Quel maire ?

Publié juin 24, 2020 par chouka
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Quels sont les déterminants pour un second tour ?
Une personne : Moudenc a fait le boulot, mais comme un commissaire européen, un techno. Que reste t-il de lui, quelles interventions médiatiques ? Il n’a pas déshonoré mais n’a pas imprimé… Il est resté à LR, n’a jamais joué sa carte personnelle comme si Toulouse ne méritait pas de se mettre en avant. Du coup cela ressort sur la Ville.
Maurice est encore moins connu, semble humble et rassembleur. On pourrait dire un peu effacé, voire fade ? Peut-il se révéler ?
Un bilan : 
Moudenc a eu une politique modérée, à part quelques hausses de tarifs limitées, il a augmenté les impots pour investir (même si avait indiqué le contraire), choix plutôt de gauche, la collectivité a été bien gérée, il a soutenu l’économie locale, et le projet de 3eme ligne s’est imposé.
De plus il a eu une politique de sécurité qui manquait sous Cohen je trouve.
Quelques projets menés à bien, comme le parvis de la gare. Les remblas ne sont pas aboutis il me semble, la place du vélo notamment, précipitation pré-électorale peut-être.
Mais il n’a pas incarné de projet ambitieux à moyen terme, que sa convertion verte des dernières semaines ne remplace pas. Il n’a pas mis en lumière ses réussites pour projeter un imaginaire désirable. Il n’a pas rendu Toulouse visible sur le paysage français, est resté un notable techno, intelligent et s’exprimant bien mais sans plus.
Une campagne :
Sur la fin de campagne, crispation entre campagne positive, oser et imaginer, contre campagne de peur et de repli. 
Une équipe / une alliance : Sens commun / quelques France insoumise et une gilet jaunes marginaux. Ne pas s’arrêter aux caricature à ne pas sur-estimer. Qui tient la manette ?
Question de stabilité est néanmoins à poser pour Archipel. Mais je pense que EELV a bien manoeuvré notamment dans la fusion entre deux-tour pour avoir un pôle stable.
Une vision : 
Ecologie, social, démocratie d’un coté, sécurité et propreté de l’autre. Le focus sur l’économie doit être regardé. Il n’y a jamais eu de débacle économique après la victoire d’une majorité de gauche dans une ville. Et il faut que l’économie s’adapte aussi, notamment dans ce moment exceptionnel, l’aéronautique.
Traduction de ces priorisations différentes, les sondages montrent de manière flagrante que Moudenc est majoritaire sur les plus de 65 ans.
Un ressenti, une tradition politique…
 Ca aurait tellement plus de gueule une victoire écolo à Toulouse que voir Jacob indiquer que LR a gagné les municipales, malgré la perte de Marseille, car ils gardent la plupart des grandes villes… La tête des militants qui tractent, l’ambiance de fin de campagne, le choix des proches, se raccrocher à une tradition politique (voter Moudenc c’est quand même voter LR, il n’a pas fait le choix de le quitter). Il y a une part d’affectif ou d’irrationnel aussi dans les choix.
Une stratégie politique nationale :
 Une victoire EELV participerait à la redéfinition de la gauche de demain, autour d’un pôle écolo. Cela constitue la politique par la preuve : les écolos peuvent gérer des grandes villes. Cela les professionnaliserait et les crédibiliserait, tout en les canalisant de dérives simplistes ? Faire élire archipel peut aussi avoir l’effet négatif de récompenser une stratégie brouillonne, qui aurait pu leur échapper, et qui pénalise ce deuxième tour, lorsqu’on voit quelques colistiers moins vendeurs que d’autres…
Un programme
LGV et 3eme ligne ? Peu de différence réelle sur le fond je pense, sur la LGV cela dépasse le territoire métropolitain.
Sur le quotidien, des ajustements. Marqueur fort EELV est surtout un engagement écolo plus sincère, et quelques mesures sociales. Il faudra démontrer la capacité à gérer financièrement sur la durée des promesses généreuses.
Faiblesses : naîvetés sur la sécurité ? Eviter le dogmatisme sur l’économie. Démocratie citoyenne ? Mitigé, je demande à être convaincu, j’ai peut etre une vision caricaturale sur ce sujet.
Un risque :
Alors que le monde change, le coronavirus a montré que ce qu’on pensait stable ne l’était pas, et que les solutions impossibles ne l’étaient plus. Le moment d’oser ?

Faut-il craindre le coronavirus ?

Publié avril 8, 2020 par chouka
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Pas évident de se faire un avis. Quand on voit les mesures prises par la Chine, puis maintenant l’Italie, on se dit que c’est potentiellement très grave.
Mais quand on regarde les chiffres, cela semble être une grosse grippe. Un peu plus de mortalité ou de cas graves, et encore à confirmer. Pas forcément saisonnier, et une immunité qui ne durerait pas. Bref un truc chiant, qui vient en plus de la grippe donc certains peuvent avoir la double peine, et une charge supplémentaire pour le système de santé.
Mais ne faut-il pas surtout craindre la sur-réaction paranoïde des politiques guidés par l’opinion guidée par l’information en continue et les réseaux sociaux ?
Si on faisait le même décompte journalier des cas et des décès liés à la grippe ou au tabagisme passif, imaginez la psychose ! Des dizaines de morts par jour, plusieurs millions de cas !
Donc que au départ de l’émergence d’une nouvelle maladie on veuille essayer de la contenir par tous les moyens, OUI.
Une fois qu’elle commence à se propager, essayer de la ralentir pour préparer le système de soins, OK.
Bien sûr renforcer la surveillance des personnes à risque, protéger les soignants, s’équiper en appareil respirateurs, chercher un vaccin !
Mais ensuite commencer à fermer des écoles, mettre des villes en quarantaines, alors que de toute façon l’épidémie est là, et reviendra par d’autres pays une fois les quarantaines levées ? Entraver la circulation et la vie quotidienne de tous ? N’y aura t’il pas plus de morts à cause des quarantaines que du virus covid19 dans ces pays là (malades empêchés de soins, hausse des suicides…) ?
Sans parler du blocage total des économies, des pertes de revenu pour des milliards de personne ?
Enfin, les réactions individuelles aggravent encore le truc, avec des paranoïa en tous genres, les gens ne veulent plus tenir un bureau de vote, voire aller voter, ils font des réserves dans les magasins, ils invoquent des droits de retrait…
Tout ça pour une grosse grippe ?
Bref, je suis pour prendre cette situation au sérieux, mais réellement au sérieux, pas dans une réponse intuitive et démesurée qui pourrait être un problème bien pire que le mal d’origine.
Progressivement cette maladie va se répandre, il faut traiter l’engorgement et les cas graves, la continuité des services publics s’il y a beaucoup de malades. Arrêter de compter les cas journaliers.
Je fais confiance aux autorités sanitaires pour juger de la dangerosité réelle, d’ailleurs la réaction en France jusqu’ici me parait plutôt adaptée et cohérente par rapport à d’autres pays.
Après on sait que politiquement il sera toujours plus facile de surprotéger, même si l’analyse coût-avant avantage ne va pas dans ce sens.
Mais je ne suis pas médecin peut être qu’il faut être plus alarmiste ? Amis médecins, amis hypocondriaques, amis prudents, sereins ou confinés, qu’en pensez vous ?
Complément 10 mai : Pour nuancer avec ce que j’ai entendu ces derniers jours, la problématique semble être la suivante : Certes en soit la maladie n’est globalement pas plus grave que la grippe, peut être un peu plus longue ou avec un peu plus de cas compliqués. Mais comme c’est une nouvelle maladie, sans résistance de nos corps, si on ne fait rien, elle peut se propager vite et fort. Le risque est donc une submersion du système de santé qui ne sera plus en capacité à traiter les cas sérieux car ils seront trop nombreux.
On voit d’ailleurs en Chine que le taux de mortalité baisse en fonction du nombre de cas par ville : là où le système est dépassé il y a plus de morts.
Donc cela justifie des mesures fortes destinées à ralentir la propagation, étaler le pic.
Mais dommage que cela soit rarement exposé comme ceci, plutôt sous l’angle de la peur individuelle (peut être plus efficace qu’un appel au civisme basé sur la raison).

Les gagnants du nouveau système de retraite.

Publié janvier 24, 2020 par chouka
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Qui vont être les gagnants du nouveau système de retraite ?
J’ai fait ma petite simulation sur excel. Quelques grands gagnants sont :
1/ Les métiers peu qualifiés qui passent leur carrière proche du smic.
En effet on part de la même base de cotisation globale. La répartition est aujourd’hui aiguillée sur ceux qui avaient relativement aux autres les 25 meilleures années. Cela avantageait ceux qui progressaient beaucoup dans leurs salaires, notamment les cadres et les employés qualifiés, ou encore les fonctionnaires (puisque pour les fonctionnaires, dont les enseignants il y a une progression faible mais régulière à l’ancienneté, et que sont comptés les 6 derniers mois).
Demain le même montant sera réparti sur l’ensemble des salaires versés sur la carrière. Cela avantagera ceux qui ont un salaire qui progresse peu : les métiers peu qualifiés qui passent leur carrière proche du smic notamment.
2/ Ceux qui travaillent longtemps avec un faible salaire : certains agriculteurs, petits artisans ou commerçants, qui travaillent longtemps sans gagner énormément : le minimum de retraite pour une carrière complète sera de 1000 € contre 830 € actuellement.
3/ Probablement les enseignants : ce sont les perdants du nouveau système si on l’applique mécaniquement. Mais ils ont eu l’engagement que leur retraite serait garantie, au même niveau qu’un catégorie A équivalent, donc j’imagine que c’est proche de ce qu’ils ont actuellement. Et en plus, pour arriver à ceci, il y aura une augmentation progressive, sur 10 ans, de leur rémunération, dès 2021. Bienvenue, car ils partent de loin notamment si on compare avec les autres pays (même s’ils ont pas mal de vacances mais cela ne suffit pas).
Les perdants seront donc plutôt les hauts-salaires, ceux qui avaient une progression forte, ainsi que les nouveaux entrants sur les ex régimes spéciaux qui n’en bénéficieront plus.
De nombreuses personnes, de bonnes ou de mauvaises foi, s’insurgent du fait, erroné, que les niveaux de pensions vont baisser du fait d’un calcul sur toute la carrière. Voici un article qui explique assez clairement le contraire, confirmant ma simulation excel.
Retraites : qui va profiter de la fin de la règle des 25 meilleures années
La sélection des années les mieux rémunérées dans le secteur privé pour calculer le montant de la retraite favorise actuellement les carrières ascendantes, mais pénalise les carrières plates ou hachées. En mettant fin à cette règle et en accordant un poids plus important aux salaires de début de carrière, le futur régime par points opérera une redistribution vers les plus fragiles.
Sur le fond c’est un projet ambitieux, intéressant, qui permettra une lecture plus simple, plus équitable, qui favorise les reconversions professionnelles, et qui pourra améliorer quelques situations aujourd’hui difficiles. Attendons les détails. Probablement des compensations pour que certains ne soient pas perdants (fonctionaires, notamment enseignants et policiers), une mise en place progressive, une sécurisation du point.
Je partage globalement la position de la CFDT. Et je ne comprends pas bien ce que le PS vient faire dans ces manifestations.
Le positionnement de Laurent Berger me plait, intelligent, courageux, exigeant sur le fond. Vision qui prend en compte, à partir d’un diagnostic que je partage, les enjeux de l’époque, et ne cède pas aux caricatures et la démagogie. Et ceci va au-delà de la question des retraites, puisqu’il prend position sur la protection de l’environnement par exemple. Cette pensée d’avenir n’est plus portée par le ps, on le voit tragiquement sur leur positionnement sur la réforme des retraites, où outre s’opposer par posture à une réforme d’inspiration sociale-democrate, certains n’hésitent pas a s’ appuyer sur des arguments factuellement faux. S’accrocher aux branches de la demagogie pour ralentir leur disparition est peut être la stratégie la plus facile mais je la regrette.

Législatives : Pourquoi En marche va avoir la majorité à l’assemblée nationale

Publié mai 14, 2017 par chouka
Catégories : Présidentielles 2017

Tous les concurrents de la République en Marche (REM) ont intérêt à laisser penser qu’une cohabitation est possible, pour maintenir une mobilisation de leur électorat et limiter la casse.

