Archive for the ‘poèmes, chansons, nouvelles’ category

Révolution (2004)

mai 5, 2005

Le bonheur qui m’effleure

Ne teint pas la vie en rose,

Fleur plantée dans le cimetière

Qui attend que le ciel l’arrose.

Tant de questions

Aux réponses diverses,

Questions que je déverse,

Sur une douce mélancolie…

Un volet claque,

Ce n’est qu’un fait divers,

Auquel s’accroche ma tendre folie,

S’accroche ma tendre folie…

Des questions qui s’enchaînent

Comme une grande avalanche,

Mots sans joie ni peine,

Millions de tonnes d’une poudre blanche…

Je ne comprends pas toujours

Mon regard,

D’où il vient,

Et ce qu’il voit,

Et pas mieux,

Ce brouillard derrière mes yeux,

Dans ma tête fatiguée

Qui m’empêche de voir,

En moi…

Je colmate cet échec

Qui a explosé en moi,

Echec et mat mon roi

M’a dit la vie

Mais c’était une connerie,

Par la révolution des pensées,

Je naît une deuxième fois,

J’ai mal, j’ai mal

Mal à la tête,

Et c’est normal!…

Vieux ponts et préjugés

Défaits par le fleuve en furie

Tombent dans l’écume

Ne laissent plus passer, merci

D’idées nauséabondes;

L’orage intense vibre dans mon corps,

Des battements de cœur qui grondent,

Des larmes qui, sans mon accord,

Se jettent à contresens…

A l’unisson de mes idées,

Mes membres sont en transe

Des millions d’hommes, des millions de femmes,

Des millions d’âmes, des millions de tempêtes,

Se mettent en mouvement,

Submergeant les châteaux en fête,

Dans les cris et le sang

C’est une insurrection violente

En moi,

Révolution du libre-arbitre

Que je mène enfin,

Brisant la vitre,

Courant au loin,

Je sors de ma prison…

Je colmate cet échec

Qui a explosé en moi,

Echec et mat mon roi

M’a dit la vie

Mais c’était une connerie,

Par la révolution des pensées,

Je naît une deuxième fois,

J’ai mal, j’ai mal

Mal à la tête,

Et c’est normal!…

Dans le cloaque espérance (2004)

avril 5, 2005

La rumeur plane,

Le vent siffle et souffle,

Dans les oreilles des esprits

Que le roi s’essouffle

Que dans ses derniers remords

Il tue les insoumis…

L’attente brûle dans les corps

Souvenir des soirs ardents

Le vent l’emporte vers les marais

Le roi hurle à la mort

Il pleure, pleure le présent

Et hurle sans arrêt…

La foule désespérée

Crève de faim

La foule désemparée

Crève de l’oppression

La foule déterminée

Crève, crève la prison des pensées

La main de fer

La colère de l’enfer,

S’abattent sur la ville,

Les masses malhabiles

Pleurent ce qu’elles détruisent

Détruisent quand même…

Comme un miroir de haine

La révolte exprime sa violence

Frustration incontrôlée

Que le passé entraîne

Une révolution pleine d’impatience

En train de brûler…brûler…

Puis les hommes sortent

De leur tanière honteuse,

Lèvent un regard sombre

Vers une vie plus heureuse,

Oubliant certaines amitiés

Et quelques saluts osés…

L’espoir fait vivre

L’espoir fait sourire

Les pouvoirs d’hier

Les pouvoirs de demain

Les nouveaux héros

Les salops déjà d’hier

Dans la ville apeurée

Où la peste sévit

Des barricades désenchantées

Coupent les artères du palais ;

Le sang coule

Mais la ville revit…

Ployant sous les corps

Pleurant ses morts

Un ordre s’effondre,

Plongeant sous les gravats

A l’affût des remords,

Il pense qu’il reviendra…

Dans le cloaque espérance,

Le chemin est obscur,

Mais d’horreurs en erreurs

A travers les murs

Les hommes avancent

Les insoumis veulent un futur…

Dans le cloaque espérance

Entre sourires et larmes

Le peuple reprend confiance,

Et certains sortent leurs armes,

Pour proclamer leur république ;

