement communes sont réaffirmés, des portes paroles thématiques portent la voix du parti, après larges délibérations collectives. Le choix du présidentiable sera choisi plus sereinement, même s’il y aura une bataille, et celui-ci bénéficiera d’un parti plus fort, plus soudé, qui aura travaillé.

Où en sommes nous 3 mois plus tard en septembre ?

L’invasion des signatures menace…

mai 20, 2008

Le ciel était noir, sombre et menaçant une fois de plus, zébré d’éclairs au loin, déchiré de larges rayons de soleils mouvants… La tension était palpable, quelque chose allait se passer. Insensiblement, une forme d’inquiétude montait en moi… Pourquoi ces bouffées de chaleur ?

Les battements de mon coeur, brutaux, sourds, semblaient rythmer un temps qui ne s’écoulait plus que poisseusement…

Rien, plus un bruit. Le vent ne souffle plus, j’ai une sensation d’étouffement, je regarde derrière mois.

ET LA JE LA VOIS !!! ENORME, la liste des signataires du texte de Delanoë en Haute-Garonne se dresse au dessus de la ville ! Elle nous vient des profondeurs du temps, pleine d’une magie ancienne. Qui pourra lui résister ?

Elle grossit, grossit, jusqu’à obstruer l’horizon tout entier de sa couleur rouge fatiguée, COURAGE, CLARTE, CREATIVITE.

Autour de moi je vois des responsables socialistes locaux qui résistent encore, ils se cachent, ils courent. Mais la chasse aux signatures est lancée. Dans leur grand vaisseau amiral, Kader Arif, Jean-Jacques Mirassou et Pierre Izard incarnent, fiers et impériaux, la rénovation du parti, de ses idées, de ses pratiques, de ses représentants.

Ils lancent leurs filets sur ceux qui passent, leur lançant sans cesse « tu signes ? »

Je suis subjugué par une telle puissance, je me prosterne… avant de me reprendre.

Quelques partisans de Ségolène Royal ont sorti des boucliers « congrès utile et serein », ou des grigris anti-jospins, et se regroupent pour faire face derrière une vieille cannonière anti-apparatchiks, qui a déjà servie lors des primaires socialistes en 2006. Ils n’ont pas dit leur dernier mot.

Les amis de Socialisme et Démocratie et de Rénover Maintenant, en pleine discussion de fond, avec tous ceux qui le veulent bien, sur un nouveau parti socialiste, par delà les courants et le combat des chefs annoncés, avec quelques proches de Martine Aubry ou de Laurent Fabius, laissent passer l’averse, regardent ailleurs, tristes mais confiants tout de même, et continuent de croire que l’on peut allier rénovation des idées, des pratiques, des règles du parti, sans pour autant oublier son histoire, ses valeurs, que l’on peut croire en la politique. Une autre voie, quoi…


Ainsi ils rompent le sortilège, la bulle signataire se dégonfle… Car en fait à quoi sert-elle ?

Bon.

Plus sérieusement, la course aux signatures est lancée.
Les signatures de secrétaires fédéraux ne suffisaient pas.

A quoi cela sert-il ? A montrer que l’on compte, à influencer les proches, à faire basculer une partie des militants, peu politisés, qui aiment la légitimation de leur choix par les élus, à tenter d’imposer une évidence contre le libre choix et le débat, à décider les opportunistes ? C’est un honneur que de se voir demander une signature, faire de notre choix un enjeux…

Cela fait partie d’un certain jeu. D’ailleurs tout le monde le ferra, cela ne me gène pas en soi, c’est légitime aussi. Certaines personnes par leur qualité reconnues peuvent être influenceurs, cela pousse certains à se positionner (ce qui est mieux je trouve que le mutisme ou l’abstention dont on fait preuve par exemple une majorité des jospiniens lors des primaires socialistes), et cela identifie les camps pour les militants…

Mais c’est très tôt, et massif. Presque précipité, cela nous a déjà empéché d’avoir le congrès à Toulouse.

Tous ces gens qui se positionnent sur un pré-texte (un texte non définitif, une ébauche de motion), aux deux sens du mot, le font surtout contre Ségolène Royal et ce qu’elle a pu incarner, ou alors par fidélité ancienne vis à vis de Lionnel Jospin, et sur une volonté de présidentialisation du parti, d’avoir un chef, de gagner un combat de personne et de conception du parti.

Ce qui est un peu génant pour certains, c’est qu’ils auraient pu attendre de voir les différents textes en présence. Certains seront surpris lorsque le livre de Delanoë va sortir…

Partir si tôt, cela augure d’un affrontement dur entre les deux parties.

On va essayer de ne pas tomber dedans, faire le jeu du duel mis en scène par certains journalistes-spectacles, sans être non plus en retrait du débat et de la confrontation.