Mais il est largement probable que REM aura une majorité, et probablement absolue.

I : Des logiques politiques

Un vote par défaut ?
Le second tour si particulier, contre le FN, et surtout un premier tour resserré entre 4 candidats, peuvent laisser penser à certains que Emmanuel a été mal élu, par défaut… C’est en partie vrai, inévitablement au vu de la situation politique particulière. Mais c’est à nuancer. Ce n’est ni la première fois,  ni significatif. Ce sont surtout des éléments de langage de Mélenchon qui veut faire oublier qu’il a terminé 4eme de l’élection, voire 5eme si on inclue les abstentionnistes (comme il le fait pour l’analyse du second tour..).

Je trouve indécent que tous ces partis qui ont perdu suite à une campagne longue et fatigante veuille refaire le match, refaire le débat, remettre en cause la légitimité de l’élection dès la proclamation des résultats, parfois de manière offensante pour les électeurs macronistes convaincus…

D’ailleurs si on considère que entre 40 et 60% des électeurs de Macron l’on choisi par conviction, selon les enquêtes, cela représente plus de voix que le vote d’adhésion pour LePen, à 80%. Il n’ y a donc pas eu besoin des votants barragistes pour gagner, cela a seulement suffit à amplifier.

Etre minoritaire et obtenir une majorité ?

Certains analystes font un contresens : une enquête à indiqué le soir de l’élection que seulement 40% des électeurs souhaitaient que Macron ait une majorité législative. Une autre enquête quelques jours suivant indique 52%. Pour certains, ces chiffres sont faibles, et augurent d’une possible faiblesse législative.

Or c’est loin d’être le cas : d’une part il faut comparer avec les autres partis, question non posée : combien veulent une majorité FN, une majorité FI ou une majorité LR ? Structurellement, lorsqu’il y a plusieurs forces politiques proches, personne n’emporte une adhésion majoritaire.

De plus, avec sa position centrale, susceptible de recueillir des votes de barrages à la fois de droite comme de gauche, selon les cas, on peut penser que En Marche sera par ailleurs souvent bien placé au second tour. Beaucoup se joue donc au premier tour. Quelques points d’avance au niveau national peuvent suffire à faire une large différence. Comme à la présidentielle, le premier tour détermine le second.

Gauche morcelée et faible, droite démobilisée, prime présidentielle

La gauche morcelée, entre la France Insoumise, mais aussi le PS, et de nombreux petits partis, communistes, verts, sera très probablement balayée dans des proportions inattendues.

L’état de faiblesse du PS, dont beaucoup ont tourné la page, en fera seulement un boulet pour la France insoumise. Localement, quelques figures bien implantées peuvent encore se hisser au second tour, mais il n’y aura probablement pas plus de quelques dizaines de députés, peut être même moins de 20.

D’autant que la France Insoumise a une partie de son électorat moins participationniste (jeunes, quartiers populaires métissés), ce qui se ressent plus fortement aux législatives. Et que sa position entre les deux tours a été critiquée par une part de sa base.. Là encore, même si Mélenchon arrive à faire une campagne forte, qui mobilise, qui garde vers lui les électeurs PS conquis à la présidentielle, il pourra difficilement obtenir plus de quelques dizaines de députés.

La droite peut-elle résister ? Une forte dramatisation des législatives, qui entraine une abstention faible, et un effondrement du FN, en difficulté de leadership, peuvent-elles entrainer une cohabitation ?

Cela ne me parait pas possible. En effet, c’est ce parti qui a fait corps autour de Fillon, et cela lui est reproché.
Ce parti qui a appelé au Front républicain, ce qui a pu heurter une partie de son électorat droitier. Enfin un parti qui a perdu, qui est traversé de tensions, même si cela ne se traduit pas encore par des transferts de cadres.
Macron a progressivement orienté sa campagne vers le centre droit. Encore en ce moment, en laissant ouverte la possibilité d’investir des députés LR, il tend un piège : qu’ils viennent ou pas, les électeurs de centre droit sont la véritable cible, la porte leur est ouverte même si les députés ne viennent pas..

Ils peuvent néanmoins stabiliser leur score, et devenir largement le premier groupe d’opposition.

Enfin, il y aura nécessairement une prime présidentielle. Ceux qui ont gagné se mobilisent plus. Et même parmi ceux qui n’ont pas voté En marche au premier tour, ou qui ont voté par vote utile, une partie significative (mais combien..) ne voulant pas d’une cohabitation, ou voulant lui laisser sa chance, vont voter pour lui. Effectivement, quelle déception s’il n’avait pas de majorité, quel gachis, cette pussillanimité ne serait pas comprise au niveau international…

Un point positif pour le nouveau Président est qu’il a été largement caricaturé  pour des raisons politiciennes par ses adversaires de campagne : il sera facile à Emmanuel Macron de démontrer dans les semaines de prise de fonction qu’il n’est pas que l’héritier de Hollande, que malgré sa jeunesse il a la profondeur et l’intelligence nécessaire, qu’il n’est pas le banquier sans cœur que certains ont décrit avec malignité, et qu’il ne fait pas preuve de timidité sur la sécurité.

Pour entraver ce scenario, il faudrait un affaissement du FN au profit de LR, et une nouvelle campagne très dure, faisant par exemple des législatives un referendum sur le droit du travail, comme le souhaite Mélenchon.
Mais il reste 3 semaines de campagne, et les Français ont une attention moindre à la politique, se débranchent un peu après une longue campagne présidentielle. Le gouvernement va être nommé, sauf erreur grave il sera difficile de modifier la dynamique favorable à REM.

Cela sera donc probablement une victoire large ou très large en fonction de la campagne de En Marche

II : L’application aux circonscriptions

Dans le modèle que j’ai élaboré sur la base des résultats du premier tour, cela donne ainsi une victoire large pour En Marche.

Même en prenant l’hypothèse pessimiste, cela donne une majorité absolue à En Marche.

Voici mes hypothèses:

 Participation différentielle EM FN LR FI PS
participation sociologique (age, csp) 0,15 -0,2 0,2 -0,15 0
niveau de demobilisation, dynamique 0,2 0,15 -0,1 -0,15 -0,15

Retour Vote utile ou contraint (absence EELV, PC..) Vers EM Vers FN Vers LR Vers FI Vers PS Vers autres
De EM 0,02 0,02 0,15 0,02
De FN 0,02
De LR 0,05
De FI 0,2 0,1
De PS 0,1

Moindre personnalisation élection /enjeux locaux/ candidats indé Vers EM Vers FN Vers LR Vers FI Vers PS Vers autres
De EM 0,15 0,15 0,05
De FN 0,15 0,02
De LR 0,1
De FI 0,05 0,05
De PS

Perte LR suite à consolidation FN 2eme tour Vers EM Vers FN Vers LR Vers FI Vers PS Vers autres
De LR 0,03

II/ Gain pour éviter cohabitation
Gain cohérence présidentielle (base électorat Macron car vient compenser le retour de vote utile..) EM FN LR FI PS De autres
En faveur de EM 0,1 0,2 0,05

Et le résultat de cette simulation en pourcentage au niveau national :

EM FN LR FI PS
20,47% 17,09% 21,30% 10,78% 12,09%

Avec une présence au second tour :

EM FN LR FI PS
357 232 496 21 26

Au deuxième tour,j’ai fait des hypothèses de report en fonction des configurations de second tour. Face au FN, j’imagine qu’il y aura un front républicain, mais plus faible que lors de la présidentielle. Face à LR, ou à FI, je pense qu’une partie des autres candidats se reportera sur EM, force la plus centrale face à l’adversaire. Au niveau local, l’abstention au second tour sera plus forte dans ces cas de figure, mais une partie de l’électorat de gauche préfèrera voter En marche et majorité présidentielle, plutôt que LR et cohabitation incertaine.

Voici ce que cela donne :

EM FN LR FI PS
305 6 237 2 15

Cela montre donc que même avec une hypothèse faible, EM autour de 21%, selon mes hypothèses, proche de LR, REM obtient une majorité absolue.

Deux nuances :

  • mes hypothèses de second tour sont peut être un peu trop favorables à En Marche.
  • il s’agit d’une projection qui ne tient pas compte des particularités locales (sauf sous forme d’un léger bonus global pour LR et PS). Il y a quelques élus bien implantés, connus et reconnus, du PS comme de la France insoumise, ou de LR, qui peuvent déjouer ce pronostic hors sol.

Mais ce qu’il faut en retenir, c’est que vu la situation politique fracturée, et la position centrale de REM, il lui suffira d’être légèrement devant au niveau national, c’est à dire massivement au second tour dans les circonscriptions. 

L’enjeu de la participation est donc important. En dessous de 60% de participation au niveau national, il n’y a quasiment plus de triangulaire, ce qui favorise En Marche car souvent c’est la gauche qui n’est pas qualifiée, malgré un score conséquent mais éparpillé.

III : les derniers sondages

Le dernier sondage paru est largement plus favorable à REM : avec un niveau élevé pour En Marche (29%), et une dynamique favorable puisqu’il progresse depuis le soir du second tour. Selon mon modèle, cela aboutirait à une large majorité absolue.

France insoumise fait également un bon score, un peu mieux que ce que j’anticipe dans mon modèle, mais largement inférieur à celui de la présidentielle (14%).
Le PS n’a quasiment pas de sursaut, car il perd des électeurs vers REM et vers les verts.

http://www.bfmtv.com/breves-et-depeches/legislatives-en-marche-en-tete-des-intentions-de-votes-selon-un-sondage-1162106.html

Et maintenant.. Plusieurs simulations et projections pour les législatives.

Publié avril 28, 2017 par chouka
Catégories : Présidentielles 2017

La première étape était difficile, il faut maintenant logiquement la confirmer en gagnant le second tour pour Macron.
Mais il y a surtout une deuxième étape à préparer dès maintenant : gagner les législatives !

En effet, la première étapes est indispensable, mais cette année les législatives sont toutes aussi importantes que les présidentielles.

Bien entendu la victoire est quasi-certaine. En restant prudent et mobilisé, bien sûr.

Les sondages le prédisent, avec des indices de certitude de choix élevés.
Mais au delà, le socle de Macron, déjà supérieur de 1M de voix au premier tour, va s’additionner avec tout une partie de vote « automatique », de rejet du front national, chez de nombreux électeurs de gauche, chez une France immigrée ou proche de celle-ci, ainsi qu’avec tous ceux qui soutiennent des partis de gouvernement, pour qui la politique économique de LePen parait aléatoire.

Et il y a des contrefeux : si les sondages montrent un resserrement au gré de la campagne, si elle met Macron en difficulté lors du débat par exemple, il y aura une mobilisation supplémentaires de ceux qui s’exonèrent du choix car ils sont sûr qu’il va gagner.

Cependant la campagne actuelle est capitale. Faut-il se concentrer pour gagner le second tour avec le score le plus élevé, ou préparer déjà les législatives?
D’une part cela peut donner une dynamique (mais il ne pourra pas se prévaloir de ce score), car s’il gagne un peu juste il en restera une impression de « mauvaise campagne »; de l’autre il peut y avoir un intérêt à privilégier une tactique plus clivante. Il peut se permettre de gagner avec 58% au lieu de 63%, en essayant de créer de l’adhésion pour lui, du trouble chez les républicains ou au PS, pour viser une majorité aux législatives.

Je pense qu’il ne faut pas rester sur une posture morale, comme il l’a un peu trop fait les premiers jours, ou répondre à la caricature par la caricature. Il faut profiter de son temps d’exposition, pour expliquer et détailler ses mesures, répondre aux attaques. Avec une part plus importante de téléspectateur qui auront une oreille bienveillante, lors du débat, il faut capitaliser pour mobiliser son électorat et l’élargir lors des législatives.

Je pense qu’il faut donc jouer sur les deux tableaux, et oser aller cliver pour décrocher une partie des électeurs de leurs partis d’origine pour les législatives. Ceux qui sont venus par vote utile ou car ils n’aimaient pas leur candidat doivent confirmer aux législatives.