Vent de panique…

Dans le cloaque espérance,

Le chemin est obscur,

Mais d’horreurs en erreurs

A travers les murs

Les hommes avancent

Les insoumis veulent un futur…

Les insoumis veulent un futur

Se battent pour un futur…

En moi (2004)

mars 5, 2005

Tu es là

Quelque part,

Je n’y suis pas

Car pour ma part

J’ai peur de toi,

De je ne sais quoi,

De ne pas pouvoir…

Je ne sais pas

Où je suis

Je te suis

Mais n’ose pas

Pas à pas

M’imprégner de toi

Jamais loin,

Où que je sois,

Tu brilles en moi,

D’un feu ancien

Je t’apperçois

Plein d’effroi

Je ne comprends pas…

J’avance

Dans le brouillard

Envie de toi,

Le court chemin

Est trop noir

Mais moins étroit,

Enfin…

.

En moi dans cette marche

Ce n’est pas une femme que je cherche,

C’est une réponse;

Une lame de lumière

Que je forge quand je pense,

Pour vaincre l’éphémère…

Je suis plein d’envie

Mais peur de donner

Un sens à ma vie…

Pour vaincre

Mon monde trop sourd

Je dois trouver,

Une des clefs,

Qui s’avancent

Jour après jour,

Espoir de chance…

Je dois me résoudre

A attendre

Sans les atteindre

Seulement m’étendre

Et éteindre,

Jusqu’à demain

Jusqu’à demain…

En moi dans cette marche

Ce n’est pas une femme que je cherche,

C’est une réponse;

Une lame de lumière

Que je forge quand je pense,

Pour vaincre l’éphémère…

Je suis plein d’envie

Mais peur de donner

Un sens à ma vie…

(trip sans voix +montée douce)

Je trouverais

Bientôt la force,

Cette amorce

D’un nouveau départ

Franchir les remparts

De celui,

Que je ne suis pas…

En moi dans cette marche

Ce n’est pas une femme que je cherche,

C’est une réponse;

Une lame de lumière

Que je forge quand je pense,

Pour vaincre l’éphémère…

Je suis plein d’envie

Mais peur de donner

Un sens à ma vie…

Long John (2004)

février 5, 2005

Existence d’un homme

Croître sans grandir,

Sortir des gonds de l’enfance, sans s’ouvrir

Rester entre deux mondes, accroché à cette porte,

Qu’est ma faiblesse, mon corps

Qu’est la peur de vivre, la peur de la mort…

La boisson m’emporte.

Encore une journée qui passe dehors…

Hors de moi,

Depuis longtemps déjà,

Je trace mon étroit sentier,

Qui tourne en rond, sans rebondir…

J’essuie mes larmes, comme mes échecs,

Payant comptant en jours gâchés ;

Je signe chèques sur chèques

Vide mon compte de tous ses sentiments…

Au pied du glacier, j’attend, mais j’ai peur de l’avalanche…

Toi qui m’écoute, toi qui suis moi,

Toi qui rêve quand je m’endort,

Permet nous de ne pas mourir de froid…

Ce soir, je me demande très fort,

Comment changer mes lois,

Pour pouvoir choisir ma vie, mon ange,

Ce soir j’ai envie que tout s’arrange…

Je suis le futur, je suis le passé,

Mais sans présent, rien n’est plus,

Rien d’autre qu’une impasse,

Un autre moment de plus…

Je vois se lever le jour

Sur une ville endormie

Le ciel est noir, lourd

Ma tête retrouve l’envie,

Détruire et reconstruire…

Je retrouve un goût à tout ça,

Une sensation de dégoût, dégoût,

A boire et déboire ma vie,

Je suis prêt au combat

Retourner dans ma misère

Est mon choix

Je vaincrai ou je partirai…

Les portes de la lumière

Ne sont pas

Comme je le croyais

Dans ces verres ;