Au delà de la tactique, il y a également un enjeu démocratique : aller vers les classes populaires, les zones rurales, pour éviter une fracture trop grande, réelle et politique, et caricaturale entre deux France. Il faut comprendre le désarroi et proposer des réponses. Le discours d’aujourd’hui à Chattelerault est intéressant de ce point de vue (pas de fermeture d’école en milieu rural, précisions sur le déploiement haut-débit…)

La suite après l’élection sera également importante : investitures, nomination du gouvernement, discours de politique générale, gestion des premiers troubles et plans sociaux, entre deux tours. C’est cela aussi qui amplifiera le réflexe de soutien au Président élu, pour éviter une cohabitation, aux législatives.
On se souvient des législatives de 2007, l’impact de la tva sociale, soulignée entre les deux tours, avec une vague bleue au premier tour, (impression que tout était fait) qui a retourné le second tour, entre 50 et 100 députés sauvés pour la gauche.

 

Car les législatives sont particulièrement ouvertes, complexes à anticiper. Voici quelques projections que j’ai faites à partir du fichier des résultats par circonscription.
(Les circonscriptions des Français de l’étranger ne sont pas prise en compte.)

1/ Première simulation de base : j’ai pris les résultats, auxquels j’ai seulement appliqué une participation différentielle à chaque électorat.

Cela peut correspondre à une situation où chaque force à cristallisé son électorat. Ainsi ceux qui ont voté « tactique » pour Macron resteraient (ou bien seraient compensés par autant qui viendraient soutenir le Président pour éviter une cohabitation). Le PS, durablement affaibli, ne reprendrait pas non plus d’électorat à la France insoumise, et EELV et le PC seraient également étouffés. De même à droite. 

J’ai pris comme hypothèse une participation en diminution de 20 points sur chaque circonscription. (cela correspond à une diminution de votant de 23 à 30% en fonction de la participation au premier tour, voire 68% sur certaines circonscriptions d’outre mer).

En effet lorsque l’abstention augmente, (entre présidentielle et législative par exemple) il a été constaté qu’elle augmente encore plus dans les endroits qui participent moins.

Pour la participation différentielle j’ai pris en compte deux éléments : on constate que certains électorats votent moins aux législatives que d’autres (catégories populaires, jeunes). Par ailleurs j’ai pris en compte le fait que les électorats des vainqueurs se mobilisent plus que ceux qui ont perdus, (notamment face à des partis en crise).

J’ai donc pondéré la baisse globale de participation par électorat (ex : pour le PS, la diminution de votant sur la circonscription est diminuée de 10% du fait de la sociologie, mais est augmentée de 15% du fait d’une moindre mobilisation)

  EM
FN
LR
FI
PS
participation sociologique (age, csp) 0,2 -0,3 0,3 -0,2 0,1
niveau de démobilisation, dynamique 0,25 0,15 -0,1 -0,15 -0,15
         

 

Le résultat est :

moyenne des circonscription :

EM
FN
LR
FI
PS
26,74% 19,65% 20,70% 16,93% 6,15%

Cela donne lieu à 63 triangulaires, et 503 duels.

Voici la présence au second tour :

EM
FN
LR
FI
PS
516 274 276 129 0

Je n’ai pas eu le temps d’aller plus loin dans l’analyse pour l’instant.

Première indication : avec une participation nationale autour de 58%, il y a assez peu de triangulaire.
Cette hypothèse correspond à un ras de marée pour EM, avec un FN également très fort.

 

2/ Deuxième simulation : j’ai simulé des transferts de voix entre les partis, en fonction de plusieurs critères, puis j’ai appliqué la participation différentielle.

Il s’agit d’un premier jet « instinctif ». Le résultat me parait peu probable, donc j’ai effectué une troisième simulation. Mais parfois à trop censurer ses premières analyses, on passe à coté de certaines choses, je présente donc cette hypothèse.

J’ai pris en compte les retour de « vote utiles » portés sur EM et FI sur les autres partis, mais également la volonté d’éviter une cohabitation, qui tempère le premier mouvement.
J’ai également intégré la différence législative/présidentielle : enjeux locaux, moins personnalisé (bénéficie à LR et PS, mais nuit à FI), ainsi que la présence de candidats PC, EELV, divers gauche et divers droite. J’ai également considéré qu’une part des électeurs LR seront cristalisés sur le Front national par le second tour, ceux qui n’accepteront pas que leur parti appelle à voter Macron alors qu’ils se sentent plus proche du FN.

Considérant l’ancrage local, il est à relativiser : les nouvelles limites au cumul des mandats génèrent un renouvellement important, y compris dans les partis existants. Par ailleurs En Marche aura aussi un ancrage, par des députés sortants, ou en choisissant des personnalités qui ont un existence locale.

Cela donne donc :

moyenne des circonscriptions :

EM
FN
LR
FI
PS
25,13% 19,70% 17,13% 9,72% 11,24%

Avec 555 duels et 11 triangulaires. En effet il y a plus d’éparpillement des voix.

Cela donne une présence au second tour :

EM
FN
LR
FI
PS
536 369 186 4 48

Avec ces premières hypothèses, EM et le FN ressortent très forts.
LR est faible, et l’éclatement entre PS, FI, une partie restant sur Macron, et le PC,EELV, le PRG, l’extrême gauche balaye la gauche de la carte.

Cela parait cependant trop favorable à EM, au détriment de LR et de la gauche.

J’ai donc fait tourner une 3eme hypothèses.

3/ 3eme simulation : j’ai augmenté le retour des votes utiles, et diminué le réflexe présidentiel, ainsi que réduit les différences de participation différentielle. C’est en gros l’hypothèse moins favorable à En Marche, si la campagne jusqu’aux législatives n’est pas bonne.

moyenne des circonscriptions :

EM
FN
LR
FI
PS
20,47% 17,09% 21,30% 10,78% 12,09%

La gauche hors EM étant toujours très éclatée, cela entrave fortement son accès au second tour. Une repolarisation plus classique, avec un affaiblissement du FN et de EM par rapport à ses scores de la présidentielle profite logiquement à LR.

EM
FN
LR
FI
PS
357 232 496 21 26

Il n’y a alors aucune triangulaire. En effet le FN est plus haut là où l’abstention est forte, donc où le seuil pour atteindre une triangulaire est élevé.

Cependant cela ne préjuge pas des reports au second tour : EM étant une force centrale, elle peut être difficile à battre au second tour, lorsqu’il y a des réserves, notamment à gauche. En effet le PS et FI se neutralisent, alors qu’ils ont des scores corrects en cumulé dans cette hypothèse.

Donc quelques enseignements si mes calculs et hypothèses sont valables : gauche divisée en mauvaise posture, EM peut avoir une majorité, même absolue, mais une victoire de la droite ne peut pas non plus être exclue, bien que la force du FN pénalisera LR.

Avec les dilemme de ligne, de leaderchip que LR va avoir, et la concurrence du FN, si Macron réussit sa campagne de second tour et ses premières semaines de Président, je pense qu’une majorité forte pour EM est le plus probable, mais peut être pas absolue.

 

Je referrai probablement tourner mon modèle à nouveau dans les prochains jours, peut-être avec de nouvelles hypothèses, ou en tentant des projections de second tour, si j’ai le temps.

 

 

Pourquoi Macron..

Publié avril 22, 2017 par chouka
Catégories : Présidentielles 2017

La campagne est désormais terminée.

Voici en quelques lignes pourquoi un vote Macron me parait pertinent.

1/ Le Pen et Mélenchon : deux candidats qui proposent des programmes inapplicables (ils n’auront pas la majorité parlementaire, et ils soumettent leur programme à des référendum peu gagnables), voire dangereux pour des raisons différentes.

LePen : je ne partage pas ses valeurs, sa démagogie, son programme. Elle souligne parfois quelques problèmes bien réels (zones rurales, agriculture, fracture avec certaines élites, insécurité quotidienne..) mais propose la division, la stigmatisation et le simplisme comme réponses. Son programme économique n’est ni chiffré ni soutenable : énormément de dépenses nouvelles pour faire plaisir à ses clientèles. Et son programme ne tient qu’avec une sortie de l’euro et de l’Union Européenne, qu’elle caricature de manière éhontée, qu’elle soumet à un referendum après 6 mois de pouvoir (et elle quitera le pouvoir en cas de réponse négative).

Mélenchon : sous de beaux discours, et quelques mesures intéressantes, se cache une réalité moins séduisante. Son programme économique est déraisonnable, des dépenses immenses sur tous les sujets, sans financement global crédible. Et comme il promet énormément, il va décevoir fortement. Et un positionnement anti-entreprises génant pour relancer la compétitivité et l’emploi. Il s’appuie sur un tel changement, souvent démagogique, des traités européens, que cela signifie bien la sortie de l’UE et de l’euro.
Trop dans l’idéologie volontariste : le réel se pliera à ma volonté, je veux donc ce sera.

Et là où ça devient inquiétant, c’est qu’il veut lancer une nouvelle constituante, sans encadrer le processus. Et dans un mot d’ordre de « dégagisme », et un contexte d’attentats, voire de crise économique entrainé par son programme, cela peut tout donner (du rétablissement de la peine de mort à une radicalisation de gauche en trouvant des boucs émissaire, voire à la confirmation du système actuel) . En clair il n’a pas de programme institutionnel en dehors de la convocation de cette constituante, pour partie tirée au sort…

2/ Fillon : purge de l’etat trop dure, valeurs rétrogrades, et attitude trumpiste génante

Il propose lui aussi, mais dans un autre sens, des solutions inapplicables et démagogiques : sur le rythme de diminution du nombre de fonctionnaires, sur l’enfermement des « fichés S »… Ses valeurs sont rétrogrades, inspirées de « sens commun » qui a pris une place centrale dans sa campagne, qui promet notamment des politiques familiales conservatrices. Enfin, ses affaires, et sa défense scandaleuse, qui n’hésite pas à attaquer la justice et les médias quand cela l’arrange, à affirmer des contrevérités, des fake news…

Enfin c’est le seul candidat qui parait susceptible de perdre contre Mélenchon, voire LePen…

3/ Hamon : un candidat affaibli par son parti, son projet, sa dynamique

Tout d’abord il s’agit de choisir le futur président. Beaucoup va se jouer dans ce premier tour. Au fil de la campagne, qui a privilégié des calculs d’appareils, avec un rassemblement loupé avec la gauche de la gauche, et une campagne parfois agressive et démagogique contre Macron, Hamon est devenu un « petit candidat », comme Dupont Aignan.
On peut voter pour eux si vraiment les autres votes ne sont pas envisageables, mais c’est se mettre en retrait du vrai choix de société entre les 4 candidats qui peuvent l’emporter. C’est d’une certaine manière accepter que les autres électeurs choisissent, à leur place, des combinaisons de second tour comme LePen / Fillon, ou LePen / Mélenchon. Je me souviens de tous mes amis qui ont voté Besancenot, Mammère ou Taubira en 2002, et qui s’en sont mordus les doigts avec LePen au second tour à la place de la gauche..

Concernant Hamon, il a un programme intéressant sur certains points, mais qui manque de cohérence. Il parie sur une fin du travail, que les autres pays ne constatent pas à court terme, et qui ne peut se forcer dans un seul pays. Son programme est lui aussi mal financé, avec notamment 50 Milliards supplémentaires sur la lutte contre la fraude fiscale, alors que celle-ci est déjà menée durement; sa position sur l’Europe est ambiguë, il ne se donne pas les moyens de ce qu’il propose, cela ressemble à Hollande en 2012. Enfin, comme Mélenchon, sa posture anti-entreprise, milieu qu’il connait mal, n’est pas de nature à permettre enfin une diminution durable du chômage.

Par ailleurs il est plombé par un parti sclérosé, enkysté, sans cohérence idéologique, d’où les énergies sont parties, qui a probablement fait son temps. Il propose une politique en rupture avec le quinquennat sortant, mais avec pour la plupart les mêmes députés.

Enfin il n’incarne pas la fonction, la capacité à trancher, à mener le pays ; il veut à nouveau incarner un président normal, et cela ne parait pas efficace ni possible. Son programme est truffé de référendum, de conseils citoyens, de comités de conciliation, et de diverses mesures institutionnelles qui laissent penser que les décisions seront difficiles à prendre, sous prétexte de démocratie directe, qui donnent du pouvoir aux lobbies divers.

4/ Donc, Macron :

Déjà, par défaut, en regardant les autres candidats comme évoqué ci-dessus.

Mais également car il représente un projet intéressant :

L’homme est intéressant, brillant, féru de philosophie, il connait l’économie privée contrairement à ses adversaires. Il a choisi de quitter le monde de l’argent, et a fait des choix audacieux plusieurs fois. Je l’ai parfois trouvé moins bon en débat ou en meeting que dans ses écrits ou ses interview, notamment en début de campagne.

Il a analysé la quatrième révolution industrielle en marche qui bouleverse les modes de production, les rapports sociaux, les pratiques politiques. Il ne nie pas comme d’autres la réalité du pays, d’une dette qui augmente sans cesse et qui nous lie aux marchés, d’un niveau de fiscalité et d’intervention publique déjà très élevé, et que certains veulent encore pousser malgré la contrainte que cela fait peser sur les entreprises.
Mais à partir de ce diagnostic, il fait des propositions réalistes et novatrices et pas seulement des promesses  en l’air ou brutales. Comme l’a dit Bertrand Delanoë, il « crée les conditions économiques pour pouvoir mettre en œuvre une politique de la solidarité ». 

Concrètement, c’est le seul candidat dont je me dise que dans 5 ans l’économie ira mieux, ce qui permet de progresser sur d’autres chantiers.

 

Il y a une logique plus globale de flex-sécurité (droit au chomage pour les indépendants, et en cas de démission pour les salariés), de mise en mouvement de l’égalité des chances, de redonner du travail, et mieux payé (diminution des cotisations sociales sur les bas salaires), concentrer les efforts sur les quartiers les plus déshérités, supprimer la taxe d’habitation..
Et des priorités sur la sécurité et sur quelques grands chantiers (retraites, assurance chomage..) qui me semblent ambitieux. On peut certes penser que Macron est un peu trop libéral sur quelques mesures, mais cela reste de loin le projet le plus cohérent, et qui s’appuie sur deux jambes.
Face aux menaces terroristes et aux grands enjeux (écologiques, numérisations, réfugiés) il permet une forme d’union sur des idées, et non plus sur des seuls réflexes d’appartenance politique, par dessus les vieux partis usés qui sont dans un jeu d’opposition politicien. Il souhaite faire redémarrer l’économie avant toute chose, même au prix d’un peu plus de flexibilité ou d’inégalités, la plus grande des fractures étant le chômage de masse qui persiste. Ensuite on pourra continuer à sécuriser, voire voter pour aller plus loin.
Donc un candidat pas parfait, qui a été pas mal caricaturé, mais cohérent et modéré, et qui permet de renouveler le jeu politique, avec un PS usé qu’il faut remodeler.

Pronostic 1er tour élection présidentielle 23 avril

Publié avril 20, 2017 par chouka
Catégories : Présidentielles 2017

Suite au débat de ce soir, je peux me prêter au jeu du pronostic, même si l’élection est loin d’en être un selon moi.

Là c’est un peu tard, mais on peut faire un exercice d’analyse politique sur l’interprétation des sondages et les mouvements de dernier moment.

Les questions qui se posent :

– les sondages sont-ils fiables ?

La technique est rodée : il s’agit de sondages effectués sur une large base. Leur multiplication diminue encore la marge d’erreur (au sens du calcul de probabilité). Ils ont plutôt montré leur efficacité pour mesurer les tendances, comme je l’indique dans un précédent article. Cependant ils ne sont qu’une photo de l’opinion à un moment donné, avec une marge d’erreur, des indécis. Au vu des derniers sondages, avec des mouvements de dernier moment 4 candidats peuvent encore se qualifier au second tour.

Malgré tout des erreurs sont encore possibles. Les candidats principaux cette année ne reposent pas sur les mêmes clivages. Peut être qu’un défaut sociologique ou territorial sur les échantillons peut cette fois biaiser les sondages là où ce n’était pas le cas hier…
Il peut également y avoir des réponses tactiques … Ou encore un vote caché pour Fillon… Je ne vois pas quelle serait sa logique, les déclarations étant désormais sur internet.
Donc je fais plutôt l’analyse que les sondages analysent bien l’état de l’opinion : Macron dans une dynamique légèrement positive, et derrière 3 candidats pour la seconde place.

Par contre il y a encore de l’indécision.

– les électeurs peuvent-ils encore changer d’avis ?

Bien sûr, tout est possible en théorie, avant le vote rien n’est fait. A ce stade de la campagne, la cristallisation est cependant largement faite. Mais la situation est inhabituellement serrée, et il peut encore y avoir des mouvements forts.

  • Impact de l’émission de ce soir sur France 2 :
    Probablement assez faible. En effet, à ce stade, contrairement à ce qui s’est passé lors des précédents débats, chacun a fait son choix progressivement, et une fois fixé, parfois après des aller-retour, il est difficile de modifier celui-ci : chacun interprète les éléments avec une forme de mauvaise foi (réception sélective des informations : on donne plus ou moins d’importance à ce que l’on entend). C’est pourquoi notamment le débat de second tour n’a jamais bouleversé la donne, avec une modification de 1,5 point max dans le passé. Cela va probablement confirmer les indécis, les faire tomber vers le candidats pour lesquels ils penchaient.
  • Un évènement peut bouleverser la donne : un attentat vient d’avoir lieu ce soir. Quel peut être l’impact de l’attentat sur les champs-elysées sur le résultat de l’élection présidentielle ? Est-ce qu’il y en aura d’autres ?Cela peut peser bien sur, mais on ne peut pas dire dans quel sens.
    – L’attaque de Merah en 2012 n’avait pas trop déplacé les lignes.
    – par contre on se souvient des élections législatives en Espagne en 2012, frappés par les attentats islamistes quelques jours avant le scrutin : mais c’est surtout la tentative du gouvernement de faire porter le chapeau à l’ETA qui avait fait massivement basculer les votes contre eux.

    Ce type d’évènement va dramatiser la fin de campagne. Je ne vois pas de mouvement brusque, mais cela peut probablement servir LePen, peut-être Fillon pour ceux qui pensent que son expérience et son discours ferme seraient utiles. Probablement Macron également, qui n’est pas vu comme un iréniste, et qui porte une idée de rassemblement, d’union nationale. Cela serait me semble t-il défavorable à Hamon et Mélenchon, qui paraissent moins ferme sur le sujet (fin de l’état d’urgence, lutte contre les violences policières…).
    Est-ce que cela peut impacter la participation (mobilisation citoyenne renforcée ou peur d’attentats sur les bureaux de vote) ?

  •  La fixation des indécis et le niveau de participation :

On voit que pas mal d’électeurs sont encore incertains pour ce premier tour. Il peut y avoir des passerelles entre les candidats les plus proches. Généralement les indécis ne le sont cependant pas totalement, certains hésitent par acquis de conscience, ou car ils osent difficilement sauter le pas vers un vote nouveau… Bref, ils confirment souvent le premier vote qu’ils annoncent dans les sondages.
Pour les vrais hésitants, ou ceux qui se décident à voter au dernier moment, finalement ils ne font pas tous le même choix, donc les modifications de dernières minute sont diluées.

Cette année il y a cependant une particularité, avec une multiplication de votes tactiques possibles, qui peuvent se déterminer le dernier jour.  Vote utile vers Mélenchon et Macron au détriment de Hamon ? Vote utile pour Fillon au détriment de Dupont-Aignan ? Ou vote utile de droite pour Macron pour éviter Mélenchon (qui battrait Fillon selon les sondages de second tour).. Ou au contraire certains pourraient revenir vers Dupont Aignan s’ils voient que Fillon est décroché…

Par ailleurs, quelles dynamiques en cours vont se prolonger ?

Bref, après tout ça, voici mon pronostic sur les résultats du premier tour de l’élection présidentielle 2017 :

Marine Le Pen : 23.4
François Asselineau : 0.6
Nicolas Dupont-Aignan : 4.3
François Fillon : 19.0
Emmanuel Macron : 24.8
Benoit Hamon : 6.8
Jean-Luc Melenchon : 17.9
Philippe Poutou : 1,7
Nathalie Artaud : 0,5
Jacques Cheminade : 0,2
Jean Lassalle : 0.8

 

Vote utile ou vote de conviction ? Le sondage comme instrument démocratique ?

Publié avril 20, 2017 par chouka
Catégories : Uncategorized

Comment voter dimanche ? On parle beaucoup de vote utile, de vote d’adhésion, de vote tactique…

Cela s’appuie évidemment sur les sondages. Est-ce un instrument fiable, pertinent, dangereux, nécessaire ?

1/ Les sondages, outils devenus indispensables à la démocratie ?

Aujourd’hui on constate que les sondages sont pleinement intégrés au fonctionnement de l’élection présidentielle :

  • dans la période d’équité, ils participent à définir l’importance d’un candidat, que doivent respecter les médias audiovisuels
  • On peut également penser que le conseil constitutionnel s’appuierait également dessus pour éventuellement reporter une élection en cas d’empêchement d’un des candidats dans les 7 jours avant le dépot des candidatures (art 7 de la Constitution)
  • Le premier débat télévisé sur TF1 a opposé les candidats qui à l’époque dépassaient les 10% dans les sondages (de même que aux Etats-Unis par exemple, les débats opposent ceux qui recueuillent plus de 15% d’intention de vote..)
  • L’octroi de prêts bancaires pour pré-financer les campagnes (si la perspective de dépasser les 5% parait crédible) s’appuie également dessus

2/ Est-ce un élément légitime et digne de confiance du choix démocratique ?

S’il n’y avait pas les sondages, il y aurait des rumeurs, des fantasmes, des paroles d’experts et d’éditorialistes, qui au lieu de s’appuyer sur des sondages, s’appuieraient sur leur analyse propre. On peut penser que les sondages sont un élément d’information plus objectif.
Ainsi, même s’il s’agit d’un autre type d’étude, à l’issue d’un débat, nous avons désormais un sondage qui nous dit ce qu’en ont pensé les spectateurs. Cela a ses limites, mais finalement ça vient contrebalancer le seul jugement de quelques éditorialistes ou journalistes politiques (exemples récents sur bfmtv..).

Si les sondages étaient interdits avant les élections, seuls quelques privilégiés y auraient accès, avec toutes les manipulations que cela peut entrainer. Et aujourd’hui, cela ferait le bonheur de la presse étrangère francophone, sur internet.

Il y a quelques défauts à ceci : les sondages constitueraient une prévision autoréalisatrice.. Un candidat qui prendrait l’avantage tôt sur la base de pure communication serait ensuite porté par ses seuls sondage et le réflexe de vote utile. Mais cela ne tient pas. On voit bien lors de cette campagne, que ce mécanisme n’a joué pour Benoit Hamon, qui est parti de très haut, proche de Macron, et aurait pu avec une bonne campagne (et un programme et un positionnement plus adapté peut être) convaincre une partie de l’électorat de Mélenchon, et être en balance pour le second tour. La réalité de la campagne a joué et a déplacé le vote utile. De même Macron a émergé sans les sondages, il s’est créé une situation favorable.

3/ S’appuyer sur des sondages implique de leur faire confiance, qu’ils soit fiable :

Pour que ce soit un instrument démocratique, il faut alors que les sondages soient fiables.

En France, il y a une commission des sondages, donc des contrôles et des règles précises, il me semble donc que c’est le cas. Cela donne des tendances plutôt bonnes. Mais il faut rester prudent dans leur analyse : ce n’est pas une prévision, des mouvements peuvent avoir lieu jusqu’au dernier jour, ils ont une marge d’erreur statistique etc..

Les exemples d’erreurs sans cesse rappelés sont souvent peu pertinents : même en 2002, on pouvait voir la tendance LePen/Jospin s’amorcer. Et le souci c’est qu’à l’époque il n’y avait pas de sondage la dernière semaine.
Pour le Brexit, des sondages montraient un resserrement, en tous les cas on était dans la marge d’erreur, et pour Trump les sondages globaux étaient conformes, en nombre de voix, avec quelques erreurs dans des états. C’est souvent l’analyse qui est erronnée plutot que le sondage.