Sombrer pour ne pas sombrer

Etait un mauvais choix,

Une absence de choix,

Une absence de choix…

Toi qui m’écoute,

Toi qui suis moi,

Toi qui rêve quand je m’endors

Je pense qu’il est temps

De vivre peu à peu,

Réponds si tu m’entends…

Je pense que je le peux,

Me séparer de toi,

Mon gars,

Liqueur qui emplit mon estomac

Que je bois, trop souvent,

Que je bois trop souvent,

Toi qui suis moi, toi qui suis moi

Long John…

Toi qui suis moi, toi qui suis moi,

Long John…

Je pense qu’il est temps

De vivre peu à peu,

Réponds si tu m’entends…

Je pense que je le peux,

Me séparer de toi,

Long John…

Juste une dernière chose… (2003)

janvier 5, 2005

Juste une dernière chose…

Tu dis que la vie a changée,

Bouche pleine de sourires

Tu parles depuis trop longtemps…

Laisse-moi, laisse-moi

Je suis occupé à souffrir,

Car tes yeux ne mentent pas…

Transparente description

De tes idées obscures,

Ils me hurlent de sang froid

Cette apparente disparition

De celle que j’aime…

Trop, de mystères en toi,

Le mystère c’est plein d’espoirs déçus.

Trop de colère dans ma voix,

Trop de peur dans ta vue

C’est mieux que tu sortes je crois…

Si je pouvais,

je vendrais mon âme

Pour déranger

la marche du temps,

Si je pouvais,

je vendrais mon âme au diable

Mais j’en suis bien incapable,

Je suis innocent

Je ne paierai pas comme un coupable

Je n’aime ni le feu, ni le sang…

J’attendais pas

Cette réponse que tu m’as faite

A une question jamais posée,

Réponse imparfaite

Que t’as opposée

Sans rien proposer d’autre

A mon fragile bien-être

A ma vision délabrée

D’un amour décadent,

Pleine de belles illusions

De souvenirs toujours présents…

Je m’écarte

Un train qui passe

C’est mon bonheur qui déraille

Vaut mieux que je parte

Vaut mieux que tu t’en aille…

(………………………………………………………………………………)

Fragile remontrance,

Le regard triste m’en veut,

Entretient le lourd silence.

Pièce vide de sons, pleine de sens,

Réduite à quatre yeux fâchés,

La chambre attend.

La peur complique le couple,

Nous avons peur de nos propres ombres,

Peur d’avoir peur…

Nous nous sommes trouvés, je t’ai suivi.

Tu m’as montrée une île vierge

Pour y construire mon existence,

Une île aux douces berges,

Qui n’attendait que mes semences.

Même si tu parts,

Je ne serai plus ce que j’étais,

Rien de moins que plein de vide;

Il me resterait une terre triste

Devenant peut-être sèche et aride,

Mais où je pourrais enfouir ton souvenir

Plutôt que de me noyer avec lui…

Je me sent souffrir mais vivre…

Si je pouvais,

je vendrais mon âme

Pour déranger

la marche du temps,

Si je pouvais,

je vendrais mon âme au diable

Mais j’en suis bien incapable,

Je suis innocent

Je ne paierai pas comme un coupable

Je n’aime ni le feu, ni le sang…

Je n’aime ni le feu, ni le sang

Je n’aime ni le feu ni le sang….

La boite (2005)

décembre 5, 2003

La boite

Une boite sur la table. Joliment décorée. C’est pour elle… Cool ! Enfin il y a pensé. Pour leurs retrouvailles, après les vacances, c’est bien.

Pourtant la boite ne s’ouvre pas. Rien ne sort de la boite… Elle regarde, incertaine, son cadeau vide. Contente, certes, mais… Une envie de râler flotte dans sa tête. Devant son air ambigu, on s’explique : « La valeur du contenant, la sincérité du message, remplissent d’eux-mêmes une boite qui serait vide… Elle est pleine d’amour, quoi… »

C’est gentil. Après un mois de retard, une boite vide… C’est gentil, mais… Elle se sent presque déçue. Son imagination avait inventé d’autres cadeaux. C’est pas grave, juste un peu dommage. Des longueurs d’ondes légèrement différentes. De plus en plus, peut-être, elle ne sait pas, ne sait plus. Ce n’est quand même pas une futile histoire de cadeau d’anniversaire qui va remettre en cause son couple.

Lui, en face, est plutôt amusé de son dépit ; le jeune homme offre des excuses légères et son sourire. Ses yeux brillent, c’est un enfant. Elle oublie un peu sa déception. Réconciliés, leurs regards les lient jusqu’au baiser.