Il y a actuellement plusieurs instituts de sondages en France. Cela permet de comparer, et d’éviter les tentatives de manipulation individuelle que certains craignent, et le risque d’erreur puisque plusieurs mettent en oeuvre ces techniques.
Les techniques sont désormais maitrisées et documentées. Le reportage récent d’envoyé spécial était d’ailleurs assez discutable dans l’analyse, en montrant quelques cas marginaux et sans donner la parole à la défense. La principale difficulté est de trouver un échantillonnage fidèle à la réalité, et cela progresse à chaque fois que des biais sont identifiés.
Le fait qu’il y ait plusieurs instituts permet également d’augmenter la taille de l’échantillon. Alors qu’un sondage sur 1000 personnes a une marge d’erreur (à 95%, un accident est toujours possible) de 2%, si on prend 4 sondages effectués le même jour, sur 4000 personnes, la marge d’erreur diminue. Ceci n’est jamais rappelé, mais cela me parait juste.

Il y a donc sans doute des choses à améliorer, toujours, mais c’est souvent une facilité de critiquer les sondages alors que tout le monde les utilise et s’en sert lorsqu’ils sont favorables. Le PS faisait appel au vote utile hier et le critique aujourd’hui. Les mélenchonistes affirment ne pas regarder les sondages, mais sentir qu’ils peuvent être au second tour, « sur la base de la présence aux meeting et sur you tube »… C’est une fumisterie. Sarkozy déplaçait les foules lors de la primaire à droite…

2/ Faire un choix en s’appuyant notamment sur les sondages est-il pertinent ?

Avoir toutes les informations, cela me parait utile au choix démocratique
Voter dans l’inconnu sur la base du programme, c’est bien. Mais voter en sachant que par mon vote je peux éviter le pire qui s’annonce, n’est-ce pas finalement plus utile, pertinent ? La finalité de l’élection est bien un choix pour un président, pas seulement l’affichage de convictions qui n’auraient pas d’impact pour demain. Il n’est pas moins légitime de voter contre, pour faire barrage, que de voter pour un candidat de niche ? Et chacun peut ensuite faire son choix en connaissance de cause.

L’affichage de ses convictions peut se faire lors des élections proportionnelles, comme les européennes. Ou encore, en indiquant ses convictions thématiques dans … des sondages. 😉

Pour moi le vote utile, c’est à dire réfléchi en fonction des sondages afin de porter au mieux ma volonté en tenant compte des 2 tours de l’élection, est bien un vote pertinent, tactique, intelligent.

J’ai pu voter pour un petit candidat, en 2012, car au vu des sondages cela ne semblait pas porter de conséquences pour le second tour. C’était un vote utile.
Dans d’autres cas il peut être pertinent de voter utilement pour un second tour le moins pire. Cela désavantage les votes radicaux, mais par nature car ils ne sont pas centraux. Et le jour où la société devient radicale, ils peuvent en bénéficier, comme on le voit avec Marine LePen et Jean-Luc Mélenchon aujourd’hui.

Aujourd’hui je n’ai pas besoin du vote utile car mon candidats est également un de ceux qui peuvent parvenir au second tour.

Mais évidemment que ceux qui se portent sur Benoit Hamon ou Dupont Aignan doivent se poser la question, et il le font. C’est très hypocrite de leur dire de ne pas tenir compte des sondages.
Est-ce qu’ils ne se mettent pas en dehors du jeu en votant pour un candidat de conviction alors qu’il faut choisir entre 4 candidats très différents pour le second tour ? Sauf si c’est l’alternative à un vote blanc, ou si pour la personne le vote pour une thématique particulière ou un parti (faire en sorte que le PS soit remboursé de ses frais de campagne) est plus important, en prenant le risque d’un second tour Fillon/Lepen ou Mélenchon/LePen…

D’ailleurs j’ai en souvenir les regrets de pas mal d’amis qui en 2002 ont voté Taubira, Chevènement, Mamère et Besancenot, alors qu’ils souhaitaient sincèrement la victoire de Jospin au second tour.

Dialogue entre un macroniste et un mélenchonien (3)

Publié avril 17, 2017 par chouka
Catégories : Présidentielles 2017

Début de la discussion :

Dialogue entre un macroniste et un mélenchonien (1)
Dialogue entre un macroniste et un mélenchonien (2)

  • Oui, il y a des points sur lesquels je suis d’accord avec Mélenchon. Sur les institutions, le vote obligatoire, avec reconnaissance du vote blanc, par exemple. Mais je ne suis pas pour le droit de révocation des élus, sauf fautes graves. Et la proportionnelle intégrale à l’assemblée, cela me parait trop instable. Sur la laïcité, je suis assez proche de sa position intransigeante, j’ai bien aimé sa réplique à LePen lors du deuxième débat. Sur l’environnement, il y a beaucoup de choses intéressantes, même si là aussi parfois il pense tordre le réel en allant trop vite, trop fort. Sur la légalisation du cannabis, et l’attention portée à de nombreux services publics. Globalement il y a beaucoup d’objectifs sociaux, culturels, généreux, qui me conviendraient, mais une fois passé à la moulinette de la réalité, au filtre du faisable, tout cela est démesuré car non financé… On ne peut être que d’accord avec les objectifs, mais penser que ce sont des vœux pieu et donc regarder de vrais programmes.
    Quelque chose que j’aime bien par contre, c’est que Mélenchon il parle à l’intelligence des gens, il est pédagogue, a une pensée complexe et complète, même si je ne crois pas en sa cohérence. Il défend de belles valeurs plutot que de bas instincts. Mais il a aussi une brutalité revencharde qui parfois affleure. Cela me rappelle Michel Onfray : j’aime beaucoup suivre ses conférences philosophiques, mais je ne le suis pas lorsqu’il s’aventure sur le terrain programmatique ou concret. L’analyse, trop théorique ou intélectuelle, doit être traduite, frottée au réel. Ils font de la « politique fondamentale », mais il faut travailler, avec des candidats de gouvernement, à une « politique appliquée », comme pour la recherche, pour être opérationnelle et efficace.
  • Onfray il devrait soutenir Mélenchon, mais il s’en est séparé sur les questions internationales. C’est vrai que sur ça il a des positions que je ne soutiens pas toujours, et ça peut lui couter. Sur le Tibet, la défense du Vénézuela, sur la Russie… Mais bon une fois au pouvoir on fait forcément de la realpolitik… Sur l’Otan et L’Europe je suis d’accord, c’est quand même le fond du programme. Il faut retrouver une part de souveraineté. Macron a dit qu’il n’avait pas l’Europe naïve, j’ai un doute. Vouloir la changer sans se donner les moyens, c’est stérile. Mélenchon il dit que si on n’est pas écouté sur les éléments fondamentaux, on quitte les traités après un referendum. C’est comme au boulot, c’est quand tu pose ta démission qu’on te fait une proposition d’augmentation…
  • Sur l’Europe, il est dangereux de faire ce pari là. Lorsque le patron ne souhaite pas te retenir, il te laisse partir penaud… L’Europe, c’est là que cela se passe pour mettre en place des grandes politiques écologiques, économiques, un espace monétaire puissant face à la Chine, la Russie, les Etats-Unis. L’euro a été une protection salutaire dans les crises financières ces dernières années. Commencer à attaquer ceci est ajouter l’instabilité à la crise. Même si je suis d’accord l’ambition européenne passe par des propositions de modifications, comme le fait Macron en portant une Europe qui s’intègre par cercles concentriques.
    Globalement l’union européenne a des défauts, mais elle est largement caricaturée. Ce sont les états qui mènent les politiques qui font parfois polémiques, les traités fixent les cadres généraux. On parle d’austérité imposée par l’Europe ? Mais de quoi parle t-on ? Cela fait des années qu’on ne les respecte pas ces critères. Et cela fait 30 ans qu’on est en déficit budgétaire, donc je ne vois pas où est l’austérité en France. On a vu dans d’autres pays ce que c’ était, cela n’a rien à voir.
    D’ailleurs on s’endette depuis des décennies pour seulement fonctionner. C’est une aberration. C’est ce manque de sérieux qui nous lie aux marchés financier. Ce sérieux budgétaire est donc un point fondamental pour les années à venir, on ne peut plus continuer comme ça. Ce n’est donc pas l’Europe qui nous pousse à réduire notre déficit, c’est la lucidité, le sérieux, la responsabilité, pour reprendre notre destin en main ! Certains se veulent les adversaires de la finance, alors que depuis 30 ans c’est la finance qui rend possible nos services publics ou les investissements des collectivités locales.
    Mélenchon propose de renégocier ces dettes. Cela nous coupera des marchés financier, or il propose d’emprunter 100 Milliards de plus dès le départ. Comme cela n’est pas possible, il propose une fuite en avant : demander à la BCE de prêter directement aux états. C’est relancer la planche à billet, l’inflation et la hausse des taux d’intérets, et c’est difficilement compatible avec une monnaie unique : les autres pays ne voudront pas payer pour nos investissements démesurés non financés.
  • Mis devant le fait accompli, ils feront des concessions, on ne sera pas forcément obligé de sortir de l’Europe. La France n’est pas la Grèce.
  • Sur d’autres sujets, je trouve également que Mélenchon est dans de beaux principes, mais loin de la réalité. Ses réponses concrètes sur l’insécurité, qui est une vraie préoccupation des classes populaires, mais aussi ses discours généreux mais un peu iréniques sur l’immigration, me paraissent insuffisantes, un peu de la rhétorique bobo qui vient de l’extrême gauche..
  • Je pourrai te répondre que l’insécurité est aussi sociale. Macron est l’inspirateur de la loi travail, qui précarise plus.
  • Sur la loi travail, elle a été beaucoup caricaturée. Je la soutiens, je suis sur la position de la CFDT. Il y avait des avancées, que ce soit des droits nouveaux pour les salariés, mais aussi pour rapprocher la négociation syndicale de l’entreprise. Cela me parait sain et intelligent, mais cela a braqué les centrales radicales et jacobines..
  • Finalement tu assumes mieux que Macron. Lui je le trouve parfois un peu creux, langue de bois… Marine LePen avait touché juste lors du premier débat.
  • Sur la fameuse tirade, elle avait raison. Mais globalement, il dit et écrit les choses, c’est tout à fait clair. Beaucoup plus que la manière dont Mélenchon voit l’Europe par exemple. Je suis d’accord, il est plus convainquant dans ses écrits que en débat ou en meeting. Il progresse mais il n’est pas encore un  bon tribun.
    Mais n’est-ce pas le problème derrière Mélenchon ? Un excellent orateur, un tribun, de beaux principes, pour la paix et l’amour dans une société fraternelle… Cela attire des gens soit qui n’ont pas réalisés la radicalité du programme derrière, soit justement qui sont dans cette radicalité. Quand on entend une foule qui crie spontanément « dégagez, dégagez » lors de ces meeting, on peut être inquiet de ce que cela donnera au pouvoir.
    Pour moi Mélenchon ce n’est pas un kinder surprise, c’est plutot un colis piégé…
  • Moi cela ne me fait pas peur de donner une claque aux élites méprisantes, aux experts qui sont tous d’accord. Je fais confiance au peuple pour rester dans le cadre démocratique, il n’y aura pas de lynchages. On pourrait reprocher cela également à Macron : un homme seul qui monte un mouvement, un Tatcher avec le sourire, qui derrière des mots d’ordre de renouvellement propose une société libérale un peu sociale et la continuation de l’Europe actuelle. Ce projet n’est pas majoritaire, on l’a vu avec le non au traité constitutionnel européen, donc il n’en parle pas trop, et il le fera passer par ordonnance une fois élu. Là aussi il peut y avoir des troubles..
    Mélenchon c’est un vrai pari sur une transformation institutionnelle, des rapports de force économiques et politiques, pour instaurer une société nouvelle. C’est une vraie insurrection démocratique, et cela ne plait pas à beaucoup.
  • Sur Macron, tu caricatures, c’est plutot Fillon que tu décris là. La radicalité de Mélenchon va antagoniser la société, et ne  permettra pas la mise en place des mesures. Il y a des risques de dérapages, de dérives autoritaires ou anarchisantes si cela ne fonctionne pas…L’idéal ne fait pas un programme politique. Il faut avancer tant qu’on le peu, modifier les équilibre, créer de la richesse pour la répartir. Sinon on vend du rêve, on crée de la désilusion, et parfois de la violence. Ou alors on entre dans une dérive jusque boutiste, en trouvant des boucs émissaires, en allant toujours plus loin. Derrière les beaux objectifs sur la hausse des salaires, les investissements, les services publics, tu imagines sortir de l’Europe, mettre en place une nouvelle constitution, une proportionnelle intégrale avec des élus révocables, un budget qui explose financé par l’inflation, un appel d’air à l’immigration, des mesures anti-entreprises et la fuite des investisseurs… ? Une aventure dangereuse.
    Pour moi Macron n’est ni dans la résignation, ni dans la saignée, ni dans l’illusion, ni dans la négation du terrorisme ou de l’insécurité. Je pense que économiquement on ira mieux dans 5 ans collectivement avec ce que propose Macron s’il arrive à le mettre en place, ce qui permettra de renforcer le système social français qui est au bord de la faillite et que certains aimeraient bien liquider. Une France plus assurée et plus confiance pourra se projeter vers l’avenir, la transformation écologique, la recherche, la réduction des inégalités.
  • Toi aussi tu caricatures. On ne sera pas d’accord de toute façon, on verra bien qui sera au second tour et on en reparlera…

Dialogue entre un macroniste et un mélanchonien (2)

Publié avril 15, 2017 par chouka
Catégories : Présidentielles 2017

Début de la discussion : Dialogue entre un macroniste et un mélenchonien (1)

  • Salut. Alors, tu as vu ça sent bon pour Mélenchon. Il a une belle dynamique, je suis sûr qu’il sera au second tour. Tout le monde l’attaque, mais ça le met au centre du jeu, rien ne peut l’arrêter. Reste à voir contre qui…
  • Pour moi qui ne suis pas supporter de Mélenchon, cela fait assez peur. Mon cauchemard c’est un second tout LePen/Mélenchon..
  • Attend, entre les deux tu ne peux pas hésiter, si tu es de gauche !
  • Même si je vote Mélenchon au second tour, car ils n’incarnent pas les mêmes valeurs, les deux représentent pour moi une bourrasque économique sans précédent, un risque fort de sortir de l’euro, et un risque de dérive autoritaire si leurs solutions ne marchent pas. Il faudra trouver des boucs émissaires… Mais bon je me rassure en me disant que dans les deux cas ils n’auront pas de majorité à l’assemblée… Heureusement on n’en est pas encore là, Macron peut également être au second tour !
  • Attend, si Macron gagne, avec une politique encore favorable aux privilégiés, dans 5  ans c’est l’extrême droite au pouvoir. Les politiques néolibérales ne marchent pas, ou en créant des travailleurs pauvres…
  • Macron ne propose pas une politique néolibérale. Social-libérale peut être, ou social-démocrate. Plus de libéralisme et avec plus de protection, pas des emplois, mais des individus. Et surtout une société de mobilité et pas seulement de protection des statuts ou des rentes. Il veut mettre le paquet sur l’éducation dans les ghettos sociaux, étendre l’assurance chômage aux indépendants, et aux salariés démissionnaires, augmenter les contrôles sur les chômeurs, mais en contrepartie de beaucoup plus de formation et d’accompagnement, et enfin améliorer les conditions pour créer son entreprises, et faire émerger des start-up. Flexsécurité et économie de mobilité et de l’innovation.
  • Mouai, en supprimant des fonctionnaires, donc en pénalisant les services publics qui sont la force de la France…
  • Il faut bien faire des économies pour dégager des moyens ailleurs. Cela fait 30 ans que le budget de l’Etat est en déficit, et si on ne veut pas augmenter les impots, il faut faire des économies, dans les collectivités territoriales notamment, ou par la poursuite de la numérisation. Parfois bien sur faire des choix n’est pas agréable mais au moins on se donne les moyens de nos objectifs.
  • Oui il faut être sérieux, on a trop souffert des démagos mais cela ne me fait pas rêver de dire, « on continue en améliorant un peu les choses, on continue avec l’Europe libérale, on laisse les entreprises délocaliser… » Il faut des réformes radicales, écologiques…
  • Essayer de faire enfin des réformes ambitieuses sur les retraites, une société plus mobile, et en finir avec le chômage de masse, dans une optique un peu nouvelle d’union nationale face à la crise, ce n’est pas ne rien faire ! Mélenchon, sous prétexte d’objctifs radicaux peut obtenir l’objectif contraire. La politique généreuse vénézuelienne qu’il propose était possible grâce à l’argent du pétrole. Lorsque la manne a diminué, tout s’est gaté là-bas… Ici les éléments les plus mobiles (grandes fortunes et grandes entreprises, investisseurs internationaux) s’en iront facilement, ce n’est donc pas eux qui vont être pénalisés
    Sur l’écologie, c’est pareil : Mélenchon propose des choses ambitieuses et intéressantes, mais parfois démagogiques. Certains objectifs sont sur plusieurs mandats. Sa sortie sèche du nucléaire par exemple n’est pas crédible.. Pas mal d’écolo modérés soutiennent Macron, en disant qu’il y en a marre des grands discours sans mode d’emploi ou des postures radicales non suivies d’effets.
    Macron, dont j’aimerai qu’il aille plus loin sur ce point, est dans la lignée de la Cop21, ce qui est déjà pas mal. Il prévoit plus de choses qu’on ne le dit pour une vraie politique environnementale, notamment des investissements forts dans l’isolation des bâtiments, une lutte contre les perturbateurs endocriniens, un accompagnement à la sortie du diesel, le soutien au bio… Donc c’est Macron demain, et sur l’écologie Mélenchon pour dans 20 ou 30 ans.
  • Moi je préfère rêver un peu, donner un grand message, tracer la voie vers un avenir désirable, et rendre la voie au peuple, même si tout n’est pas faisable…
    Les adversaires de Mélenchon parient sur la peur, nous redonnons l’espoir…
  • Quand il dit que si on vote pas pour lui, on va « cracher du sang » il ne joue pas sur la peur ? Il trace les contours d’une société idéale, mais son chemin n’est pas crédible je trouve. Le risque est de décevoir son électorat à la Tsipras, et de mettre la France à terre. Le risque derrière est une contrerévolution…
  • Rien n’est sûr… Au moins on aura essayé. On est pas d’accord sur grand chose, mais il doit bien y avoir des mesures de Mélenchon que tu soutiens ? Même si c’est pas ma tasse de thé, on se rejoint sur le fait que Macron c’est moins pire que Fillon. Je suis plus proche de Hamon, mais là aussi on fait le même constat : le PS est usé, tiraillé, inaudible, vidé de substance et de cohérence… Valls ou Hamon n’avaient aucune chance dans cette élection.

Suite de la discussion : Dialogue entre un macroniste et un mélenchonien (3)

Dialogue entre un macroniste et un mélanchonien (1)

Publié avril 14, 2017 par chouka
Catégories : Présidentielles 2017

Voici une discussion que j’ai capté entre deux voisins (j’étais l’un d’entre eux 😉 )

  • Bon alors, tu t’intéresse aux élections ? Moi je vais voter Mélenchon. Il fera bouger les choses. Les gens en ont marre, c’est toujours les mêmes qui s’enrichissent et pour les autres il faut bosser plus pour gagner moins.
  • Moi je n’y crois pas.. C’est un peu le père Noël, Mélenchon il  a de beaux objectifs, et beaucoup de talent pour les exposer, mais cela ne fait pas un programme réalisable. Il a cette pensée magique comme quoi avec de la volonté on peut arriver à tout. Le père Noël peut même se transformer en père fouettard pour les entreprises, et donc faire rapidement exploser le chômage et le budget. Hamon est un peu sur la même position, et le PS ne représente plus rien je pense, donc je préfère Macron.
  • Macron, c’est un ancien banquier, ce n’est pas lui qui va changer le système. Personne ne le connaissait il y a 4 ans, c’est Jouyet et Attali qui sont derrière.
  • Au moins il est dans la réalité, je trouve plutôt positif qu’il ait bossé dans le privé, et qu’il connaisse la finance, il sera moins naïf. Je trouve assez inquiétant, et ça se retrouve dans leur programme, qu’il y ait très peu d’expérience du privé dans le parcours de Mélenchon, élu depuis 33 ans,  et Hamon, et aussi de leurs proches. Ils ont une vision anti-entreprise, les voient souvent comme un problème, que l’on peut taxer, contraindre, sans effet secondaires…
  • Macron il propose quoi contre le chômage ? Il veut ubériser la société, avec toujours plus de précarité. Ce n’est pas les start-up qui vont régler le problème du chômage. Baisser la fiscalité cela augmente les dividendes, on l’a vu avec le CICE. Mélenchon il veut relancer l’activité, et les entreprises ont besoin de ça pour embaucher.
  • Augmenter massivement la demande par la dépense publique, ne peut pas marcher, on est dans un monde ouvert. On risque d’augmenter les importations, de diminuer la compétitivité des entreprises à l’export, mais aussi d’ empêcher les PME d’embaucher à force de les taxer plus. Avec ce programme de Mélenchon, on peut craindre en quelques mois la faillite du système économique, déjà fragile.
    Macron veut une politique plus favorable à l’économie, dans le fonctionnement des entreprises, en diminuant leur fiscalité.
    Macron pense qu’on est allé un peu loin, et que dans le contexte actuel il faut retrouver de la souplesse et de la compétitivité pour faire diminuer le chômage. Pour cela il réduit certaines dépenses de l’Etat, mais ce n’est pas un ennemi de l’etat et de l’impôt par principe. C’est une politique plus libérale, mais il ne remet pas en cause le système social, au contraire il veut se donner les moyens de le sauver.
    D’ailleurs il propose aussi 50Miliards d’investissement.
  • Ce n’est pas assez, il faut remettre en cause les inégalités. Macron ne ferra pas bouger les lignes, il faut investir massivement pour la transformation écologique, au lieu de précariser encore les travailleurs et les chômeurs.
  • Le problème c’est que Mélenchon c’est une tromperie. Les alchimistes ont longtemps cru qu’on pouvait transformer le plomb en or… Là c’est pareil, il ne suffit pas de proclamer de beaux objectifs, sans se baser sur le fonctionnement réel du pays.
    Il promet 256 Milliards d’euro de dépenses supplémentaires !!! Financé par des hausses d’impôts massives sur les entreprises, et par la relance de l’inflation, ce qui me parait dangereux, ainsi que sur les particuliers (les classes moyennes et aisées)… Son programme n’est pas financé sérieusement : il accroit l’endettement, et compte sur la lutte contre la fraude fiscale (déjà fait) et la croissance espérée (peu prudent) pour boucler son budget. Il est optimiste sur le retour sur investissement de sa politique keynésienne, oubliant que nous sommes dans un monde ouvert, qu’il va financer les importations et la fuite des capitaux. Il compte s’endetter auprès de la BCE, ce qui n’est ni permis ni souhaitable, car cela revient à faire tourner la planche à billet. Les taux vont exploser. Et l’impact de sa politique de retraite, de réduction du temps de travail, de hausse du smic, couteront très cher à l’Etat gestionnaire de la fonction publique…
    Les grandes fortunes, les grandes entreprises, le capital, tout cela est le plus mobile. Ils ne seront que peu touchés par les mesures radicales. Par contre la hausse du chômage, des taux d’intérêts, l’instabilité politique, la sortie de l’euro, cela va toucher tout le monde.
  • Il faut bien commencer quelque part… Le libéralisme ne marche pas, il faut essayer autre chose, et sauver les services publics. Bon, on en reparlera, il faut que j’y aille.

Suite de la discussion : Dialogue entre un macroniste et un mélenchonien (2)

Mélenchon va t-il tout emporter ?

Publié avril 10, 2017 par chouka
Catégories : Présidentielles 2017

Jean-Luc Mélenchon est sur une très forte dynamique.

Comme j’ai jusqu’à maintenant plutôt bien senti la campagne en cours, que ce soit la chute de Hamon, annoncée dès le 13 mars sur mon blog, avant que la dynamique insoumise ne commence, ou encore le résultat des débats télévisés, je continue. Peut-être que cela me permettra de décrocher un poste de conseiller politique à l’avenir si je veux changer de carrière ;-).