« Alors, tu ouvres ? »

A ces mots, la tension qui restait encore dans son cœur retombe. La boite est pleine ! Un vrai cadeau ! Elle exulte doucement. Sa petite joie futile la remplit d’une petite honte piquante, pas désagréable.

Elle se souvient bien maintenant de ses sentiments pour lui… En a t’elle doutés, le temps d’un cadeau ? …

L’ogre a faim (2003)

novembre 5, 2003

Comme disait ma femme, le soir est un ogre. Et l’ogre à faim.

Je vous le dis, ma p’tite dame, n’allez pas dans le bois ces jours

prochains, surtout la nuit. On raconte des choses pas ben belles…

Des histoires d’hommes, de bêtes, d’homme-bête, où les femmes

n’ont pas leurs place…

Heum… Vous êtes au courant de cette rumeur, c’est le

Jeanot qui m’en a parlé, comme quoi la châtelaine aurait disparue?

… Vous n’êtes pas d’ici? Je m’en doutais, on ne vous avais jamais vu.

Ca me fais peur, vous savez. Je suis pas un

mauvais gendre, je ne fuis pas le danger. Mais le malheur…

(Toctoctoc) Ah, tien, vla t’y pas le fils du

teinturier qui vient boire sa goutte. Il perd pas le

nord. La jeunesse n’a plus peur de rien, elle ne voit pas

tout. Elle n’a pas vécue les années sombres.

« Salut garnement, une petite prune? Il parait que tu

le mérite bien. D’ou te viens ce sourire rayonnant?

Comment? ahah, la jeannette? J’aurais pas pensé qu’elle

crut si peu en l’église. Que diras ton père s’il

l’apprend? Oui, t’as bien vrai, il est bien trop occupé

avec la veuve. Bon allez, file, laisse nous bavarder un

peu, plutôt que de nous amuser avec tes gamineries… »

Quelle insouciance…

Comme je vous disais, mieux vaut rester terré

quelque jours. Je le sents. Des gens bizarres rodent.

Si je me permets de vous raconter ces choses, c’est pour vous.

J’éprouve une certaine chaleur pour votre si beau visage, je suis tenté

de vous faire confiance. Vous savez, ma femme est partie depuis

plusieurs années rejoindre ses parents, paix à son âme.

Vous pouvez facilement avoir une chambre gratuite au

village ce soir… La mienne. … Non, ne répondez pas,

je m’excuse…

– Que cherchent les gens qui rodent?

-Ils parlent peu, quelques-uns ont l’air bons, mais je préfère que certains

parmi les autres n’amènent pas leur puanteur ici…

-Certes, mais que veulent-ils?

-J’ai entendu dire qu’ils recherchent un démon, une

enchanteresse qui prendrait la place de ces femmes qui

disparaissent… Mais je ne sais que croire, on raconte que

ce sont des morts, je me méfie d’eux.

-Depuis que je suis revenue en ces mondes, je suis

étonnée chaque jour. L’illusion se construit si facilement,

la peur se nourrit plus d’images que de monstres.

-Je ne comprends pas bien…

-Tout comme la mémoire, la vivacité d’esprit n’est

pas votre fort.

-… Cela n’a pas l’air d’un compliment. Votre bouche parfaite peut-elle donc faire souffrir?

Je n’aime pas les sous-entendu, le monde en est

déjà suffisamment pourvu. On ne sait rien, on croit

tout… Ce pays me courbe le dos, faire suer ma tête à

s’inquiéter me pèse. En existe-t’il d’autres?

– Un dont je reviens il y a peu. C’est – je m’en délecte à chaque instant – comme un reflet à l’inverse, de ce qui vous entoure. N’est-ce pas étrange? Chaque chose prend alors plus d’importance, car elle n’est que la moitié d’elle même, on ne peut la juger que face à son contraire. Là-bas, la vérité prime, le mensonge est impensable, les gens ne possèdent pas cette faculté. Mais depuis mon arrivée, la vérité ne sort plus sans autre choix de ma bouche. Parfois je ment, juste pour voir. Il m’est arrivé de faire bien pire, pour essayer de comprendre.

Mais je n’y arrive pas, monsieur l’hôtelier, je n’y arrive pas…

Il me semble que votre horloge s’est tue, on n’entend plus

son balancement familier, séculier.