1/ Une dynamique impressionnante : Du jamais vu pour une présidentielle, comparable à Fillon ou Hamon à la fin des primaires. Il faut la nuancer en partie : Mélenchon a dans un premier temps retrouvé son niveau d’avant primaire de la « belle alliance populaire », en reprenant des voix à Hamon. Mais là il va maintenant au-delà, il attire du monde, de l’audience, et ses sondages augmentent.

2/ Cette dynamique est-elle rationnelle ? Est-ce que les électeurs connaissent les orientations, le programme ? La même question se posait pour Juppé, ou Macron. La différence est que Mélenchon porte un projet radical, avec de nombreux changements et beaucoup d’inconnues : il propose un niveau de dépenses publiques jamais atteint, la sortie des traités européens, c’est à dire de l’euro également, sans que tout cela ne soit très clair, un programme assez anti-entreprises (beaucoup de règles nouvelles, forte hausse de fiscalités), une nouvelle constitution sans que l’on ne sache non plus vers quoi cela peut aboutir, des positions sur la sécurité et l’immigration (qu’il a cependant amendées) et sur l’international assez iréniques, dans la tradition classique de l’extrême gauche.

Ces dynamiques qui s’autoentretiennent finissent par s’essouffler, mais elles-ont permis de faire passer Hamon et Fillon, avec un retour de baton ensuite lorsque les programmes ont été relus…

La dynamique est en cours depuis 3 semaines, et une part de rationalité (critiques des autres candidats qui ne l’ont quasiment pas attaqué lors des débats, diffusion du programme et pas seulement du mot d’ordre dégagiste) a encore le temps de se diffuser mieux chez certains qui adhèrent sur la forme mais pas forcément sur le fond.

3/ Cela amplifie t-il le risque pour le PS de passer sous les 5% ? Une concurrence pour le deuxième tour entre 4 candidats risque d’assécher les candidats moyens et petits. Il y a en effet une multiplication des votes utiles, dont le PS est exclu.
Pour les sympathisants socialistes, il y a maintenant un vrai choix, une concurrence de « votes utiles » d’une part pour que la gauche soit au deuxième tour, et de l’autre pour porter la gauche radicale de Mélenchon, ou le centre-gauche coalisé de Macron.
Voire pour contrer la possibilité d’un Mélenchon/LePen au second tour !

Par ailleurs pour les électeurs peu politisés, Hamon risque de sortir des radars en tombant sous les 10%. Il reste le « label » PS, et des militants et élus connus, mais plus il va baisser plus il va être fragile, et pourrait en cas de duel très serré dans les sondages, tomber plus proche des 5%, voire en dessous. Les petits candidats s’en capitalisent sur leurs spécificités, leurs originalités, mais que reste t-il à un grand candidat de gouvernement déchu ? Le vote par habitude, ou ceux qui ne peuvent se résoudre à choisir entre les deux autres..

4/ Jusqu’où peut-il aller ?

  • Des éléments favorables :
    • La dynamique puissante est en cours, il peut continuer à attirer quelques pourcentages de Hamon, mobiliser des abstentionnistes ou des apolitiques
    • peut-il aller au delà, et prendre notamment des voix à Lepen ? Ce n’est pas exclu, une part de vote de colère, de changement, de protestation, contre l’Europe et les marchés, peut s’incarner dans les deux. Pas le coeur de cible du FN, sur l’immigration et la sécurité les positions sont très différentes. La bourde/dérapage/tactique de Marine LePen concernant la responsabilité de la France sur la rafle du Vel d’Hiv, peut aider en ce sens.
    • Apparaissant maintenant comme candidat potentiel au second tour, il va être testé dans des hypothèses de second tour, et cela montre qu’il peut battre Marine Le Pen. Que vont faire Robert Hue et Braouzec qui ont rejoint Macron principalement sur cet argument ? (et derrière eux cela peut déplacer une part de ce « vote utile »)
  • Des limites à l’accession au second tour ?
    • outre la stabilisation possible de la dynamique, après 3 semaines de hausse lorsque les électeurs potentiels ont déjà été captés (pour perdurer il faudrait qu’elle se transforme avec de nouveaux types d’électeurs),
    • La hausse de Mélenchon peut renforcer Macron (mais peut être pas suffisamment pour compenser sa baisse au profit de Mélenchon dû à cette même dynamique). En effet cela peut transférer des électeurs potentiels de Hamon qui ne veulent pas d’un duel Mélenchon-LePen au second tour.
      Cela pourrait même, si Mélenchon devance nettement Fillon dans les sondages, entrainer un transfert de vote modérés de Fillon vers Macron, qui deviendrait désormais un vote utile y compris à droite, pour tous les modérés.
    • L’électorat mélenchoniste est plus composé de jeunes notamment, c’est à dire de votants moins assidus, cela pourrait lui porter préjudice au dernier moment. Mais Macron a également une partie de son électorat qui vote par défaut, donc peut être moins motivés à transformer dans les urnes (en fonction des fins de campagne, des discussions avec les proches…)

Bref tout est ouvert.

Si Mélenchon prend un peu sur LePen, qui par ailleurs fait une fin de campagne hésitante (débat mal négocié, déclaration sur le Vel d’Hiv), et que une partie de l’électorat Fillon repasse chez Macron, on pourrait assister à un second tour inattendu Mélenchon/Macron !

Mon analyse est plutot que Macron va remonter légèrement, Le Pen va diminuer légèrement, Mélenchon va grimper encore un peu avant de plafonner, et Fillon n’arrivera pas à décoller. Hamon va se stabiliser en diminuant encore un peu.

Faire des choix politiques : le réel pour demain avec l’idéal en tête…

Publié avril 8, 2017 par chouka
Catégories : Présidentielles 2017, Réflexions politique nationale

Une élection présidentielle, c’est l’occasion de confronter des projets, des programmes, des hommes.

Mais c’est aussi l’occasion de se reposer les questions plus profondes, de quel avenir on souhaite, et quels moyens pour avancer dans la bonne direction. Je ne me sens pas déterminé par une tradition familiale, par un vote évident de classe ou par mon intérêt propre puisque je compte bien voter pour l’intérêt général, pour des valeurs, pour chercher des améliorations.

Quel idéal ?

Si je devais choisir seul l’avenir proche, si j’avais tous les pouvoirs, j’ai bien en tête les éléments d’une société idéale.

Une société beaucoup plus fortement engagée dans une transition et une sobriété énergétique, dans un respect de la nature et de la biodiversité.

Une société de la connaissance partagée, de l’éducation, des savoirs, mais également de la recherche de pointe et des technologies comme moyen d’explorer et de forger le futur. Une société non seulement où les religions ne sont plus des facteurs de conflits ou de dérives, mais au fond si je pouvais vraiment décider de tout, une société sans religions, ni sectes, ni complotistes, ni bêtise crasse.

Une société du loisir, la lecture, la découverte de la nature, le partage et l’échange, le jeu de société, redeviennent les chemins du développement personnel, et cohabitent avec le travail digne et décent.

Une France qui se reconnait dans un espace européen plus large, qui accepterait d’aller vers des compétences et une démocratie partagée. Une France qui prend ses responsabilité à l’international lorsqu’il faut défendre des causes, et notamment sa sécurité, mais en privilégiant un cadre plus large.

Un pays de solidarité, avec moins d’inégalités, sans pauvreté ni salaires ou fortunes exorbitantes, qui accueille et intègre ceux qui ont moins de chance dans d’autres pays, qui retisse des liens intergénérationnels.

Une société de libertés de choix de vie, de possibilité d’entreprendre, d’innover, de se former, changer de vies; avec des entreprises innovantes, citoyennes, rentables, qui se basent sur des agents plus autonomes, mieux formés, qui font vivre une démocratie sociale forte. Une cogestion à l’Allemande, où des syndicats plus forts, moins éclatés, plus responsables, partagent les intérêts globaux de l’entreprise et peuvent influencer sa stratégie.

Une société avec des citoyens forts, une administration efficace, moins d’échelons locaux, une démocratie vivante, avec de la proportionnelle, des élus exemplaires, des associations dynamiques.

Une société sure, qui investit fermement dans la lutte contre l’insécurité, contre les fraudeurs fiscaux, le travail au noir, et se donne les moyens de sa puissance, avec une armée en adéquation avec ses ambitions de protection.

Une gestion saine, une dette maîtrisée qui ne finance pas le fonctionnement, une administration globalement efficace, qui permet une fiscalité raisonnable, ou des services publics de haut niveau reconnus qui justifient le niveau de fiscalité…

 

Mais l’idéal ne fait pas un programme politique

  • Tout d’abord lorsqu’on trace un idéal sans cohérence, plusieurs objectifs sont contradictoires.
    D’ailleurs cela commence à l’intérieur de chacun : les exemples sont infinis. On peut être écologiste pour les enjeux globaux, mais vouloir deux ou trois enfants. De même la plupart des individus souhaitent acquérir un habitat individuel, y compris ceux qui prônent une densification des habitats ou un arrêt de l’étalement urbain. Certains font du sport ou mangent bio pour améliorer leur santé mais fument. Ou prônent une diminution du temps de travail par un partage des richesses et du travail, mais ne demandent pas un temps partiel auquel ils auraient droit…
    C’est pareil pour les idées générales : on peut difficilement proposer des objectifs contradictoires, dans une réalité complexe. Il faut donc faire des choix, des arbitrages, des nuances.

  • Il y a des moyens à mettre en cohérence avec des résultats. Des choix à faire. Imposition des ménage, des hauts revenus, des entreprises, dette… avec des conséquences futures sur la société (pénalisation de l’activité, augmentation des inégalités..) Ainsi, lorsque certains préconisent des dépenses nombreuses, une dette maîtrisée, et une fiscalité raisonnable, il y a un souci…
    Implicitement, cela oblige à sortir du cadre : la dette ne sera pas forcément remboursée. Du coup le cadre se dérobe : les marchés financiers ne prêtent plus. Alors il faut aller plus loin : on créera notre propre monnaie / Cela implique de sortir des traités européens. Une inflation massive est créée, qui plombe les entreprises exportatrices, et le pouvoir d’achat pour les produits importés..
    De même pour les entreprises : on peut les contraindre et les taxer plus, mais avec le risque, si nous dépassons certains points d’équilibre, de dégrader l’activité et l’emploi. Si on est dans une position absolue et volontariste, on pronera donc d’autres règles plus drastiques pour contrer ces effets secondaires (obliger des embauches, limiter les licenciements..) qui entraineront eux mêmes des effets néfastes à contrer…

  • Enfin, la société est complexe, ne réagit pas comme dans un jeu vidéo : les comportements, les anticipations, les structures administratives, les phénomènes de fuite, d’évitement, les impacts internationaux… Le risque à vouloir contraindre le réel est de décevoir, ou de devoir s’enfoncer dans une dérive autoritaire. On le voit avec Trump : au moment de traduire les effets d’estrade, les propositions insurrectionnelles et populistes, des contrepouvoirs, juridiques et politiques, des résistances partisanes ou administratives, des logiques économiques ou une realpolitique internationale se mettent en place et ralentissent ou résonnent les décisions effectives.
    J’aimerai interdire les religions et les cigarettes, mais cela ne se passe pas comme ça.
    J’aimerai créer un revenu universel, en reportant la fiscalité ménage sur les entreprises, j’aimerai décider des actions très volontaristes concernant l’environnement ou la société, mais cela ne se passera pas tel que je peux l’anticiper, et les effets secondaires risques d’être pires que le résultat obtenu…

Souvent, les idées trop brutales, simples, entières, ne marchent pas. Les extrêmes estiment souvent que leur idéologie vaut plus que les faits. La volonté politique, du peuple, du chef s’impose à tout. Finalement le programme politique de LePen ou Mélenchon importe peu, comptent plus leur personne, leur récit, leur incarnation de catégories unifiées mythifiées qu’ils font parler (le peuple, les français..)

Une fois au pouvoir la complexité du réel s’immisce. Et soit cela amène à de la désillusion, soit à des fuites en avant (cela ne fonctionne pas à cause de tel ou tel, cela n’a pas fonctionné car on n’y est pas allé assez fort, ou polarisation de la société sur d’autres sujets pour masquer ces échecs inévitables)

 

Entre cet idéal, proche d’un programme de Mélanchon, et le réel, il y a donc un chemin à tracer. Dans le choix qui nous est proposé à la présidentielle, la première marche qui semble la mieux adaptée est pour moi Macron.

Entre le rêve et le projet, il y a une voie à trouver. Produire avant de redistribuer. Contraindre ou réguler, mais pas seulement dans les textes, en prenant en compte les effets réels sur l’économie.
Ne pas dire comment on pourrait progresser vers ceci, oublier les complexités, les antagonismes internes à cette vision, où encore les éléments qui dans l’application seraient contraires, c’est se tromper et tromper les électeurs.

Entre l’idéal fantasmé et le réel, il faut donc choisir une feuille de route, sans oublier l’un mais en s’ancrant dans l’autre.

L’utopie concrète, la méthode du réformisme pas à pas, voici ma perspective. Promettre un cadre réaliste pour maintenir ou améliorer des droits sociaux, plutôt que promettre une radicale et joyeuse révolution sans bornes, qui peut potentiellement se transformer rapidement en chaos, puis en révolution conservatrice ou autoritaire (de gauche ou de droite) si cela échoue.

Le risque est cependant en étant trop dans le réel, de ne pas croire en ses rêves, d’oublier d’oser le rapport de force. L’ordre établi n’est pas pour autant immuable. Des inégalités sans précédents doivent pouvoir être contestées et questionnées. Mais sans raisonner dans une bulle, dans un texte théorique qui ne fera que chasser les fortunes et les investisseurs ailleurs (les capitaux et les fortunés sont les plus mobiles).

Il faut également penser l’urgence écologique, les bouleversements internationaux, les migrations, les développements en cours, les crise nationalistes ou la chape de plomb d’un retour du religieux qui s’étend, la concurrences dans le cadre d’un capitalisme financiarisé et mondialisé…

On peut penser que l’histoire va vers une diminution du temps de travail du fait du progrès technique. Cependant n’est-ce pas forcer le mouvement que penser que ces mouvements se voient du temps d’une génération ? Une forme d’hubris du pouvoir potentiel, de prétention à voir de son vivant des changements qui relèvent du temps long.

De même concernant un revenu universel. Il y a déjà progressivement des formes de revenus de subsistance, avec les chomages puis RSA, avec des salaires minimum, avec des allocations spécifiques (personnes atteintes de handicap)… Enfin le revenu universel existe pour une part de sa vie, c’est à dire une fois retraités. Quand on voit la difficulté à équilibrer les systèmes de retraites, penser pouvoir l’étendre à l’ensemble de la population parait un projet pour la fin du siècle, lorsqu’il y aura une forme de convergence des économies mondiales, des droits sociaux… Il peut y avoir des dispositifs intermédiaires, avec des impacts massifs en terme de redistribution, et donc de prélèvements nouveaux sur des entreprises ou la TVA., et donc la formule initiale ne pouvait être qu’un produit d’appel.

Ce qui me parait important c’est la notion d’équilibre.
Je suis favorable à des services publics forts, je ne suis pas pour une diminution des impôts et des fonctionnaires par principe. Mais lorsqu’on analyse la situation en France, vu le contexte, les rapports de force, l’analyse concrète de l’économie, il me parait plutôt sain d’envisager un reflux maîtrisé et priorisé de l’intervention publique, du nombre de fonctionnaires, une politique plus favorable à l’activité, aux entreprises, donc plus libérale qui permettent de consolider les filets sociaux et de les adapter à une société plus mobile et lutter contre le chomage. Tout est question de points d’équilibres.
Il est assez inquiétant de voir que Mélenchon et Hamon, et les personnes qui les entourent, connaissent peu l’économie privée.
De même je ne suis pas contre les partis, mais vu l’état du PS, que j’ai connu de l’intérieur, je pense qu’à certains moments, des partis peuvent évoluer ou s’éteindre, se réinventer.

Macron est donc l’instrument, dans un contexte particulier, de la recomposition politique nécessaire. Il y aura ensuite probablement le dépassement de Macron lui-même pour aller vers un nouveau clivage. Je pense que après 5 ans, si ce qui est dit est fait, l’économie française se portera mieux, ce que je n’anticipe pas avec les autres candidats (Olivier Blanchard à cette même analyse pragmatique). Après cet atterissage plus libéral, qui est un rééquilibrage mais est bien loin d’être ultra libéral, je pronerai probablement ensuite, avec Macron ou avec d’autres, pour un renforcement, au niveau européen comme national, des droits sociaux, de la transition écologique, toujours plus d’éducation, de science, de recherche, une politique de santé à renforcer etc.

Le temps long, réaliste, qui ne donne pas toujours la foi du volontarisme, mais qui peut donner l’espoir d’un lendemain qui progresse malgré un contexte difficile.

 

Et ce soir ? Un débat utile ?

Publié avril 4, 2017 par chouka
Catégories : Uncategorized

La grande différence, c’est que ce soir ils seront 11.
Autre élément : il y a déjà eu un débat, et les attentes ne sont donc plus les mêmes.
Enfin, 17 minutes de temps de parole, c’est court, il faut faire des choix, notamment dans la confrontation : rester sur son projet, attaquer sur sa gauche ou sur sa droite (Fillon et Hamon notamment)…

Les petits candidats n’auront peut être pas les « pudeurs de gazelle » des autres prétendants. Ils attaqueront sur les affaires Fillon et Le Pen. Ils attaqueront également sur le train de vie, que ce soit Fillon, mais aussi Macron, ancien banquier d’affaire (mais qui répondra que justement, il a choisi de quitter ce monde, et de diviser son salaire). Ils attaqueront Macron et Fillon sur le libéralisme.

Dupont-Aignan peut notamment incarner une autre droite, qui va attaquer LePen et Fillon sur les affaires. C’est un vrai candidat, qui peut bénéficier de ce débat, et peut perturber Fillon.

Asselineau, Cheminade, et Dupont-Aignan, voire les trotskistes peuvent également grignoter sur Marine Le Pen, mais cela restera marginal…

Philippe Poutou peut poser clairement la question de la sauvegarde de son emploi, et finalement mettre dans l’embarras les candidats de gouvernement au profit de Lepen ou Mélanchon.

Les gros candidats n’auront que peu de temps de parole par rapport au dernier débat. Ils essaieront de peu « répondre » à des attaques de « petits » sauf s’ils estiment que cela les sert. Hamon sera plus offensif. Macron devra se montrer clair, présidentiel, et fixer un cap. Fillon essaiera de décrédibiliser Macron, et tentera de se justifier face aux attaques.

Finalement d’une certaine manière je dirai que la multiplication de petits candidats populistes ou extrémistes peut plutôt faire le jeu de LePen et Mélanchon, mais également les concurrencer marginalement. Cela se neutralisera donc. Avec peut être un risque pour Fillon, au profit de Dupont-Aignan, et avec un rappel des affaires (y compris de Marine LePen).

Macron sera attaqué, à nouveau il répondra sereinement, ayant tiré les enseignements du débat précédent. La encore cela ne bouleversera pas les lignes.

Les dynamiques de fonds sont déjà présentes, le temps de parole court, et cadrées, et l’audience moins importante sur les chaines d’info. On ne retiendra que quelques passages forts repris dans les medias.

Finalement les grands équilibres ne devraient pas être bouleversés, si comme je le pense chacun a tiré les enseignements du premier débat et à préparer ses quelques interventions et répliques phares. J’attends tout de même la prestation de Macron. Hamon me semble dans une dynamique trop défavorable pour pouvoir renverser la tendance. Mélanchon pourrait se rapprocher de Fillon s’il fait une bonne prestation (mais il n’y aura plus l’effet de surprise du premier débat)…

A suivre.

Quel avenir pour le PS demain ?

Publié avril 1, 2017 par chouka
Catégories : Présidentielles 2017

Le parti socialiste ne remportera pas les élections présidentielles.
Sauf surprise immense, il ne sera pas au second tour, aucune hypothèse ou dynamique ne semble pouvoir l’anticiper. J’ai déjà expliqué pourquoi Benoit Hamon me semblait un mauvais choix et finirait derrière Mélanchon. Cela semble se confirmer.

Il y a plusieurs hypothèses.

1/ Si Hamon fait moins de 5%, mais cela parait quand même peu envisageable, c’est une catastrophe politique et financière pour le PS, qui disparaitra dans de grandes souffrances. En Marche et Les insoumis prendront sa place probablement.

2/ S’il fait un score moyen, derrière Mélanchon mais entre 10% et 15%, cela dépendra de qui gagne l’élection présidentielle.

  •  Si c’est Fillon, cela signifie que « En Marche » n’a pas réussi jusqu’au bout. Le paysage politique sera plus destructuré que recomposé, avec une fracturation de la gauche et du centre, et une longue période dans l’opposition, avec un Front national fort, une droite vainqueur mais affaiblie.
    Difficile de dire alors ce qu’il se passera lors des législatives, et dans les années à venir. Qui incarnera une opposition progressiste ou de gauche ? Chaque parti pourra de plus avoir son rôle à l’assemblée si la droite n’a pas de majorité absolue, avec un FN fort et un centre divisé.
    Un parti peut disparaitre mais il peut aussi longtemps agoniser, subsister, se transformer, fusionner, se relever… Les radicaux de gauche ou le PC existent toujours.
  • Si c’est Macron qui est Président, la dynamique forte, puissante, se prolongera jusqu’aux législatives. Il n’y aura pas forcément une majorité absolue pour EM (même si ce n’est pas exclu). Le PS sera forcément tiraillé, déchiré, … L’implosion du PS est certaine.
    Un fantasme à droite comme au PS est que Emmanuel Macron n’aurait pas de majorité et serait donc en cohabitation suite aux législatives. Cela me parait improbable. En effet, une part importante des personnes qui seront labellisés « En Marche » sont déjà connus, sortants (dans les limites du renouvellement imposées, c’est à dire pas plus de 3 mandats consécutifs). L’effet « ancrage local » ne joue pas totalement en sa défaveur.
    Le travail de la commission d’investiture est donc de bien regarder où les résultats risquent d’être serrés et où il faut assurer avec des personnes déjà implantées, et où En Marche sera plutôt bien implantée, et où un renouvellement est possible. Il y a eu de nombreuses candidatures. Des personnalités locales reconnues, de la personnalité civile, pourront donc être investies.
    Ajouté à l’appel à la cohérence, à la dynamique suite à l’élection, à la force du Front national qui va imposer des triangulaires, une majorité absolue, ou au moins relative, est donc bien la situation la plus probable pour Macron suite à l’élection. Ces élus, élus sur la base d’idées communes, et d’un contrat de gouvernement, permettront donc d’appliquer les grandes lignes du programme.

    Le PS, dont de nombreux élus seront amenés à soutenir Macron avant, et suite aux élections, sera démuni entre les dynamiques Mélanchon et Macron. De plus il y aura les batailles internes, pour confirmer les investitures, entre les anciens frondeurs, ceux qui n’ont pas fait campagne, ceux qui ont appelé à voter Macron mais n’ont pas été exclus… Même causes, mêmes effets…

    Il est possible que Manuel Valls par exemple (comment imaginer qu’il reste au PS en n’en ayant pas soutenu le candidat ?) n’aille pas jusqu’à adhérer à En Marche, mais crée un mouvement, qui essaiera d’avoir quelques députés pour peser à l’assemblée si En Marche n’a pas de majorité absolue sur la durée du mandat (quelques députés élus sous l’étiquette En Marche pourront à terme se rapprocher de lui).. Il créerait sa « Maison des progressistes », en coalition avec En marche et le modem, en étant cette fois son aile gauche…

    Le Parti socialiste serait alors contraint à la recomposition politique, intégrant Europe Ecologie pour la partie qui n’a pas rejoint Mélanchon. Peut être à terme, une fois Mélanchon à la retraite, tout ceci formant une nouvelle force écolo-socialiste altermondialiste.

C’est une hypothèse parmi d’autres… Mais je ne pense pas que cette fois (cela fait plusieurs fois qu’on le dit) le PS puisse rester le parti central de la gauche de gouvernement de demain, sans éclatements et recompositions.