-Elle se fait fatiguée, l’humidité la ronge…

-Ce qui vous entoure a bien des torts. De quelle

maladie est morte votre femme?

-Une de ces chose qui traîne. Je ne veux pas mêler

notre bon Dieu à notre malheur, il ne peut pas tout

empêcher.

– Le mensonge vous est facile, je suis presque admirative.

Peut-être ne savez vous vous-même plus ce que vous êtes sensé être le seul à savoir.

Encore une fois, le reflet se trouble, j’ai mal, si mal…

-Vos paroles m’enivrent, elles sont si douces…

Je n’ai point envie de les comprendre, il me suffit de flotter dessus…

-Douces mais tragiques. Fascinant pouvoir que celui-ci. Mais il vous condamne, Firmin.

Mes paroles sont despotiques, elles réduisent les hommes en esclavage.

J’aurais aimé que tu comprenne, au lieu de désirer, mais tu envies plus mon corps que des vérités douloureuses…

-Je devrais pleurer mais je sourie, je ne comprends pas mais saisis ton visage dans mes yeux…

C’est donc toi que tous ces gens recherchent?

-Je ne leur en veux pas, ils sont innocents, c’est tout. Je ne me hais point, ma démarche est saine. J’expérimente pour ne pas me tromper. Je me crois juste. J’ai envouté des hommes par quintaux, j’ai pris leurs place. Vu ce qu’ils éprouvaient, l’amour, la haine, la folie. Des choses merveilleuses à lesquelles je ne pensais pas, des abominations parfois. La nature humaine est si vaste. La châtelaine était horriblement malheureuse, je l’ai donc tuée comme je l’avais été moi-même. Son honorable mari sera puni par elle, je l’y aiderai. J’ai ainsi permis à quelques êtres, femmes, hommes, enfants, de quitter un malheur que je lisais sans fin, pour qu’ils puissent à leur tour vivre dans l’autre monde, et revenir venger leur vie gâchée.

Entre ange et démon, je suis allé plus loin que l’ordre établi, j’ai élargi ma mission. Il faut maintenant que je la termine, avec toi.

-Nous pourrions être heureux, ensemble, je t’en supplie, je t’aime tant.

-Malheureusement tu ne comprends plus rien, mon pouvoir absorbe tes sens. Je suis ta femme, Firmin, tu m’as étranglé avec jouissance il y a longtemps déjà. J’ai essayé de comprendre pourquoi, la responsabilité du monde, de ce mal pervertissant que tu aimes à t’imaginer pour fuir ta folie. Mais le jugement est sans appel. Tes yeux écarquillés me font presque sourire… Prend le grand couteau, derrière toi. Coupe toi un bras, l’un des deux, forcément.

– C’est toi? Je ne sais pas… Me couper un bras est vraiment nécessaire? Je n’arrive pas à couper l’os. Ah, ça y’ est. Tournedieu, je n’ai jamais eu aussi mal. Je vais devoir veiller tard pour éponger le sang qui coule.

-Ne t’inquiète pas pour ça. Ouvre toi le torse, délicatement. Firmin, je suis très heureuse de t’avoir revue, ça fait tellement longtemps que je m’y prépare. L’étranglement est tellement barbare. Pendant des années, j’avais le goût de ma propre mort dans la bouche. J’avais peur de perdre mon pouvoir devant toi, de vomir à ta seule vue. Il va falloir que j’y aille. Tu te tueras comme bon te semble après mon départ.

– Tu as raison, il est temps que je meure. L’autre monde m’attend.

-Tu n’iras nulle part, tu mourras, tout simplement.

Le néant est le prix de ceux qui perdent. Tu as gâché ta

chance de vivre.

-Ainsi, c’est fini? … Je regrette, je ne m’aime pas, je fais sûrement bien de partir… Mais encore une fois, ce que je dis n’a que peu d’importance, ceux qui nous ont créés me rendent le mépris que j’ai montré ,j’ai brisé la création, par plaisir, de nombreuses fois. Je n’étais pas fais pour être créé, à qui la faute?

-Je sais. Ou plutôt je ne sais pas. Meurt bien…

-Oui…